Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

21 mars 2009

Une incursion à Montréal

Petite ballade du côté du Mont Royal...

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20 mars 2009

De l'art d'étiquetter...

Petit voyage en avion, du côté de British Airways. Un long courrier. 6 heures à s'occuper comme on peut engoncé dans un fauteuil décidément trop petit, mais qui donne l'apparence et l'illusion d'être confortable. Heureusement, les distractions, dans les longs courriers sont multiples. On peut se battre contre le voisin de devant qui s'échine à baisser son siège et à réduire considérablement votre espace vital (qui n'était déjà pas si grand, eut égard au fait que vous devez partager vos accoudoirs avec vos voisins) ; on peut avaler moult nourritures surprenantes, servies dans des barquettes tellement microscopiques qu'elles feraient passer la dînette des petites filles, pour des plats sorties tout droit de la cour de Louis XIV (sans compter qu'il faut serrer les coudes à mort pour ne pas bousculer les voisins de gauche et/ou de droite) ; on peut boire (qui n'a pas encore fait l'expérience de l'alcool en altitude n'a rien connu...) ; on peut voir des films récents sur des écrans 3 pouces, ou jouer, sur ces mêmes écrans, à des jeux aussi excitants que le solitaire, le Mah Jong ou le poker ; on peut tenter de dormir, grâce à l'échantillon d'oreiller fourni avec le siège, tout en se recouvrant de la ridicule (et fort fine) couverture gracieusement prêtée ; on peut, enfin consommer... Et c'est là où je voulais en venir.

Car le temps du Duty Free est un pur moment de folie. Notre petite carte de crédit nous offre soudain un monde de bonheur et d'enchantement, constitué de parfums de grande marque, d'ours en peluche, de carrés de soie, de montres bling-bling et de cigarettes, comme dans la vraie vie, donc, mais MOINS CHER ! Et donc, me voici, dans mon siège, achetant une cartouche de cigarettes au steward blasé. Le dit steward, donc, me tend l'objet de ma convoitise, tout en me montrant une photo qui orne ma cartouche, et me dit, en anglais, que c'est ça, en gros, qui va m'arriver. Mes yeux tombent sur la photo... Horreur... Un homme, en gros plan, arbore une grosse et bien cradasse tumeur à la gorge. C'est monstrueux, et tout rouge aussi... Un truc dont le Guiness des records aurait bien voulu dans la section "maladie répugnante et écoeurante". Après avoir giflé violemment le steward pour sa remarque déplacé, je range ma cartouche dans mon sac, me promettant de me débarrasser, au plus vite, de cette photo immonde...

En France, aujourd'hui, contrairement à nos amis étatsuniens et anglais, nous n'avons pas encore mis des photos anti-tabac sur nos paquets de clopes. Mais, je ne m'en fais pas, nous allons y arriver...

Je ne suis pas persuadé de l'impact de ces photos. Le gore peut, bien sûr, calmer quelques uns d'entre nous, mais je suis convaincu que notre cerveau connaît des tonnes de système de déni bien élaborés. Enfin, bon, pourquoi pas... Après tout... Mais, je pose alors la question. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas coller, sur les bouteilles d'alcool, de jolies et ravissantes photos de cirrhose du foie ? Et puis, tiens, pendant qu'on y est, et si on collait sur les carrosseries des voitures des clichés d'accidentés de la route, et de bien gros messages de prévention, genre "LA VITESSE TUE", ou encore "LA BAGNOLE DONNE LE CANCER ET POURRIT L'ENVIRONNEMENT". On pourrait même coller, sur les fast-food, de bien belles photos d'obèses, avec des messages comme "VOILA CE QUI VOUS ATTEND..." J'avais également pensé à coller sur les réacteurs nucléaires des portraits de cancéreux de Tchernobyl, et à des messages simples comme "LE NUCLÉAIRE PEUT GRANDEMENT NUIRE A LA SANTÉ" écrit en noir et en gros.

Cessons l'hypocrisie une fois pour toute. Soit on fait de véritables actions de prévention de la santé, sans tenir compte des lobbies, soit on n'en fait pas. Il y en a assez des demi-mesures. D'accord pour taper sur la clope, mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Et là, je vous garantie qu'il n'y a aucune mauvaise foi dans ce post...

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11 mars 2009

Un ptit zeste de vulgarité, juste en passant...

Nice est une ville merveilleuse. Si vous organisez une manifestation et que vous disposez d'un bon budget publicité, vous pouvez bénéficier d'une somptueuse couverture médiatique avec de très jolies affiches d'un goût sûr et délicat. Jugez plutôt, avec cette campagne pour la Foire de Nice, genre de foire fourre tout où on peut acheter et visiter un peu tout et n'importe quoi...

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Voilà. C'est simple, c'est frais et c'est drôle. Le public de TF1 adore déjà. Et faisons fi des pisse-froids qui vont encore y voir une chosification des corps, ou encore un cynisme publicitaire qui, une fois de plus, affirme, en cadrant les poitrines et en coupant les têtes, qu'il n'est absolument pas intéressé par notre cerveau, notre réflexion ou encore notre culture...

Bon, il faut absolument que j'aille faire réchauffer mon chaudron à goudron... Et pendant que ça bout doucement (il ne faudrait pas que ça attache au fond...), je vais aller me capturer des pigeons pour renflouer mon stock de plumes... Dès que c'est prêt, j'irai sonner en bas de chez le créatif responsable de ce machin...

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10 mars 2009

De l'art de l'hypocrisie

Cher Univers Sale, cher EMI, et les autres...

J'ai appris avec horreur et damnation que 20 % des français déclaraient télécharger illégalement des oeuvres à vous et à d'autres... Mon dieu, dans quel monde vivons-nous ? Moi qui croyait naïvement qu'on avait créé des graveurs, des clés USB de dizaines de gigas, des disques durs internes et externes à mémoires pharaoniques, juste pour entreposer et stocker des films de vacances à la Bourboule ou à Saint-Sanson-la-Poterie (une charmante bourgade du côté de la Normandie, avec un bar-tabac ravissant...).

Quand je pense que c'est à cause de ces vils pirates qui sentent des pieds (et qui votent sans aucun doute à gauche... Beurk !) que toute l'industrie du film et du disque s'effondre. Oui, soyons clairs, vous les grosses majors, vous aviez uniquement des buts philanthropiques, une haute idée de la culture et des démarches belles et généreuses envers les consommateurs. Jamais il ne vous serait venu à l'esprit, avant l'êre d'internet, de mettre à bas des éditeurs indépendants, ou de mépriser les consommateurs en leur vendant des DVD au pressage moisi, claffis de bonus affligeants où se heurtent en vrac des making-off auto-promotionnels, des bandes annonces dont on n'a que foutre, des scènes coupées qu'on a bien fait de couper et des galeries de photos inutiles.

D'autant que vous avez toujours promu la qualité en même temps que les prix bas et accessibles pour tous... Comment comprendre alors que ces pirates se comportent comme des gros ingrats. Car c'est bien d'ingratitude qu'il s'agit, quand on note tous les efforts que vous faîtes.

Et puis, disons-le tout net, jamais il ne vous serait venus à l'idée de virer comme des malpropres votre personnel. Vous étiez même prêts (je le sais, parce que je vous sais bon, profondément bon) à endiguer le chômage, à embaucher à tour de bras, à augmenter les salaires... Mais voilà que de répugnants pirates baveux à la libido en bandoulière vous ont obligés à réduire vos effectifs. Salauds de pirates.

Heureusement, mes amis, les Princes qui nous gouvernent sont de votre côté, et vous pouvez comptez sur eux pour nous pondre moult lois et remettre un peu d'ordre dans tout ça... On va les jeter dans des bains d'acides les pirates, on va leur couper les doigts (bien malin qui peut télécharger s'il n'a plus que des moignons pour pianoter sur internet !)...

N'oubliez jamais que je vous aime, mes grosses Majors d'amour, et que toujours, je serai à vos côtés, à pleurer le destin de Madonna qui n'a engrangé que 250 millions de dollars l'année dernière.

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25 février 2009

Lettre à Dieu (et accessoirement à Mme Alice)

Cher Dieu, on ne se connaît guère, mais il faut dire qu'on ne se fréquente palu trop. Bon, évidemment, on s'est un peu vus dans ma jeunesse, durant quatre années d'extase merveilleuse, dans cet idyllique collège catholique, où, chaque matin je chantais tes louanges au garde à vous devant mon pupitre, et où, chaque midi je célébrais ta grâce devant ma salade de betteraves en cubes ou mes carottes râpées baignant dans leur huile... Moi, à l'époque, je t'aimais plutôt bien.

Mais les années se sont écoulées, et, tel un mécréant, tel un vil hérétique se rependant dans le pêché, comme d'autres se roulent dans la boue, en faisant du catch, je t'ai oublié, et ma flamme fervente s'est éteinte...

Pourtant, je le sais, tu as fait des efforts pour me rappeler à toi... Tu as fait tombé la flèche d'une grue sur plusieurs élèves du collège privé catholique Saint-Paul du côté de Mantes en octobre 2004. Tu as fait également s'effondrer le toit d'une église sur des fidèles en janvier 2009, à Sao Paulo. Et tu nous as débarrassé de Jean-Paul II en avril 2005.

Et tu as, je suis sûr, été peiné par mon ingratitude. Même pas un remerciement de ma part. Rien. Même pas une petite prière, un cierge brûlé ou un don pour un saint quelconque... Un chacal... J'ai été un chacal...

Et je m'en rends compte d'autant plus aujourd'hui, que tu m'as fait parvenir un mail, dont voici les extraits les plus grandioses :

"DIEU A UN PLAN POUR VOUS (Que tu es bon !!! Tu ne m'as donc pas oublié !!!) 

Je suis Mme ALICE IDRIS TOYO, d'origine Tunisienne. Je suis marié à Dr IDRIS TOYO, pour qui à travaillé au  Ministère de l' Economie et des Finances en Tunisie pendant 8 ans avant sa mort (que son ame repose en paix). Avant qu'il ne decède en 2003, Nous étions mariés pendant ONZE ANNÉES sans enfant, il est mort après une brève maladie qui a duré seulement QUATRE JOURS. 

(Petit résumé de la suite : son mari, avant sa mort a planqué 22 millions de dollars... On ne sait pas d'où ils viennent, mais on s'en fout...  De là, pas de bol, Mme Alice a appris qu'elle allait, elle aussi, mourir...  N'ayant plus le temps d'apprendre la syntaxe et l'orthographe, elle a fait des recherches pour trouver un homme bon à qui refiler la jolie somme, qui sera destinée à tout, sauf la guerre, précise-t-elle, parce que la guerre, c'est mal...)

[...] J'ai fait la connaissance de votre adresse de la conjoncture économique internationale et le commerce en Cote d'ivoire, dans mes récherches pour un Homme ou une Femme honnête, digne de confiance et craignant Dieu individu qui pourrait m'aider dans la mise en œuvre de placement comme à gauche pour moi et je vous à choisi parmit beaucoup d'homme pour accomplire la volonté de Dieu, Sil vous plait, ne perdez pas cette opportunité car vous serez le Béneficiaire de ma Caisse de Valeur qui se dans cette Compagnie de Sécurité pour le bien des Chrétiens dans le Monde entier. [...]"

Cher Dieu, donc, je t'en supplie, informe par mail Mme Alice que je ne suis qu'un gueux rampant, qui ne mérite pas tant de bonté... D'autant plus que je suis déjà tellement riche, que 22 millions ne sont pour moi qu'un modeste pourboire. Non, vraiment, dis-lui de s'adresser directement à Benoît. Je suis sûr qu'il sera quoi faire, lui. Quant à moi, je m'en vais me fouetter le dos avec des orties fraîches. ça me fera le plus grand bien...

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03 février 2009

Juno, de Jason Reitman

junoJuno est une lycéenne qui se retrouve enceinte après avoir fait l'amour à l'un de ses amis. Après avoir renoncé à l'avortement, Juno décide de trouver un couple stérile afin de leur donner cet enfant.

Ce film, très loin de la chronique sociale, se place plutôt du côté de la comédie intelligente. Et c'est sûrement ce qui constitue l'une des principales qualités de cette oeuvre. Car il est difficile de ne pas rire aux éclats face aux affres de Juno, adolescente coincée dans des décisions d'adultes qui la dépassent.

Il faut dire que, dans ce film, tous les personnages sont formidablement attachants. Juno, bien sûr, est hilarante dans ce rôle d'adote vaguement rebelle, toujours prête à sortir les pires horreurs et autres provocations. Mais les autres personnages ne sont pas en berne. Car, chacun, Juno comprise, évolue et change tout au long du film. Ainsi, l'ami/ petit copain, un peu pitoyable au début, sait se montrer touchant lorsqu'il avoue son amour à Juno. Et la mention spéciale peut largement être attribuée au couple adoptant, où l'homme, d'emblée très sympathique, se révèle complètement immature, et la femme, très rigide et coincée au début, s'avère être pleine de sensibilité et d'intelligence.

Pour couronner le tout, on ne peut qu'être sensible au soin apporté à la bande originale, pleine de jolis morceaux rock. On retiendra particulièrement la petite chanson aigrelette de la fin, où Juno se saisit d'une guitare, face à celui qu'elle aime.

Une comédie à retenir donc, qu'on peut lire à différents niveaux, avec un vrai respect des personnages, une lumière vraiment magnifique, un scénario chouette comme tout. Faut-il préciser, en plus, que ce film est canadien (américano-canadien exactement, mais bon) et que ça fait du bien de voir autre chose qu'un gros blockbuster hollywoodien envahissant de temps en temps ?...

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02 février 2009

Salle 101, le film... Premières images...

ça y est... Un premier montage et donc, des premières images... Encore du boulot en perspective... Mais, bientôt, le court-métrage devrait être prêt pour affronter des festivals...

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12 janvier 2009

De l'art de bien filmer des funérailles

Plan large, avec panoramique (caméra qui descend lentement). Une colonie de parapluies noirs s'agglutine frileusement. Une fine bruine baigne l'ensemble. Nous sommes au petit matin. Une légère brume laisse seulement deviner les contours des individus. Plusieurs silhouettes arborent des pardessus noirs et des pulls en cachemire noirs. En blanc, sous un parapluie tenu par un enfant de choeur ou un bedeau (au choix), un prêtre nous égraine son fameux "dust to dust", tandis que des mouchoirs se collent sur les faces. On voit, au premier rang une famille effondrée, brisée, qui sanglote à pierre fendre, sauf un des membres, qui garde sa dignité.

Une nappe de synthétiseur nimbe l'ensemble de la séquence. En arrière-plan, une colonne de voitures, noires, avec chauffeurs sous des parapluies, derrière le corbillard. Près du cercueil, un gros chêne. Le cimetière est vaste et boisé, la pelouse est bien verte. Au royaume des morts, point de surpopulation.

Séquence suivante, plan moyen. les convives s'en retournent à leurs occupations, non sans avoir serré la loupe de la mère éplorée et du fils qui sait se contenir, tout en murmurant un "mes condoléances", entre deux reniflements de la dite mère... coupez, c'est dans la boite, elle est bonne, Coco, c'est du lourd, on va faire pleurer dans les chaumières, et décrochez un Oscar...

On a tous vu ces merveilleuses séquences lacrymogènes de films étatsuniens. On les connaît par coeur. elle ont modelés nos imaginaires, à tel point qu'on est tous persuadés que les cimetières étasuniens sont plein de place et de chênes...

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"La chambre du Fils", de Nanni Moretti aborde le délicat sujet du deuil de son enfant. Nanni Moretti joue ici le rôle d'un psychiatre, heureux, avec une belle vie de famille, qui, brusquement, perd son enfant.

Après une première partie où on découvre et où on s'attache à ce père de famille, on se retrouve à vivre avec lui la mort de son fils, et à affronter ce drame. Un film étatsuniens n'aurait pas hésité. A grand coups de violon, on nous aurait infligé les deux séquences décrites ci-dessus. Mais ici, Nanni Moretti prend le complet contre pied. L'enterrement se résume à une mise en bière de l'enfant, au bruit de la visseuse électrique dont les croque-mort se servent, et à une (brève) messe où le prêtre utilise une métaphore foireuse, qui, dans la séquence suivante, horripile Nanni Moretti.

Ici, on est loin du mélo. On est avant tout dans le réalisme, dans la dureté quotidienne de la vie, sans ajout. On ne voit pas la mort du fils, on nous la décrit simplement, et on se retrouve, comme cette famille, dans l'incompréhension et dans cette terrible volonté de vouloir changer le cours du temps, pour pouvoir tout empêcher.

Très beau film donc, qui reste délicat et intelligent, qui marque nos esprits tout en finesse, avec juste une petite ritournelle au piano, obsédante et belle. Un film à voir, donc, et qui, probablement, mérite bien sa Palme d'Or...

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07 janvier 2009

Lettre à Emilie Simon

EmilieSimon_Coccinelle01Chère Émilie Simon,

On ne se connaît pas, et, probablement que jamais nos chemins se croiseront, sauf, peut-être (sûrement) le temps d'un concert.

J'ai intercepté, il y a peu, un de tes premiers concerts. C'était sur France Inter, une Black Session, organisée par le génial Bernard Lenoir, un type qui donne ses lettres de noblesse au service public, qui fait un vrai boulot de découvreur de talents, fan de rock, et à qui je dois pas mal de coups de coeur et de plaisir.

C'était ton cinquième concert (c'est Bernard qui l'a dit) et, depuis plusieurs jours, ce live squatte mon MP3, mes oreilles et mon cerveau.

Émilie, donc, sans le savoir, tu m'as encore accompagné au boulot ce matin. Tu es avec moi, sur mon vélo, ou dans le tramway, comme ce matin, parce qu'il pleuvait. Et je dois avouer qu'à chacune de mes écoutes, je tombe un peu plus sous ton charme. Il faut dire que tes influences, qui vont de Björk à Kate Bush, en passant par monsieur Pop (Iggy de son prénom), ne vont pas pour me déplaire, bien au contraire.

Émilie, j'aime ta voix, toute douce, pleine de gentillesse et de finesse. J'aime tes textes acidulés et intelligents. J'aime tes orchestrations qui lorgnent toujours vers l'expérimentation. Un régal.

Pour être honnête, Émilie, je t'avais déjà découvert grâce au clip "Flowers", absolument génial, que Tim Burton devrait adorer s'il le voit (mais peut-être est-ce déjà fait ?).

Merci donc pour te balader dans mon quotidien. J'espère que tu passeras un de ces jours pas trop loin de chez moi, histoire de partager en direct ta musique. Merci pour tout en tout cas. Prends bien soin de toi.

Pour écouter "flowers" et savourer ce chouette clip :

http://fr.youtube.com/watch?v=z_1MR2XOjz4&feature=related

Et sinon, faites un saut du côté de la chanson "il pleut", qui me fait fondre, à écouter de préférence, justement, un jour de pluie (pas d'affolement, c'est une image fixe avec la musique derrière ! Tant mieux, vous vous concentrerez plus sur les paroles et la musique !) :

http://fr.youtube.com/watch?v=dLS2JH0pnz4&feature=related

Tant qu'à faire, sautez dans les flaques, avec "To the dancers in the rain" (le clip est-il le clip original ? Pas sûr, mais on s'en fout !) :

http://www.youtube.com/watch?v=7Sfy9uZSQVE&feature=related

Terminons par une reprise délicieuse et succulente de monsieur Pop, avec "I wanna be your dog", en live, s'il-vous-plaît :

http://fr.youtube.com/watch?v=4NKq1RLdZbE&feature=related

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29 décembre 2008

De l'art de bien comprendre l'aspect sirupeux des choses

Comment faire un dessin animé bien suintant et bien mièvre pour nos têtes blondes et brunes ? D'abord préparez un scénario lacrymogène. Très important ça. Je vous conseille, pour ma part, la séparation déchirante d'un enfant et de ses parents. C'est bien, carré, classique et ça fonctionne bien. Vous pouvez aussi faire une variation sur le conte de fée, avec princesse idiote et prince nécrophile qui adore embrasser les princesse mortes depuis cent ans. Vous pouvez enfin tabler sur l'expropriation sauvage d'une famille déjà très pauvre, pas encore réduite au cannibalisme (faut pas pousser... C'est tout de même pour les petits nenfants), mais on n'en est pas loin...

Ensuite, jouez à fond la carte de la bestiole anthropomorphique à nom crétinoïde. Pour cela, rabattez vous sur les créatures sympathiques, genre lapin, faon, lionceau, panda, pingouin... Évitez, en revanche, tout ce qui relève du gastéropode, de la pieuvre, du scolopendre, de l'acarien et du brocolis. C'est inutile... Tout le monde a horreur de ces trucs... Et puis imaginez le côté grotesque de la chose : "Hui-Hui, la petite moule", "Slportch, la gentille seiche" ou encore "Monf, le chou rouge abandonné"... Non, c'est grotesque, vraiment...

Enfin, n'oubliez pas d'ajouter à votre cocktail son lot de chansons à trois accords bien niaises et bien entêtantes, avec des paroles dégoulinantes de gentillesse : Tenez, en voici une, rien que pour vous... "Ton père t'a donné la vie... Ta mère te l'a donnée aussi... Ils t'appelaient Mon doux Chéri... Tu sais  ce qu'est un radis" (accord ré / la / mi). N'hésitez pas à utiliser des mots tels que "rêve" / "fleur" / "coeur" / "bonheur". En revanche, n'utilisez pas les mots "déodorant", "mixeur", "chanvre indien" et "Sarkozy". S'agirait pas de traumatiser nos enfants tout de même...

Et vous voilà devant un somptueux Walt Disney de derrière les fagots. Merveille des merveilles... Rejoignez le grand club consensuel des adorateurs du grand Walt, prêts à gueuler contre le grand capital mais qui se pâme devant "Poncahontas" ou "Bambi"... Parce que c'est pour les enfants...

Je déteste Walt Disney, je vous dis. J'ai horreur de Mickey, cette souris efféminée; je hais les valeurs de merde de Picsou, le grand capitaliste puant, qui se baigne dans son fric ; j'abhorre les castors juniors et leur morale à la con judéo-chrétienne et cul-bêni ; j'exècre tous ces petits animaux gerbants plein de poils et de maladie dégénérées qui peuplent les forêts ; et surtout, surtout, je ne supporte pas les végétaux chantants... On ne se refait pas...

Et pourtant... Pourtant, l'autre jour, je suis tombé sur "Kuzco, l'empereur Mégalo"

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Kuzco est un empereur aztèque qui ne s'intéresse qu'à lui. Il renvoie un jour sa conseillère, sous le prétexte qu'elle est trop vieille. Voulant se venger, la conseillère lui administre un poison. Mais, au lieu de le tuer, elle transforme Kuzco en lama. Kuzco va se retrouver à faire appel à un chef de village qu'il voulait, peu de temps auparavant exproprier (tiens, justement...).

Produit il y a quelques années, "Kuzco" est vraiment un dessin animé à part. Peut-être parce qu'il est plus minimaliste et moins léché que les Walt Disney classiques (il faut dire qu'il a été produit dans un temps beaucoup plus court que d'habitude...). Peut-être aussi parce qu'il est complètement irrévérencieux, très adulte, carrément crypto-gay (il faut voir comment Kuzco traite les futures femmes qu'on lui apporte; ou comment Kronk, le bras droit de la conseillère, aime faire la cuisine...), complètement anachronique, bourré de références cinématographiques (le laboratoire secret du savant fou...) et surtout désopilant... Véritable hommage à Tex Avery, Kuzco est hilarant du début à la fin.

Un produit Disney à part, donc, qui prouve que, de temps en temps, le talent émerge là où on ne l'attend carrément pas. Chapeau bas donc. Et votre serviteur fait amende honorable...

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