23 septembre 2009
Le zombie est à croquer !
Une fois de plus, c'est du côté des séries anglaises qu'on trouve du renouveau et de l'audace ! ça s'appelle "Dead set" et c'est tout simplement jouissif pour l'amateur d'horreur que je suis.
Le pitch est simple. Nous sommes lors d'une finale de Big Brother, le loft anglais. Les candidats se préparent à l'élimination de l'un des leurs. Et voilà qu'au dehors, une invasion zombie a lieu. Oui, mais voilà... Nos candidats sont enfermés et ils ne se doutent pas qu'ils vont vite devenir le seul îlot d'humanité au beau milieu d'un monde plongé dans le chaos.
Tout comme chez l'ami Romero, spécialisé dans le zombie depuis pas mal d'années, on retrouve, au delà de l'aspect gore et tripaille de la chose, une bonne critique bien acerbe de la société contemporaine. Et c'est ici la télé-réalité qui en prend pour son grade.
Car le fait de se dire que le seul berceau d'humanité repose dans des candidats décérébrés du Loft est tout de même bien vu.
La série, en six épisodes d'une vingtaine de minutes, est nerveuse à souhait, et brosse à grand coup de scalpel une galerie de personnages très intéressante, qui va des candidats dépassés au producteur avide d'argent et de l'assistante maltraitée réduite à porter des cafés à la présentatrice insupportable.
La série n'oublie pas, bien sûr, un petit clin d'oeil à ses aînés en rendant hommage à Zombies.
Et lorsque le final arrive (et quel final ! digne du grand Georges !), on mesure le chemin à parcourir pour les séries françaises... Et on se met à rêver d'une telle série produite par France 2...
11 juin 2009
Skins, de Jamie Brittain et Bryan Elsley
Bon, j'avoue, j'ai un peu honte, mais c'est le propre des petits plaisirs coupables, non ? Bref, à la suite de l'échange avec Nelfe (voir les commentaires de mon dernier post), je me suis rendu compte que je n'ai jamais encore chroniqué cette excellentissime série qu'est "Skins"... J'aurais dû... Plutôt que de me fourvoyer avec de vils et veules vampires (notez ici la belle allitération en "V")...
Une fois de plus, il faut donc aller faire un détour chez nos amis Grands Bretons pour découvrir ce petit bijou d'intelligence.
L'histoire est simple : des adolescents, à la frontière de l'âge adulte, vivent leurs histoires d'amour et d'amitié, jamais très simples, face à des adultes plutôt dépassés qui sont loins de leurs univers respectifs.
Chaque épisode est centré sur un des personnages autour duquel gravitent les autres. Chaque épisode offre un point de vue différent, un éclairage, sur une histoire plus ou moins collective.
Scénarios bétonnés avec des personnages hyper attachants, photographie impressionnante, réalisation nerveuse, bande originale à pleurer de bonheur, acteurs vraiment bons, et surtout, un humour omniprésent et à mille lieues du politiquement correct, qui permet de ne jamais tomber dans le mélo dégoulinant de bonnes intentions, ou le pathos lacrymogène. Parce que "Skins" en anglais signifie "peau", et qu'on n'hésite pas à se toucher, s'embrasser ou se caresser. Mais ce mot signifie aussi, en argot, "feuille à rouler", et c'est vrai qu'ici, on touche à la drogue de manière décomplexée, sans pour autant tomber dans la caricature (on est fort loin des jeunes crétinoïdes, le joint au bec, qui se font dézinguer par des serial killers en furie dans les slasher movies...).
Trois saisons à ce jour. Petit bémol sur la troisième saison : les deux premières s'intéressaient à un groupe précis, et leur(s) histoire(s) se déroulai(en)t sur une vingtaine d'épisodes. La troisième saison s'intéresse à un nouveau groupe, qui a quelques points communs avec l'ancien (une des héroïnes de la troisième saison est la soeur d'un des héros des deux premières). Mais cette saison peine un peu à trouver ses marques, à se renouveler et si la réalisation et la photo sont toujours très soignées, l'ensemble reste un zeste décevant. Mais bon, on jugera l'ensemble sur la quatrième saison qui bouclera les histoires du second groupe...
Sinon, et particulièrement à l'attention de Nelfe (qui a un chouette blogue, plus fidèlement entretenu que le mien, soit dit en passant !), il va falloir que je chronique quelques séries HBO que j'adore : outre Carnivale, dont j'avais déjà parlé il me semble, il faudra absolument, d'ici peu, que je vous parle de Rome et d'In Treatment...
09 juin 2009
Le vampire est ton ami...
Le vampire a toujours été une source de fascination. Malgré son aspect monstrueux, il reste un être fascinant, surpuissant et séducteur qui nous attire irrésistiblement. Depuis Anne Rice et son excellent Entretien avec un vampire (pas trop mal adapté par Neil Jordan, pour peu qu'on supporte les mimiques du pénible Tom Cruise, qui arrivait encore, à l'époque, à séparer son engagement scientologue, de sa vie professionnelle), le vampire s'est de plus en plus humanisé, et est devenu, au fil des années, à travers les oeuvres filmiques et livresques, un être presque sympathique, qui n'hésite pas à s'allier avec des humains, et qui n'a plus peur des croix ou de l'ail. C'est ainsi qu'est apparu Twilight, de Stephenie Meyer, où le beau vampire perd ses derniers oripeaux (il n'a plus besoin de dormir la nuit, n'a plus peur du soleil...) et charme, de manière chaste (s'agirait pas de mettre du sexe là dedans... Le sexe, c'est sale, mes amis...) une adolescente entrant dans l'âge adulte. Dans la droite ligne de cette oeuvre gentillette, deux séries me sont tombées sous les yeux.
Blood Ties, tout d'abord, qui raconte les enquêtes surnaturelles d'une ex-flic, aidée par un ancien collègue, et par Henri, séduisant vampire de 480 ans.
Série pop-corn par excellence, on a là un condensé de toutes les séries fantastiques de ces vingts dernières années : une pincée de Buffy (outre la blondeur de l'héroïne, on notera que la donzelle sait se battre), une once d'Angel,(pour le vampire au grand coeur, amoureux de l'héroïne) et surtout, surtout un (gros) soupçon d'X-Files : outre le duo Mulder-Scully (l'ex-collègue est plutôt cartésien, tandis que la miss prend fait et cause clairement pour le surnaturel), on retrouve le même principe de "1 monstre = 1 épisode". Ainsi, on a les démons, les lycanthropes, les vampires, les fantômes, les incubes... On a même un épisode (épisode 14, saison 1) sur le principe du Jour sans fin de Harold Ramis et de l'épisode d'X-Files intitulé Lundi (épisode 14 saison 6... Excellent épisode au demeurant, qui émerge de la moribonde série de Chris Carter à ce moment-là).
Réalisation clipesque, images léchée, photo soignée mais pas exceptionnelle, cette série pas désagréable se suit sans effort. Pas effrayante pour un sou, sauf peut-être pour les enfants de moins de huit ans, on lui reprochera tout de même un certain côté cheap au niveau des effets spéciaux et des intrigues qui manquent cruellement de sensualité, à défaut de sexualité (ce qui est un comble pour une série avec un vampire !).
Tournons-nous alors du côté de nos amis Grands Bretons avec une série nettement plus ambitieuse, même si elle ne restera pas non plus dans les annales des séries.
Being human (c'est son nom) raconte l'histoire d'un vampire, d'un loup-garou et d'un fantôme qui prennent un appartement ensemble, et tentent, tant bien que mal, de vivre comme des humains, parmi des humains.
Si, là encore, la réalisation et les scénarios n'ont rien de révolutionnaires, on pourra prendre plaisir avec les effets spéciaux qui nous réservent, entre autre, de belles transformations en loup-garous, qui ne sont pas sans rappeler celle du Loup-garou de Londres, ce piteux film de John Landis, dont on peut retenir (même si c'est un peu kitchouille) les 2 minutes 27 qui ont fait frémir toute une génération (c'était l'époque où on faisait encore tout à la main les amis...). Pour les amnésiques ou les aficionados, faites un tour sur http://www.youtube.comwww.youtube.com/watch?v=6qULtI6a9gw histoire de vous remettre ça en mémoire.
Et puis, cette série soulève quelques belles thématiques, comme le fait d'être (ou de se sentir) différent, au sein d'une société normalisée, et de devoir vivre tout de même. On notera aussi une sensualité beaucoup plus omniprésente, puisque chaque personnage (le vampire, le loup-garou ou le fantôme) ne peuvent avoir de relations affectives réelles (amicale ou amoureuse), en souffre, et tentent quand même de vivre des choses. Enfin, les scénarios contiennent des idées très originales, comme cette séquence où le vampire regarde un snuff-movie (un film avec violence non simulée) tourné par un autre vampire...
On regrettera juste que deux acteurs sur les trois, présents dans le pilote, aient été changés dès l'épisode n°1 (étrange, non ? Pourtant ils étaient biens...).
Voilà donc de quoi se mettre sous la dent cet été, pendant les grosses chaleurs, en attendant une vraie et bonne série fantastique qui déménage, à la Carnivale ou à la Twin Peaks... Mais, bon, là, on a encore de la marge...
12 octobre 2008
John from Cincinnati
Une fois de plus, la chaîne étasunienne HBO nous sert une série pas comme les autres avec John From Cincinnati. HBO, je le rappelle, c'est cette chaîne câblée à qui l'on doit des séries télé aussi incroyables et excellentes que Carnivale, Rome, ou Six feet under, pour ne citer que celles que j'ai vues (on me souffle à l'oreille qu'on lui doit aussi Deadwood, ou Les sopranos mais, comme je ne les ai pas vues, je n'en parlerai point... En fait, je ne les ai citées que pour apparaître plus sur Google !).
Cette série qualifiée d'OVNI, qui ne connaîtra que 10 épisodes en tout, se situe du côté de la Californie, dans une communauté de surfeurs, à Imperial Beach, pas loin de la frontière Mexicaine, dans la famille Yost. Chez les Yost, on est surfeur de père en fils. Sauf que le grand-père a arrêté sa carrière à cause d'un genou brisé, et que son fils est toxicomane. Seul le petit-fils, Shaun, 13 ans, entretient cette tradition familiale. Autour d'eux gravitent toute une kyrielle de personnages qui va du vendeur de drogue philosophe au flic à la retraite en passant par la vidéaste paumée ou la mère de Shaun, une actrice porno... Et au milieu de cette galerie iconoclaste surgit John, venu d'on ne sait où (il dit venir de Cincinnati), qui a tout du simple d'esprit, mais qui soude cette communauté. Et dès son arrivée, la famille Yost va connaître une véritable révolution, puisque le grand-père va léviter, le fils va cesser de se droguer, sans aucune sensation de manque et Shaun, le petit fils, va se remettre d'un accident pourtant mortel...
Difficile de résumer cette série, d'autant que l'essentiel ne réside pas dans l'histoire (qui ne propose d'ailleurs qu'une fin partielle au bout de dix épisodes, et que la série a été arrêtée). Il faut plutôt se laisser porter par la beauté des plans et de la photographie, par les situations incroyables et surréalistes (qui évoquent clairement un univers à la David Lynch) et les dialogues incroyables et parfois abscons.
Après avoir vu les dix épisodes, j'avoue que je suis allé errer sur la toile pour voir un peu ce qui en était dit. Malheureusement, tous les sites consultés ne m'ont guère donné d'explications. Alors, histoire de récolter quelques visites supplémentaires sur ce modeste blogue (j'avoue mon côté vénal et intéressé !), je me suis dit que je pouvais donner mes quelques débuts d'explications. Attention, ami lecteur, à partir de maintenant, je vais me permettre de spoiler la série et de donner quelques unes de mes clefs. Allez donc d'abord voir la série (à moins que ce soit déjà fait...) avant de lire la partie en italiques.
1- D'où vient John ? Il faut avouer que ses initiales (J from C) ne sont pas sans rappeler Jésus-Christ. Faut-il voir un annonciateur de quelques chose ? En tout cas les références religieuses abondent. pour n'en citer que quelques unes : on a une trinité (le grand-père, le père et le fils) ; on dit que Shaun surfe "comme un ange" (Jésus ne marchait-il pas sur l'eau ?); on a, dans le dixième épisode, au début, des plans complets de nuages et de vue aérienne ; Shaun ressuscite (et ça a déjà été le cas d'une perruche juste avant), son grand-père lévite ; John parle souvent des "mots de son père" et annonce "la fin du monde" comme l'archange Gabriel ; John, toujours, lors des premiers épisodes, propose à Kyle de voir Dieu, et l'expose à une sorte de transe ; enfin, signalons l'immortalité de John, qui prend deux fois des coups de couteau mortels et qui survit sans séquelles. Mais JFC évoque aussi JFK. Faut-il voir l'ombre d'un complot ? d'autant que John parle d'un fin proche, de terroristes, d'enturbannés et d'intégristes ; sans compter qu'il évoque une fin du côté de 11/9/14...
2- Tous les personnages trouvent leur rédemption (encore une référence biblique...) d'une manière ou d'une autre. La mère de Shaun, l'actrice pornographique, s'arrête pour reprendre son rôle de mère ; le jeune homme homosexuel, propriétaire du motel, affronte ses démons... Seuls les "assassins" de John, qui n'ont pas voulu le suivre, seront (probablement) punis par le groupe des vétérans du Viet Nam.
3- John n'hésite pas à sortir au propre comme au figuré les cadavres des placards : celui du violeur du directeur de l'hôtel (l'aurait-il assassiné ?) ou l'épouvantable secret de Sissi, la grand-mère qui, alors qu'elle était sous acide, aurait enseigné, la masturbation à Butchie, son fils (le père de Shaun) lorsqu'il était adolescent.
4- Le symbole qu'adopte la firme de surf, à la fin du dixième épisode, symbole qui avait été initié par John, est composé de zéros et de uns. C'est le langage binaire universel des ordinateurs. John y fait souvent allusion en insistant bien quand il parle de la caméra de Cass. Ces symboles sont aussi là dans le bar, après la rédemption du propriétaire et dans le catalogue de la femme unijambiste.
5- La fin du monde annoncée par John ne serait-elle pas le fameux Big One, qui rayera de la carte toute la Californie ?
6- Restent les (gros) points d'interrogation... Quel est ce lieu circulaire où se rend systématiquement John (et où il amène Kyle à un moment donné) ? Quel est le rôle exact du chimiste (qui n'apparaît qu'au dixième épisode) qui sent que ce fameux lieu est important ?
Voilà... Fin du spoiler... Si vous avez des remarques ou des explications, je suis preneur... Et, en attendant, précipitez-vous sur cette série unique et intrigante.
14 juillet 2008
Trigun, de Satoshi Nishimura (d'après un manga de Yasuhiro Nightow)
Nous voici sur une planète lointaine et plutôt désertique, brûlée par deux gros soleils le jour, éclairée par plusieurs lunes la nuit. Là s'étendent de petites villes digne du Far-West. Sur cette planète, cohabitent des éléments du passé (on retrouve le monde du western), du présent (on croise des voitures) et d'un futur à la Star Wars (on trouve de gigantesques trains à vapeur, qui volent ; on aperçoit des montures aux allures de tamanoirs géants...).
C'est dans cet univers que se promène Vash, the Stampede, alias le Typhon Humanoïde, un puissant bandit recherché pour avoir détruit une ville entière. Sa tête est mise à prix pour la coquette somme de 60 milliards de double-dollars...
Et nous voilà partis pour 26 épisodes de 25 minutes chacun.
Même si, parfois, l'animation est un peu légère (on est loin, à certains moments, des 24 images secondes), il faut avouer que cet animé est un véritable régal. Notons d'abord (et c'est suffisamment rare pour être souligné) l'excellente bande-son, avec sa guitare blues, jouée avec un bottleneck, qui renforce l'aspect étasuniens de la chose. La musique est un régal. On est loin de la vilaine chanson japonaise fripée et pénible. (j'ouvre une parenthèse : à propos de superbe bande-son, je ne serai que trop vous recommander celle de l'animé génial Coboy-Bebop, complètement
jazzy).
Le plaisir vient aussi d'un certain côté Sergio Leone, puisque, là encore, on reprend tous les codes du far-west, pour mieux les parodier et/ou les pervertir. Outre le fait que le grand manteau rouge de Vash n'est pas sans rappeler les cache-poussières de Il était une fois dans l'Ouest, on est loin de tout réalisme. Vash peut éviter des rafales de mitraillette sans trop d'efforts, les armes sont souvent démesurément grandes et lourdes (il faut voir la facilité déconcertante avec laquelle Milly Thompson, l'une des héroïnes, tient son énorme mitrailleuse à l'épaule) et les duels ou les scènes de batailles ressemblent souvent à des ballets ou à des chorégraphies.
Comme nous sommes dans le futur, on retrouve aussi tout un univers à la Mad Max, de George Miller, avec des villes asséchées où l'eau est un bien très précieux, et où les guerriers sont des punks immenses, ou des créatures à la Jérôme Bosch...
Mais Trigun n'est pas, loin de là, dénué d'humour. Vash adore succomber aux charmes des jolies filles, qui ont des décolletés toujours plongeants et généreux, et sait se comporter comme un véritable sale gosse, qui adore se goinfrer de cookies, de beignets et de sandwichs.
Enfin, il faut noter l'intérêt croissant du scénario. Si les premiers épisodes sont légers et sympathiques, on avance, peu à peu, vers une épaisseur psychologique des personnages, et l'histoire devient plus dense et réellement passionnante.
Allez, pour finir de vous convaincre, voici un petit cross-over, trouvé sur le net, et dessiné par un internaute anonyme (si vous le connaissez, saluez-le de ma part !), que j'ai trouvé fort sympathique (le dessin, pas l'internaute ! Je vous ai dit que je ne le connaissais pas... Il faut tout vous répéter !)...
19 avril 2008
Dead like me
George est une adolescente qu'on giflerait volontiers. Non pas que ça changerait grand chose, mais ça détendrait carrément. Jamais contente, George pense que la vie craint, et tout particulièrement la sienne d'ailleurs. C'est ainsi qu'elle décide d'arrêter l'école et de se dégoter (mollement) un travail.
C'est son premier jour. Elle se retrouve dans l'univers pénible d'une grande entreprise, avec ses bureaux et leurs demi cloisons dans une immense salle, et elle observe tout ça du haut de son regard blasé et critique, revenu de tout, de sale pré-pubère (qui mérite des baffes).
Mais, tandis qu'elle prend sa pause déjeuner, voilà que les toilettes de la station Mir, suite à un incident, lui tombent sur la figure et la tuent. Et voilà George qui se retrouve, en compagnie d'un petit groupe hétéroclite, à apprendre son nouveau métier : faucheuse d'âme. Elle doit donc recueillir les âmes des futurs défunts avant qu'ils ne décèdent de mort violente.
Le décor est planté, pour cette série pleine de tendresse et d'humour noir, arrêtée trop tôt (deux saisons seulement, soit 29 épisodes), sans doute pour cause d'audience. Il faut dire aussi que cette série n'est pas faite pour plaire à tout le monde : on rit de la mort, on remet en cause une quelconque divinité (ici, la mort n'est qu'une grande administration de plus), et surtout, on voit le monde par le biais du regard (cynique) de cette adolescente, morte trop tôt à son goût.
Chaque épisode va alors à la fois s'articuler autour des défunts dont les faucheurs doivent recueillir l'âme (et souvent, les rencontres sont poignantes), et aussi autour de la vie des faucheurs, leur vie quotidienne (les faucheurs, comme nous, doivent manger, gagner de l'argent, avoir un travail, chercher un appartement, même s'ils sont morts), mais aussi leur passé (et on apprend, au détour de certains épisodes, les drames et les fragilités de chaque faucheur).
Une très jolie série, qui n'aurait probablement pas existé sans la fabuleuse série "Six feet under", et qui, sans arriver au niveau de cette dernière, est une jolie cousine éloignée, qu'on aurait volontiers suivie tout au long d'une troisième saison...
Rien à voir. Je pars une petite semaine en Irlande pour le travail. De retour le vendredi 25. Soyez sages d'ici là.
18 janvier 2007
De l'animation, que diable !
Il était une fois un cochon qui avait sauvé une tortue. Pour le récompenser, la tortue lui offrit un trident enchanté. Lorsque le cochon exécutait une petite danse et qu'il se saisissait de son trident, il se transformait en Pic Pic, le Cochon magique.
Il était une deuxième fois un cow-boy qui aimait son ami André, le cheval. Mais André était l'incarnation du mal absolu, et le faisait toujours souffrir. Alors, régulièrement, le cow-boy tuait André. Mais André ressuscitait à chaque fois.
Tout ce petit monde est rassemblé sur un DVD hilarant de 50 mn, sommairement intitulé "Pic Pic, André et leurs amis". Ce petit monde, c'est celui d'un collectif belge, dignes successeurs des Monty Python et de Tex Avery, le tout sous acide. Du bonheur en galette.
Le site : www.picpicandre.be
09 octobre 2006
Les Renés
En 1999, le peintre Hervé Di Rosa sortait la série animée "Les Renés". L'action se déroule à Bonheur-les-Bains. Dans ce coin du globe, on trouve un bonheur absolu. C'est une utopie que Thomas More n'aurait certainement pas dénigré.
Ici, pas d'argent, pas d'obligation de travailler, et une liberté absolue. Malheureusement, des Internationaux Vilains ne supportent pas cette idée, et font tout pour pervertir cette société idilique.
Les Renés, c'est aussi une famille, à la Simpson, consituée d'un père inventeur, d'une mère au foyer, de deux enfants (un garçon et une fille) et d'un bébé, au sexe indéfinissable.
Outre le graphisme délirant (les personnages sont tous drôles et absurdes), on note un véritable amour du verbe et de la langue française, avec cascade de calembours et vers à tout va.
Mais comme si ça ne suffisait pas, "Les Renés" est aussi un formidable pamphlet anti-libéraliste. Dans l'épisode "La machine à coin-coin", les Internationaux Vilains tentent d'introduire des jackpots dans la ville. Ainsi, l'argent va arriver, et avec lui, les banques, les crédits, les hypothèques et les mises en demeure. L'épisode "Béton-les-Bains" parlent du bétonnage à tout va sur les littoraux. Dans "Laisse dance", on décortique le système de la télé-réalité, et de la chanson formatée et prête à écouter...
Visible à divers degrés, cette série de 24 épisodes se déguste à tout âge. Et depuis "Watoo-Watoo", la série écolo des années 70, on n'avait pas vu une série animée avec un message politique aussi fort. Et ça change des dessins animés à la "Totally Spies" où les filles sont des gourdasses qui pensent surtout aux fringues et aux mecs (et accessoirement à sauver le monde...). Dois-je préciser que cette série est à voir d'urgence ?





