11 juin 2008
Jason X, de... comment il s'appelle déjà ce réalisateur ?...
Petite piqûre de rappel pour ceux d'entre vous qui auraient loupé les épisodes précédents... En 1980 naissait une merveilleuse petite licence tournée avec quelques dollars et des maquillages faits à la main, qui mettait en scène une dizaine de jeunes crétins stéréotypés (la bimbo, l'intello, le beau gosse, Nicolas Sarkozy... Euh, non, pardon, je m'emporte...) qui mouraient sous les coups de machettes agacés de Mme Voorhees, passablement énervée par le fait qu'en 1958 (oui, elle a la rancune longue, la madame), les moniteurs de l'époque du camp sus-nommé avaient laissé se noyer son petit Jacky (qui change de nom dès le n°2, comme ça soudainement, et qui prend le sobriquet de Jason, on ne sait pas trop par quel miracle). Bref, à la toute fin du premier opus, tandis que les quelques survivants ont réussi à tuer Mamie Voorhees, apparaît soudain le Jacky-Jason, un peu amoché, il est vrai, mais je voudrais bien vous y voir vous à survivre pendant 22 ans dans une forêt hostile, à manger des lichens et des crottes d'écureuils.
Durant trois épisodes, le Jason trucide à qui mieux mieux le jeune décérébré, avant, enfin d'être trucidé à son tour dans le n°4 (intitulé sobrement le "chapitre final"... Mais où vont-ils chercher tout ça ?). Mais le dieu dollar étant ce qu'il est, il a fallu tout de même tourner un cinquième épisode, où, surprise, la fin nous révèle que, si, si, Jason est bien mort, mais que c'était un ambulancier fou qui avait pris le relais, et qui avait plagié le tueur (quel farceur cet ambulancier fou tout de même !).
Ne reculant devant aucun délire, les scénaristes ont décidé d'écrire tout de même un n°6. Mais comment faire, puisqu'on ne pouvait pas reprendre le coup de l'opus précédent (genre le fils de l'ambulancier qui prend le relais...) ? Dans le n°6, donc, un vieux survivant de je ne sais trop quel opus décide, un soir d'orage, d'aller vérifier que Jason est bien mort (bon, il y avait du foot sur TF1, et France 2 diffusait le premier épisode de sa saga de l'été, on le comprend aussi qu'il ait préféré aller voir Jason...). Il se rend donc avec un ami, au cimetière et déterre le cadavre tout bouffé par les vers du tueur fou. Pour mieux le tuer, au cas où, il lui plante un pieu d'acier dans le coeur (une idée comme une autre)... Et là, pas de bol, la foudre s'abat pile sur Jason... C'est balaud... Et d'autant plus balaud que ça transforme Jason en un mort-vivant ! Idée de génie, puisque maintenant, il est impossible de tuer notre mongoloïde de service qui peut reprendre tranquillement sa machette pendant trois nouveaux épisodes. Ce qui nous mène gentiment à l'épisode de ce soir : le n°10 sorti généreusement en 2001...
Nous sommes en 2014. Jason a enfin été capturé et on l'a enchaîné avec tout plein de cadenas autour. Il pend, tel une saucisse qui sèche, au milieu d'un centre de recherche à Crystal Lake. Mais, un scientifique (joué par un David CronenbergCronenberg, le temps de quelques plans, qui devait avoir besoin de payer ses impôts, et qui devrait arrêter de faire l'acteur, parce qu'il n'est tout de même pas terrible) idiot décide de le transférer (mais quelle idée... Encore un qui n'a pas vu les épisodes précédent, pourtant disponible en DVD) ailleurs. Bref, Jason tue tout le monde, mais heureusement, une jeune scientifique parvient à cryogéniser Super Jason, même si elle doit, en même temps se cryogéniser elle-même. Bon. Cinq siècles passent, et une équipe de gens de l'espace découvrent nos deux steaks congelés et décident de les décongeler. Je vous laisse imaginer ce qui va se passer...
Faut-il préciser que ce film est grotesque en tout point ? Et pourtant, on prend un plaisir coupable à zieuter le machin qui pompe allègrement la série Alien. On retrouve donc l'androïde de service dont il ne reste que la tête (sauf qu'au lieu de Bishop, on trouve une femme qui ressemble étrangement à Perdey, dans la dernière série de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, avec sa coupe à la Mireille Matthieu... Une merveille...), les longs couloirs obscurs, la bande de militaires qui tentent de dégommer l'intrus, les tenues de cosmonaute... Pour la musique, en revanche, le plagiat est ailleurs, puisque, ne reculant devant rien, on pompe joyeusement le thème des Aventuriers de l'Arche Perdue, lorsque les vilains nazis qui puent ouvre la fameuse arche d'Alliance.
En conclusion, pas une once de trouille dans ce film de pure consommation, mais pas d'ennui non plus. Un film à offrir pour la fête des pères, donc...
30 mai 2008
Indiana Jones et la carte Vermeil perdue...
En 1994, apparaissait un ovni au milieu de notre petit écran. ça s'appelait "Aux frontières du Réel" (mon dieu, qui est le traducteur responsable de ça ?), ça passait le dimanche vers 18h00 sur M6 et ça mettait en scène deux agents du FBI nommés Fox Mulder et Dana Scully. Sans le savoir, à l'époque, M6 venait d'acquérir les droits sur la poule aux oeufs d'or. Le phénomène a fini par prendre, et un an plus tard, on (re)découvrait la série sous son nom étatsuniens X-Files. Et à l'époque, les fans de fantastique et de SF (dont je suis) devinrent accros de cette série, avec son lot de monstres, de fantômes, de phénomènes paranormaux, et surtout, surtout, de Grand Complot gouvernemental avec des expériences sur du cobaye humain et avec la complicité d'extra-terrestres issus de la (fumeuse) Zone 51...
Malheureusement, Chris Carter, le créateur de la série a oublié une loi essentielle : savoir s'arrêter avant de lasser. Et si la série se porte plutôt bien durant trois saisons, le premier essoufflement a eu lieu à la quatrième... Et plus ça a été, plus on s'est aperçu que Chris écrivait ses scénarios sur le complot au fur et à mesure, et qu'il ne possédait pas de vision d'ensemble, et que les épisodes avec des monstres divers et variés commençaient à tourner en rond. Mais que voulez-vous, la manne du Dieu Dollar est toute puissante... et on a assisté, impuissant, au fil des saisons, à la dégradation de la série, avec, à partir de la septième saison, la quasi-disparition de Mulder, le vieillissement de Scully (qui, d'ailleurs, prenait des kilos, en passant, et qui était de plus en plus habillée comme un sac) et l'apparition de deux agents pas très intéressants...
C'est un peu le même sentiment qui m'a saisi à la vision du quatrième opus des aventures d'Indiana... Le vilain sentiment de m'être fait avoir, l'affreuse impression qu'on en voulait à mon portefeuille...
Bon, peut-être l'avais-je un peu cherché. J'avais déjà été déçu, à l'époque, par "Le Temple Maudit" (qui est très BD, et qui a un côté "Tintin en Inde") et "La dernière croisade". Mais, bon, on ne se refait pas... Et puis, je reconnais aisément que les épisodes deux et trois restent tout de même de bonne tenue. Et ma déception était surtout dûe au fait que je suis un fan inconditionnel du premier épisode...
Mais, là... Tout est raté... Parce que, d'abord, peut-on imaginer un héros vieillissant ? Oui, si on s'appelle Clint Eastwood, et qu'on tourne le génial Impitoyable... Et, pour cela, on a du talent... Mais ici, l'ami Spielbou ne joue pas sur ce tableau...
Steven, écoute-moi ! Il est inconcevable de voir Indiana Jones âgé... Ne voit pas là une quelconque trace de jeunisme là-dedans. c'est juste qu'un héros ne vieillit pas, c'est tout. Imagine-t-on Astérix, Lucky Luke, Snoopy, Superman, Bugs Bunny, Tintin, Calvin et Hobbes, Gaston Lagaffe ou Spirou avoir 60 ans ? Mais s'il n'y avait que ça...
Où est passé la GRANDE scène d'ouverture de chaque Indy, celle avec moult cascades, qui nous collent au siège ? Qu'est devenu le super méchant de chaque épisode (il faut voir ici cette grotesque militaire Russe qui trimbale son épée à la hanche...) ? Depuis quand Indiana travaille-t-il pour le FBI ? Et surtout, qu'est-ce qui a pris à Spielbounet de nous infliger des Extra-terrestres ?
Je passerai donc sur les scènes d'action arthritiques. J'oublierai aussi les trucages numériques d'une incroyable laideur (ah, qui dira le charme de ces fourmis carnivores qui mangent les allemands, dans une scène digne de La momie ? Et qui chantera le charme somptueux du vaisseau spatial des Aliens ?), ainsi que l'humour calamiteux (avec, entre autre, une parodie de Tarzan entouré de singes numériques tout pourris; une pitoyable dispute entre Marion, qui a pris presque 30 ans dans la gueule, et Indy dans des sables mouvants ; une explosion nucléaire dont Indy sort indemne, parce qu'il s'est réfugié dans un réfrigérateur ; et une décontamination à la brosse de Papy Indy, tout nu, avec un p'tit coup, en passant sur le sexe...). Et je ne parlerai pas non plus de la scène finale où meurt la méchante de service, qui plagie carrément la fin du premier épisode...
Bref, j'ai hâte de découvrir, dans 25 ans, Indiana Jones et le mystère de la maison de retraite, avec une grande course poursuite délirante en déambulateur pour atteindre la salle de restaurant, des énigmes passionnantes contenues dans des puzzles 10000 pièces représentant des chatons, et une salle secrète qui renferme un flan aux oeufs et des tubes de vitamines C...
26 mai 2008
De l'art de torturer les gens...
En 2005 sortait sur les écrans le film de James Wan. Petit rappel : un homme se réveillait enchaîné dans une salle de bain crasseuse. Il découvrait alors, à terre, un cadavre et un autre homme, avec des chaînes aux pieds. Tout l'art de ce film, véritable huis clos, consistait à nous faire découvrir, pas à pas, le pourquoi de l'enfermement de notre homme. Pour l'aider, et par là même, pour nous aider à comprendre, un serial killer, surnommé Jigsaw, guidait notre homme et le torturait à loisir, physiquement et moralement.
Le but de ce serial killer était de faire prendre conscience à ses victimes la véritable valeur de la vie en leur imposant moult épreuves répugnantes où les amputations prenaient une grande place...
Véritable claque cinématographique, le film secouait le cocotier et renouait avec une véritable tradition de films d'horreur sans concession et sans humour des années 70.
Pourtant, le pitch de Saw n'était pas si novateur que ça... En effet, en 2001, Michel Leray tournait un petit court-métrage de 9 minutes intitulé "Pâques Man", qu'on retrouve sur le DVD n°1 de l'anthologie de l'étrange festival. 
L'histoire raconte l'enlèvement de M. Cadoeuf qui fabrique des oeufs Kinder et qui a été responsable de la mort de la petite fille d'un homme. Pour se venger, donc, le père de famille enferme M. Cadoeuf dans une salle de bain, et laisse 3 minutes 30 à notre chef d'entreprise pour sortir de la pièce avant que tout explose. Pour cela, notre directeur doit, à l'aide d'un scalpel, s'ouvrir le corps afin de dénicher des oeufs, dont l'un contient la clef qui lui permettra de sortir de la salle de bain.
Même pitch, même décor, même ambiance, on ne peut croire à une simple coïncidence. Néanmoins, James Wan est parvenu, avec, entre autre, une excellente photographie, à insuffler à son oeuvre une véritable atmosphère. Saw est donc un plagiat, mais, un plagiat qui dépasse, et de loin, son prédécesseur.
Malheureusement pour James Wan, son film a eu du succès. Et donc, voyant les mannes du dieu dollar s'ouvrir, les producteurs ont senti la bonne franchise. Chaque année, depuis maintenant quatre ans, aux alentours d'Halloween, voici donc que débarque un nouveau Saw.
Et là, tout se gâte... Car, plus on avance, plus cette licence devient ridicule. Si le premier épisode de la saga était loin d'être réaliste, on pouvait néanmoins prendre un certain plaisir à savourer le spectacle. Ce n'est plus le cas ensuite. Chaque épisode devant faire mieux que le précédent, on en rajoute dans le gore inutile et stupide, et surtout, on s'aperçoit que le tueur devient l'équivalent d'un Dieu ancien, capable de tout anticiper, y compris la réaction d'une dizaine de personnages différents. Mieux, même mort, il peut continuer à sévir.
Bon, bien sûr, c'était déjà le cas depuis longtemps dans le cinéma d'horreur. Jason par exemple, dans Vendredi 13, devenait un mort-vivant dès le n°6, ce qui résout tous les problèmes. Mais là où Vendredi 13 assumait son crétinisme débordant, avec des scénarios tenant sur des timbres-poste, et des personnages caricaturaux, tout juste bon à être découpés à la machette ou à la débroussailleuse, Saw se couvre d'une aura pseudo intellectuelle, pour faire croire que les scénarios sont hyper travaillés.
Pourtant, lorsqu'on assiste au déplorable spectacle de l'opus 4, on ne peut qu'être affligé du résultat : lumière laide, sadisme idiot, personnages inintéressants voulant faire croire qu'ils réfléchissent, clins d'oeil appuyés aux épisodes précédents avec flash-back incompréhensibles, caméra épileptique, montage clipesque et lieux communs en pagaille (la maison en travaux avec des bâches en plastique derrière lesquelles se cache le méchant, interrogatoire d'un suspect avec ordre de couper la clim pour lui mettre la pression...), scénario prétendument compliqué (sûrement pour faire croire à sa grande subtilité) avec un vague effet de surprise final dont on se fout éperdument. Et les producteurs ne manquant pas d'humour ont déjà mis en place Saw 5 et Saw 6 (!)... Vivement qu'ils tournent Saw 7 (qui n'arrêtent pas de descendre, et qu'il faut tout le temps remonter... Je vous laisse le temps de savourer ce subtil jeu de mots...), Saw Litude (où le serial killer aime se faire fouetter par les embruns au bord d'une falaise), Saw Périlleux (où il travaille dans un cirque) et Saw Malie (où l'action se passe en Afrique)...
13 avril 2008
Le bon, la brute et le massacre...
"Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent... Toi tu creuses !".
C'était l'époque où les répliques cultes le devenaient après coup parce qu'on allait encore et encore au cinéma pour écouter les personnages prononcer leurs (géniales) lignes de dialogue. C'était l'époque où Sergio Leone venait de sortir "Le bon, la brute et le truand".
Véritable leçon de cinéma, ce qui frappe de prime abord dans ce film c'est l'absence de dialogue au profit de l'action et de la musique. Lorsque le générique de début se termine, il s'écoulera 10 minutes avant d'entendre la première phrase. Nous sommes dans l'Ouest sauvage, et ici, c'est d'abord la brutalité qui s'exprime. "Quand on tire, on raconte pas sa vie" dit Tuco à un bandit qu'il vient de tuer et qui a fait l'erreur de lui parler avant de dégainer. Tout est là. Nous sommes dans un monde d'homme d'une rare violence (la seule femme qui a quelques lignes de dialogue est une prostituée qui va prendre des baffes de la part de Lee Van Cleef, parce qu'elle détient des informations qu'il a besoin d'obtenir) . Seules les armes parlent. Les mots sont des balles qui trouent le corps. Dans l'Ouest, on meurt pour rien. Il n'y a plus de logique, plus d'amour, plus de confiance...
Outre ce particularisme, on ne peut qu'être frappé par l'usage systématique et alterné de plans larges sur les paysages et de plans serrés sur les personnages. Dans "Le bon, la brute et le truand", la forme est aussi importante, voire plus, que le fond. Les plans s'étirent, le rythme se ralentit, même lorsque les actions se précipitent. A la fin du film, par exemple, alors que les protagonistes touchent au but, Léone fait faire à Clint Eastwood un détour, et le confronte à un jeune soldat sudiste en train de mourir. Scène touchante et émouvante, sans un mot, on comprend, à travers le regard de Eastwood, toute l'absurdité et l'imbécillité de la guerre.
Le troisième atout de ce film est contenu dans l'ambiguïté même des trois personnages principaux, contrairement à ce que le titre annonce. Ici, pas de manichéisme. Lee Van Cleef (la brute) n'est pas plus brutal que les deux autres. Les trois personnages sont égoïstes et arrivistes, et pourtant, Eli Wallach (le truand) dévoile toute sa fragilité lorsqu'il est confronté à son frère, qui le rejette et qui est devenu moine. Et la quête de l'argent des trois protagonistes ne va pas les empêcher de faire sauter un pont qui était le point d'orgue d'une bataille stupide entre les nordistes et les sudistes et de sauver ainsi des centaines de vies...
Malheureusement, l'ère du DVD est arrivée, et des producteurs, voulant offrir toujours plus au spectateur, ont décidé de restaurer tout le patrimoine cinématographique. Si, parfois, le dépoussiérage d'un film offre d'excellentes surprises (la toute dernière édition de Blade runner de Ridley Scott, par exemple, est une splendide réussite), la moulinette hollywoodienne a fait ici un carnage monstrueux...
A l'origine, le film de Sergio Leone, sorti en 1966 en Italie, faisait 177 minutes. Deux ans plus tard, une sortie étasunienne imposa à la version américaine un rabotage en règle, et on se retrouva avec une version, doublée en anglais, de 161 minutes. C'est cette version que l'on connaît. Sergio Leone, paraît-il, était furieux d'avoir dû faire ça, et on le comprend... Les années ont passé, et le maestro est mort en avril 1989, sans avoir jamais retouché son film. Mais, en 2002, des producteurs ont décidé de reprendre la version italienne et de la restaurer... Pourquoi pas... Sauf que les scènes coupées de la version US n'avaient jamais été doublées... et qu'on a donc fait appel aux acteurs de l'époque pour les doublages voix des rôles principaux. Si Clint Eastwood et Eli Wallach ont volontiers accepté, il n'en fut pas de même pour Lee Van Cleef, puisque l'acteur était décédé en décembre 1989... La morale de l'histoire est qu'on se retrouve maintenant avec un film qui contient sept scènes supplémentaires très inutiles et longuettes (pardon Sergio...) avec de très fortes différences de voix (Eli et Clint ont tout de même pris 40 ans entretemps...) ou des voix différentes... Et pour couronner le tout, les producteurs sont même allés chercher une scène ridicule où Tuco, près d'un feu et plumant une poule, recrute trois mexicains pour tuer Blondin (Clint Eastwood), scène qui avait été tournée par Leone mais qui avait été supprimée de la version italienne par le cinéaste lui-même...
Dans les bonus, un des protagonistes dit que Léone, s'il était vivant, aurait été très content de cette nouvelle version... C'est sûr les gars, on ne prend jamais de risques en faisant parler les morts, parce qu'il ne vous contrarient que rarement... Jean Tibery, maire du 5ème arrondissement de Paris, en sait quelque chose... Il les a fait voter pour lui il y a quelques années...
11 avril 2008
La traversée du temps, de Mamoru Hosoda
Makoto, ce 13 juillet-là, s'est levée en retard. Et rien ne va aller dans sa journée, puisqu'elle va cumuler déveine sur déveine, jusqu'à ce fameux accident qui va lui coûter la vie... Et pourtant, quelque chose se passe. Quelque chose qui fait qu'elle ne meurt pas. Quelque chose qui fait qu'elle peut, à loisir, remonter le temps et le changer. Et, bien sûr, à travers cette expérience, elle va grandir, et se découvrir des sentiments vis-à-vis d'un garçon qu'elle avait toujours considéré comme un ami jusque là...
Si les mangas des années 70 et 80, qui arrivaient sur notre continent, rivalisaient en laideur et en pauvreté d'animation (qui chantera les beautés cachées d'Albator, les délires visuels de Candy, les scénarios incroyablement élaborés de Goldorak, de Jeanne et Serge ou de Olive et Tom ?), force est de constater que la donne a changé depuis le jour où un distributeur, au début des années 90, a décidé de mettre sur les écrans français Akira de Katsuhiro Otomo. Immense claque, ce film d'animation révolutionnait le genre et déclenchait un engouement pour des productions ambitieuses et adultes.
La traversée du temps aborde de manière douce et poétique un thème classique de science-fiction : le voyage temporel. Si on retrouve clairement des aspects de la comédie de Harold Ramis, Un jour sans fin (excellente comédie sur ce thème... Qui chantera les joies du jour de la marmotte, que le héros du film, joué par Bill Murray, revit sans cesse ?), on est aussi dans une très belle réflexion sur le passage de l'adolescence à l'état d'adulte, comme dans un roman d'apprentissage qui se respecte. 
Et cette traversée du temps n'est pas sans rappeler cette formidable bande dessinée de Jiro Taniguchi, Quartier lointain, où un adulte se retrouve projeté dans le temps et revient, avec son esprit d'adulte, dans son corps d'adolescent. Il a alors une chance de comprendre pourquoi son père, un jour d'été, a purement et simplement quitté son foyer et d'empêcher tout ça. Mais notre héros est-il vraiment là pour changer son passé ?
Deux oeuvres touchantes, donc, qui raisonnent bien l'une avec l'autre, qui abordent les sentiments de manière belle et pudique, et qui nous présentent un Japon ordinaire et quotidien, avec des personnages qui touchent à l'universel.
Deux oeuvres à découvrir d'urgence.
09 avril 2008
De l'art de faire du cinéma de grande qualité
Attention mes lecteurs nombreux et adorés, le 9 avril marquera à jamais vos esprits à moitié flétris à cause d'une surconsommation télévisuelle et d'une adhésion sans distance aux lois si égalitaires du monde libéraliste (je reprends mon souffle, là...). Mais que va-t-il se passer, mercredi prochain, vous dites-vous soudain ? Le gouvernement chinois va-t-il reconnaître qu'il n'est qu'une épouvantable dictature ? Les sans-papiers vont-ils être finalement laissés tranquilles et régularisés ? Le discours écolo va-t-il enfin être reconnu comme la priorité des priorités ?... Mieux que ça, les amis...
Mercredi prochain sort, sur tous les écrans français, le remake des frères Pang, "The Eye", de Xavier Palud et David Moreau, les réalisateurs de "Ils". Comment ? Vous vous attendiez à mieux ? Vous voulez dire que vous êtes carrément déçus de mon annonce ? Bande de gauchistes ingrats...
Voici donc un énième remake inutile de film asiatique déjà pas révolutionnaire à la base... Oui, mais voilà, madame, monsieur, c'est réalisé par des français ! Et ça change tout. ça vous cloue le bec, non ? Leur premier film ayant plu aux pontes hollywoodiens (et à moi aussi soit dit en passant... Même si mes amis ne me parlent plus depuis à cause de cette divergence), le gros machin a été confié clef en main aux deux français. Tout est hollywoodien : la manière de filmer, la manière de tout mouliner à la sauce hamburger, la manière de faire sursauter... Mais, les réal' sont français...
Durant le week-end de Pâques, plutôt que d'aller branler quelques cloches en agitant mon p'tit corps au son de chants christiques, je suis allé traîner du côté de 06 en scène (trois jours de danse, de théâtre, de spectacle, de cinéma, de concert, tout gratuit...) et je me suis retrouvé à voir "Hitman" de Xavier Gens. "Hitman", énième film tiré d'un jeu vidéo, est une adaptation ratée et un film médiocre. Est-ce dû au charisme de gant de toilette du héros, à l'histoire bourrée de poncifs, à l'actrice idiote et inutile qui accompagne n°47 (le héros, avec un code barre tatoué derrière le crâne) ou encore à la caméra paresseuse qui filme tout ça ? A moins que ce soit parce qu'il s'agit d'une production Besson ?
Le point commun entre ce film et "the eye" est que, là encore, on a un français à la caméra. ça change quoi ? Rien... sauf que c'est un français. Un tâcheron, certes, mais français... Après la projection de "Hitman", le réalisateur, invité, avouait que, contrairement à son premier film ("Frontières", sorti au début de l'année), il avait dû adapter son style aux contraintes du film. Dit clairement, cela signifiait que les studios avaient le dernier mot, et qu'il n'était qu'un simple exécutant...
Il n'y a pas si longtemps, les studios engageaient comme Yes-Man, des réalisateurs issus du clip. Maintenant la mode semble être au frenchis... Malheureusement, hormis quelques exceptions (comme Alexandre Aja et son excellent "La colline a des yeux", mille fois meilleur que le poussif et daté machin de Wes Craven), tous ces réal' semblent voués à tomber dans l'oubli.
Ces réalisateurs qui partent aux States, persuadés qu'ils vont réussir et s'en sortir face à Hollywood, ça me rappelle l'histoire d'Ulysse qui doit affronter les sirènes. Mais c'était il y a longtemps...
03 avril 2008
La grosse comédie est ton amie de toujours
Comme le film d'arts martiaux est à l'Asie, comme le film d'action est aux États-Unis, comme le Bollywood est à l'Inde, la grosse comédie beauf pouet-pouet est à la France. En une semaine débarquent sur nos écrans deux merveilles qui, à coup sûr, feront la joie des cons petits et des grands. Amis du comique qui tache, et qui sent l'huile de friture, vous allez vous régaler. N'espérez pas échapper à l'intox, la machine est huilée : squattage dans les quotidiens, interviews pénibles et creuses, animateurs qui servent la soupe, making-off commerciaux navrants, reportages inutiles dans les journaux télévisés, micro trottoirs des premiers spectateurs des premières séances qui nous disent que, bin oui, ils étaient morts de rire, pseudo soirée Jet-Set pour lancer les films et surtout, surtout, l'argument qui tue : l'ambiance sur le plateau de tournage était décontractée et tout le monde s'est amusé comme des fous. Même qu'il y a eu de sacrés séances de fous rires...
Du lourd on vous dit...
On reprend l'équipe de "Camping", (même réalisateur, même acteur principal), on reprend le thème (notre ami le beauf' a tout de même un coeur) et on remet le couvert. Rien qu'à voir l'affiche, ça fait envie... Tous les clichés du disco sont alignés : pantalon moulant, posture à la Travolta, grosses lunettes qui tuent, couleurs flashis à rendre malade et dépressif un caméléon adulte, références aux WMCA...
On notera aussi les noms qui partagent l'affiche. Béart et Depardieu... Bon, Depardieu, encore, on comprend. Depuis sa période américaine (qui se souvient du merveilleux "Greencard" de Peter Weir ?), Depardieu n'a plus fait grand chose d'intéressant d'un point de vue artistique... La période avec Blier est bien lointaine... Béart, en revanche... ça n'a pas l'air d'être facile de vieillir...
Mais surtout, ce qui frappe dans cette affiche, c'est cet immense sentiment de vide et de mille fois déjà-vu du scénario...
En face, dans une semaine, on nous sert du frais... L'affiche, là encore, est révélatrice. On retrouve l'atmosphère des Bronzés 3 (un chef-d'oeuvre tiens, celui-là), matinée de feu le réalisateur Max Pecas (à qui on doit des grands monuments du cinéma tels que "On se calme et on boit frais à St Tropez" ou "Embraye bidasse, ça fume"), et d'un zeste des "Sous-doués en vacances". On pensait être, pour toujours, débarrassé de ce cinéma à la papa, mais non... Et même pas de honte dans tout ça... Philippe Harel (à qui on doit quelques films tout de même pas mal, comme son adaptation de "L'extension du domaine de la lutte" de Houelbeck, avec un excellent José Garcia) nous sert une suite à un film sympathique sans plus de 1997, qui n'en demandait pas tant... Mais que voulez-vous, les impôts à payer, les taxes foncières...
Comment le scénariste a-t-il pu écrire, sans honte aucune, une histoire pareille ? Et, comment a-t-on pu produire ce film ? Le dialoguiste est-il drogué et séquestré ? L'a-t-on obligé ?
Ah, et puis revoir Benoit Poolevorde cabotiner à souhait... Ils sont loin ses bons films à lui aussi... Benoit, revisionne d'urgence tes premiers films ("C'est arrivé près de chez vous", "Les convoyeurs attendent"...) et cesse de squatter nos écrans...
Quant à moi, je file, dès ce soir, au 8ème festival du court-métrage de Nice. Juste histoire de m'aérer un peu et de voir autre chose...
23 mars 2008
Deux p'tits films pour une chouette soirée frissons
L'autre soir, découverte de deux films fantastiques surprenants et forts sympathiques en DVD.
Le premier, s'appelle "Stay Alive", et on le doit à William Brent Bell. La caméra descend dans un bien joli mouvement de trajectoire, franchit une grille en fer forgé, couverte de mauvaises herbes, parcourt une allée avant d'arriver à la porte d'une grande maison de type colonial, comme on en voit du côté de la Nouvelle-Orléans. Nous sommes arrivés dans l'univers du jeu vidéo "Stay Alive". C'est là que nous retrouvons un des personnages en train de jouer. Malheureusement, sa mort dans le jeu va étrangement entraîner sa mort dans la vie réelle. Et le plus troublant, c'est que, dans les deux cas, il meurt pendu, la nuque brisée...
Le jeu vidéo hanté, ce n'est pas nouveau. C'est une variante de la cassette vidéo de la mort de Ring. Et on sent déjà à plein nez le bon vieux film d'horreur des familles, avec ses codes usés et ses ficelles narratives qui ressemblent à des chaînes...
Et pourtant, on aurait tort de se priver de la vision de ce film. Sans être révolutionnaire, il parvient à inquiéter de manière habile, préférant suggérer plutôt que montrer. Et le montage évite l'écueil clipesque épileptique auquel les productions hollywoodiennes nous ont malheureusement habitués. Un coup de chapeau d'ailleurs à la photographie soignée et léchée. Un seul regret : la brièveté du film, puisque tout se déroule en, à peine, une heure vingt. Si on évite les temps morts, on n'a guère le temps de s'attacher aux personnages, un peu réduits à de simples fantômes...
Dans un autre genre, "Isolation" de Billy O'Brian nous emmène du côté des terreurs fermières et campagnardes, avec ce film irlandais plutôt malin et inquiétant. Un savant, aidé d'une vétérinaire, crée un veau mutant, qui doit être plus résistant, et surtout qui grandit beaucoup plus vite, et se reproduit plus rapidement. Évidemment, l'expérience va dégénérer quelque peu... Mais ça, on aurait pu le prévoir (Faut dire aussi... Tous ces savants qui font toujours les malins, à tripoter la nature, en croyant qu'ils vont la contrôler... Ils sont cons, ces savants fous...) Rien de très nouveau dans cette histoire de créature mutante agressive qui va s'attaquer aux humains. Et pourtant, ce film est une bonne surprise, avec des acteurs qu'on n'a jamais vu et qui s'en tire très bien, une mise en scène nerveuse, une photographie, là encore, soignée. Même si le film n'est pas d'une incroyable originalité (ni d'ailleurs, en passant, comme il est pompeusement écrit sur l'affiche "Une expérience inouïe"... Bonjour l'hyperbole... Qu'a-t-on donné à Hideo Hakata, le réal de Ring, justement, pour qu'il déclare une chose pareille ?), et si on reconnaît aisément les influences (merci Alien, merci The Thing...), mais on ne peut s'empêcher d'éprouver un réel plaisir devant ce (presque) huis-clos, qui reste lui aussi dans la suggestion, tout en prenant soin des personnages. Les personnages ont un passé et des fragilités qu'on découvre au détour de telle ou telle séquence. Petit puzzle que le réalisateur dissémine au gré de l'intrigue. C'est au spectateur de saisir l'ensemble. Un film, donc, qui nous prend pour des gens intelligents, c'est plutôt plaisant...
Voilà les amis. C'est tout pour aujourd'hui. Vous pouvez rallumer vos portables et dégainer vos cigarettes. Faites attention à la chute d'objets lourds, comme des enclumes par exemple, lors de l'ouverture des coffres à bagages. Nous espérons vous revoir bientôt sur Estebàn Airlines.
28 février 2008
L'original et son remake
L'expérience du remake peut être une expérience intéressante. C'est un peu ce qui n'est pas possible dans notre vie de tous les jours, à savoir recommencer quelque chose, mais sur de nouvelles bases.
C'est ainsi, par exemple, que le héros de "Un jour sans fin" de Harold Ramis parvient à déclarer sa flamme à la femme dont il est tombé amoureux : coincé dans le même jour, qui recommence sans cesse, le héros teste toutes les possibilités possibles pour se déclarer.
Le principe du remake est d'apporter un nouvel angle de vision, une nouvelle idée artistique, un peu comme lorsqu'un chanteur reprend une chanson interprétée par un autre.
On a, dans l'histoire du cinéma, des cas de remake intéressants. On peut penser à "l'invasion des profanateurs de sépultures", dont on retiendra les trois premières versions (oublions vite la quatrième et toute récente, avec Nicole Kidmann, ça vaut mieux..). On peut aussi se pencher sur le troublant remake de Psychose par Gus van Sant, qui a repris, au plan près, celui d'Alfred Hitchcock.
Malheureusement, Hollywood, à court d'idées, a cru bon de remaker à tour de bras, sur l'idée toute simple qu'un film qui a marché un jour, devrait pouvoir engendrer à nouveau de l'argent si on le refait quelques années plus tard...
La mode du fantastique japonais est arrivée. On a eu la série des Ring, on a eu Dark Water, on a eu The Grudge. Chacun ont eu leur remake, et si on peut apprécier "Le cercle", remake de Ring, on peut tout de même se demander l'intérêt de ces films, hormis l'aspect purement commercial.
"Kaïro" de Kiyoshi Kurozawa raconte comment le monde des morts, par l'intermédiaire d'internet, se retrouve à contaminer notre monde. Véritable film d'épouvante, il suggère plus qu'il ne montre. Le monde se désagrège et c'est véritablement effrayant à voir. On pouvait craindre le remake de ce film, qui contient, au passage, des plans de toute beauté... "Pulse" de Jim Sonzero ne dément pas le fait qu'Hollywood n'est qu'une machine à fric, uniquement préoccupée par la réussite... Comme dans tout bon remake hollywoodien, on se retrouve avec nos éternels étudiants de fac étatsuniens, cohorte de bimbos et de jeunes gens aux cheveux gras. Gros effets, gros sabots. Le but est d'en mettre plein la vue. Et pour justifier qu'il s'agit d'un hommage à l'original (ce qu'il n'est pas), le film reprend un ou deux éléments (le Scotch rouge entre autre) et pompe des scènes (une femme se jette d'une citerne, un avion s'écrase à la fin...). "Pulse" est un film raté et inutile, réalisé par un vague tâcheron issu du clip (très fier de lui, le tâcheron, quand on voit les bonus du dvd), qui n'a rien compris à l'aspect poétique de "Kaïro".
Précipitez-vous sur l'original, et faites fondre la copie... Sauf si vous voulez une soirée pop-corn, bien sûr...
19 février 2008
Je déteste les films animaliers...
S'il est bien un haut lieu débilitant, c'est le secteur du film animalier. Rien de plus pénible, rien de plus niais qu'un documentaire animalier.
Poésie de pacotille, frissons de carton-pâte, tout est faux et pourri dans un documentaire animalier... Et tout cet attirail est souligné, que dis-je amplifié même, par une musique d'ascenseur d'un immeuble 1900, et un commentaire mièvre d'André Dussolier. J'exagère ? Très bien, vous m'avez provoqué... Voici donc un petit panel des tics et des lieux communs de ces sous-films idiots...
1- La séquence émotion : gros plan sur des petits à poils (non, je veux dire avec des poils, par opposition à ceux avec des plumes), avec leur jeu crétin (oh, regarde le lionceau, il joue avec une pommes de pin ! Oh, regarde l'ourson, il se jette sur ses copains oursons ! Oh, regarde le bébé tigre, il mâche... c'est quoi ce truc ? Une salamandre ?...) et leur démarche pataude, qui fait qu'ils se vautrent tout le temps (je suis sûr que les réalisateurs ont préalablement capturé ces bestioles et leur ont collé du chatterton sous les pattes, d'où les vautrages de gueule...). La musique est censée nous amuser, tandis que la voix nous dit que le bébé machin est toujours très joueur, le coquinou...
2- La séquence peur : Cette fois, on nous rappelle que la loi de la jungle, c'est du sérieux. ça va gicler, les gars. Va y avoir de la chair fraiche collée aux murs, et des bouts de peau un peu partout... Le prédateur va courir au ralenti, tandis que la musique va monter en puissance. La proie, quant à elle, est idiote à souhait. Les guetteurs lui ont dit qu'il y avait un super gros danger, et même que tous ses congénères s'enfuient en courant, mais, elle, elle reste. "Hein ? Y'a un problème ? Où vous allez tous ? C'est les soldes ? C'est quoi ce gros truc velu qui rugit et qui fonce vers moi au ralenti ?".
3- La séquence beauté : Le meilleur exemple, c'est le ban de méduses. Alors là, c'est le pompon. Musique de synthétiseur à fond les manettes et pseudo danse des sacs plastiques vivants... Là, c'est l'extase, que dis-je l'orgasme animalier. C'est aussi excitant qu'un ballon de baudruche qu'on gonfle et qu'on dégonfle, mais, là, c'est VIVANT ! Wouououaaahhh. Bien sûr, on en oublierait presque que si on tombait dans ce truc, on ressemblerait aussitôt à un gros poisson-lune fâché, et qu'on pourrait être monté en lampe (et ce serait ravissant, croyez-moi...).
4- La séquence larme : Sortez vos mouchoirs, les amis, car voilà le moment horrible et pédagogique du film... C'est là qu'on va nous dire que l'homme est méchant : apparait à l'écran un ours polaire sur un tout petit morceau de banquise ("la fonte des glaces accentue la disparition de l'ours blanc à poils longs"); un bébé phoque épluché et grelotant ("Pour obtenir sa fourrure, les chasseurs le retournent comme une chaussette et ça fait un bruit assez gluant..."); une tortue des Galapagos sur sa carapace, agitant ses petites pattes ("et tandis que la brulure mortelle du soleil carbonise le ventre tendre et moelleux de la pauvre tortue tremblotante comme un morceau de gelée anglaise, les autochtones, qui l'ont retournée sur le dos, en profitent pour lui arracher un à un ses griffes, pour en faire des colliers de Rahan qu'ils revendront ensuite sur le marché à touristes").
Non, vraiment, je n'y arrive pas. J'ai toujours eu du mal avec cet anthropomorphisme de bazar, il faut dire. Parce que la démarche, encore une fois, repose bien plus sur l'émotion que sur la raison. Et peut-être aussi parce qu'on conditionne les individus à croire qu'il y a des bestioles innocentes et gentilles et d'autres incroyablement méchantes et mauvaises... Or, le serpent ou le requin ne sont pas des bestioles plus mauvaises que la hyène ou le scarabée. Pourtant, il y a une espèce de hiérarchisation, savamment entretenu par nos réalisateurs, qui me dérange.
Lorsqu'on défend la cause animale, on se doit de l'épouser en entier. Pas de sélection dans tout ça !
Ahh... ça va mieux... ça fait du bien la mauvaise foi, dans le cadre argumentatif, un peu... ça détend... Il faudra que je recommence...


