Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

19 octobre 2009

Le métro est ton ami (part 3)

kontroll_2Pour terminer notre parcours souterrain, voici un petit bijou qui n'a pas eu la chance de bénéficier d'une sortie nationale, malgré une sélection dans la section "Un certain regard" de Cannes en 2004, et que nous a heureusement déniché et édité Mad Movies en DVD, voici quelques mois. Il s'agit de Kontroll de Antal Nimrod.

C'est l'histoire de cinq contrôleurs dans le métro de Budapest, en Hongrie. On s'attache plus spécialement à l'un d'eux qui reste toujours dans les sous-sols, et ne va jamais voir le jour. Dans ce métro erre aussi un tueur mystérieux. Et au milieu de tout ça, va se tisser une bien belle histoire d'amour.

Passages hilarants (le contrôleur atteint de narcolepsie par exemple), photo de toute beauté (les errances sur les rails), moments poétiques et surréalistes (la présence du hibou ; la rave...), excellent scénario, réalisation alerte et rythmée, acteurs vraiment bons, bref, à ne surtout pas louper !

En fait, Kontroll ressemble à Subway, de Besson, mais avec un véritable réalisateur talentueux aux commandes...

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18 octobre 2009

Le métro est ton ami (part 2)

end_of_the_line_us_Maurice_DevereauxDeuxième mise en bouche de notre tite saga underground.

Cette fois-ci, c'est un film canadien à petit budget, mais de qualité : End of the line de Maurice Devereaux.

Un sympathique gourou, accessoirement prédicateur, annonce l'apocalypse imminente : les légions de Satan s'apprêtent à débarquer sur Terre. Le religieux frapadingue envoie alors ses hordes de fanatiques avec, pour mission, de tuer tout le monde afin de sauver les âmes des innocents.

Huis-clos étouffant dans le métro, le film, malgré un budget serré, bénéficie d'un scénario bétonné et d'acteurs très motivés. Coup de chapeau aux fanatiques, avec leur affreuse petite chanson entêtante "Brother, Sister, hear the Voice. Hope is God, and God is Love..."

Et, pour le coup, la fin du film est vraiment terrifiante !

(à suivre)

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17 octobre 2009

Le métro est ton ami (part 1)

Midnight_meat_trainLes couloirs du métro symbolisent probablement le royaume des morts tenu par le puissant Hadès.

C'est en tout cas ce que je me suis dit à la vision de trois films où les héros déambulent dans ce lieu labyrinthique.
Le premier, c'est donc Midnight meat train, de Ryuhei Kitamura. Un photographe en manque d'inspiration se retrouve face à une galeriste vacharde qui lui recommande d'insuffler plus de vie à ses clichés. Et voilà notre photographe qui va se retrouver à prendre les derniers métros, qui sont hantés par un terrible et implacable tueur.
Adapté d'une histoire de Clive Barker, le film, plutôt inventif (bien vues les caméras subjectives à l'intérieur des victimes ; pas mal aussi le (faux) plan-séquence à l'intérieur du métro...) tient ses promesses (malgré une bande-annonce un peu racoleuse) et bénéficie d'une photographie belle et soignée.

Dommage que la fin soit tout de même prévisible et trop démonstrative.
Dommage aussi que le titre soit aussi pourri et qu'il offre un spoiler de taille si on y prête un peu attention...

(à suivre)



 

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15 octobre 2009

religulous, de Larry Charles... Un film athée, sinon rien !

religulousJe sais, c'est facile. Mais tout de même, ça fait un sacré bien !

Il faut dire qu'ils ne sont pas pléthore les films de propagande athée...
Il est toujours intéressant de constater que les films religieux, ou à discours religieux sous-jacent, fleurissent bien plus facilement sur nos écrans. Je repense bien sûr à la plaisanterie boursouflée de l'ami Gibson La passion du Christ, où l'on suit la longue souffrance et la lente agonie de "celui-qui-endure-tous-les-péchés-du-monde-présent-et-à-venir" et, mon Dieu, que c'est pénible ! (Et que je te fouette au ralenti avec des fouets à petits piques ; et que je te fasse tomber sous le poids de ta croix dans des gerbes de sang...).
Mais on peut aussi analyser, à travers cette grille tout un tas de productions hollywoodiennes, comme Matrix, par exemple, où un messie (nommé Néo, pour ceux qui n'avaient pas compris) sauve le monde de son aveuglement après avoir séduit Trinity (Sainte Trinity, priez pour nous...) ou comme Vendredi 13, où un dieu vengeur, digne de l'Ancien Testament, dézingue tout un tas de fornicateurs et autres pêcheurs fumeurs de joints.

Bref, Religulous est un documentaire délicieusement impertinent avec tout un tas de cul-bénis. Et même si le film reste plus distrayant que pédagogique, ça fait du bien de voir nos amis juifs, chrétiens ou musulmans et autres croyants en prendre pour leur grade et s'empêtrer dans leurs contradictions. On retiendra, par exemple, ce Lunapark chrétien, au fin fond des États-Unis, où un Jésus d'opérette, évoluant dans une comédie musicale franchement mauvaise, se fait applaudir et filmer par un public fasciné, tandis qu'un romain le latte à grand coups de sandales...
On retiendra aussi, et c'est plus inquiétant, ces gens de pouvoir, comme ce sénateur élu, qui remettent en question les théories de l'évolutionnisme de Darwin ou ces musulmans qui justifient des actes de barbarie comme le meurtre en 2004 de Théo Van Gogh, le réalisateur néerlandais.

Bill Maher pousse ses adversaires dans leurs derniers retranchements. Parce qu'il les connaît les textes sacrés le bougre. Et qu'il veut se positionner comme un défenseur du doute, face à des gens pétris de certitudes. Et même si la fin est un peu pompeuse et démonstrative, on sort de la vision de ce documentaire à la Michael Moore avec un sourire immense et une foultitude d'arguments, qu'on a bien envie de tester auprès de nos amis béni-oui-oui...



 

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30 septembre 2009

Orphans de Jaume Collet-Serra, ou comment faire un film avec une seule idée...

00Attention Spoiler... Ce post va carrément raconter des éléments clefs du film. Alors, si l'envie de le voir vous démange, ne lisez pas ce qui suit, ça serait bête... Bon, en même temps, le film n'est pas terrible... A vous de voir...

Kate et John ont eu la douloureuse expérience de perdre leur troisième enfant à la naissance. Bien sûr, depuis, leur couple vacille quelque peu... D'autant que Kate a tout de même taquiné la bouteille et que John a sauvé in extremis un de ses enfants de la noyade (et heureusement, parce que Kate, à ce moment-là était toute pompette !). Bref, plutôt que de se consacrer à s'occuper de leurs deux enfants (dont une sourde profonde... Y'en a qui cumulent tout de même...), Kate et John ont la géniale idée d'adopter Esther, une fillette de 9 ans. Evidemment, nous, rien qu'en voyant l'affiche, on voit le truc arriver... La gamine sent le souffre... pourtant, elle est toute parfaite, au début, et séduit les parents... Oui, mais voilà, les accidents et autres actes violents vont s'accumuler et Esther semble orchestrer tout ça de main de maître... Mais quel lourd secret cache-t-elle donc ?

La fin des années 70 a eu son lot d'enfants possédés et/ou diaboliques (La malédiction ; L'exorciste...). Le début des années 90 a connu sa pelletée de thrillers familiaux où une personne bien sous tout rapport se révélait être une menace pour un individu ou une famille (JF cherche appartement ; La main sur le berceau ; La nurse...). Orphans (Esther en français) est un peu une compilation de tout ça. Pas une scène vraiment originale. On croirait au début que le secret d'Esther consiste en une alliance avec un quelconque vague démon (sinon comment expliquer qu'elle porte toujours des rubans à son cou et à ses poignets ? Chose qui, soit dit en passant, ne choque absolument pas les parents, mais bon...). Mais en fait non... C'est juste une déséquilibrée qui tue...

SPOILER
Mais pourquoi tue-t-elle à son âge, car elle n'a que 9 ans, nom de nom... Au bout d'une longue heure d'exposition où la gamine nous balance juste des regards super noirs face caméra qui font super peur, la mère commence à avoir quelques doutes sur Esther. Alors elle fait des recherches sur internet (c'est drôlement pratique internet, parce qu'on y trouve vraiment tout ! Dans Destination Finale aussi ils faisaient des recherches sur internet !), découvre que la gamine vient du fin fond de la Léthonie. Et la gamine ne venait pas d'un orphelinat, mais d'un asile psychiatrique (mon dieu ! Mais c'est horrible !). Une autre demi-heure se passe et là, voilà l'IDEE du film ! Vous êtes prêt ? Un docteur révèle à la mère que la gamine n'a pas 9 ans... Mais que c'est une naine de 33 ans ! Bin merde alors ! Et qu'en plus elle drague son mari ! Re-merde !
Voilà, c'est la seule idée rigolote du film. Tout le reste est déjà mille fois vu. On nous fait donc le coup de l'armoire à pharmacie qu'on ouvre et qu'on referme, avec John qui apparaît dans le miroir et qui déclare ne pas avoir voulu faire peur à sa femme ; on a aussi droit à la gamine morte à la fin, mais en fait non, et qui saute sur la mère pour la tuer ; on a droit à la réplique finale qui tue, avec Esther tenant un couteau dans son dos à la fin, et qui supplie sa mère adoptive, et la dite mère qui lui dit qu'elle n'est pas sa mère (il me semble même qu'elle ajoute conasse ou salope, pour la forme...), avant de lui balancer dans les gencives un bon coup de pied ; on a également droit à des flics qui arrivent bien trop tard et qui ne servent à rien du tout ; sans oublier le fameux coup de la scène gore qui s'avère être... un cauchemar (jamais on ne s'en serait douté, vraiment !)...

Fin du spoiler

En définitive, Orphans est un film paresseux (une seule idée pour un long métrage de deux heures, c'est un peu piètre) qui n'apporte pas grand chose au genre, qui pompe ici ou là (merci Cronenberg et son Dead Zone pour la glace de l'étang qui se brise ou pour l'enfant au prise avec un incendie...) et qui veut se faire passer pour un sommet de suspense. Malheureusement, c'est long (mon dieu que c'est long !), bourré de clichés, de pubs (merci I-Phone, Merci Guitar Hero...) et d'inutilités scénaristiques (Pourquoi leur petite fille est-elle sourde ? Pourquoi la mère est-elle pianiste et le père dessinateur ? A quoi sert cette grand-mère qu'on voit à peine trois plans ?).

Et en plus, ça se prend très au sérieux... Certains se diront alors que ce film est tout pourri... Je ne suis pas loin de le penser finalement...

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09 septembre 2009

C'est pas moi, je le jure ! de Philippe Falardeau

C_est_pas_moi__je_le_jure__afficheLéon n'est pas un enfant sage. Léon a des comportements suicidaires. Léon ment pour se sortir de toutes sortes de situations. Léon n'hésite pas à saccager la maison des voisins qui sont partis en vacances. Une vraie graine de délinquant nous dirait notre bon Nini Premier, roi des français... Et pourtant, Léon est juste un enfant en perte de repères, dans ce monde d'adulte où le mensonge prend trop souvent le pas. Et lorsque sa mère quitte le foyer pour partir en Grèce, parce qu'elle étouffe dans sa vie, les tendances déviantes de Léon s'accentuent. Pourtant, Léon voudrait juste être un enfant normal.

Les films québécois sont encore trop rares dans nos contrées pour qu'on se permettent de passer à côté de ceux qui, difficilement, franchissent nos frontières. Cinquième film de Philippe Falardeau (que j'avais découvert en 2006 avec son excellent Congorama), "C'est pas moi, je le jure !" est une splendide chronique de l'enfance. Il faut dire aussi qu'on est loin du numéro de singe savant que nous assènent trop de réalisateurs lorsqu'ils filment des enfants. Et il faut reconnaître que le jeune Antoine L'Ecuyer donne corps à son personnage de façon magistrale.

Il faut aussi reconnaître au réalisateur une splendide manière de filmer avec des plans de toute beauté et au directeur de la photographie un travail très réussi.

Ce film est enfin une bien belle oeuvre extrêmement émouvante, parce qu'elle sait rester simple. La musique, loin d'être omniprésente, arrive juste au bon moment, pour souligner, quand il le faut, les émotions (et on retrouve d'ailleurs un bien joli morceau du génial groupe islandais Sigùr Ros).

Et lorsqu'il se termine, le film reste en nous et nous suit, comme un ami. Et ça fait du bien...

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04 septembre 2009

Destination finale, le retour de la revanche de la mort qui tue...

DESTINATION_FINALE_4__3D"La mort a gardé le meilleur pour la 3D"... C'est ça le meilleur ? ça laisse imaginer le pire... Ce slogan pourri se trouvait déjà, il y a quelques années, sur un chef d'œuvre du cinéma contemporain, à savoir Freddy n°6, un autre bijou de la 3D. Il faut dire que lorsque vous avez une licence à bout de souffle, où tout a déjà été fait et dit, il ne vous reste plus que l'idée géniale de la 3D pour vous faire encore un tout ptit peu de fric. C'est ainsi que le cinéma fantastique est jalonné de daubes infâmes et moisies... mais en 3D s'il-vous-plait. On a ainsi l'extraordinaire Vendredi 13 n°3 (pompeusement traduit par "Meurtre en trois dimensions"), le fabuleux Dents de la mer n°3, le délirant Freddy 6 déjà cité et, plus récemment, l'incroyable remake du déjà pas brillant Meurtre à la Saint Valentin...

Le principe du cinéma 3D est simple : vous filmez des plans ineptes en plongée ou en contre-plongée, avec des machins qui arrivent vers la caméra, afin que le spectateur impressionné puisse dire à sa copine médusée près de lui :"Waaa... C'est trop de la balle !". C'est ainsi qu'on a le droit, par exemple, dans Vendredi 13 n°3, au plan d'un type, vu en contre plongée, jouant au yoyo, pendant de longues secondes...

En définitive, le principe de la 3D est simplement de palier un manque cruel de conviction artistique, de scénario, de lumière ou encore d'intelligence...

Pourtant, la séquelle précédente était déjà bien pourrie. Mais ce n'est rien à côté de celle-ci qui fait donc passer le n°3 pour un monument du cinéma. Personnages à la psychologie tenant sur une demi-feuille de papier à cigarettes, frissons moisis pour midinettes, poncifs impressionnants et pompages en règle des trois opus précédents. Et, comble du comble, séquence où les personnages vont voir eux-mêmes un film en 3D (oulalah... l'audace... La mise en abîme...).

Alors, puisque c'est comme ça, je vais écrire le prochain Destination Finale !

Séquence 1 alias le super accident impressionnant dont les héros vont réchapper mais qui va foutre la Mort en rogne : Nos héros, un fils à papa, une nymphomane, une blonde, un fumeur de joints et un dompteur d'éléphants nains (oui, j'ai trouvé ça sympa) font une descente en jet ski hors piste d'une montagne super haute. Un tremblement de terre a lieu, ce qui déclenche une avalanche qui engloutit toute la station de ski et qui a pour conséquence de provoquer un tsunami qui raye de la carte le village voisin, pourtant déjà fort amoché par une éruption volcanique, conséquence logique du tremblement de terre (vous suivez ?)... Et les héros meurent... Mais en fait, non, puisque le fils à papa a eu la vision de ce qui allait arriver. Alors, juste avant le tremblement de terre, tout le monde se réfugie dans une grotte troglodyte (c'est l'aspect culturel du truc). En chemin, ils sauvent une naine branchée spiritisme (petit clin d'oeil à Poltergeist de Tobe Hooper) et un guide de montagne alcoolique qui passaient par là.

Séquence 2 alias les morts impressionnantes des deux premiers héros : Comme la Mort n'a pas du tout apprécié qu'on ait contrecarré ses plans, elle va nous fignoler ses morts... La blonde meurt donc coupée en deux par une vitre qui se brise après être passée à travers, puisqu'elle a glissé sur le savon qu'elle a lâchée après que son séchoir encore branché est tombé dans le bac de douche et l'a électrocuté, alors même qu'elle s'est noyée dans sa cabine de douche dont la porte était coincée. Le fumeur de joint, quant à lui, meurt brûlé par un lance-flammes qu'il nettoyait et dont le coup est parti, puisque le mégot du dit joint est tombé dans un jerrycan d'essence qui a explosé et qui a mis le feu à une pelleteuse à neige, qui a démarré alors et qui a poussé le coude du fumeur de joint qui, justement, regardait à l'intérieur du tuyau du lance-flammes, dans lequel était tombé sa chevalière porte-bonheur.

Séquence 3, alias les recherches sur le net et autres découvertes merveilleuses : Le fils à papa se doutant de quelque chose commence à fouiner sur internet et trouve moult articles sur le sujet ainsi qu'un journal intime d'un des personnages de l'opus précédent, qui explique le plan de la Mort. Il met alors ses amis ainsi que la naine et le guide de montagne au courant lors d'une soirée pyjama chez la nymphomane qui court toute nue affolée par le truc.

Séquence 4, alias les nouvelles morts : A partir de là, la lutte est dure. La nymphomane est tuée par un coupe-ongles géant, le guide de montagne meurt étouffé par une moussaka avariée, la naine se fait bouffer par l'esprit revanchard de Amityville 3 (qui n'avait pas du tout aimé un exorcisme qu'elle avait pratiqué). Mais, au dernier moment, le fils à papa sauve in extremis le dompteur d'éléphants nains, qui était malmené par une éponge carnivore. Ils sont donc sains et saufs... Ouf !

Séquence 5, alias Vous les croyiez sauvés ? Et bin non ! : Deux mois plus tard, nos deux amis, qui, entre-temps se sont découverts une passion folle à la Brokeback Mountain (clin d'oeil cinéphile) marchent main dans la main sur la route d'une station balnéaire. Soudain une maison sur pilotis s'effondre et passe en trombe sur la route, emportant au passage nos deux compères qui finissent dévorés par un squale gigantesque (clin d'oeil cinéphile).

Voilà. Avec ça, je pense que ma richesse est assurée... J'espère que les producteurs de la licence vont vite me contacter, parce que là, c'est du lourd. Et, soyez assurés que, dès mon succès confirmé, je ne vous adresserai plus la parole... Nous ne serons plus du même monde !

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02 septembre 2009

Martyrs, de Pascal Laugier

martyrsLucie, une jeune fille d'une dizaine d'années, court en hurlant. Elle s'échappe d'une usine désaffectée. Sur son corps, sur son visage, elle porte la marque de multiples sévices. Recueillie à l'hôpital, elle se rapproche d'une autre patiente, Anna. Quinze ans plus tard, Lucie est persuadée d'avoir retrouvée ses bourreaux. Elle décide alors de se venger.

Deuxième film de Pascal Laugier (qui nous avait livré un Saint-Ange de bonne tenue, malgré un jeu pas toujours très juste de Virginie Ledoyen), Martyrs est un film d'horreur sans concession, bien loin des productions du cinéma d'horreur actuelles, bien loin des Saw, Hostel et autres Haute tension. Dans ces trois films, on trouve un certain humour (auquel on est sensible ou non) qui permet de se garder à distance de ce qu'on voit.

Martyrs nous met d'emblée du côté des victimes et on souffre avec elles. Et Martyrs aborde des questions passionnantes : Qui sont les vrais monstres ? Qu'est-ce qui fait que nous sommes humains ? Peut-on disposer de la vie de quelqu'un au nom d'une cause, d'une idéologie ?

Ainsi, on ne ressort pas indemne de la vision du long métrage de Pascal Laugier, et c'est ce qui en fait sa force et sa spécificité. On est loin de l'accumulation et de la surenchère de Destination Finale, qui s'avère être un joyeux train fantôme où on joue simplement à se faire peur. Martyrs est un film réaliste et un film d'auteur.

Sorti il y a un an en France, avec une soixantaine de copies (par comparaison, le dernier Harry Potter a bénéficié de 953 copies sur le territoire français, L'âge de glace 3 de 783 copies, Brüno de 253 copies...), et ayant échappé à une interdiction au moins de 18 ans de peu, le film a réussi à conquérir un certain public. Tant mieux. Mais si vous l'avez loupé, ou même si vous l'avez vu, il faut ABSOLUMENT acquérir le dvd qui regorge de bonus passionnants. Tout comme le très intéressant A l'intérieur, réalisé par Julien Maury, et Alexandre Bustillo, le DVD possède un making-off digne de ce nom qui nous plonge pendant 85 minutes (tout de même !) dans une vrai ambiance de tournage avec ses joies, ses galères, ses tensions...

Et puis, disons-le tout net, le réalisateur est un type intelligent qu'on prend plaisir à écouter.


Pascal Laugier et le cinéma d'horreur en France
envoyé par yutuy. - Regardez des web séries et des films.



Martyrs - Bande-annonce
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

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15 août 2009

La fiche bricolage du jour

Hier, grâce à un ami pirate des grands chemins, j'ai pu voir la dernière merveille de Stephen Sommers, à savoir G.I. Joe, le réveil du cobra... Mazette ! Que voilà un film gonflé à la testostérone où l'explosion fait figure de fil conducteur ! Il faut dire que l'ami Sommers n'a jamais fait dans la dentelle. On lui doit, entre autre, les trois aventures de La momie (dont l'ultime volet, dont il n'est que scénariste et producteur, est bien poussif, avec un Jet Li tout vieux) et un Van Helsing plutôt amusant. Mais c'était de la gnognotte pour adolescentes pré-pubères. G.I Joe est donc un film viril plein de militaires, de musique pompeuse, de cascades improbables et de flash-back ineptes et inutiles, avec un scénario qui pompe là où il peut. On passe donc son temps à noter ici ou là les références. Merci donc à Matrix (j'évite les balles au ralenti en me contorsionnant), à Star Wars (je me bats avec des doubles sabres lasers, et, si je suis méchant, je me mets sur le visage un masque à la Darth Vador, pour respirer fort)...

Mais, le plus intéressant est la présence de deux bases secrètes (d'habitude, dans les films, on n'en a qu'une... Mais ici, non !). Les gentils sont donc du côté du Caire, près des pyramides (merci Transformers 2), parce qu'il fait chaud, tandis que les méchants ont construit la leur au fin fond des glaces de l'arctique (merci X-Files le film et Superman), parce qu'il fait froid.

C'est là que je me suis dit que, moi aussi, j'aimerais bien avoir ma base secrète. Mais comme je ne suis pas chien, j'ai pensé que ça pouvait en intéresser quelques uns d'entre vous. Aussi, voici quelques conseils simples pour fonder votre base.

- Réunissez d'abord une horde autour de vous, afin de vous aider. On ne construit pas une base tout seul, ne soyez pas idiot : votre base doit être grande et somptueuse, surtout si vous aspirez à devenir un maître (ou une maîtresse) du monde.

- Multipliez les pièces et les étages, quitte à inclure plusieurs salles de sports et autres salles d'entraînement. Pour ça, la vision de la base des G.I. Joe est nécessaire : on y voit une piscine cyclopéenne où des sous-marins se tirent dessus, puis, juste en dessous, un champ de bataille titanesque avant d'arriver, enfin à la salle des ordinateurs. Évitez, en revanche, les musées d'arts Modernes souterrains, les salles multiplexes, les théâtres... ça va vous coûter un fric fou, et personne ne viendra jamais, puisque, je le rappelle, votre base est SECRÈTE ! (soyez attentifs, que diable).

- N'hésitez pas, en revanche, à coller, un peu partout, des machines qui clignotent, des ordinateurs compliqués, des boutons de toutes les couleurs, des gyrophares qui tournent. C'est du plus bel effet. Engagez aussi des gens qui manipuleront ces bidules. Les frères Bogdanov ont fait ça du temps de leur émission Temps X. C'est super sympa.

- Collez un peu partout des grosses portes blindées. C'est cool. ça donne un aspect encore plus secret et mystérieux.

- Inutile d'engager des gens chargés du ménage. Une base est, par définition, toujours propre. Ne gaspillez pas vos deniers dans de l'inutile. Laissez tomber aussi les WC. ça ne sert à rien. On ne va pas aux toilettes lorsqu'on aspire à dominer le monde. Laissez ça à la plèbe.

- Ayez à votre disposition un aérogare, où moult machines volantes atterriront et décolleront. ça impressionnera vos ennemis. Mettez aussi de grands ascenseurs transparents, pour qu'on puisse admirer la beauté de votre base.

- Prévoyez un sous-marin. C'est toujours agréable de pouvoir s'enfuir en sous-marin lorsque vos ennemis attaquent et détruisent votre base. Prévoyez aussi un micro pour communiquer avec vos ennemis et leur envoyer un grand rire diabolique que vous aurez préalablement préparé (soyez organisés, que diable !).

- Pensez à mettre au point un mécanisme d'auto destruction de votre base secrète, doublé d'un compte à rebours super angoissant. Le charme de votre base n'en sera que plus grand.

Voilà les amis. Je compte sur vous pour m'envoyer, au plus vite, une souscription pour financer ma base secrète personnelle. Si vous avez d'autres conseils, mettez-les dans les commentaires, je serai ravi de les lire. Soyez sages d'ici là.

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13 août 2009

Revolutionary Road, de Sam Mendès

PosterRevolutionnaryRoadAnnées 50, États-Unis. Lui travaille pour des assurances, elle est une femme au foyer. Franck et April Wheeler ont deux gentils enfants et habitent une maison de banlieue, du côté de Revolutionary Road. Comme chantait Charlélie Couture, "Tout est bien comme il faut, dans un p'tit pavillon tristounet, chez des gens sûrs, sur qui l'on peut compter". Et puis, les fêlures apparaissent, et voilà que tout va voler en éclats, et que les Wheeler se rendent compte qu'ils sont bien éloignés des rêves qu'ils ont eu. Cette vie ne leur convient pas. Et s'ils repartaient à zéro ? Et s'ils recommençaient leur vie du côté de Paris ?

Idiotement traduit par Les noces rebelles (qu'on tonde le traducteur, qui n'avait visiblement rien compris au double sens du titre anglais ! Est-il lié avec celui qui a traduit le titre du bouquin qui a inspiré le film et qui a été transformé en "La fenêtre panoramique" ?) le nouveau film de Sam Mendès est passionnant à plusieurs titres. D'abord parce qu'il est une véritable chronique de la lâcheté ordinaire, celle qui nous fait renoncer à nos envies profondes et qui nous fait croire que le confort et la sécurité sont plus importants que la passion. C'est d'ailleurs la même thématique que l'on retrouve dans American Beauty, mais, ici, il n'y a pas d'humour, juste une réalité bien pesante, bien monotone, avec les voisins charmants et bienveillants, qui vivent de la même manière que nous, et qui ne font que nous conforter dans nos mensonges personnels de ces vies illusoires qui ne résonnent pas en nous.

Il faut aussi reconnaître la grande qualité des interprètes. Le couple mythique de Titanic compose, ici, un couple ordinaire, tellement proche de ce qu'on est ou de ce qu'on a pu être... Très bien dirigés, les acteurs campent superbement ce couple, incapable de véritablement communiquer, et qui préfère se réfugier derrière les apparences et le mensonge social. On retiendra aussi Michael Shannon (qu'on avait déjà vu dans Bug de Friedkin ou dans 7h58, ce samedi-là de Sydnet Lumet), dont le personnage, qui a fait un long séjour en hôpital psychiatrique, se révèle être la conscience du couple.

Enfin, l'ensemble est baigné par la toujours enivrante et délicate musique de Thomas Newman, le compositeur d'American Beauty et du générique de la géniale série Six feet under.

Un film somptueux et nécessaire donc, à savourer en couple, histoire de se remettre un peu en question...

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