autopsy_2008_posterNotre gouvernement nous avait prévenus, mais, moi, vous me connaissez, toujours à tout contredire, je n'y avais pas cru. Et bien, soyez-en sûrs, on ne m'y reprendra plus. Ah non, alors !
Les Princes qui nous gouvernent nous avaient pourtant dit que les jeunes étaient des crétins décérébrés, incapables d'avoir la moindre conscience, politique ou autres, et qu'ils étaient tout juste bon à consommer et à être manipulés par d'infâmes gauchistes aux sandales obscures...
Mais, qu'est-ce donc qui m'a fait changer d'avis ? Facile ! Le film d'Adam Gierasch !

L'histoire est simple et tient sur un ticket de tram' coupés en deux : A la suite d'un accident, une bande de jeunes étasuniens qui avait un peu picolé (on vous l'avait dit les jeunes, l'alcool c'est mal et ça déchaine tout un tas de serial killers contre vous !) se retrouve embarqué dans un hôpital. Malheureusement, loin de vouloir les soigner, on les dézingue à tour de bras, histoire de récupérer je ne sais quoi (ce n'est pas bien clair, même pour les scénaristes, il faut dire...). Mon dieu... Vont-ils s'en sortir ? Quel suspense incroyable !

Disons-le tout net, ce film est une ode à la bêtise des jeunes ! On ne compte plus les milliards de détails super louches qui feraient fuir n'importe qui (à partir du moment où il possède le Q.I. d'une amibe). On commence par l'accident (qu'on ne filme pas, parce que, bon, c'est tout de même un peu cheap comme film !). A peine remis de leur crash, les jeunes découvrent un type sous leur voiture (Mon Dieu ! On a écrasé un type ! C'était donc ça le gros bruit !). A peine découvert, une ambulance se pointe ! (et après on critique les services médicaux étatsuniens !). Et les deux brancardiers ont des têtes de tueurs ! (mention spéciale au chauve barbu, couvert de tatouages, qui se la joue Edward Norton du pauvre). Nos deux amis chargent le mourant en deux deux, et le manipulent comme un sac. Non, non, ce n'est pas louche ! (et ça n'affole personne, à commencer par la donzelle qui, on le découvre plus tard, a fait des études de médecine... Enfin, juste un an par intermittence, mais tout de même...). Et voilà qu'on leur propose de venir aussi dans l'ambulance, histoire de les ausculter... Tout notre petit monde se pointe donc à l'hôpital.
Petite séquence émotion où la donzelle et son bellâtre trainent un peu dehors pour se dirent qu'ils s'aiment et elle d'avouer qu'elle a horreur de l'odeur des hôpitaux (non ? Sans déconner ? Moi, au contraire j'adore ! C'est comme les enterrements, j'en raffole ! Quelle idiote !). Je vous passe quelques détails...
Très vite, il faut se rendre à l'évidence car 1- l'hôpital est carrément vide (l'équipe des méchants est composée des deux brancardiers sus-nommés, d'un docteur tout pourri vaguement joué par Robert T1000 / X-Files Patrick et d'une infirmière toute vilaine), ce qui, soit dit en passant, ne l'empêche pas d'être nickel et tout propre partout 2- On y croise quelques malades tout mal maquillés qui inspirent une confiance absolue et qui errent de ci de là...
Mais cela n'inquiète pas plus que ça notre bande de jeunes décérébrés... qui finissent tout de même (enfin certains d'entre eux tout au moins), au bout d'un bon trois quart d'heure, à trouver ça super louche... D'autant qu'ils ont tous été séparés les uns des autres, et que certains sont déjà morts (et oui, les jeunes, on vous avait prévenus...).
N'empêche que ceux qui restent ont beaucoup de mal à trouver la sortie de cet hôpital (c'est vrai qu'il y a trois étages et qu'il faut descendre par l'escalier ou prendre l'ascenseur, et ça n'est pas évident pour eux...). Ce qui explique sûrement que la donzelle dont je parlais au début n'hésite pas à prendre cinq fois le même escalier, dans un sens ou dans un autre, et de parcourir tout un tas de fois les trois ou quatre mêmes couloirs...
Ajoutez à cela un orage tout plein d'éclairs qui font peuuuuur, sept séquences à sursaut (oui, je m'ennuyai un peu... Alors, je les ai comptées !), un zeste de gore pour faire trembler le bourgeois (palme d'or à la scène où la donzelle retrouve enfin son petit ami, allongé sur une table d'opération, avec tous ses organes au dessus de lui, suspendus en mobile de Kalder... Ravissant !) et vous obtiendrez ce magnifique film qui ne dure qu'une heure vingt (et encore, hors génériques, car sinon, on tombe à une heure dix à tout casser...) mais qui arrive à dilater le temps de manière impressionnante, et à donner l'impression de se dérouler sur, au moins trois ou quatre heures... Bon, Comme je ne suis pas un chacal, je passerai sur le fait que l'hôpital, fermé depuis trois ans (c'est eux qui le disent dans le film), est super bien éclairé... Comme quoi, les compagnies électriques étatsuniennes font bien leur boulot !

Je vous laisse avec la bande annonce qui a le mérite de tout résumer en deux minutes. Et on dit merci qui ?