Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

16 octobre 2009

De l'art de bien parler

La rhétorique, dans la Grèce Antique, était l'art de bien parler, de maîtriser le langage. On avait déjà compris, à l'époque, que celui qui maîtrise le langage peut contrôler le monde, pour peu qu'il ait, à ses côtés, une force brutale, prête à maintenir l'ordre.
Orwell, dans 1984, n'expose pas autre chose avec l'avènement du Novlangue qui, officiellement, simplifie le langage [on contracte tout (Novlangue = nouvelle langue), on simplifie la grammaire et on raye du dictionnaire tous les sens figurés et/ou philosophiques des mots tels que liberté ou égalité] et qui, officieusement, l'appauvrit, pour mieux contrôler les pensées et asservir les gens.

Les rhétoriciens avaient mis en valeur tout un tas de procédés destinés à mieux faire comprendre un discours. Ces procédés imagés, appelés figures de style ou de rhétoriques, se divisent en trois catégories : l'analogie (comparaison, métaphore...), l'opposition (oxymore, antiphrase...) et l'insistance (anaphore, répétition...).

Si on peut reprocher une relative inculture et une certaine capacité à nuire à nos amis publicitaires, force est de constater qu'ils ont parfaitement saisis ces procédés.

C'est ainsi qu'a germé, une fois de plus, au début de l'année, cette somptueuse campagne pour France Info...

PHOT0155Que voit-on ?

Sur cette affiche, une jeune fille ouvre un réfrigérateur. La lumière se fait sur elle. A sa gauche, un groupe de militaires embusqués est en mission, prêt à intervenir.

Une tite analyse ?

On est ici clairement sur la figure d'opposition : Cela évoquerait presque la célèbre photo de la jeune fille à la fleur (où une jeune hippie, pendant une manifestation pour la paix, dans les années 60 aux États-Unis, offre une fleur à des militaires sur-armés). Les oppositions : extérieur / intérieur ; homme / femme ; force / douceur ; singulier / pluriel...

On nous expose donc un certain ordre du monde basé sur une juste répartition des choses : l'homme fait la guerre, la femme est à la cuisine...

PHOT0160Jetons maintenant un oeil sur cette autre affiche faisant partie de cette même campagne...

Que voit-on ?

A droite un gardien de but lève les mains, pour arrêter un ballon ou pour célébrer une victoire. A gauche, un jeune noir lève aussi les mains. Il va certainement être arrêté, ou pire, vu le blindé derrière lui...

Une tite analyse ?

Encore une fois, on note les oppositions (et l'ordre juste des choses : les noirs en Afrique se battent tout le temps, nous, on sait rester sages et s'amuser...) : noir / blanc ; guerre / jeu ; vie / mort... Mais le geste commun des deux hommes appelle aussi la comparaison...

Et c'est sur celle-ci que repose tout l'argumentaire de cette campagne... Tout est équivalent, tout est mis sur le même plan... La guerre, la cuisine, le foot... On passe de l'un à l'autre, sans transition. Tout est livré en vrac. Le slogan "la vie en continu" est si proche de l'expression "la vie continue"... Show must go on, diraient certains... Et peu importe s'il y a des morts ou des arrestations arbitraires, on gommera tout ça par autre chose (car le sens de lecture de ces affiches va de gauche à droite... Logique !). Voilà donc le message de cette campagne. L'information est un produit comme un autre, peu importe son contenu...

Nos amis les requins du marketing ont réussi à vendre un message aussi odieux à l'état, à nous, et à nous prouver que le service public raisonne aussi en terme de productivité, de chiffres et d'amalgames...

Mais où sont les plumes et le goudron d'antan ? J'ai une furieuse envie de les utiliser...

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18 août 2009

Chacun à sa place et les moutons seront bien gardés...

Petite démonstration publicitaire croisée, qui démontrera, une fois de plus, que 40 ans de combats pour les libertés de la femme peuvent être balayés d'un revers de la main par des gros blaireaux incultes...

PHOT0012Voici ce qui ornait joyeusement nos abri-bus il y a quelques mois à Nice. Les vendeurs de rêves pour pauvres ont imaginé cette somptueuse campagne. On y voit des hommes, virils à souhait, habillés d'une tenue de ville décontractée, s'adonner aux joies du poker... Enfin, aux joies, c'est vite dit, lorsqu'on voit leur mine confite de vieille poire à l'eau de vie chez une grand-mère sourde un dimanche de pluie.

Que me dit-on dans cette merveille artistique qui nous emmène dans des tourments d'extase ? D'abord que le poker est sous aucun doute une affaire sérieuse et une affaire d'homme. Pas question que des gonzesses mal intentionnées viennent fourrer leur nez là-dedans... D'ailleurs, on a crée, à l'attention de l'homme viril adepte de poker, non pas un lieu, mais un espace, carrément ! C'est titanesque ! C'est cyclopéen ! C'est grandiose ! (magie des mots... Un "espace poker", ça signifie une sale table pour trois pauvres gars, toute engoncée au milieu de bruyants bandits manchots, avec, en plus, tous nos amis pauvres qui nous matent...). En tout cas, appréciez la qualité de la concentration de nos amis masculins. ça sent la testostérone. Les neurones au bout des doigts, l'homme, encore une fois est le maître de la gestion et de l'argent...

PHOT0032Dans les mêmes semaines, toujours à Nice, d'autres publicitaires aux dents longues et aux crânes suintants d'avoir réfléchi aux manières délicates de dépouiller le chaland, nous ont infligé, en 4 par 3, cette délicieuse campagne. Histoire de nous faire croire à leur immense culture, les crétins décérébrés se sont appuyés sur de vagues connaissances latines avec la légende de Remus et de Romulus, puisque le produit est italien. Que voit-on ? Une femme, à quatre pattes, qui tient une tasse à café, avec, dessous, deux bambins replets. L'un regarde la tasse  l'autre les seins de la donzelle. Le message est, là encore, très clair : la femme est une louve (c'est une variante de la grosse chienne), qui est là pour élever les enfants, pour nous préparer notre café et pour se faire prendre à quatre pattes (d'où son maquillage d'allumeuse et son regard de braise). Notons aussi l'aspect toujours inquiétant de la femme (c'est une louve) que l'ami Besson aime tant entretenir, soit-dit en passant.

Les années passent, et pourtant, ce sont toujours les mêmes ficelles qui sont utilisées. Il y a vingt ans, de telles publicités auraient encore suscitées de belles levées de boucliers. Mais les combattants d'hier se sont fatigués, et n'ont pas pensé à passer vraiment le témoin. Moralité, plus personne ne semble très surpris de ce genre de message. On est blasés ou indifférents... Et, pendant ce temps, la société libéraliste s'affirme encore et toujours un peu plus, avec ses messages réactionnaires et ses idées pénibles...

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14 août 2009

De l'art de chier joyeusement sur la planète...

Lorsqu'on entre en résistance contre la société de consommation, on a deux choix très clairs qui se posent à nous. Soit on s'extrait complètement de cette société, on en crée une nouvelle, plus petite, sous forme de communauté, et on tend vers un mode de vie autre. On va devoir donc trouver tout un tas de filières capables de pallier certaines exigences : filières bio, électricité propre, véhicules non polluants, vêtements respectueux de l'environnement, refus du portable... Mais, même si notre modèle est conforme à notre conscience, on s'est tout de même retiré du monde dominant, et en cela, il sera beaucoup plus difficile de le combattre.

La deuxième solution est plus confortable, puisqu'elle consiste à rester au sein du monde ultra-libéraliste, et à le combattre avec ses propres armes. Mais alors, il faut accepter des compromis avec sa conscience et choisir ses combats en en mettant d'autres de côté pour s'en occuper plus tard. Ainsi, par exemple, le fait même d'écrire ce post cautionne, pour l'instant, l'utilisation du nucléaire pour me fournir de l'électricité. J'ai beau être un farouche opposant du nucléaire, je suis obligé de reconnaître que des décisions politiques françaises prises au moment où je naissais ont cloisonné des choix et ont bloqué, à la base, toute opposition. Même si je le pouvais, il me serait impossible, aujourd'hui, d'éteindre toutes les centrales d'un seul coup, puisque, non seulement, je créerais un chaos incroyable qui mettrait en danger des populations, mais, en plus, ces saloperies atomiques continueraient à tourner un sacré moment, puisqu'on ne peut pas arrêter une fission nucléaire en appuyant sur un simple bouton...

J'adore le voyage. J'estime que c'est une véritable école de vie qui nous permet d'échanger et de mieux appréhender notre société. Malheureusement, certains voyages sont impossibles à faire sans pollution. Aussi, comme beaucoup, j'utilise l'avion, un des moyens les plus polluants créé sur cette planète (soyons clairs, le lancement dans l'espace d'un quelconque bidule est bien plus polluant, puisqu'il faut atteindre la vitesse de 11km/seconde pour s'arracher de l'attraction terrestre, ce qui nous donne une bonne consommation de carburant...). Pour l'instant, je m'arrange avec ma conscience et, ça fait chier, mais je ferme les yeux. D'aucun pourront appeler cela de la lâcheté. Ils n'auront pas tort. Alors, j'essaye, à mon niveau de dénoncer quelques trucs qui m'énervent, en espérant que ça fasse avancer tout de même un peu les choses.

Voici, intercepté sur le net, une petite campagne pour Air France, censé nous encourager à utiliser l'avion encore plus.

EBFR_336x280_AF_300409Que voit-on ? Sur un fond de jolies couleurs pastelles et de formes tout en rondeur, qui suggèrent clairement la douceur, des mains de femme fabriquent une sorte de collier de perles avec la terre.

Rien d'agressif donc dans cette campagne. Tout est doux, tendre, et montre qu'on peut jouer tranquillement avec notre planète, sans autre conséquence que de créer de l'art et de la beauté.

Mais, et c'est là que le message devient parfaitement ambigu, cette femme n'est-elle pas en train d'enfiler la planète ? De plus, on notera le nombre de Terre. Il y en a quatre en tout, soit le nombre moyen de planètes qu'il faudrait par habitant de l'occident pour continuer à lui fournir les ressources nécessaires à son train de vie incroyable.

Une fois de plus, sous la fallacieuse façade artistique de la publicité, se cachent des messages bien plus agressifs et réactionnaires qu'il n'y paraît au premier abord. Et, une fois de plus, une envie de couvrir de goudron et de plumes les responsables de cette campagne me saisit...

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11 mars 2009

Un ptit zeste de vulgarité, juste en passant...

Nice est une ville merveilleuse. Si vous organisez une manifestation et que vous disposez d'un bon budget publicité, vous pouvez bénéficier d'une somptueuse couverture médiatique avec de très jolies affiches d'un goût sûr et délicat. Jugez plutôt, avec cette campagne pour la Foire de Nice, genre de foire fourre tout où on peut acheter et visiter un peu tout et n'importe quoi...

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Voilà. C'est simple, c'est frais et c'est drôle. Le public de TF1 adore déjà. Et faisons fi des pisse-froids qui vont encore y voir une chosification des corps, ou encore un cynisme publicitaire qui, une fois de plus, affirme, en cadrant les poitrines et en coupant les têtes, qu'il n'est absolument pas intéressé par notre cerveau, notre réflexion ou encore notre culture...

Bon, il faut absolument que j'aille faire réchauffer mon chaudron à goudron... Et pendant que ça bout doucement (il ne faudrait pas que ça attache au fond...), je vais aller me capturer des pigeons pour renflouer mon stock de plumes... Dès que c'est prêt, j'irai sonner en bas de chez le créatif responsable de ce machin...

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29 novembre 2008

De l'art de faire une jolie campagne jumelée.

Tandis que le milieu des enseignants tente, comme il peut, de se mobiliser pour faire prendre conscience que les princes actuels qui nous gouvernent ont entrepris, depuis un moment une véritable destruction de l'éducation publique, on voit une recrudescence d'entreprises privées qui tentent de se tailler une part du lion. C'est ainsi que, la semaine dernière, semaine de grève et de mobilisation de l'Education Nationale, on a vu fleurir, dans nos abris bus, cette jolie et charmante affiche de la part de nos amis d'Acadomia...

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Que voit-on sur cette merveille d'intelligence et de bon goût ? Notons d'abord qu'on s'adresse uniquement à un type de population : une population urbaine, parisienne (vous noterez l'immeuble Haussmanien à l'arrière-plan) et blanche. Le signe de la réussite (qui semble si proche) est marquée par une jeune femme qui porte des lunettes (la réussite est donc quelque chose d'intellectuel... Faisons fi des métiers manuels, faits pour les "pue la sueur") et par une voiture plutôt urbaine. On peut aussi s'intéresser au triangle arc-en-ciel, qui flotte dans les cieux, juste au dessus du bâtiment d'Acadomia et qui n'est pas sans évoquer la représentation symbolique traditionnelle de Dieu (les trois segments évoquant le Père, le Fils et le Saint-Esprit). La couleur dominante reste bien entendu, dans cette affiche, le blanc, qui évoque clairement la pureté et la virginité... Le travail, la réussite, la famille, Dieu... Que du lourd au bon parfum d'antan sur cette affiche...

Face au chaos du service public, réfugions-nous dans les fantastiques valeurs du privé qui, comme chacun le sait, glorifie les valeurs humanistes et philanthropiques de ce monde, alors que le public n'est qu'un ramassis de branleurs gauchistes...

Quant à moi, je vais tenter de retrouver les responsables de cette campagne afin de les tondre. Juste par méchanceté... ça va me détendre...

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05 novembre 2008

Voyage au (mystérieux) pays des femmes

ça a dû se passer en 1992, lorsqu'un décérébré publicitaire a refermé le premier livre qu'il avait enfin réussi à lire jusqu'au bout (je parle d'un vrai livre, avec aucune d'image, que du texte, et tout et tout, sinon, ses albums de coloriages qu'il avait fait enfant auraient compté...). Ce joyau de la littérature contemporaine, écrit par John Gray, s'appelait "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus", ou un titre à la con comme ça.

[Parenthèse à l'attention de nos lecteurs qui ne se seraient pas gargarisés à la lecture de ce monument d'intelligence, voici un petit résumé. En gros, John Gray, étasunien de son état, s'était aperçu, à la puberté, que tout le monde n'avait pas de petit robinet, contrairement à ce que ses petits camarades de l'internat lui avait fait croire (les petits polissons !). Il faut dire qu'il était né à Huston, au Texas, et que les multiples mariages consanguins et autres reproductions avec des bêtes à cornes, avaient quelque peu amoindri l'intelligence du garçon. Toujours est-il qu'il découvrit, un jour, donc, qu'il existait deux sexes. Subjugué par cette première découverte fondamentale, il approfondit la chose et se rendit compte qu'il existait, dans le monde, des hommes et des femmes... Sacré John... Impressionné par cette révolution, il fit le relevé des différences : il comprit très vite que si les femmes aimaient par dessus tout repasser et faire à manger, c'est parce que c'était dans leurs gènes. Inversement, l'homme a plutôt des gènes de pilotes d'avion, de conducteurs de machine-outil et de fabricant de catapulte. Partant de là, il comprit pourquoi c'était toujours le bordel dans les couples : c'est parce que l'homme et la femme étaient différents ! Sa fabuleuse découverte révolutionna le monde gay et lesbien, puisque les homosexuels, grâce à John, comprirent pourquoi ils s'entendaient si bien entre eux et pourquoi ils ne se séparaient ni ne s'engueulaient jamais. Fermons cette judicieuse parenthèse]

Notre ami le Créatif referma le bouquin, donc, d'un seul coup, et ça fit un petit bruit discret, genre "ploc", parce que c'était une édition de poche. Il se rendit dare dare chez le chef des créatifs et lui tint à peu près ce langage : "Mon doux Seigneur (il faut dire qu'on est servile et lèche-cul dans ces professions créatives), j'ai lu un ouvrage limpide, débordant d'intelligence et d'éloquence. Voilà chef, en fait, la femme est une pute qui aime élever ses enfants et faire la cuisine !". Et il tendit le dit-ouvrage à son chef, qui appuya immédiatement sur un bouton secret, dissimulé sous le bureau. Deux gardes armés d'une hallebarde qu'ils venaient tout juste d'aiguiser pénétrèrent dans l'antre du chef, qui leur ordonna derechef (logique pour un chef !) de jeter ce gros con dans une oubliette avec de l'eau croupie au fond et des rats affamés. Ce qui fut fait. Il faut dire que le chef s'appelait Josiane, et qu'elle ne goûtait guère à cet humour imbécile. Bon...

Malheureusement, l'idée du gros con avait tout de même fait résonner la fibre créative de ses petits camarades. Aussi, depuis et régulièrement, l'image d'une pute offerte en affiche de 4 mètres x 3 ou dans nos abri-bus, n'est plus quelque chose qu'on conteste.

PHOT0040Ainsi donc, voici un premier exemple. Admirez, mesdames messieurs la posture offerte de cette femme, qui n'a pas oublié, en passant, de porter un petit maillot à lacets, bien en valeur sur sa poitrine, petit maillot qui ne demande qu'à être ôté. Notez aussi, mesdames messieurs le subtil regard où brûle un désir intense. N'y cherchez, en revanche, aucune espèce d'intelligence. On ne peut pas être belle et intelligente à la fois.

J'exagère ? Et pourtant... Cette magnifique affiche n'est que le hors d'oeuvre... Photo suivante... PHOT0063

Voioioioilllàààà... Alors maintenant, on est dans la véritable représentation de la prostitution. La femme attend au bord d'une route et met en valeur sa poitrine qu'on nous dit "généreuse". Notez son dénuement. Notez aussi son port de corps qui rappelle étrangement le précédent.

Allez, continuons ce joli voyage sur l'image de la femme avec cette troisième publicité...

PHOT0006

Bon, là, on n'est plus du tout dans la subtilité. La femme est réduite à un seul élément de corps, qui, lui-même, est marchandisé et se vend très clairement. Ici, notez la subtile note humoristique (où ça ? vont me dire les plus attentifs d'entre vous... Deux secondes... J'arrive...) puisqu'on illustre, au pied de la lettre, la fameuse expression populaire "Elle déchire". Effectivement, ici, la femme est bien réduite à sa plus simple expression, à savoir un objet de plaisir pour hommes...

Je ne suis pas un père la pudeur, loin de là, mais je reste toujours intimement persuadé que la publicité, à force de véhiculer des images toujours plus réactionnaires à l'égard des individus, ne fait qu'entretenir et conforter les gens dans leurs peur et dans leurs clichés.

Cela dit, j'aimerais bien qu'un publicitaire digne de ce nom me prouve le contraire. Mais autant le prévenir... S'il ne me convainc pas, il ira lui aussi rejoindre l'autre crétin dans une oubliette pleine de rats... J'ai fait installer la même que Josiane dans mon salon. Sinon, j'ai aussi une fosse à requin, au cas où l'oubliette à rats est pleine... Il faut toujours être prévoyant...

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03 novembre 2008

Voyage au pays des idiotes

Le monde se divise en deux catégories... Rappelons-nous de cet adage simple qui permet rapidement de comprendre les notions les plus absconses, les plus incroyables, les plus étonnantes. Ainsi en est-il de la nouvelle campagne pour le géant étasunien de la bouffe pré-digérée. Chez Mac Do, il y a donc deux catégories de personnes : les consommateurs et les futurs consommateurs.

En ces temps délicats où le pouvoir d'achat part en sucette géante, nos amis de la restauration rapide se sont dit qu'il ne suffisait plus d'offrir aux fins gastronomes français que nous sommes, une semelle de viande à chier trop cuite engoncée entre deux pains de mie bourratif, le tout arrosé de soda spécial adipeux. Alors, voilà le temps du jeu-concours, où il suffit d'avoir un cerveau reptilien et un pouce préhenseur, afin de soulever une vague languette qui nous couvre de prix tous plus mirifiques les uns que les autres. Et afin d'appâter le chaland, la campagne qui orne les parois de nos abris-bus donne ceci :

PHOT0009

Que voit-on ? Deux jeunes filles, pratiquement jumelles, dans un intérieur chaud et cossu, aux boiseries généreuses, sont avachies dans un canapé et regardent, absorbées, une boite de hamburger qui diffuse de la lumière. Le slogan intervient alors : grâce au jeu concours, cette simple boite peut se transformer un lecteur de DVD.

Quelle analyse tirer de cette affiche ? D'abord que la femme en général est une imbécile puisqu'elle est incapable de faire la différence entre une boite en carton et un lecteur DVD. Et pour mieux faire comprendre son message, nos amis publicitaires nous montrent deux femmes qui ont la même réaction. Un simple exemple pour tirer une belle généralité. C'est toujours bon à rappeler, parce qu'on aurait tendance à l'oublier...

La deuxième analyse est, à mon sens plus intéressante, puisqu'elle montre à quel point l'image télévisuelle nous fait perdre notre individualité et notre esprit critique : elle fait de nous de simples clones interchangeables prêts à consommer n'importe quoi, à partir du moment où ça nous rapporte un quelconque bien matériel. On est parfaitement dans l'illustration qu'avait énoncé en 2004 Patrick Le Lay, PDG de TF1, la jolie chaîne privée :

« (...) pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible »

Apparaît alors soudain le cynisme impressionnant de la nouvelle campagne de MC Do. Sous couvert d'humour (discutable), ces affiches insultantes nous donnent une réelle vision du libéralisme, avec sa vision ultra-conservatriceultra-conservatrice de la société, où l'homme et la femme sont loins d'être égalitaires et où chaque humain n'est qu'une carte de crédit ambulante, qu'on doit presser comme un citron.

Et soudain, j'ai envie de me revoir le dernier film de Patrick Deweare, Paradis pour tous, d'Alain Jessua (1982), où une nouvelle technique pour combattre la dépression rend les êtres humains affreusement calmes et complètement accros de publicité télévisuelle... Un rêve... Et dire qu'à l'époque, on trouvait que Jessua avait forcé le trait...

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04 août 2008

De l'art de l'ambiguïté

Il existe des adjectifs qui transforment immédiatement le sens premier de tout mot auxquels ils sont accolés. On peut, par exemple, citer l'adjectif "militaire". Comparons "musique" / "musique militaire" ; "intelligence" / "intelligence militaire"... Il en est de même avec la publicité...

Il est toujours frappant de constater qu'une idée, aussi jolie qu'elle puisse être, est systématiquement dénaturée par la publicité et tout ce qu'elle peut sous-entendre.

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Voilà donc une campagne pour la SNCF. Que voit-on ? Une jeune femme dort, avec comme couverture un tapis d'herbe. Son matelas est le sable. Elle semble calme, détendue. Elle est chez elle, alors même qu'elle est loin de son domicile, comme nous le rappelle le slogan. Voilà une jolie idée, poétique finalement...

Oui, mais là où le bât blesse, c'est que cette image est faite non pour être admirée en tant que telle, mais plutôt pour nous vendre un produit. Et en cela, elle transmet une idée plus gênante à mes yeux.

Bien sûr, nos amis publicitaires ont voulu user d'une comparaison : les trains couchettes sont aussi confortables que si on était sur une douce plage avec de l'herbe toute gentille comme couverture. Malheureusement, on nous montre aussi qu'on est partout chez soi, grâce à la SNCF, qui peut nous amener là où on le souhaite, y compris dans des endroits improbables (comme cette plage), et que, finalement, la nature est à NOTRE service exclusif, et qu'on peut entièrement s'en servir à notre guise, y compris se coucher dessus, ou dedans, quelles que soient les conséquences. Et ce deuxième sens apparaît uniquement lorsqu'on montre le produit, à savoir le transporteur...

J'aimerais que, comme moi, nos amis publicitaires prennent juste un zeste de vacances.... Moi, je m'en vais jusqu'au 19 août. Je file voir des festivals de rock du côté de la Bretagne. Je prends aussi mon appareil et de quoi écrire. Histoire de... Prenez soin de vous en m'attendant...

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20 juillet 2008

De l'art d'aimer les substances psychotropes

Vous connaissez depuis toujours mon aversion contre nos amis publicitaires qui sont à la création ce que la boucle d'oreille est au boa constricteur. Mais, depuis peu, j'ai découvert un aspect encore inconnu de tous jusqu'alors et qui m'est apparu il y a un mois. Voilà... J'ose à peine le dire, mais, il faut que vous vous rendiez à la raison... Donc, (Seigneur, pardonnez-moi cette révélation qui va plonger dans un instant vos ouailles dans la plus profonde perplexité et faire éclater cette jolie bulle d'innocence que vous leur avez attribueé dans votre Infinie Grandeur, mais, que voulez-vous, vous connaissez mon combat sans fin pour la Vérité...) il faut que vous sachiez que nos amis publicitaires sont des drogués ! Voilà, c'est dit, et vous ne pourrez pas dire que je ne vous aurais pas prévenus... La preuve en image :

PHOT0039

Que voit-on ? Cette grande affiche nous vante les mérites d'une brique de lait Bio qui s'appelle sobrement OUI (mais où vont-ils chercher tout ça ? Je suis impressionné par l'originalité d'un tel nom !). Nous sommes en pleine campagne bien verte. Et notre oeil, après avoir noté la blancheur du dit produit, est irrésistiblement attiré par les jolies fleurs rouges qui forment un beau OUI, qui est là pour nous rappeler le produit... Sauf qu'on notera avec sagacité qu'il s'agit de coquelicot, et que cette fleur superbe est de la famille du pavot !

"On appelle pavots toutes les papavéracées du genre Papaver, regroupant plusieurs espèces allant du coquelicot (Papaver rhoeas) au pavot à opium (Papaver somniferum)" nous indique l'excellent site Wikipédia.

Alors, doit-on déduire que cette affiche n'est autre qu'un appel à la fumette ? A moins qu'on nous annonce royalement que la consommation de ce lait nous amènera à avoir moult hallucinations du même genre que celle proposée sur l'affiche ?

Mais je sens poindre sur vos lèvres purpurines de malicieux sourires en coin. Vous vous dîtes que j'invente, une fois de plus, et que, là, justement, mon analyse est fumeuse (!)...

Alors, les amis, je vous sors la grosse artillerie, parce que vous l'avez méritée. La nouvelle question est la suivante : comment analyseriez-vous cette invitation de Coca-Cola écrite sur leur étiquette, en blanc sur fond jaune, afin qu'on aille très vite sur leur site ?

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Tous des drogués aux cheveux hirsutes, graisseux et longs avec des chemises à jabots, ces publicitaires, je vous dis... Sur ce, je vous laisse, je file rejoindre le Papy Suprème à Sydney, avec tous ses amis des JMJ... Comment ? ça a déjà commencé ? Merde... On ne m'avait pas prévenu...

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13 juillet 2008

De l'art de rire un peu...

En publicité, le packaging (ou l'art d'emballer une merde pour la rendre plus jolie) est élevé au rang de l'Art... La vente flash est une invention géniale qui nous invite à nous jeter sur n'importe quoi, le plus rapidement possible, sans faire preuve d'aucun dicernement. Dans Zombie, de Georges Romero, les morts-vivants sont tout à fait l'illustration de l'état de décomposition dans lequel voudrait nous mettre le libéralisme... L'anéantissement de la réflexion amène à l'achat compulsif et impulsif... La preuve en image avec une vente flash trouvée sur FNAC.COM, l'hypermarché de la culture, qui veut nous faire croire à sa grandeur d'âme...

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C'est certain qu'une telle solde, ça ne se refuse pas les amis... D'autant que la même promotion délirante est proposée pour l'opus 2... Vite, précipitons-nous joyeusement... Roulons-nous dans ces soldes incroyables...

Posté par esteban à 13:36 - la publicité est ton amie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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