15 juillet 2007
Destructuration
Je me heurte à tes empreintes sur les murs de mes silences
Tout est devenu gigantesque
Tu es l'ancre qui, à chaque heure, coule sur mes épidermes
Tu es l'encre qui me relit aux mondes
Je n'ai de toi que mes images
Mon esprit soudain bourdonne et s'amoindrit
S'atrophie,
Je ne sais où tourner mes paupières, j'ignore où tu es
Nos meubles s'engourdissent, nos rythmes s'effondrent,
Les langages m'indiffèrent,
Le tien est absent.
Tenir un peu plus tout au long des horloges qui, cruelles, se sont tues.
15 mai 2007
Persistance rétinienne
Que subsistera-t-il demain de nos combats
de nos coups de gueule, de nos coups de foudre,
de nos raisons de vivre, de nos raisonnements,
de nos trains en vadrouille
de nos départs en fanfare
de nos bières sirotées, à une table en été,
de nos tiroirs à souvenirs
de nos armoires à secrets
de nos instants tânés, de nos photos râtés,
de nos gorges d'esclaves, de nos mygales internes ?
Et toi ? Où seras-tu ?
12 mars 2007
Amnésie en suspens
L'escalier aux marches aboyantes s'entortille, à la manière des ronces, sur chacune de mes veines.
Descentes irrémédiables dans mes marais impérieux,
Où reposent les ossements de mes envies éteintes.
Ton absence hurlante s'écrase dans un murmure,
Bondit,
Rugit,
Griffe,
Se rebiffe.
J'envisage tes étreintes,
Je revis mes ébats.
Larmes sur les aiguilles ralenties de cette horloge
Venimeuse
Qui transforme mes instants en minutes,
Mes secondes en journées,
Mes saisons en années.
Sais-tu seulement
Où me trouver
Si je m'égare
Dans mes méandres ?
Pourras-tu encore me parcourir ?
28 janvier 2007
19h00, au coeur d'un hiver
Et tandis que la cloche
égraine les heures écoulées
Tandis que les voix
se font plus feutrées
Tandis que les angles
s'arrondissent sans mesure
Tandis que les murs
se font plus ténus
Tandis que s'ébrouent
les êtres et les bêtes ténébreuses
Tandis que s'échouent
les barques sur les quais
Tandis que les muses
s'emparent des cerveaux
Tandis que la nuit
caresse mes atomes interlopes
Je m'invente tes formes éthérées, qui s'enroulent sur mes hanches, qui embrassent ma nuque, qui se serrent, qui se lient, qui m'accueillent.
01 janvier 2007
Résolutions de début d'année
Toujours avancer, toujours progresser. Voilà ce que nous raconte cette calligraphie.
PS : Je fais une petite pause. Je reviens d'ici une dizaine de jours au maximum. D'ici là, soyez sages, prenez soin de vous. Et n'oubliez jamais de vous offrir un petit plaisir par jour. Au minimum !
29 décembre 2006
Rebondir
Jamais facile lorsque le mot FIN s'affiche sur l'écran. Fin du film, fin de l'histoire, fin de cette rencontre, de ces moments qu'on a partagés avec des héros et des héroïnes qui nous ont faits vibrer.
Jamais évident de tourner la dernière page d'un livre. Fin de l'intimité qu'on a eu, fin des mots qui nous ont bercés, fin des phrases qui nous ont réchauffés.
Jamais aisé de commencer à nouveau, d'entamer, de négocier un tournant, d'accepter de changer.
On reprend ses affaires, on se souvient, on gomme les mauvais passages, on enjolive les meilleurs, on se dit que la vie continue, malgré tout, qu'on a aimé, passionnément, ce qu'on a échangé.
Notre baluchon personnel est toujours un peu plus lourd, ou plus étoffé, suivant les points de vue, mais on l'accepte, parce que c'est comme ça que ça doit être.
Fin d'année, fin de vacances, fin de boulot, fin de stage, fin de vie, fin d'écriture, fin de collaboration, fin de projet...
Et puis, un matin, le soleil se lève à nouveau.
Bienvenu en 2007...
(Décembre 05, Cork, God Is An Astronaut)
20 septembre 2006
L'affront
S'affronter,
Se retrouver seul, face à soi-même, et accepter la confrontation avec ses propres contradictions, parce qu'il n'y a guère d'autres choix possibles, parce que c'est la seule chose viable à un moment donné.
Se lover au fond de ses draps et refuser l'anesthésie, parce qu'il faut en passer par là.
Marcher parce qu'il faut rester debout, malgré tout.
Dompter ce qu'on pensait domestiqué, apprivoiser ce qui ne peut l'être tout à fait, se frotter à son ennemi intérieur.
Laisser le temps s'écouler, ne pas le forcer, l'écouter s'égoutter.
S'ébrouer sans hâte.
Lécher ses plaies, cautériser ses larmes,
Face au crépuscule,
Passer ses ténèbres,
Pour revenir à ses propres aurores.
22 juillet 2006
Loin
M'enfuir
Avaler des kilomètres
Pencher la tête par la vitre
Et dévorer le vent
Laver mes yeux de nouveaux paysages
Ployer mon corps sur des sommets
M'engouffrer dans des près
Attendre la nuit sans hâte aucune
Affronter le chaos
Onduler le long de frontières
Aller au bout du bout du monde
Et parvenir à échanger mes jours noirs pour tes nuits blanches
21 juillet 2006
Notes éphémères
Et tandis que je te suis
Tandis que les marches s'écoulent une à une
Mes pensées s'égrainent et
Mon esprit se pose
Dans la coupe de ta nuque
Tes mots deviennent secondaires
Reste leur mélodie
Te rêver un peu plus encore
Se perdre dans tes sentiers intimes
Plus rien ne peut m'atteindre
Hormis la pulsation à ton poignet
Nos silences intérieurs
S'ébrouent sans hâte
Et chacun découvre les Ailleurs réciproques
Mais déjà les minutes s'épuisent et se meurent
La réalité s'empare de nos raisons
Imminence du retour


