30 novembre 2009
Moon, de Duncan Jones
Un zeste de science-fiction contemplative, ça vous dit ? Alors, voilà... Nous sommes sur la lune, dans un ptit moment. Les problèmes énergétiques de la Terre ont tous été résolus grâce à la découverte d'un minerai lunaire. Un homme, responsable de cette extraction, termine son contrat de trois ans sur notre satellite, avant de regagner notre bonne vieille Terre. Pour lui tenir compagnie, il a un ordinateur bien élaboré avec qui il peut joyeusement converser. Il lui reste deux semaines à tenir. Mais voilà que notre homme commence à avoir des hallucinations, qui vont provoquer un accident, alors même qu'il se rend en véhicule lunaire sur une des machine extractrices. Lorsqu'il se réveille à l'infirmerie, notre homme a l'impression que des choses ont changé, qu'on lui cache quelque chose...
Je n'en dis pas plus, histoire de ne pas spoiler le film. Film métaphysique, au croisement de Solaris (moins long et avec une musique tout de même plus intéressante et bien mieux réussie) et de 2001 (auquel le métrage rend de multiples hommages), le film de Duncan Jones est une bien jolie réussite, avec une bien belle parabole sur ce qui fait de nous des humains.
Photo réussie, beau jeu de l'acteur principal, suspense bien rendu, décors réalistes, idées chouettes et poétiques (un plus pour l'ordinateur de bord qui s'exprime avec des smileys) bref un film contemplatif et intelligent qui, sans révolutionner le genre, fait passer un bien beau moment. Et c'est déjà pas si mal...
27 novembre 2009
Un bon ptit flime bien pourave pour le week-end...
Si si, je vous connais et je sais que, comme moi, malgré un fervent amour pour la pellicule, vous avez vos ptits côtés pervers, et vous aimez bien vous mater, en secret, une belle daube, histoire de vous détendre... Et bien j'ai trouvé votre bonheur, les amis... ça s'appelle "The visitation" et c'est Robby Henson qui s'y colle (rassurez-vous, je ne connaissais pas le gars non plus).
Mais de quoi ça parle ? me demandez-vous, la bave aux lèvres. Alors voilà. Nous sommes dans une délicieuse petite ville étasunienne où l'activité culturelle se réduit à la messe du dimanche et au vidéo-club qui vient de recevoir Transformers 2. Et voilà que, soudain, il pleut du miracle. Une statue du Christ pleure à chaudes larmes, un type n'a plus de rhumatisme, une fille n'a plus de cicatrice à la main... Du pur délire.
Là dessus, traînent dans la rue trois gars en manteau noir, et surtout un d'ailleurs, blondinet à cheveux longs et tout mal rasé qui, d'une voix inspirée déclare à qui veut l'entendre qu'IL arrive, et le gars disparaît tout de suite après...
Bon, vous et moi (et surtout moi, d'ailleurs) on voit bien que ça sent le souffre. Mais pas les habitants de cette bourgade idiote qui voient la venue d'un nouveau messie (mais non... Mais si !). Et voilà qu'apparaît un gars qui fait du miracle au kilomètre et qui fait marcher les paraplégiques et retrouver la vue aux myopes... Mais ne serait-il pas au service de Satan ? Quel suspense mes amis...
Disons-le tout de suite, tout est pourri dans ce film, à commencer par le jeu insipide des acteurs, absolument pas concernés par le truc (et comme on les comprend...). On retiendra, dans les grandes scènes à émotions , l'enterrement de Max, le chien du héros (Le héros l'enterre au pied d'un grand chêne... C'est d'un grandiose...), qui ressuscite juste après (et qui c'est qui est content ? mais c'est le héros ! Sacré farce que lui a fait son chien ! Et comme c'est magnifique... Mais ne serait-ce pas un miracle, ça ?). Passons sur la musique même pas intéressante, sur la photographie immonde (mais qui peut être responsable de ça ?), sur le cadrage absurde (retenons par exemple ce précieux plan en contre-plongée du héros qui ouvre son réfrigérateur puis le referme... Impressionnant...), sur le doublage français moisi (palme pour la bigote illuminée de service qui psalmodie des bondieuseries...) et sur le scénario qui rivalise d'originalité (avec un grand plus pour le pitch final, où le faux prophète raconte, et que c'est beau, comment il a souffert avec son père qui l'a crucifié un jour pour lui apprendre la vie, et comment, depuis ce jour, il s'est converti à Satan...).
The visitation est une sorte de Digest des films et séries des trente dernières années : on reconnaît bien l'Exorciste, Carnivale (la série géniale de HBO), X-files, Children of the Corn ... Tout est déjà vu (mais ici, c'est super cheap, c'est ça le truc...). Ainsi, on retrouve par exemple l'éternelle (mais bien pourrie ici) poursuite dans le champ de maïs (bon, sauf que là, le gars est tout seul et que ça dure à peine trente secondes)... Mais tout ça est sans compter sur le pharaonique budget effets spéciaux : d'ailleurs le premier effet spécial (qui arrive à 1h15 du film... qui dure 1h39, générique compris...) est un exorcisme qui déboîte sa mère. Un jeune homme est pris de spasmes, il tombe, un prêtre demande au démon de quitter ce corps, ce que ce dernier fait d'ailleurs sans chichi immédiatement, sous forme de mouches numériques toutes ratées (Celles d'Amytiville des années 70 sont un chef-d'oeuvre à côté, c'est dire...). Et comme il faut toujours exploiter (voire user jusqu'à la corde, dans le cas présent) une bonne idée, les mouches numériques seront ré-exploitées deux fois ensuite...
Bref un film à conseiller à tous vos ennemis, et à offrir à vos collègues les plus laids... Justement, tiens, c'est bientôt Nouëlle ! En voilà une idée cadeau qui en jette... On ne pourra pas dire que je ne vous aide pas tiens...
19 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 3)
Pour terminer notre parcours souterrain, voici un petit bijou qui n'a pas eu la chance de bénéficier d'une sortie nationale, malgré une sélection dans la section "Un certain regard" de Cannes en 2004, et que nous a heureusement déniché et édité Mad Movies en DVD, voici quelques mois. Il s'agit de Kontroll de Antal Nimrod.
C'est l'histoire de cinq contrôleurs dans le métro de Budapest, en Hongrie. On s'attache plus spécialement à l'un d'eux qui reste toujours dans les sous-sols, et ne va jamais voir le jour. Dans ce métro erre aussi un tueur mystérieux. Et au milieu de tout ça, va se tisser une bien belle histoire d'amour.
Passages hilarants (le contrôleur atteint de narcolepsie par exemple), photo de toute beauté (les errances sur les rails), moments poétiques et surréalistes (la présence du hibou ; la rave...), excellent scénario, réalisation alerte et rythmée, acteurs vraiment bons, bref, à ne surtout pas louper !
En fait, Kontroll ressemble à Subway, de Besson, mais avec un véritable réalisateur talentueux aux commandes...
18 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 2)
Deuxième mise en bouche de notre tite saga underground.
Cette fois-ci, c'est un film canadien à petit budget, mais de qualité : End of the line de Maurice Devereaux.
Un sympathique gourou, accessoirement prédicateur, annonce l'apocalypse imminente : les légions de Satan s'apprêtent à débarquer sur Terre. Le religieux frapadingue envoie alors ses hordes de fanatiques avec, pour mission, de tuer tout le monde afin de sauver les âmes des innocents.
Huis-clos étouffant dans le métro, le film, malgré un budget serré, bénéficie d'un scénario bétonné et d'acteurs très motivés. Coup de chapeau aux fanatiques, avec leur affreuse petite chanson entêtante "Brother, Sister, hear the Voice. Hope is God, and God is Love..."
Et, pour le coup, la fin du film est vraiment terrifiante !
(à suivre)
17 octobre 2009
Le métro est ton ami (part 1)
Les couloirs du métro symbolisent probablement le royaume des morts tenu par le puissant Hadès.
C'est en tout cas ce que je me suis dit à la vision de trois films où les héros déambulent dans ce lieu labyrinthique.
Le premier, c'est donc Midnight meat train, de Ryuhei Kitamura. Un photographe en manque d'inspiration se retrouve face à une galeriste vacharde qui lui recommande d'insuffler plus de vie à ses clichés. Et voilà notre photographe qui va se retrouver à prendre les derniers métros, qui sont hantés par un terrible et implacable tueur.
Adapté d'une histoire de Clive Barker, le film, plutôt inventif (bien vues les caméras subjectives à l'intérieur des victimes ; pas mal aussi le (faux) plan-séquence à l'intérieur du métro...) tient ses promesses (malgré une bande-annonce un peu racoleuse) et bénéficie d'une photographie belle et soignée.
Dommage que la fin soit tout de même prévisible et trop démonstrative.
Dommage aussi que le titre soit aussi pourri et qu'il offre un spoiler de taille si on y prête un peu attention...
(à suivre)
15 octobre 2009
religulous, de Larry Charles... Un film athée, sinon rien !
Je sais, c'est facile. Mais tout de même, ça fait un sacré bien !
Il faut dire qu'ils ne sont pas pléthore les films de propagande athée...
Il est toujours intéressant de constater que les films religieux, ou à discours religieux sous-jacent, fleurissent bien plus facilement sur nos écrans. Je repense bien sûr à la plaisanterie boursouflée de l'ami Gibson La passion du Christ, où l'on suit la longue souffrance et la lente agonie de "celui-qui-endure-tous-les-péchés-du-monde-présent-et-à-venir" et, mon Dieu, que c'est pénible ! (Et que je te fouette au ralenti avec des fouets à petits piques ; et que je te fasse tomber sous le poids de ta croix dans des gerbes de sang...).
Mais on peut aussi analyser, à travers cette grille tout un tas de productions hollywoodiennes, comme Matrix, par exemple, où un messie (nommé Néo, pour ceux qui n'avaient pas compris) sauve le monde de son aveuglement après avoir séduit Trinity (Sainte Trinity, priez pour nous...) ou comme Vendredi 13, où un dieu vengeur, digne de l'Ancien Testament, dézingue tout un tas de fornicateurs et autres pêcheurs fumeurs de joints.
Bref, Religulous est un documentaire délicieusement impertinent avec tout un tas de cul-bénis. Et même si le film reste plus distrayant que pédagogique, ça fait du bien de voir nos amis juifs, chrétiens ou musulmans et autres croyants en prendre pour leur grade et s'empêtrer dans leurs contradictions. On retiendra, par exemple, ce Lunapark chrétien, au fin fond des États-Unis, où un Jésus d'opérette, évoluant dans une comédie musicale franchement mauvaise, se fait applaudir et filmer par un public fasciné, tandis qu'un romain le latte à grand coups de sandales...
On retiendra aussi, et c'est plus inquiétant, ces gens de pouvoir, comme ce sénateur élu, qui remettent en question les théories de l'évolutionnisme de Darwin ou ces musulmans qui justifient des actes de barbarie comme le meurtre en 2004 de Théo Van Gogh, le réalisateur néerlandais.
Bill Maher pousse ses adversaires dans leurs derniers retranchements. Parce qu'il les connaît les textes sacrés le bougre. Et qu'il veut se positionner comme un défenseur du doute, face à des gens pétris de certitudes. Et même si la fin est un peu pompeuse et démonstrative, on sort de la vision de ce documentaire à la Michael Moore avec un sourire immense et une foultitude d'arguments, qu'on a bien envie de tester auprès de nos amis béni-oui-oui...
30 septembre 2009
Orphans de Jaume Collet-Serra, ou comment faire un film avec une seule idée...
Attention Spoiler... Ce post va carrément raconter des éléments clefs du film. Alors, si l'envie de le voir vous démange, ne lisez pas ce qui suit, ça serait bête... Bon, en même temps, le film n'est pas terrible... A vous de voir...
Kate et John ont eu la douloureuse expérience de perdre leur troisième enfant à la naissance. Bien sûr, depuis, leur couple vacille quelque peu... D'autant que Kate a tout de même taquiné la bouteille et que John a sauvé in extremis un de ses enfants de la noyade (et heureusement, parce que Kate, à ce moment-là était toute pompette !). Bref, plutôt que de se consacrer à s'occuper de leurs deux enfants (dont une sourde profonde... Y'en a qui cumulent tout de même...), Kate et John ont la géniale idée d'adopter Esther, une fillette de 9 ans. Evidemment, nous, rien qu'en voyant l'affiche, on voit le truc arriver... La gamine sent le souffre... pourtant, elle est toute parfaite, au début, et séduit les parents... Oui, mais voilà, les accidents et autres actes violents vont s'accumuler et Esther semble orchestrer tout ça de main de maître... Mais quel lourd secret cache-t-elle donc ?
La fin des années 70 a eu son lot d'enfants possédés et/ou diaboliques (La malédiction ; L'exorciste...). Le début des années 90 a connu sa pelletée de thrillers familiaux où une personne bien sous tout rapport se révélait être une menace pour un individu ou une famille (JF cherche appartement ; La main sur le berceau ; La nurse...). Orphans (Esther en français) est un peu une compilation de tout ça. Pas une scène vraiment originale. On croirait au début que le secret d'Esther consiste en une alliance avec un quelconque vague démon (sinon comment expliquer qu'elle porte toujours des rubans à son cou et à ses poignets ? Chose qui, soit dit en passant, ne choque absolument pas les parents, mais bon...). Mais en fait non... C'est juste une déséquilibrée qui tue...
SPOILER
Mais pourquoi tue-t-elle à son âge, car elle n'a que 9 ans, nom de nom... Au bout d'une longue heure d'exposition où la gamine nous balance juste des regards super noirs face caméra qui font super peur, la mère commence à avoir quelques doutes sur Esther. Alors elle fait des recherches sur internet (c'est drôlement pratique internet, parce qu'on y trouve vraiment tout ! Dans Destination Finale aussi ils faisaient des recherches sur internet !), découvre que la gamine vient du fin fond de la Léthonie. Et la gamine ne venait pas d'un orphelinat, mais d'un asile psychiatrique (mon dieu ! Mais c'est horrible !). Une autre demi-heure se passe et là, voilà l'IDEE du film ! Vous êtes prêt ? Un docteur révèle à la mère que la gamine n'a pas 9 ans... Mais que c'est une naine de 33 ans ! Bin merde alors ! Et qu'en plus elle drague son mari ! Re-merde !
Voilà, c'est la seule idée rigolote du film. Tout le reste est déjà mille fois vu. On nous fait donc le coup de l'armoire à pharmacie qu'on ouvre et qu'on referme, avec John qui apparaît dans le miroir et qui déclare ne pas avoir voulu faire peur à sa femme ; on a aussi droit à la gamine morte à la fin, mais en fait non, et qui saute sur la mère pour la tuer ; on a droit à la réplique finale qui tue, avec Esther tenant un couteau dans son dos à la fin, et qui supplie sa mère adoptive, et la dite mère qui lui dit qu'elle n'est pas sa mère (il me semble même qu'elle ajoute conasse ou salope, pour la forme...), avant de lui balancer dans les gencives un bon coup de pied ; on a également droit à des flics qui arrivent bien trop tard et qui ne servent à rien du tout ; sans oublier le fameux coup de la scène gore qui s'avère être... un cauchemar (jamais on ne s'en serait douté, vraiment !)...
Fin du spoiler
En définitive, Orphans est un film paresseux (une seule idée pour un long métrage de deux heures, c'est un peu piètre) qui n'apporte pas grand chose au genre, qui pompe ici ou là (merci Cronenberg et son Dead Zone pour la glace de l'étang qui se brise ou pour l'enfant au prise avec un incendie...) et qui veut se faire passer pour un sommet de suspense. Malheureusement, c'est long (mon dieu que c'est long !), bourré de clichés, de pubs (merci I-Phone, Merci Guitar Hero...) et d'inutilités scénaristiques (Pourquoi leur petite fille est-elle sourde ? Pourquoi la mère est-elle pianiste et le père dessinateur ? A quoi sert cette grand-mère qu'on voit à peine trois plans ?).
Et en plus, ça se prend très au sérieux... Certains se diront alors que ce film est tout pourri... Je ne suis pas loin de le penser finalement...
09 septembre 2009
C'est pas moi, je le jure ! de Philippe Falardeau
Léon n'est pas un enfant sage. Léon a des comportements suicidaires. Léon ment pour se sortir de toutes sortes de situations. Léon n'hésite pas à saccager la maison des voisins qui sont partis en vacances. Une vraie graine de délinquant nous dirait notre bon Nini Premier, roi des français... Et pourtant, Léon est juste un enfant en perte de repères, dans ce monde d'adulte où le mensonge prend trop souvent le pas. Et lorsque sa mère quitte le foyer pour partir en Grèce, parce qu'elle étouffe dans sa vie, les tendances déviantes de Léon s'accentuent. Pourtant, Léon voudrait juste être un enfant normal.
Les films québécois sont encore trop rares dans nos contrées pour qu'on se permettent de passer à côté de ceux qui, difficilement, franchissent nos frontières. Cinquième film de Philippe Falardeau (que j'avais découvert en 2006 avec son excellent Congorama), "C'est pas moi, je le jure !" est une splendide chronique de l'enfance. Il faut dire aussi qu'on est loin du numéro de singe savant que nous assènent trop de réalisateurs lorsqu'ils filment des enfants. Et il faut reconnaître que le jeune Antoine L'Ecuyer donne corps à son personnage de façon magistrale.
Il faut aussi reconnaître au réalisateur une splendide manière de filmer avec des plans de toute beauté et au directeur de la photographie un travail très réussi.
Ce film est enfin une bien belle oeuvre extrêmement émouvante, parce qu'elle sait rester simple. La musique, loin d'être omniprésente, arrive juste au bon moment, pour souligner, quand il le faut, les émotions (et on retrouve d'ailleurs un bien joli morceau du génial groupe islandais Sigùr Ros).
Et lorsqu'il se termine, le film reste en nous et nous suit, comme un ami. Et ça fait du bien...
04 septembre 2009
Destination finale, le retour de la revanche de la mort qui tue...
"La mort a gardé le meilleur pour la 3D"... C'est ça le meilleur ? ça laisse imaginer le pire... Ce slogan pourri se trouvait déjà, il y a quelques années, sur un chef d'œuvre du cinéma contemporain, à savoir Freddy n°6, un autre bijou de la 3D. Il faut dire que lorsque vous avez une licence à bout de souffle, où tout a déjà été fait et dit, il ne vous reste plus que l'idée géniale de la 3D pour vous faire encore un tout ptit peu de fric. C'est ainsi que le cinéma fantastique est jalonné de daubes infâmes et moisies... mais en 3D s'il-vous-plait. On a ainsi l'extraordinaire Vendredi 13 n°3 (pompeusement traduit par "Meurtre en trois dimensions"), le fabuleux Dents de la mer n°3, le délirant Freddy 6 déjà cité et, plus récemment, l'incroyable remake du déjà pas brillant Meurtre à la Saint Valentin...
Le principe du cinéma 3D est simple : vous filmez des plans ineptes en plongée ou en contre-plongée, avec des machins qui arrivent vers la caméra, afin que le spectateur impressionné puisse dire à sa copine médusée près de lui :"Waaa... C'est trop de la balle !". C'est ainsi qu'on a le droit, par exemple, dans Vendredi 13 n°3, au plan d'un type, vu en contre plongée, jouant au yoyo, pendant de longues secondes...
En définitive, le principe de la 3D est simplement de palier un manque cruel de conviction artistique, de scénario, de lumière ou encore d'intelligence...
Pourtant, la séquelle précédente était déjà bien pourrie. Mais ce n'est rien à côté de celle-ci qui fait donc passer le n°3 pour un monument du cinéma. Personnages à la psychologie tenant sur une demi-feuille de papier à cigarettes, frissons moisis pour midinettes, poncifs impressionnants et pompages en règle des trois opus précédents. Et, comble du comble, séquence où les personnages vont voir eux-mêmes un film en 3D (oulalah... l'audace... La mise en abîme...).
Alors, puisque c'est comme ça, je vais écrire le prochain Destination Finale !
Séquence 1 alias le super accident impressionnant dont les héros vont réchapper mais qui va foutre la Mort en rogne : Nos héros, un fils à papa, une nymphomane, une blonde, un fumeur de joints et un dompteur d'éléphants nains (oui, j'ai trouvé ça sympa) font une descente en jet ski hors piste d'une montagne super haute. Un tremblement de terre a lieu, ce qui déclenche une avalanche qui engloutit toute la station de ski et qui a pour conséquence de provoquer un tsunami qui raye de la carte le village voisin, pourtant déjà fort amoché par une éruption volcanique, conséquence logique du tremblement de terre (vous suivez ?)... Et les héros meurent... Mais en fait, non, puisque le fils à papa a eu la vision de ce qui allait arriver. Alors, juste avant le tremblement de terre, tout le monde se réfugie dans une grotte troglodyte (c'est l'aspect culturel du truc). En chemin, ils sauvent une naine branchée spiritisme (petit clin d'oeil à Poltergeist de Tobe Hooper) et un guide de montagne alcoolique qui passaient par là.
Séquence 2 alias les morts impressionnantes des deux premiers héros : Comme la Mort n'a pas du tout apprécié qu'on ait contrecarré ses plans, elle va nous fignoler ses morts... La blonde meurt donc coupée en deux par une vitre qui se brise après être passée à travers, puisqu'elle a glissé sur le savon qu'elle a lâchée après que son séchoir encore branché est tombé dans le bac de douche et l'a électrocuté, alors même qu'elle s'est noyée dans sa cabine de douche dont la porte était coincée. Le fumeur de joint, quant à lui, meurt brûlé par un lance-flammes qu'il nettoyait et dont le coup est parti, puisque le mégot du dit joint est tombé dans un jerrycan d'essence qui a explosé et qui a mis le feu à une pelleteuse à neige, qui a démarré alors et qui a poussé le coude du fumeur de joint qui, justement, regardait à l'intérieur du tuyau du lance-flammes, dans lequel était tombé sa chevalière porte-bonheur.
Séquence 3, alias les recherches sur le net et autres découvertes merveilleuses : Le fils à papa se doutant de quelque chose commence à fouiner sur internet et trouve moult articles sur le sujet ainsi qu'un journal intime d'un des personnages de l'opus précédent, qui explique le plan de la Mort. Il met alors ses amis ainsi que la naine et le guide de montagne au courant lors d'une soirée pyjama chez la nymphomane qui court toute nue affolée par le truc.
Séquence 4, alias les nouvelles morts : A partir de là, la lutte est dure. La nymphomane est tuée par un coupe-ongles géant, le guide de montagne meurt étouffé par une moussaka avariée, la naine se fait bouffer par l'esprit revanchard de Amityville 3 (qui n'avait pas du tout aimé un exorcisme qu'elle avait pratiqué). Mais, au dernier moment, le fils à papa sauve in extremis le dompteur d'éléphants nains, qui était malmené par une éponge carnivore. Ils sont donc sains et saufs... Ouf !
Séquence 5, alias Vous les croyiez sauvés ? Et bin non ! : Deux mois plus tard, nos deux amis, qui, entre-temps se sont découverts une passion folle à la Brokeback Mountain (clin d'oeil cinéphile) marchent main dans la main sur la route d'une station balnéaire. Soudain une maison sur pilotis s'effondre et passe en trombe sur la route, emportant au passage nos deux compères qui finissent dévorés par un squale gigantesque (clin d'oeil cinéphile).
Voilà. Avec ça, je pense que ma richesse est assurée... J'espère que les producteurs de la licence vont vite me contacter, parce que là, c'est du lourd. Et, soyez assurés que, dès mon succès confirmé, je ne vous adresserai plus la parole... Nous ne serons plus du même monde !
02 septembre 2009
Martyrs, de Pascal Laugier
Lucie, une jeune fille d'une dizaine d'années, court en hurlant. Elle s'échappe d'une usine désaffectée. Sur son corps, sur son visage, elle porte la marque de multiples sévices. Recueillie à l'hôpital, elle se rapproche d'une autre patiente, Anna. Quinze ans plus tard, Lucie est persuadée d'avoir retrouvée ses bourreaux. Elle décide alors de se venger.
Deuxième film de Pascal Laugier (qui nous avait livré un Saint-Ange de bonne tenue, malgré un jeu pas toujours très juste de Virginie Ledoyen), Martyrs est un film d'horreur sans concession, bien loin des productions du cinéma d'horreur actuelles, bien loin des Saw, Hostel et autres Haute tension. Dans ces trois films, on trouve un certain humour (auquel on est sensible ou non) qui permet de se garder à distance de ce qu'on voit.
Martyrs nous met d'emblée du côté des victimes et on souffre avec elles. Et Martyrs aborde des questions passionnantes : Qui sont les vrais monstres ? Qu'est-ce qui fait que nous sommes humains ? Peut-on disposer de la vie de quelqu'un au nom d'une cause, d'une idéologie ?
Ainsi, on ne ressort pas indemne de la vision du long métrage de Pascal Laugier, et c'est ce qui en fait sa force et sa spécificité. On est loin de l'accumulation et de la surenchère de Destination Finale, qui s'avère être un joyeux train fantôme où on joue simplement à se faire peur. Martyrs est un film réaliste et un film d'auteur.
Sorti il y a un an en France, avec une soixantaine de copies (par comparaison, le dernier Harry Potter a bénéficié de 953 copies sur le territoire français, L'âge de glace 3 de 783 copies, Brüno de 253 copies...), et ayant échappé à une interdiction au moins de 18 ans de peu, le film a réussi à conquérir un certain public. Tant mieux. Mais si vous l'avez loupé, ou même si vous l'avez vu, il faut ABSOLUMENT acquérir le dvd qui regorge de bonus passionnants. Tout comme le très intéressant A l'intérieur, réalisé par Julien Maury, et Alexandre Bustillo, le DVD possède un making-off digne de ce nom qui nous plonge pendant 85 minutes (tout de même !) dans une vrai ambiance de tournage avec ses joies, ses galères, ses tensions...
Et puis, disons-le tout net, le réalisateur est un type intelligent qu'on prend plaisir à écouter.
Pascal Laugier et le cinéma d'horreur en France
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Martyrs - Bande-annonce
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.