C'est la rentrée... Oui, j'adore les poncifs, n'empêche que c'est la rentrée tout de même ! Outre celle des bambins à la morve au coin du nez et celle des auteurs et de leur nouveau bouquin qui va révolutionner le monde, tout s'éveille à nouveau. La télévision s'ébroue et cesse de diffuser son lot de rediffusions et de jeux insipides. Et puis, la politique, en lourd sommeil ressurgit et les Princes qui nous gouvernent pointent leur truffe pour nous dire combien il est pressant de leur faire confiance...

Remarquez, je dis ça, mais il faudrait tout de même reconnaître au gouvernement de notre Nini national qu'il n'a pas chômé pendant les vacances.

Non, vraiment, chapeau bas... On sentait déjà le bon travail d'artisan au moment de l'affaire Woerth en juin dernier avec, en parallèle, le renvoi des deux humoristes Porte et Guillon. Le truc un peu géré n'importe comment, mais, bon, on s'était dit que ça allait retomber avec l'été, que tout ce clapotis ne tiendrait pas face à celui de l'océan devant lequel on allait bronzer en feuilletant négligemment un magazine people...

Bêtes que nous étions. Nous avions oublié qu'avec Le Petit Nicolas, tout devient possible. Et l'été devint un feu d'artifice : et allons-y pour des couches supplémentaires sur l'ami Woerth (qui est un homme d'une honnêteté incroyable et sur lequel s'acharnent de vils médias gauchistes qui sentent des pieds), et un coup de Hortefeux et de Besson réunis (un verre de racisme messieurs ? merci, juste un doigt alors !)...

Personne n'avait osé, notre bon président l'a fait : rien que l'idée de ne pas faire la Une des journaux le rendait malade. Surtout l'été... Et bien, c'est chose faite. ça, pour en parler, on en a parlé !

C'est la rentrée. Rendons grâce à notre gouvernement. Ils ont réussi à fédérer l'opposition comme jamais ! Grève générale le 7 septembre dernier ! Et rebelotte le 23... Et on remet le couvert samedi 2 octobre, suivi par le mardi 12... A croire qu'ils les veulent ces manif' et qu'ils nous offrent tous les arguments pour la faire !

Mais voilà soudain que d'infâmes gauchistes aigris en sandales puantes râlent déjà... Ami, tendons donc l'oreille... Et qu'ouït-on ? (notez l'abondant et riche vocabulaire... Comme quoi une petite pause, et ça repart !) Que ça ne sert à rien de faire la grève, que de toute façon, c'est déjà plié... Et voilà nos mêmes gauchistes qui s'énervent devant leur poste lorsque Nini premier et ses sbires adorés chipotent sur les chiffres et méprisent les manifestants...

Dans "A l'est d'Eden" d'Elia Kazan, James Dean (acteur génial à la carrière bien courte !) joue le rôle d'un fils qui recherche désespérément la reconnaissance de son père. Malheureusement, le père n'a d'estime que pour son autre fils. Et plus James Dean s'évertue à impressionner ce père, plus le père le méprise...

Ne soyons pas naïfs... Que puis-je attendre d'un pareil gouvernement ? Rien, ou pas grand chose... On n'a pas eu la même éducation, on n'a pas les mêmes amis, on n'a pas les mêmes objectifs ni la même vision du monde... Je n'aurai jamais la moindre reconnaissance de Nini... Mais l'inverse est vrai aussi...

Alors pourquoi faire grève ? peut-être justement pour se compter, pour se réconforter, parce que ça fait du bien de partager des idées avec ses pairs... Et peut-être aussi pour lancer un joli message aux aspirants princes plus proches de nos idées : Attention les gars, on est un paquet... Et on ne vous fera pas de cadeaux... Un de ces jours prochains (et peut-être plus tôt que les aigris et les pessimistes de comptoir veulent le croire), on vous remettra au pouvoir... Et ce jour-là, il ne faudra pas se louper... On compte sur vous.

Voilà mes amis... Alors affûtons nos banderoles, travaillons nos slogans et rendez-vous samedi...