30 novembre 2009
Moon, de Duncan Jones
Un zeste de science-fiction contemplative, ça vous dit ? Alors, voilà... Nous sommes sur la lune, dans un ptit moment. Les problèmes énergétiques de la Terre ont tous été résolus grâce à la découverte d'un minerai lunaire. Un homme, responsable de cette extraction, termine son contrat de trois ans sur notre satellite, avant de regagner notre bonne vieille Terre. Pour lui tenir compagnie, il a un ordinateur bien élaboré avec qui il peut joyeusement converser. Il lui reste deux semaines à tenir. Mais voilà que notre homme commence à avoir des hallucinations, qui vont provoquer un accident, alors même qu'il se rend en véhicule lunaire sur une des machine extractrices. Lorsqu'il se réveille à l'infirmerie, notre homme a l'impression que des choses ont changé, qu'on lui cache quelque chose...
Je n'en dis pas plus, histoire de ne pas spoiler le film. Film métaphysique, au croisement de Solaris (moins long et avec une musique tout de même plus intéressante et bien mieux réussie) et de 2001 (auquel le métrage rend de multiples hommages), le film de Duncan Jones est une bien jolie réussite, avec une bien belle parabole sur ce qui fait de nous des humains.
Photo réussie, beau jeu de l'acteur principal, suspense bien rendu, décors réalistes, idées chouettes et poétiques (un plus pour l'ordinateur de bord qui s'exprime avec des smileys) bref un film contemplatif et intelligent qui, sans révolutionner le genre, fait passer un bien beau moment. Et c'est déjà pas si mal...
27 novembre 2009
Un bon ptit flime bien pourave pour le week-end...
Si si, je vous connais et je sais que, comme moi, malgré un fervent amour pour la pellicule, vous avez vos ptits côtés pervers, et vous aimez bien vous mater, en secret, une belle daube, histoire de vous détendre... Et bien j'ai trouvé votre bonheur, les amis... ça s'appelle "The visitation" et c'est Robby Henson qui s'y colle (rassurez-vous, je ne connaissais pas le gars non plus).
Mais de quoi ça parle ? me demandez-vous, la bave aux lèvres. Alors voilà. Nous sommes dans une délicieuse petite ville étasunienne où l'activité culturelle se réduit à la messe du dimanche et au vidéo-club qui vient de recevoir Transformers 2. Et voilà que, soudain, il pleut du miracle. Une statue du Christ pleure à chaudes larmes, un type n'a plus de rhumatisme, une fille n'a plus de cicatrice à la main... Du pur délire.
Là dessus, traînent dans la rue trois gars en manteau noir, et surtout un d'ailleurs, blondinet à cheveux longs et tout mal rasé qui, d'une voix inspirée déclare à qui veut l'entendre qu'IL arrive, et le gars disparaît tout de suite après...
Bon, vous et moi (et surtout moi, d'ailleurs) on voit bien que ça sent le souffre. Mais pas les habitants de cette bourgade idiote qui voient la venue d'un nouveau messie (mais non... Mais si !). Et voilà qu'apparaît un gars qui fait du miracle au kilomètre et qui fait marcher les paraplégiques et retrouver la vue aux myopes... Mais ne serait-il pas au service de Satan ? Quel suspense mes amis...
Disons-le tout de suite, tout est pourri dans ce film, à commencer par le jeu insipide des acteurs, absolument pas concernés par le truc (et comme on les comprend...). On retiendra, dans les grandes scènes à émotions , l'enterrement de Max, le chien du héros (Le héros l'enterre au pied d'un grand chêne... C'est d'un grandiose...), qui ressuscite juste après (et qui c'est qui est content ? mais c'est le héros ! Sacré farce que lui a fait son chien ! Et comme c'est magnifique... Mais ne serait-ce pas un miracle, ça ?). Passons sur la musique même pas intéressante, sur la photographie immonde (mais qui peut être responsable de ça ?), sur le cadrage absurde (retenons par exemple ce précieux plan en contre-plongée du héros qui ouvre son réfrigérateur puis le referme... Impressionnant...), sur le doublage français moisi (palme pour la bigote illuminée de service qui psalmodie des bondieuseries...) et sur le scénario qui rivalise d'originalité (avec un grand plus pour le pitch final, où le faux prophète raconte, et que c'est beau, comment il a souffert avec son père qui l'a crucifié un jour pour lui apprendre la vie, et comment, depuis ce jour, il s'est converti à Satan...).
The visitation est une sorte de Digest des films et séries des trente dernières années : on reconnaît bien l'Exorciste, Carnivale (la série géniale de HBO), X-files, Children of the Corn ... Tout est déjà vu (mais ici, c'est super cheap, c'est ça le truc...). Ainsi, on retrouve par exemple l'éternelle (mais bien pourrie ici) poursuite dans le champ de maïs (bon, sauf que là, le gars est tout seul et que ça dure à peine trente secondes)... Mais tout ça est sans compter sur le pharaonique budget effets spéciaux : d'ailleurs le premier effet spécial (qui arrive à 1h15 du film... qui dure 1h39, générique compris...) est un exorcisme qui déboîte sa mère. Un jeune homme est pris de spasmes, il tombe, un prêtre demande au démon de quitter ce corps, ce que ce dernier fait d'ailleurs sans chichi immédiatement, sous forme de mouches numériques toutes ratées (Celles d'Amytiville des années 70 sont un chef-d'oeuvre à côté, c'est dire...). Et comme il faut toujours exploiter (voire user jusqu'à la corde, dans le cas présent) une bonne idée, les mouches numériques seront ré-exploitées deux fois ensuite...
Bref un film à conseiller à tous vos ennemis, et à offrir à vos collègues les plus laids... Justement, tiens, c'est bientôt Nouëlle ! En voilà une idée cadeau qui en jette... On ne pourra pas dire que je ne vous aide pas tiens...
19 novembre 2009
De l'art d'agiter du flan
Je suis bien certain, bande de vilains lecteurs, que vous n'aviez rien remarqué. Pourtant, ça s'est déroulé vendredi dernier, sous vos yeux globuleux et myopes. Mais, vous, bien sûr (oh, je vous connais), vous êtes restés dans votre aigreur suave et molasse et vous n'avez même pas réagi.
Souvenez-vous pourtant, le phénomène a commencé dès votre lever. Un nuage rosâtre vous entourait et l'air sentait la praline. Même que ça vous a évoqué l'hiver, avec son blanc manteau, et la fête foraine que vous parcouriez, enfant, avec, à la main, une pomme d'amour, suintante de sucre caramélisé...
Ensuite, rappelez-vous, vous êtes partis bosser, et là, vous avez forcément noté les contractuelles aux seins nus, en train de danser et de jeter leurs carnet de contredanses en l'air. Sur la route, pas un énervement, pas un crétin pour cramer une priorité, pas un klaxon intempestif. Tout le monde s'arrêtait bien au feu rouge et laissait passer les piétons avec le sourire. Et puis, il y avait des cascades de miel dans les caniveaux, de la guimauve le long des murs. Dans les parcs, les fleurs ondulaient au son d'une chanson waltdisneyenne (une truc qui reste bien dans la tête, genre "Ce Rêêêêêêêêve Bleueueueueue..."
Mais vous n'avez rien vu, bande de laids... Et vous ne vous êtes même pas posés la question du pourquoi de la chose. Au lieu de ça, vous avez attendu le soir pour vous coucher, après une tite tisane.
Heureusement, je suis là pour pallier à votre sottise crasse, due à une surconsommation de télévision.
D'où venait donc toutes ces merveilles vendredi dernier ? La réponse était en première page du torchon vague papier collage de dépêches AFP journal Métro : "ET SI ON OSAIT LA GENTILLESSE !" Et en sous-titre "C'est la journée mondiale de la gentillesse". Oui, ce splendide quotidien osait un duo avec Psychologie magazine (le magazine qui est à la psychologie ce que Luc Besson est au cinéma) et repoussait les frontières du délire en affirmant "promouvoir cette valeur pas si désuète".
Et en page 2 et 3, voilà ce qu'on pouvait lire dans la joie et l'amour :
"ce monde est brutal (...), la compétition remplace l'entraide, (...) l'égoïsme a supplanté l'empathie et (...) la gentillesse est devenue suspecte voire gnangnan" (la journaleuse aurait pu ajouter "la guerre c'est mal et le racisme c'est pas bien", mais elle a dû se dégonfler au dernier moment...). Et voilà que soudain, une envolée lyrique a saisi notre scribouillarde qui affirme haut et fort : "(...) il pourrait tout à fait en être autrement. ça l'a d'ailleurs été pendant des siècles." (ce qui est vrai : qui dira la douceur des marchands d'esclaves du XVIIIème siècle ? Qui chantera la tendresse des Inquisiteurs ? Qui révélera l'aspect moelleux des nazis ?...)
Et l'extase ne s'arrête pas là, puisque Métro se paye un sondage incroyable : nous apprenons que, pour 1008 blaireaux, Mimie Mathy est plébiscitée comme étant la personnalité la plus gentille (29%). Suivent ensuite d'ailleurs moult intellectuels comme Dany Boon (27%), Nicolas Hulot (16%), David Douillet (15%) ou encore Corneille (5%) [pas le théâtreux, hein, faut pas trop leur en demander aux décérébrés d'Opinion Way qui ont dirigés ce sondage... Non, non, le chanteur...].
Vivement les prochaines journées mondiales où on se rendra compte que la femme dans le monde se fait taper sur la gueule, que le SIDA tue, que des tas de gens crèvent de faim... Merci Métro de nous livrer tant de bonheur quotidien...
18 novembre 2009
De l'art de la générosité
C'était un soir de février 2009, du côté de Montréal. La neige s'entassait le long des rues. Discussion avec des amis. Et puis une envie subite de sortir, d'aller écouter de la musique. On se jette sur le journal. Tiens, du côté d'un ptit bar, pas loin, The Keys... C'est apparemment du folk n'roll... Allez, on y va. Un coup de taxi, et nous voilà dans un bar, au côté de quelques consommateurs. Nous sommes une dizaine. C'est un dimanche soir. Il est 23h00.
The keys arrive. Grand type en chaussettes, avec simplement une guitare. Et il commence. Le silence se fait, la qualité d'écoute est grande. Et le charme opère. Parce que c'est beau, tout simplement. Il est seul, debout, sur cette petite scène, et il évolue comme un grand lutin, avec une voix toute à lui. De petits déhanchement en petite danse, il occupe l'espace.
31 octobre dernier. Du temps a passé. Me voilà organisateur de concerts en appartement. Boris, alias The keys est là. Il a accepté de faire un détour par chez nous. Il est Toulousain d'origine. Le concert est intime. Quelques bougies derrière lui. On est une trentaine. Et on se régale. Son univers est musical, mais aussi poétique. Il nous tient et nous émeut pendant une heure. Et puis, ça se termine. Parce qu'il faut bien que ça se finisse. Il s'est donné à nous totalement. Il nous a même lu des textes personnels et délicieux.
A découvrir d'urgence, donc, cet artiste à part et unique. Petit échantillon de son dernier album où il a enregistré avec une chorale, en fond...
www.myspace.com/sirobandthekeys
The Keys - The Landlord Prayer
The Keys | MySpace Vidéo
29 octobre 2009
De l'art de faire de l'écologisme de salon...
Depuis une petite poignée d'années, le discours écologique est enfin entré sur le devant de la scène politique. Il faut dire qu'aujourd'hui, il faudrait être d'une formidable mauvaise foi pour croire encore un seul instant que la planète est un bien inépuisable dont on peut disposer comme bon nous semble, sans aucune conséquence.
Il y a donc une urgence. Et petit à petit, la population mondiale, en traînant les pieds, reconnaît qu'on ne peut plus jouer à Carpe Diem...
Depuis une petite poignée d'années, le documentaire est enfin reconnu et bénéficie de plus gros moyens financiers, de sorties et de distributions nationales.
Cette année, le documentaire écolo est à la mode, puisqu'on a eu pas moins de trois gros blockbusters qui ont débarqué dans l'hexagone, à savoir Home de Yann-Arthus Bertrand, Le syndrome du Titanic de Nicolat Hulot, et de The Cove de Louie Psihoyos.
Dans les deux premiers, on nous montre, image à l'appui, que la terre souffre et que nous courons à la catastrophe en continuant ainsi. Dans The Cove, on dénonce un superbe trafic de dauphins dans une baie japonaise. Bande-annonces :
On ne peut qu'abonder dans le sens de ces trois documentaires, et à la vision de chacun des trois, on ressort écoeuré avec un vilain sentiment d'impuissance, entremêlé d'une envie de faire la révolution et/ou de foutre le feu à deux ou trois endroits...
Et pourtant, je n'arrive pas à adhérer pleinement à ces trois oeuvres. Et ce pour deux raisons principales :
- La première, c'est justement la trop grande beauté des images. Dans Home, par exemple, on se croirait, à chaque instant, dans un catalogue Nouvelles Frontières. Bien sûr, c'est un parti pris. On veut nous montrer que la Terre est belle et fragile... ça peut marcher avec certains... mais pas avec tout le monde. C'est un peu comme si je voulais faire de la prévention routière avec seulement de superbes images de routes, de voitures de collection et de familles heureuses en train de pique-niquer sur des aires d'autoroute, le tout sur de la musique qui dramatiserait mon propos...
- La seconde, ce sont les moyens qui ont servis à financer ces trois films. Deux des trois (Home et The Cove) sont des productions Europacorp, autrement dit des productions Besson. C'est le même Besson qui arrose la planète de films ineptes au discours souvent limite (légitimation de l'auto-défense, misogynie, racisme ordinaire, discours anti-flics et anti-gouvernement, valorisation de l'individu au détriment du collectif...). Quant au Syndrome du Titanic, c'est, entre autre, TF1 qui s'y colle, la même chaîne privée qui veut libérer de la place dans notre cerveau pour y vendre du Coca Cola, comme nous le disait sincèrement, voici quelques années, un de ses dirigeants. Il y a là, il me semble, une certaine ambiguïté gênante.
Car, dans ces trois cas, les productions donnent l'impression de s'acheter une conduite...
Si ces trois documentaires alarmistes sont produits et distribués, c'est peut-être parce qu'il y a des gens sincères dans ces sociétés... C'est peut-être aussi parce que ces groupes de production et de financiers savent pertinemment qu'ils ont tout à gagner et pas grand chose à perdre dans tout ça. Ces films ont le rôle du bouffon qui peut tout dire au roi, mais qui ne change guère la conduite du monarque.
Alors, bien sûr, ces films sont mieux que rien du tout. Peut-être qu'après tout, je suis blasé ou déjà convaincu et que j'attends beaucoup plus. Possible... N'empêche que les trois films évitent soigneusement de pointer le véritable ennemi, à savoir la société de consommation et le libéralisme. Mais le peuvent-ils ? Peuvent-ils réellement cracher sur la publicité et ses conséquences délétères à tout point de vue ? Mord-t-on si facilement la main de celui qui nous nourrit ? Le point le plus ennuyeux du discours écolo, c'est qu'on ne peut pas sérieusement soutenir la société de consommation, et qu'il n'y a aucune demi-mesure... Imaginer un seul instant qu'il suffira de recycler trois déchets et de mettre des ampoules basse consommation pour sauver la planète relève de la douce illusion. Mais ça, évidemment, c'est délicat à affirmer quand on est financé par la publicité (le générique de Home, où des dizaines de marques se rassemblent afin de former le mot HOME, est sur ce point très parlant !)
L'ennemi de la planète c'est avant tout ce système économique suicidaire qui ne vise qu'à l'enrichissement personnel et à la domination à court terme, quelles que soient les conséquences humaines et écologiques. Mais, c'est sûr que, dit comme ça, c'est moins émouvant qu'un dauphin qui se vide de son sang dans des filets... Et ça a moins de chances de passer au 20 heures de TF1...
19 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 3)
Pour terminer notre parcours souterrain, voici un petit bijou qui n'a pas eu la chance de bénéficier d'une sortie nationale, malgré une sélection dans la section "Un certain regard" de Cannes en 2004, et que nous a heureusement déniché et édité Mad Movies en DVD, voici quelques mois. Il s'agit de Kontroll de Antal Nimrod.
C'est l'histoire de cinq contrôleurs dans le métro de Budapest, en Hongrie. On s'attache plus spécialement à l'un d'eux qui reste toujours dans les sous-sols, et ne va jamais voir le jour. Dans ce métro erre aussi un tueur mystérieux. Et au milieu de tout ça, va se tisser une bien belle histoire d'amour.
Passages hilarants (le contrôleur atteint de narcolepsie par exemple), photo de toute beauté (les errances sur les rails), moments poétiques et surréalistes (la présence du hibou ; la rave...), excellent scénario, réalisation alerte et rythmée, acteurs vraiment bons, bref, à ne surtout pas louper !
En fait, Kontroll ressemble à Subway, de Besson, mais avec un véritable réalisateur talentueux aux commandes...
18 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 2)
Deuxième mise en bouche de notre tite saga underground.
Cette fois-ci, c'est un film canadien à petit budget, mais de qualité : End of the line de Maurice Devereaux.
Un sympathique gourou, accessoirement prédicateur, annonce l'apocalypse imminente : les légions de Satan s'apprêtent à débarquer sur Terre. Le religieux frapadingue envoie alors ses hordes de fanatiques avec, pour mission, de tuer tout le monde afin de sauver les âmes des innocents.
Huis-clos étouffant dans le métro, le film, malgré un budget serré, bénéficie d'un scénario bétonné et d'acteurs très motivés. Coup de chapeau aux fanatiques, avec leur affreuse petite chanson entêtante "Brother, Sister, hear the Voice. Hope is God, and God is Love..."
Et, pour le coup, la fin du film est vraiment terrifiante !
(à suivre)
17 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 1)
Les couloirs du métro symbolisent probablement le royaume des morts tenu par le puissant Hadès.
C'est en tout cas ce que je me suis dit à la vision de trois films où les héros déambulent dans ce lieu labyrinthique.
Le premier, c'est donc Midnight meat train, de Ryuhei Kitamura. Un photographe en manque d'inspiration se retrouve face à une galeriste vacharde qui lui recommande d'insuffler plus de vie à ses clichés. Et voilà notre photographe qui va se retrouver à prendre les derniers métros, qui sont hantés par un terrible et implacable tueur.
Adapté d'une histoire de Clive Barker, le film, plutôt inventif (bien vues les caméras subjectives à l'intérieur des victimes ; pas mal aussi le (faux) plan-séquence à l'intérieur du métro...) tient ses promesses (malgré une bande-annonce un peu racoleuse) et bénéficie d'une photographie belle et soignée.
Dommage que la fin soit tout de même prévisible et trop démonstrative.
Dommage aussi que le titre soit aussi pourri et qu'il offre un spoiler de taille si on y prête un peu attention...
(à suivre)
16 octobre 2009
De l'art de bien parler
La rhétorique, dans la Grèce Antique, était l'art de bien parler, de maîtriser le langage. On avait déjà compris, à l'époque, que celui qui maîtrise le langage peut contrôler le monde, pour peu qu'il ait, à ses côtés, une force brutale, prête à maintenir l'ordre.
Orwell, dans 1984, n'expose pas autre chose avec l'avènement du Novlangue qui, officiellement, simplifie le langage [on contracte tout (Novlangue = nouvelle langue), on simplifie la grammaire et on raye du dictionnaire tous les sens figurés et/ou philosophiques des mots tels que liberté ou égalité] et qui, officieusement, l'appauvrit, pour mieux contrôler les pensées et asservir les gens.
Les rhétoriciens avaient mis en valeur tout un tas de procédés destinés à mieux faire comprendre un discours. Ces procédés imagés, appelés figures de style ou de rhétoriques, se divisent en trois catégories : l'analogie (comparaison, métaphore...), l'opposition (oxymore, antiphrase...) et l'insistance (anaphore, répétition...).
Si on peut reprocher une relative inculture et une certaine capacité à nuire à nos amis publicitaires, force est de constater qu'ils ont parfaitement saisis ces procédés.
C'est ainsi qu'a germé, une fois de plus, au début de l'année, cette somptueuse campagne pour France Info...
Sur cette affiche, une jeune fille ouvre un réfrigérateur. La lumière se fait sur elle. A sa gauche, un groupe de militaires embusqués est en mission, prêt à intervenir.
Une tite analyse ?
On est ici clairement sur la figure d'opposition : Cela évoquerait presque la célèbre photo de la jeune fille à la fleur (où une jeune hippie, pendant une manifestation pour la paix, dans les années 60 aux États-Unis, offre une fleur à des militaires sur-armés). Les oppositions : extérieur / intérieur ; homme / femme ; force / douceur ; singulier / pluriel...
On nous expose donc un certain ordre du monde basé sur une juste répartition des choses : l'homme fait la guerre, la femme est à la cuisine...
Jetons maintenant un oeil sur cette autre affiche faisant partie de cette même campagne...
Que voit-on ?
A droite un gardien de but lève les mains, pour arrêter un ballon ou pour célébrer une victoire. A gauche, un jeune noir lève aussi les mains. Il va certainement être arrêté, ou pire, vu le blindé derrière lui...
Une tite analyse ?
Encore une fois, on note les oppositions (et l'ordre juste des choses : les noirs en Afrique se battent tout le temps, nous, on sait rester sages et s'amuser...) : noir / blanc ; guerre / jeu ; vie / mort... Mais le geste commun des deux hommes appelle aussi la comparaison...
Et c'est sur celle-ci que repose tout l'argumentaire de cette campagne... Tout est équivalent, tout est mis sur le même plan... La guerre, la cuisine, le foot... On passe de l'un à l'autre, sans transition. Tout est livré en vrac. Le slogan "la vie en continu" est si proche de l'expression "la vie continue"... Show must go on, diraient certains... Et peu importe s'il y a des morts ou des arrestations arbitraires, on gommera tout ça par autre chose (car le sens de lecture de ces affiches va de gauche à droite... Logique !). Voilà donc le message de cette campagne. L'information est un produit comme un autre, peu importe son contenu...
Nos amis les requins du marketing ont réussi à vendre un message aussi odieux à l'état, à nous, et à nous prouver que le service public raisonne aussi en terme de productivité, de chiffres et d'amalgames...
Mais où sont les plumes et le goudron d'antan ? J'ai une furieuse envie de les utiliser...
15 octobre 2009
religulous, de Larry Charles... Un film athée, sinon rien !
Je sais, c'est facile. Mais tout de même, ça fait un sacré bien !
Il faut dire qu'ils ne sont pas pléthore les films de propagande athée...
Il est toujours intéressant de constater que les films religieux, ou à discours religieux sous-jacent, fleurissent bien plus facilement sur nos écrans. Je repense bien sûr à la plaisanterie boursouflée de l'ami Gibson La passion du Christ, où l'on suit la longue souffrance et la lente agonie de "celui-qui-endure-tous-les-péchés-du-monde-présent-et-à-venir" et, mon Dieu, que c'est pénible ! (Et que je te fouette au ralenti avec des fouets à petits piques ; et que je te fasse tomber sous le poids de ta croix dans des gerbes de sang...).
Mais on peut aussi analyser, à travers cette grille tout un tas de productions hollywoodiennes, comme Matrix, par exemple, où un messie (nommé Néo, pour ceux qui n'avaient pas compris) sauve le monde de son aveuglement après avoir séduit Trinity (Sainte Trinity, priez pour nous...) ou comme Vendredi 13, où un dieu vengeur, digne de l'Ancien Testament, dézingue tout un tas de fornicateurs et autres pêcheurs fumeurs de joints.
Bref, Religulous est un documentaire délicieusement impertinent avec tout un tas de cul-bénis. Et même si le film reste plus distrayant que pédagogique, ça fait du bien de voir nos amis juifs, chrétiens ou musulmans et autres croyants en prendre pour leur grade et s'empêtrer dans leurs contradictions. On retiendra, par exemple, ce Lunapark chrétien, au fin fond des États-Unis, où un Jésus d'opérette, évoluant dans une comédie musicale franchement mauvaise, se fait applaudir et filmer par un public fasciné, tandis qu'un romain le latte à grand coups de sandales...
On retiendra aussi, et c'est plus inquiétant, ces gens de pouvoir, comme ce sénateur élu, qui remettent en question les théories de l'évolutionnisme de Darwin ou ces musulmans qui justifient des actes de barbarie comme le meurtre en 2004 de Théo Van Gogh, le réalisateur néerlandais.
Bill Maher pousse ses adversaires dans leurs derniers retranchements. Parce qu'il les connaît les textes sacrés le bougre. Et qu'il veut se positionner comme un défenseur du doute, face à des gens pétris de certitudes. Et même si la fin est un peu pompeuse et démonstrative, on sort de la vision de ce documentaire à la Michael Moore avec un sourire immense et une foultitude d'arguments, qu'on a bien envie de tester auprès de nos amis béni-oui-oui...
14 octobre 2009
Une bien étrange coïncidence...
J'aime bien la littérature jeunesse. D'abord parce que, contrairement à sa consoeur la littérature vieillesse, elle se prend moins au sérieux, ensuite, parce que j'y trouve plus d'audace et de dépaysement.
C'est ainsi que m'est tombé entre les mains, l'autre jour, un peu par hasard, l'histoire d'un jeune garçon, peu aimé par sa famille, qui se retrouve, suite à une missive magique, dans une école de sorcellerie où la plupart des professeurs sont des morts-vivants, des vampires, des sorciers ou des loups-garous.
Dans cette école, où les portraits peuvent vous suivre des yeux, notre héros sympathise avec une jeune fille et un autre garçon.
Et nos trois personnages vont sceller une alliance car une lourde menace plane autour d'eux...
Comment ? J'entends des discussions au fond... Vous connaissez ce livre ? Ah bon... Et vous dites qu'il est super célèbre ?... J'ignorai...
Moi qui pensais vous faire découvrir L'île du crâne de Anthony Horowitz...
Écrit au début des années 90, le bouquin a bien passé la rampe, avec une intrigue qui happe son lecteur, un humour souvent caustique et hilarant, et un personnage principal avec une vraie psychologie.
La suite (Maudit Graal) raconte la mise en place d'un terrible complot destiné à détruire l'école de sorcellerie. Et tout ça a rapport avec le Graal maudit une coupe, qui doit être remis au meilleur élève...
Moins alerte que le premier opus, cette séquelle a le mérite de nous faire retrouver David, le héros, et c'est toujours un plaisir !
Deux livres jeunesse plutôt malins donc qui ne prennent pas le lecteur pour un gros niais. A recommander donc.
Comment ? Vous dites ? Harry... Potter ?
C'est quoi ça ? C'est vieux ?
30 septembre 2009
Orphans de Jaume Collet-Serra, ou comment faire un film avec une seule idée...
Attention Spoiler... Ce post va carrément raconter des éléments clefs du film. Alors, si l'envie de le voir vous démange, ne lisez pas ce qui suit, ça serait bête... Bon, en même temps, le film n'est pas terrible... A vous de voir...
Kate et John ont eu la douloureuse expérience de perdre leur troisième enfant à la naissance. Bien sûr, depuis, leur couple vacille quelque peu... D'autant que Kate a tout de même taquiné la bouteille et que John a sauvé in extremis un de ses enfants de la noyade (et heureusement, parce que Kate, à ce moment-là était toute pompette !). Bref, plutôt que de se consacrer à s'occuper de leurs deux enfants (dont une sourde profonde... Y'en a qui cumulent tout de même...), Kate et John ont la géniale idée d'adopter Esther, une fillette de 9 ans. Evidemment, nous, rien qu'en voyant l'affiche, on voit le truc arriver... La gamine sent le souffre... pourtant, elle est toute parfaite, au début, et séduit les parents... Oui, mais voilà, les accidents et autres actes violents vont s'accumuler et Esther semble orchestrer tout ça de main de maître... Mais quel lourd secret cache-t-elle donc ?
La fin des années 70 a eu son lot d'enfants possédés et/ou diaboliques (La malédiction ; L'exorciste...). Le début des années 90 a connu sa pelletée de thrillers familiaux où une personne bien sous tout rapport se révélait être une menace pour un individu ou une famille (JF cherche appartement ; La main sur le berceau ; La nurse...). Orphans (Esther en français) est un peu une compilation de tout ça. Pas une scène vraiment originale. On croirait au début que le secret d'Esther consiste en une alliance avec un quelconque vague démon (sinon comment expliquer qu'elle porte toujours des rubans à son cou et à ses poignets ? Chose qui, soit dit en passant, ne choque absolument pas les parents, mais bon...). Mais en fait non... C'est juste une déséquilibrée qui tue...
SPOILER
Mais pourquoi tue-t-elle à son âge, car elle n'a que 9 ans, nom de nom... Au bout d'une longue heure d'exposition où la gamine nous balance juste des regards super noirs face caméra qui font super peur, la mère commence à avoir quelques doutes sur Esther. Alors elle fait des recherches sur internet (c'est drôlement pratique internet, parce qu'on y trouve vraiment tout ! Dans Destination Finale aussi ils faisaient des recherches sur internet !), découvre que la gamine vient du fin fond de la Léthonie. Et la gamine ne venait pas d'un orphelinat, mais d'un asile psychiatrique (mon dieu ! Mais c'est horrible !). Une autre demi-heure se passe et là, voilà l'IDEE du film ! Vous êtes prêt ? Un docteur révèle à la mère que la gamine n'a pas 9 ans... Mais que c'est une naine de 33 ans ! Bin merde alors ! Et qu'en plus elle drague son mari ! Re-merde !
Voilà, c'est la seule idée rigolote du film. Tout le reste est déjà mille fois vu. On nous fait donc le coup de l'armoire à pharmacie qu'on ouvre et qu'on referme, avec John qui apparaît dans le miroir et qui déclare ne pas avoir voulu faire peur à sa femme ; on a aussi droit à la gamine morte à la fin, mais en fait non, et qui saute sur la mère pour la tuer ; on a droit à la réplique finale qui tue, avec Esther tenant un couteau dans son dos à la fin, et qui supplie sa mère adoptive, et la dite mère qui lui dit qu'elle n'est pas sa mère (il me semble même qu'elle ajoute conasse ou salope, pour la forme...), avant de lui balancer dans les gencives un bon coup de pied ; on a également droit à des flics qui arrivent bien trop tard et qui ne servent à rien du tout ; sans oublier le fameux coup de la scène gore qui s'avère être... un cauchemar (jamais on ne s'en serait douté, vraiment !)...
Fin du spoiler
En définitive, Orphans est un film paresseux (une seule idée pour un long métrage de deux heures, c'est un peu piètre) qui n'apporte pas grand chose au genre, qui pompe ici ou là (merci Cronenberg et son Dead Zone pour la glace de l'étang qui se brise ou pour l'enfant au prise avec un incendie...) et qui veut se faire passer pour un sommet de suspense. Malheureusement, c'est long (mon dieu que c'est long !), bourré de clichés, de pubs (merci I-Phone, Merci Guitar Hero...) et d'inutilités scénaristiques (Pourquoi leur petite fille est-elle sourde ? Pourquoi la mère est-elle pianiste et le père dessinateur ? A quoi sert cette grand-mère qu'on voit à peine trois plans ?).
Et en plus, ça se prend très au sérieux... Certains se diront alors que ce film est tout pourri... Je ne suis pas loin de le penser finalement...
28 septembre 2009
Le premier concert d'une longue série...
Samedi soir, enfin, se déroulait le premier concert en appartement organisé par votre serviteur. Au programme, deux groupes extras de pop-folk : Benjamin Fincher et Hannah. Une trentaine de spectateurs, et tout le monde qui repart avec le sourire, avec aussi la douce impression d'avoir vécu un petit moment unique et très agréable.
Prochaine date : le samedi 31 octobre, même lieu, même heure. Au programme : Hannah et un autre guitariste fabuleux, The Keys, aperçu et savouré à Montréal en février dernier.
En projet : Un concert dans un jardin, avec de la chanson française, du côté du mois de novembre ; une soirée musique classique ; un concert dans un appartement en chantier...
23 septembre 2009
Le zombie est à croquer !
Une fois de plus, c'est du côté des séries anglaises qu'on trouve du renouveau et de l'audace ! ça s'appelle "Dead set" et c'est tout simplement jouissif pour l'amateur d'horreur que je suis.
Le pitch est simple. Nous sommes lors d'une finale de Big Brother, le loft anglais. Les candidats se préparent à l'élimination de l'un des leurs. Et voilà qu'au dehors, une invasion zombie a lieu. Oui, mais voilà... Nos candidats sont enfermés et ils ne se doutent pas qu'ils vont vite devenir le seul îlot d'humanité au beau milieu d'un monde plongé dans le chaos.
Tout comme chez l'ami Romero, spécialisé dans le zombie depuis pas mal d'années, on retrouve, au delà de l'aspect gore et tripaille de la chose, une bonne critique bien acerbe de la société contemporaine. Et c'est ici la télé-réalité qui en prend pour son grade.
Car le fait de se dire que le seul berceau d'humanité repose dans des candidats décérébrés du Loft est tout de même bien vu.
La série, en six épisodes d'une vingtaine de minutes, est nerveuse à souhait, et brosse à grand coup de scalpel une galerie de personnages très intéressante, qui va des candidats dépassés au producteur avide d'argent et de l'assistante maltraitée réduite à porter des cafés à la présentatrice insupportable.
La série n'oublie pas, bien sûr, un petit clin d'oeil à ses aînés en rendant hommage à Zombies.
Et lorsque le final arrive (et quel final ! digne du grand Georges !), on mesure le chemin à parcourir pour les séries françaises... Et on se met à rêver d'une telle série produite par France 2...
17 septembre 2009
De l'art des étranges coincidences...
Alors là, messieurs, je dis chapeau bas. Non, vraiment... Je connaissais la justice à deux vitesses, celle pour nos amis les puissants, et celle pour la plèbe, dont je fais, à mon grand dam, partie (et je vous assure que fréquenter des pauvres tous les jours, c'est pénible, mais bon...). La France vient d'inventer une troisième vitesse, celle de la justice pour nos amis des sectes et tout particulièrement pour nos amis scientologues.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi, la Scientologie, qui se proclame comme une religion, histoire d'échapper au fisc étatsuniens qui ne taxe pas les églises, est une espèce de salmigondi pseudo-scientifico-psychologique, qui part du principe que nous n'exploitons pas toutes les ressources de notre cervelle, et qui propose de booster tout ça, à grand coups de cours bien chers, de bouquins abscons pour mieux cacher leur vacuité, et d'appareils ridicules (vendus par la secte exclusivement) censés mesurer notre anxiété... Et cette merveilleuse religion a été mise au point par l'ami feu Ron Hubbard, vague auteur vraiment pas terrible de SF, à ses débuts, à qui ont doit l'extraordinaire "au bout du cauchemar" (que j'ai réussi à lire jusqu'au bout... et c'était un cauchemar... D'où le titre, probablement !) ou la grandiloquente saga "battlefield earth" (dont on peut clairement conseiller l'adaptation filmique, qui pulvérise les frontières du ridicule, avec ses maquillages hideux, ses décors qui font vraiment décors, ses acteurs qui sous-jouent, sa photo toute sombre et son cadrage systématiquement penché).
En juin dernier, en France, nos amis scientologues avaient été traînés, une fois de plus, devant les tribunaux. Et cette fois, ils risquaient gros : le parquet demandait purement et simplement la dissolution de la secte à Paris, puisqu'elle était accusée d'escroquerie en bande organisée... On attendait donc sagement la suite pour le mois d'octobre. Sauf que, miracle, les prières de nos amis sectaires ont dû être entendues par je ne sais quel dieu puisqu'un mois avant le procès a été votée une loi qui, justement, empêche de dissoudre une personne morale pour escroquerie en bande organisée.
Quelle coïncidence...
Il faut dire que nos amis adeptes de l'Hubbardisme n'en sont pas à leur premier miracle judiciaire. Déjà, par exemple, en 1998, une partie d'un dossier d'instruction bien dangereux pour la secte, disparaissait des locaux gardés du Palais de Justice de Paris. Là encore, un quelconque Dieu inconnu avait dû sûrement intervenir de son doigt divin. Aujourd'hui, donc, le même Dieu a dû souffler à quelques parlementaires zélés cette loi miraculeuse.
Mais alors, les médias français se sont-ils offusqués ? Y a-t-il eu des premières pages ? Et le gouvernement ? Et notre Nini adoré s'est-il fendu d'une déclaration vibrante qui allait arracher des sanglots à tous (sauf aux sales gauchos en sandalettes qui puent des pieds) ?
En fait, non. On en a vaguement entendu parler, mais que voulez-vous, on a d'autres chats grippés à fouetter... Et puis, on ne va pas faire une révolution pour si peu... Quand je pense que la Scientologie et ses lobotomisés se plaignent d'un harcellement médiatique... Tu parles... On est tous déjà en train de sombrer dans une douce amnésie bien confortable...
Tenez, tiens, ce matin, on nous a appris la mort d'un des trois membres de feu 2be3... ça c'est de l'actualité, coco, c'est du lourd...C'est vrai qu'après la disparition de Sim, ça me retourne tout ça... On parlait de quoi avant au fait ? Peu importe, ça ne devait pas être grave. Tiens si, Patrick Swayze a passé l'arme à gauche... Il jouait d'ailleurs un super gourou dans l'excellent Donnie Darko de Richard Kelly. Mais pourquoi je parle de secte moi ?
http://www.rue89.com/2009/09/15/comment-lassemblee-a-sauve-la-scientologie-de-la-dissolution
09 septembre 2009
C'est pas moi, je le jure ! de Philippe Falardeau
Léon n'est pas un enfant sage. Léon a des comportements suicidaires. Léon ment pour se sortir de toutes sortes de situations. Léon n'hésite pas à saccager la maison des voisins qui sont partis en vacances. Une vraie graine de délinquant nous dirait notre bon Nini Premier, roi des français... Et pourtant, Léon est juste un enfant en perte de repères, dans ce monde d'adulte où le mensonge prend trop souvent le pas. Et lorsque sa mère quitte le foyer pour partir en Grèce, parce qu'elle étouffe dans sa vie, les tendances déviantes de Léon s'accentuent. Pourtant, Léon voudrait juste être un enfant normal.
Les films québécois sont encore trop rares dans nos contrées pour qu'on se permettent de passer à côté de ceux qui, difficilement, franchissent nos frontières. Cinquième film de Philippe Falardeau (que j'avais découvert en 2006 avec son excellent Congorama), "C'est pas moi, je le jure !" est une splendide chronique de l'enfance. Il faut dire aussi qu'on est loin du numéro de singe savant que nous assènent trop de réalisateurs lorsqu'ils filment des enfants. Et il faut reconnaître que le jeune Antoine L'Ecuyer donne corps à son personnage de façon magistrale.
Il faut aussi reconnaître au réalisateur une splendide manière de filmer avec des plans de toute beauté et au directeur de la photographie un travail très réussi.
Ce film est enfin une bien belle oeuvre extrêmement émouvante, parce qu'elle sait rester simple. La musique, loin d'être omniprésente, arrive juste au bon moment, pour souligner, quand il le faut, les émotions (et on retrouve d'ailleurs un bien joli morceau du génial groupe islandais Sigùr Ros).
Et lorsqu'il se termine, le film reste en nous et nous suit, comme un ami. Et ça fait du bien...
04 septembre 2009
Destination finale, le retour de la revanche de la mort qui tue...
"La mort a gardé le meilleur pour la 3D"... C'est ça le meilleur ? ça laisse imaginer le pire... Ce slogan pourri se trouvait déjà, il y a quelques années, sur un chef d'œuvre du cinéma contemporain, à savoir Freddy n°6, un autre bijou de la 3D. Il faut dire que lorsque vous avez une licence à bout de souffle, où tout a déjà été fait et dit, il ne vous reste plus que l'idée géniale de la 3D pour vous faire encore un tout ptit peu de fric. C'est ainsi que le cinéma fantastique est jalonné de daubes infâmes et moisies... mais en 3D s'il-vous-plait. On a ainsi l'extraordinaire Vendredi 13 n°3 (pompeusement traduit par "Meurtre en trois dimensions"), le fabuleux Dents de la mer n°3, le délirant Freddy 6 déjà cité et, plus récemment, l'incroyable remake du déjà pas brillant Meurtre à la Saint Valentin...
Le principe du cinéma 3D est simple : vous filmez des plans ineptes en plongée ou en contre-plongée, avec des machins qui arrivent vers la caméra, afin que le spectateur impressionné puisse dire à sa copine médusée près de lui :"Waaa... C'est trop de la balle !". C'est ainsi qu'on a le droit, par exemple, dans Vendredi 13 n°3, au plan d'un type, vu en contre plongée, jouant au yoyo, pendant de longues secondes...
En définitive, le principe de la 3D est simplement de palier un manque cruel de conviction artistique, de scénario, de lumière ou encore d'intelligence...
Pourtant, la séquelle précédente était déjà bien pourrie. Mais ce n'est rien à côté de celle-ci qui fait donc passer le n°3 pour un monument du cinéma. Personnages à la psychologie tenant sur une demi-feuille de papier à cigarettes, frissons moisis pour midinettes, poncifs impressionnants et pompages en règle des trois opus précédents. Et, comble du comble, séquence où les personnages vont voir eux-mêmes un film en 3D (oulalah... l'audace... La mise en abîme...).
Alors, puisque c'est comme ça, je vais écrire le prochain Destination Finale !
Séquence 1 alias le super accident impressionnant dont les héros vont réchapper mais qui va foutre la Mort en rogne : Nos héros, un fils à papa, une nymphomane, une blonde, un fumeur de joints et un dompteur d'éléphants nains (oui, j'ai trouvé ça sympa) font une descente en jet ski hors piste d'une montagne super haute. Un tremblement de terre a lieu, ce qui déclenche une avalanche qui engloutit toute la station de ski et qui a pour conséquence de provoquer un tsunami qui raye de la carte le village voisin, pourtant déjà fort amoché par une éruption volcanique, conséquence logique du tremblement de terre (vous suivez ?)... Et les héros meurent... Mais en fait, non, puisque le fils à papa a eu la vision de ce qui allait arriver. Alors, juste avant le tremblement de terre, tout le monde se réfugie dans une grotte troglodyte (c'est l'aspect culturel du truc). En chemin, ils sauvent une naine branchée spiritisme (petit clin d'oeil à Poltergeist de Tobe Hooper) et un guide de montagne alcoolique qui passaient par là.
Séquence 2 alias les morts impressionnantes des deux premiers héros : Comme la Mort n'a pas du tout apprécié qu'on ait contrecarré ses plans, elle va nous fignoler ses morts... La blonde meurt donc coupée en deux par une vitre qui se brise après être passée à travers, puisqu'elle a glissé sur le savon qu'elle a lâchée après que son séchoir encore branché est tombé dans le bac de douche et l'a électrocuté, alors même qu'elle s'est noyée dans sa cabine de douche dont la porte était coincée. Le fumeur de joint, quant à lui, meurt brûlé par un lance-flammes qu'il nettoyait et dont le coup est parti, puisque le mégot du dit joint est tombé dans un jerrycan d'essence qui a explosé et qui a mis le feu à une pelleteuse à neige, qui a démarré alors et qui a poussé le coude du fumeur de joint qui, justement, regardait à l'intérieur du tuyau du lance-flammes, dans lequel était tombé sa chevalière porte-bonheur.
Séquence 3, alias les recherches sur le net et autres découvertes merveilleuses : Le fils à papa se doutant de quelque chose commence à fouiner sur internet et trouve moult articles sur le sujet ainsi qu'un journal intime d'un des personnages de l'opus précédent, qui explique le plan de la Mort. Il met alors ses amis ainsi que la naine et le guide de montagne au courant lors d'une soirée pyjama chez la nymphomane qui court toute nue affolée par le truc.
Séquence 4, alias les nouvelles morts : A partir de là, la lutte est dure. La nymphomane est tuée par un coupe-ongles géant, le guide de montagne meurt étouffé par une moussaka avariée, la naine se fait bouffer par l'esprit revanchard de Amityville 3 (qui n'avait pas du tout aimé un exorcisme qu'elle avait pratiqué). Mais, au dernier moment, le fils à papa sauve in extremis le dompteur d'éléphants nains, qui était malmené par une éponge carnivore. Ils sont donc sains et saufs... Ouf !
Séquence 5, alias Vous les croyiez sauvés ? Et bin non ! : Deux mois plus tard, nos deux amis, qui, entre-temps se sont découverts une passion folle à la Brokeback Mountain (clin d'oeil cinéphile) marchent main dans la main sur la route d'une station balnéaire. Soudain une maison sur pilotis s'effondre et passe en trombe sur la route, emportant au passage nos deux compères qui finissent dévorés par un squale gigantesque (clin d'oeil cinéphile).
Voilà. Avec ça, je pense que ma richesse est assurée... J'espère que les producteurs de la licence vont vite me contacter, parce que là, c'est du lourd. Et, soyez assurés que, dès mon succès confirmé, je ne vous adresserai plus la parole... Nous ne serons plus du même monde !
03 septembre 2009
Un p'tit groupe, un p'tit clip !
Pour les quelques uns qui n'auraient pas encore remarqué, sont apparues, sur ce modeste blogue, des images mobiles. Il s'avère, après cinq ans de blogue, que je me suis enfin plongé dans cette savante question, à savoir, comment incruster des clips et autres merveilles. C'était tellement désespérant de simplicité que j'ai honte de ne pas m'y être penché avant. Je vais donc faire pénitence en me fouettant avec des orties fraîches tout en regardant le 13h00 de TF1 (je sais, c'est dur, mais je mérite).
En attendant, voici un ptit clip que David, le ptit gars qui laisse des commentaires pertinents régulièrement, a tourné pour un chouette groupe nommé "SYL'S". L'image n'est pas nickel, mais le clip reste un bel objet. Il raconte l'histoire d'une photographe qui fantasme, ou qui se rappelle, une histoire d'amour. Le tout tourné dans une vraie et belle manif'...
02 septembre 2009
Martyrs, de Pascal Laugier
Lucie, une jeune fille d'une dizaine d'années, court en hurlant. Elle s'échappe d'une usine désaffectée. Sur son corps, sur son visage, elle porte la marque de multiples sévices. Recueillie à l'hôpital, elle se rapproche d'une autre patiente, Anna. Quinze ans plus tard, Lucie est persuadée d'avoir retrouvée ses bourreaux. Elle décide alors de se venger.
Deuxième film de Pascal Laugier (qui nous avait livré un Saint-Ange de bonne tenue, malgré un jeu pas toujours très juste de Virginie Ledoyen), Martyrs est un film d'horreur sans concession, bien loin des productions du cinéma d'horreur actuelles, bien loin des Saw, Hostel et autres Haute tension. Dans ces trois films, on trouve un certain humour (auquel on est sensible ou non) qui permet de se garder à distance de ce qu'on voit.
Martyrs nous met d'emblée du côté des victimes et on souffre avec elles. Et Martyrs aborde des questions passionnantes : Qui sont les vrais monstres ? Qu'est-ce qui fait que nous sommes humains ? Peut-on disposer de la vie de quelqu'un au nom d'une cause, d'une idéologie ?
Ainsi, on ne ressort pas indemne de la vision du long métrage de Pascal Laugier, et c'est ce qui en fait sa force et sa spécificité. On est loin de l'accumulation et de la surenchère de Destination Finale, qui s'avère être un joyeux train fantôme où on joue simplement à se faire peur. Martyrs est un film réaliste et un film d'auteur.
Sorti il y a un an en France, avec une soixantaine de copies (par comparaison, le dernier Harry Potter a bénéficié de 953 copies sur le territoire français, L'âge de glace 3 de 783 copies, Brüno de 253 copies...), et ayant échappé à une interdiction au moins de 18 ans de peu, le film a réussi à conquérir un certain public. Tant mieux. Mais si vous l'avez loupé, ou même si vous l'avez vu, il faut ABSOLUMENT acquérir le dvd qui regorge de bonus passionnants. Tout comme le très intéressant A l'intérieur, réalisé par Julien Maury, et Alexandre Bustillo, le DVD possède un making-off digne de ce nom qui nous plonge pendant 85 minutes (tout de même !) dans une vrai ambiance de tournage avec ses joies, ses galères, ses tensions...
Et puis, disons-le tout net, le réalisateur est un type intelligent qu'on prend plaisir à écouter.
Pascal Laugier et le cinéma d'horreur en France
envoyé par yutuy. - Regardez des web séries et des films.
Martyrs - Bande-annonce
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.





