19 avril 2008
Dead like me
George est une adolescente qu'on giflerait volontiers. Non pas que ça changerait grand chose, mais ça détendrait carrément. Jamais contente, George pense que la vie craint, et tout particulièrement la sienne d'ailleurs. C'est ainsi qu'elle décide d'arrêter l'école et de se dégoter (mollement) un travail.
C'est son premier jour. Elle se retrouve dans l'univers pénible d'une grande entreprise, avec ses bureaux et leurs demi cloisons dans une immense salle, et elle observe tout ça du haut de son regard blasé et critique, revenu de tout, de sale pré-pubère (qui mérite des baffes).
Mais, tandis qu'elle prend sa pause déjeuner, voilà que les toilettes de la station Mir, suite à un incident, lui tombent sur la figure et la tuent. Et voilà George qui se retrouve, en compagnie d'un petit groupe hétéroclite, à apprendre son nouveau métier : faucheuse d'âme. Elle doit donc recueillir les âmes des futurs défunts avant qu'ils ne décèdent de mort violente.
Le décor est planté, pour cette série pleine de tendresse et d'humour noir, arrêtée trop tôt (deux saisons seulement, soit 29 épisodes), sans doute pour cause d'audience. Il faut dire aussi que cette série n'est pas faite pour plaire à tout le monde : on rit de la mort, on remet en cause une quelconque divinité (ici, la mort n'est qu'une grande administration de plus), et surtout, on voit le monde par le biais du regard (cynique) de cette adolescente, morte trop tôt à son goût.
Chaque épisode va alors à la fois s'articuler autour des défunts dont les faucheurs doivent recueillir l'âme (et souvent, les rencontres sont poignantes), et aussi autour de la vie des faucheurs, leur vie quotidienne (les faucheurs, comme nous, doivent manger, gagner de l'argent, avoir un travail, chercher un appartement, même s'ils sont morts), mais aussi leur passé (et on apprend, au détour de certains épisodes, les drames et les fragilités de chaque faucheur).
Une très jolie série, qui n'aurait probablement pas existé sans la fabuleuse série "Six feet under", et qui, sans arriver au niveau de cette dernière, est une jolie cousine éloignée, qu'on aurait volontiers suivie tout au long d'une troisième saison...
Rien à voir. Je pars une petite semaine en Irlande pour le travail. De retour le vendredi 25. Soyez sages d'ici là.
18 janvier 2007
De l'animation, que diable !
Il était une fois un cochon qui avait sauvé une tortue. Pour le récompenser, la tortue lui offrit un trident enchanté. Lorsque le cochon exécutait une petite danse et qu'il se saisissait de son trident, il se transformait en Pic Pic, le Cochon magique.
Il était une deuxième fois un cow-boy qui aimait son ami André, le cheval. Mais André était l'incarnation du mal absolu, et le faisait toujours souffrir. Alors, régulièrement, le cow-boy tuait André. Mais André ressuscitait à chaque fois.
Tout ce petit monde est rassemblé sur un DVD hilarant de 50 mn, sommairement intitulé "Pic Pic, André et leurs amis". Ce petit monde, c'est celui d'un collectif belge, dignes successeurs des Monty Python et de Tex Avery, le tout sous acide. Du bonheur en galette.
Le site : www.picpicandre.be
09 octobre 2006
Les Renés
En 1999, le peintre Hervé Di Rosa sortait la série animée "Les Renés". L'action se déroule à Bonheur-les-Bains. Dans ce coin du globe, on trouve un bonheur absolu. C'est une utopie que Thomas More n'aurait certainement pas dénigré.
Ici, pas d'argent, pas d'obligation de travailler, et une liberté absolue. Malheureusement, des Internationaux Vilains ne supportent pas cette idée, et font tout pour pervertir cette société idilique.
Les Renés, c'est aussi une famille, à la Simpson, consituée d'un père inventeur, d'une mère au foyer, de deux enfants (un garçon et une fille) et d'un bébé, au sexe indéfinissable.
Outre le graphisme délirant (les personnages sont tous drôles et absurdes), on note un véritable amour du verbe et de la langue française, avec cascade de calembours et vers à tout va.
Mais comme si ça ne suffisait pas, "Les Renés" est aussi un formidable pamphlet anti-libéraliste. Dans l'épisode "La machine à coin-coin", les Internationaux Vilains tentent d'introduire des jackpots dans la ville. Ainsi, l'argent va arriver, et avec lui, les banques, les crédits, les hypothèques et les mises en demeure. L'épisode "Béton-les-Bains" parlent du bétonnage à tout va sur les littoraux. Dans "Laisse dance", on décortique le système de la télé-réalité, et de la chanson formatée et prête à écouter...
Visible à divers degrés, cette série de 24 épisodes se déguste à tout âge. Et depuis "Watoo-Watoo", la série écolo des années 70, on n'avait pas vu une série animée avec un message politique aussi fort. Et ça change des dessins animés à la "Totally Spies" où les filles sont des gourdasses qui pensent surtout aux fringues et aux mecs (et accessoirement à sauver le monde...). Dois-je préciser que cette série est à voir d'urgence ?


