17 avril 2008
Petite histoire
Mai 2006. J'ai eu la chance de travailler pendant dix jours au festival de Cannes. Je n'étais pas accrédité pour la sélection officielle, mais je m'en foutais. J'avais accès à la Semaine de la Critique, à Ecran Junior et surtout, à la Quinzaine des Réalisateurs qui est, à mon avis, avec la sélection Un Certain Regard, un lieu où on trouve une véritable création.
Et, avant chaque film, on avait un très beau générique, le générique de la Quinzaine, composé d'images de films qui avaient été sélectionnés, le tout sur un petit air de piano tout simple : Ré mineur, La mineur, Fa majeur, Sol 7. Je l'ai enregistré comme j'ai pu, et on entend même ma voix et celle d'une collègue au début. Un enregistrement collector, quoi...
quinzaine_des_réalisateurs_musique
01 juillet 2007
Et maintenant, musique, Maestro !
Voilà l'été. C'est la saison des tongues, de l'huile solaire, des magazines décérébrés remplis de tests idiots et de grilles de Sudoku. Les pages des journaux se vident à mesure que les plages de la Côte se remplissent. L'actualité n'intéresse plus grand monde en vérité. C'est le temps, pour les princes qui nous gouvernent, de faire passer n'importe quelle loi, ou de renvoyer dans leur pays tous les indésirables, même s'ils sont atteints d'une maladie, qu'on ne peut soigner que de notre côté du monde. Pendant deux mois, les guerres paraissent moins meurtrières, les attentats moins dévastateurs, les tueurs armés moins sanglants. Reposons-nous. De toutes façons, on peut bien faire une pause pendant deux mois, il sera toujours temps de reprendre le combat. Parce que, c'est promis, juré, craché, dans deux mois, on s'y met, à la révolution ! Ah ! Ils peuvent bien se tenir, les conservateurs de tout poil. Tremblez dans vos bottes, bandes de privilégiés ! Dans deux mois, vos têtes seront plantées en haut de piques.
Voilà l'été, et c'est le temps des festivals, qui poussent comme les champignons. Bien sûr, il y a les gros, les huilés, ceux qui aspirent le public et qui focalisent les médias. Heureusement, il en existe aussi tout un tas, à part, bourrés d'envies et de talents. C'était le cas, avec la première édition des Nuits Carrées, à Antibes.
Les Nuits Carrées, c'étaient deux soirées, avec du théâtre et de la musique, en plein air, dans un amphithéâtre. La mer à droite, les trains qui passaient en fond, une acoustique excellente et une ambiance très douce.
Hier soir, donc, programmation musicale délicieuse. Avec d'abord The Human E.T., jeune groupe de rock, plutôt sympathique suivi de l'excellentissime Sashird Lao, un trio jazz, groove et world, constitué de voix somptueuses. Et puis, Nosfell est arrivé...
Véritable laboratoire musical, Nosfell, accompagné d'un violoncelliste et d'un batteur, joue perpétuellement avec sa voix, et son corps. Grand, fin et musclé, il déploie toute sa silhouette dans une mise en scène sobre et belle. On retrouve des accents jazz, des accents rocks et des accents expérimentaux, dans ses chansons, qui sont de véritables tours de Babels à elles toutes seules, d'autant que, beaucoup d'entre elles sont dans une langue inconnue et inventée par l'artiste. Et, entre deux chansons, Nosfell nous balade tout au long d'un grand conte surréaliste, qu'il semble à la fois maîtriser et inventer, et qui parle d'un arbre, avec un grand oeil, dans une île lointaine d'un pays imaginaire... En tout cas, c'était comme ça hier soir...
Comme si ça ne suffisait pas, l'organisation était parfaite : buvette tenue par le Secours Populaire avec des prix tout doux (2 euros le sandwich, la quiche, la salade ou la tite tajine / 1,50 la bière...), toilettes écologiques (avec une bonne odeur de sciure de bois), documentations sur le recyclage, sécurité discrète, accueillante et souriante. Et tout ça, mesdames et messieurs, pour 8 euros ! Si c'est pas démocratique !
Sinon, hier soir, on avait aussi, à Nice, un certain Polnareff, Michel de son prénom. Mais là, ça valait 90 euros... C'était un autre genre...
03 juin 2007
God is an astronaut. Le live.
Petits flash-back.
Un saut à Cork, le 21 octobre 2006, pour un clip filmé et réalisé avec des amis à moi.
http://www.youtube.com/watch?v=Odc8iD9292U&mode=related&search=
Ensuite, un crochet à Dublin pour un live le 27 avril de cette année. Filmé, cette fois par des pros. Bon, on voit la différence... C'est sûr... Pour la première fois, en tout cas, j'étais là en simple spectateur. Un pur délice à savourer.
http://www.youtube.com/watch?v=BDoZFkh32lM
07 mars 2007
Sortir ce soir
Le crépuscule arrive et se penche sur nos cerveaux embrumés. La nuit s'est infiltrée dans nos vies, dans nos pupilles, on se demande comment peupler notre temps et les solutions de facilités apparaissent... Un p'tit DVD ce soir ? Oui, tiens, pourquoi pas... Soir après soir, on arpente les vidéo clubs à la recherche de la perle rare qu'on n'a pas encore vue. Soir après soir, on repart déçu, avec, tout de même à la main, un pauvre film dont on espère qu'il élèvera nos âmes, au moins de quelques centimètres.
Et voilà que les soirées s'accumulent. Les films s'empillent, s'entassent dans nos mémoires, sans qu'on en retienne vraiment un seul. On garde de vagues synopsis, de pauvres scénarios, des débauches d'effets tellement spéciaux qu'ils en deviennent communs et surtout des acteurs de plus en plus interchangeables.
Aller voir ailleurs, se sentir vivant, assister à quelque chose d'unique...
C'était hier, au Volume, à Nice, et ça fait de bien d'aller à la rencontre de nos contemporains, d'accepter d'être curieux. Une dizaine de groupes, en live. La bière était délicieuse. Furieuse impression de posséder un coeur battant, palpitant. Et de la musique comme j'aime. Parmi eux, le groupe Astrolab, à découvrir d'urgence, même s'ils n'ont encore rien sorti :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=107837751
Et pour vous récompenser de votre écoute attentive, voici une bande-annonce plutôt bien vue :
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=2013044457
13 novembre 2006
L'album de la semaine
Dois-je encore présenter ce site fabuleux de téléchargement légal, gratuit et illimité ?
Sur Jamendo, en tout cas, on peux trouver cet album des Boules de Feu.
Album festif par excellence, "Tête à couacs" est une fanfare qui reprend des morceaux qu'on connaît tous plus ou moins. "J'ai deux amours", "Tequila" ou encore "Mon amant de Saint-Jean" viennent hanter nos oreilles avant de nous livrer, entre autre, une excellente reprise d'un générique de James Bond ("Au service secret de sa majesté", qu'on trouvait il y a quelques années sur un disque de Propellerheads dans une version nettement moins convaincante) ou une délicieuse réorchestration de La Séquence du Spectateur (Amis français trentenaires, bienvenue en Nostalgie !).
Un album qui donne une envie furieuse d'agiter son petit corps dans tous les sens, tout en dégustant une goûteuse bière belge.
A écouter d'urgence donc, et à télécharger sur le lien suivant :
http://www.jamendo.com/fr/artist/boules.de.feu/
12 novembre 2006
Le lien du jour
Un lien sur un clip, très réussi, le tout accompagnant une superbe chanson d'Archive.
http://www.youtube.com/watch?v=1mqksee_nKM
20 octobre 2006
L'album de la semaine
Et bin, voilà. C'est toujours la même chose. On se dit qu'on va chroniquer un truc qu'on aime, et on se fait avoir par le temps. On laisse traîner, des jours, qui très vite, se transforment en semaines, puis en mois... Un an que je m'étais dis qu'il fallait que je parle de Lonah et de son album. Mais voilà... C'est comme ces trucs qu'on promet de faire... Cette fameuse copie de DVD pour un pote, ces photocopies ou ces documents pour un autre... On promet, et puis une sorte de flemme molasse nous saisit.
Sans compter qu'entre l'actualité, les productions de nos amis publicitaires, et les bouquins (tenez, je n'ai toujours pas fait ma chronique sur le Da Vinci Chose... Je vais finir par croire que ça ne me motive pas tiens !), j'ai toujours des tonnes de chroniques en retard, des trucs dont je voudrais parler, et qui m'échappent...
Bon, mais là, ça y est, je corrige le tir.
Lonah, c'est une espèce de fée chantante qui a dû côtoyer Portished en son temps. Avec sa voix limpide, elle égraine une musique qu'elle qualifie elle-même de musique électro-pop-rock-hallucinée, et c'est vrai qu'il y a de ça. Il faut écouter les caresses de son piano le long de l'introduction du morceau "Crépuscule". Mais il y a autre chose...
Parce que ses chansons sont aussi des chansons aux textes superbes et précieux. Le genre de phrases que j'aimerais être capable de créer. Le type de mots que j'aimerais tant assembler. Un exemple ? "Les effacés", une de mes préférées de l'album :
Cendres sous l'incendie / Silence entre les écrits / Sous terre fils de la misère / Mémoire jamais invoquée / Nous les effacés / Les tombes perdues / Les sabres de nos gloires / Les miettes de victoire / Refusons l'oubli / Refusons l'oubli / Et nous marcherons, chargerons, nos histoires de papier (...)
N'attendez pas plus longtemps. Filez vite télécharger cet album, de manière légale et gratuite sur le lien suivant :
http://www.jamendo.com/fr/album/116/
Parce que la cerise sur le gâteau, c'est ça. C'est que Lonah est une artiste Jamendo. Le site Jamendo (http://www.jamendo.com) est un site qui rassemble des centaines d'artistes peu connus, qui ont décidé de mettre en ligne leurs créations afin que la musique circule. Jamendo, c'est aussi des infos sur les concerts de ces mêmes artistes, une jamradio (immense random de tout le site afin de découvrir des perles), une possibilité de rémunérer directement les artistes sous forme de dons, et des critiques d'albums écrites par les internautes.
Jamendo, finalement, c'est un immense pied de nez au libéralisme économique des maisons de disques. Comme quoi, résister, ça peut donner lieu à des initiatives vraiment belles et intelligentes.
18 août 2006
Ecouter autre chose...
Vous savez tout le bien que je pense de Dominique A (si vous l'ignoriez, bin, maintenant, vous êtes au courant !). Allez donc écouter "pendant que les enfants jouent" sur le site ci-dessous. C'est le site d'une petite émission extra sur france 5. ça vaut le coup, rien que de le voir seul, Dominique, qui jouent avec des boucles musicales. Et ensuite, filez écouter Françoiz Breut, avec "la certitude". C'est bien. Vraiment. Une dernière chose, la liste alphabétique part du prénom... donc D pour Dominique et F pour Françoiz ;-)
http://studio5.france5.fr/?fichesEmissions=/france5.fr/programmes/arts_culture/studio5/archives/6827574-fr.php
04 juillet 2006
Des BO sinon rien !
La musique au cinéma est bien souvent très négligée, particulièrement dans les films qu'Hollywood nous offre durant la saison estivale. Elle reste un machin d'accompagnement, avec SA chanson phare (qu'on pourra vendre en CD 2 titres). Si par malheur pour nous, on en vient quand même à acheter la bande originale d'un film, on se retrouve généralement avec 1- une compilation de titres assez décevante qu'on entend plus ou moins dans le film (y compris la chanson pourrie qu'on perçoit à peine dans un vague poste de radio dans une station-essence pendant quatre secondes, quand le héros va payer le pompiste dans sa guérite) ou bien 2- une purée pénible avec des morceaux se ressemblant tous plus ou moins et qui ont, en tout, deux mélodies distinctes...
Pourtant, et heureusement, il existe de superbes exceptions à ce que je viens d'affirmer. Il est des B.O. qui sont des personnages à part entière, et qui font corps avec l'image...
Pour ceux qui me lisent depuis longtemps, je vous avais dit tout le bien que je pense de ce film. Une tonalité libertaire, des dialogues fabuleux ("On n'est pas bien là ? Décontractés du gland ! On bandera quand on aura envie de bander !"), une caméra jolie comme tout, des acteurs impressionnants... La musique est à l'image de tout ça. Grappelli s'empare de son violon et le jazz s'empare du film. Un piano de saloon et un orgue s'en mèlent. On a envie, comme les acteurs de fredonner les mélodies. Les notes s'envolent et nous avec. Impossible de ne pas sourire à l'écoute de ce CD.
En 1984, Wim Wenders réalise un de ses plus grand films. La critique ne s'y trompe pas et le voilà Palme d'Or à Cannes. Ce film a été une révélation pour moi. J'étais ado. A l'époque, j'allais voir Rambo 2 (ah ! Stalonne et ses muscles...), Portés Disparus (avec Chuck Norris) ou encore La revanche de Freddy (qui pourrait faire quelque chose pour son acnée tout de même !). Une grosse claque ! Le cinéma pouvait m'offrir autre chose. Un vrai film, un road-movie superbe, qui nous emmène, entre autre à Paris, au coeur du Texas... La BO est magnifique. Une guitare blues joue, seule la plupart du temps. Les cordes métalliques sonnent et résonnent. 20 ans que j'écoute cette musique. Impossible de m'en lasser.
Sofia Coppola possède un véritable univers et un talent bien à elle. Trois films et déjà une vraie patte de cinéaste. Je reste fan de son deuxième film, dont le sujet est traitée d'une manière impressionnante. deux êtres se croisent dans un hôtel à Tokyo. Ils sont en attente. Une possible histoire d'amour se construit presque. Tout est dans le presque. Un vrai film contemplatif sur l'attente. Sofia Coppola supervise ses BO. Celle de Virgin Suicide (composée par AIR) est entétente et belle. Celle de Marie-Antoinette n'est pas mal du tout. Celle de Lost in translation est indispensable. Du rock (My Bloody Valentine entre autre) mais aussi de l'ambiant (Ah, le morceau de AIR...). Et un sympathique bonus caché, où Bill Murray pousse la chansonnette...
Et vous ? Quelles sont les BO qui vous semblent belles ?





