Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

17 mai 2009

De l'art du consanguinage...

On nous a souvent narré, lors de nos cours d'histoire à l'école, le danger et l'horreur des rois consanguins. Je me souviens des images de ces monstres blanchâtres et baveux qui apparaissaient alors dans mon esprit enfiévré et enfantin... Jusqu'alors, je n'en avais jamais vu en vrai...

Or voilà qu'aujourd'hui pointent leur nez les élections européennes, dont tout le monde, à commencer par les médias eux-mêmes, se fout (et c'est bien dommage tout ça...). Et voilà qu'aujourd'hui, au fond de ma boite mail, je reçois de la propagande de Philippe de Villiers, qui, s'alliant au leader de Chasse, Pêche, Blaireaux et Traditions, a monté de ses petites mains bagueuses et nobles, la liste Libertas.

Armés de moult bonnes intentions, les petits troubadours et vilains du Baron ont concocté une petite merveille de visuel, afin que les gueux puissent, eux aussi, partir en croisade, par le biais d'internet, en apprenant à se servir de cet outil magique.

Je vous laisse savourer la merveille. Notez en passant le joli décor : tee-shirt de campagne jeté négligemment bien droit sur le canapé, casquette de rappeur au nom du maître, tracts en éventails au premier plan et, à gauche de Clotilde, un objet blanc indéfinissable, qui évoque, sous certains angles, une croix gammée... N'hésitez pas à déboucher deux ou trois bières avant. C'est encore plus drôle ! ça vaut son pesant de bretzel... A toi Clotilde, qui, sans nul doute, doit être la préférée du Seigneur...

http://www.malibertas.fr

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27 octobre 2008

De l'art d'occuper son week-end...

La collection a toujours été un passe-temps fascinant. Faisons fi des timbres et autres capsules de bières pour nous rabattre sur des collections disons plus encombrantes, telles que les boites de panettone (ce merveilleux gâteau italien un rien bourratif) ou les meubles rococos.

Un vrai collectionneur est d'abord, et avant tout, un passionné, intarissable sur son sujet de prédilection, et qui vous parle de son hobbies les yeux pétillants. Et tant pis si ce passe-temps ne vous intéresse pas plus que ça. Vous lui avez posé une bête question et le voilà vous déballant son tableau de chasse intégral, un peu comme ces couples qui vous montre les 3542 photos de leur dernier voyage au Mexique (avec des gros plans sur le lit et la chambre d'hôtel pour vous montrer combien c'était chouette).

Bien sûr, si on peut être collectionneur d'objets, on peut aussi l'être d'exploits, comme ces merveilleux Iron-Men (et Women, ne les oublions pas), qui prennent un malin plaisir à collectionner les souffrances en tout genre, tels des Christs modernes, et qui n'hésitent pas à courir un marathon après avoir fendu les flots sur quatre kilomètres, et avoir chevauché leur bicyclette pendant une centaine d'autres.

Dans toute collection, on trouve, souvent, un aspect kitch, une saveur laide et inimaginative. Et c'est un peu ce qu'on pouvait retrouver dans ce rassemblement dédié au tunning du côté de Collomars, près de Nice, hier et avant-hier.

Oui, je sais, je me moque, et ce n'est pas très chrétien tout ça, mais que voulez-vous... Quand on se retrouve face à la caricature, on se sent obligé de tout regarder au deuxième degré.

Petite visite, donc, au musée du mauvais goût, le temps d'un post...

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Commençons par cette merveille venue tout droit des Bouche-du Rhône, avec ses grosses baffles prête à cracher une purée de 2014 watt, genre "Ultra-tunning 4, la compil' officielle de ceux qui sont des hommes, des vrais, et qui écoute, tout fort, de la musique virile". Notez le bon goût de l'ensemble avec ce casque anti-feu et ces délicieuses petites miniatures de camions de pompiers. Le tout dans un décor bleuté qui doit clignoter à coup sûr dès que les symphonies mélodiques retentissent et que le véhicule vrombit tranquillement le long des routes.

Plaisir des yeux, ravissement de l'oreille, le machin vrombit joyeusement sur les chemin et fait fi de la crise pétrolière et de la couche d'ozone.

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Mais voilà une autre merveille, mesdames, messieurs. Notez le goût artistique prononcé de l'heureux propriétaire de ce véhicule, avec ce mirifique scorpion tout de métal, ces baffles toujours plus vibrantes, et surtout, surtout, son tube de nitro, qui vous permettra d'aller encore plus vite (ça me rappelle, au passage, l'histoire récente de cet étatsuniens crétin, qui a fixé un réacteur d'avion à sa voiture. Faut-il préciser que la dite voiture a plus ou moins décollé avant de s'écraser sur une paroi rocheuse ? Faut-il en plus préciser que l'imbécile heureux a terminé sa vie ce jour-là ?).

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Toujours dans le bon goût et la discrétion, notez, mesdames, messieurs, les délicates et raffinées couleurs qui ornent ces véhicules-ci. L'avantage, me direz-vous, c'est que si vous vous baladez en forêt, vous ne risquez pas d'avoir un chasseur idiot qui vous tire dessus.

Originalité des formes donc, et fraîcheur des coloris, ce sont les maîtres mots de ces véhicules du futur, tout droit sortis d'un cerveau malade prêt à faire mourir de dépression un caméléon adulte...

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Mais voici maintenant, devant vos yeux ébahis, le clou du spectacle. Tout est raffiné et léger. Voyez l'élégance de ces tigres blancs en peluche et à chapeau texan, les portes du véhicule de gauche qui ne sont pas sans rappeler les voitures volantes qu'on imaginait dans les années 80, la douce fourrure peluchante et moquettée rouge, qui ornerait tout à fait les murs d'une maison close, le pare-buffle du 4x4 de droite, toujours fort utile dans nos contrées niçoises, où il n'est pas rare de se faire charger par des rhinocéros en furie, ou des éléphants nains en rut. Mais, surtout, mesdames, messieurs, relevons cette ultime maestria, qui a consisté à poser, avec amour, une poupée gonflable sur la carrosserie. Humour, quand tu nous tiens...

Qui a dit que la culture n'était pas à la portée de tous ? En tout cas, un rassemblement d'adeptes de tunning, ça vaut son pesant de cacahuètes... ça fait presqu'autant envie qu'une réunion de l'UMP, avec Nini premier, notre président si bon, si grand, qui vient faire un discours...

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25 décembre 2006

Une idée de cadeau...

ça y est, Nowël est passé. Joie sur la terre. Mais il ne s'agit pas de s'endormir ! Parce que je vous signale qu'il ne vous reste que 364 jours avant Nowël 2007 ! Quoi offrir pour Nowël, c'est là toute la question !

Heureusement, je suis là ! Voilà une SUPER idée de cadeau de dernière minute :

soir_e_cauchemar

Une soirée de rêve, avec de la bombe sur scène. Une flopée d'artistes pas du tout has been, avec plein de chansons fantastiques. Regardez-moi ça, les couleurs chatoient (qui dira la beauté de ce rose bonbon et de ces astérisques colorées ?... Et ce scooter ?! Et cette femme dessus ?!) et les qualificatifs pleuvent : les tubes sont "légendaires", on aura des "surprises", nous aurons sur scène des "idoles" ainsi que la "magie des années 60"... Comment ? que dites-vous ? ça a déjà eu lieu ? ohh, la la ! Vous alors !

Bon, mais on peut se préparer pour les prochaines. Je m'explique : cette soirée arrive 40 ans plus tard... Ce qui signifie que dans dix ans, on se fera la soirée 70 (mettez de cotés vos pattes d'éf') et dans vingt ans, les années 80 (allez les filles, on se fait une permanente bien volumineuse)... Voilà donc de quoi prévoir pour Nowël 2016 et 2026 !

Merci Estebàn ! De rien, de rien...

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14 novembre 2006

De l'art de créer des choses moches

Dans sa recherche de la perpétuelle beauté, parfois l'homme bute et se fourvoie. A ces moments-là, une grâce extatique s'empare de lui, et un souffle épique le saisit. Et des monstruosités surgissent de ses mains même.

Naissent alors des oeuvres d'une abomination sans borne, et d'une saveur incroyablement laide.

C'est probablement ce qui a dû arriver à l'architecte chargé de la Divine mission de construire l'église devant laquelle je passe chaque matin et chaque soir que Dieu (dans son infinie sagesse) fait (et Dieu sait qu'il en fait, le bougre !).

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De loin, on peut encore hésiter. On oscille entre un hommage à l'herpès facial d'un adolescent mâle, une ode à la verrue plantaire, ou encore un monument commémorant le soufflé au fromage...

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De près, on comprend. Ce qui a inspiré l'architecte, c'est une bête boite d'oeuf retournée... Même pas imaginatif, le gars... J'avoue que je suis un zeste déçu...

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06 novembre 2006

Que sont-ils devenus ?

Il est des gens qui ont bercé notre enfance et notre adolescence. Je ne parle pas de nos géniteurs, ou encore de notre famille. Non. Je parle de ces gens que nous connaissions tant, et qui ne nous connaissaient pas. Qui ne soupçonnaient même pas notre existence.

Chaque jour, ces gens peuplaient la petite lucarne bleutée de notre poste de télévision, et c'était un peu la fête, à chaque fois. On pensait, à l'époque, qu'ils étaient éternels et qu'on les verraient toujours, toute notre vie, qui, d'ailleurs, nous semblait éternelle également.

Et puis, ces gens de la télévision d'un autre temps, la télé de papa, diront certains, ont fini par tirer leur révérence, et nous, ingrats que nous sommes, nous les avons oubliés, et même, oserai-je le dire, nous les avons zappés.

Pourtant, ces gens nous ont faits vibrer, ils nous ont émus, ils nous ont touchés, ils nous ont aimés. Oui, car, ils nous aimaient, tous, en bloc, en majorité. Ils n'étaient pas pingres, ces gens, ils voulaient partager leur savoir, leur connaissance du monde, leur amour du prochain. C'étaient ça, les gens de la télévision de l'époque.

Et ce que je dis s'appliquait deux fois plus pour ces immenses journalistes qu'étaient les présentateurs de journaux télévisés. Une dévotion comme on n'en fait plus, une déontologie à faire pâlir d'envie Gandhi ou Mandela.

Roger Gicquel était de ceux-là. Tout le monde l'avait gommé de son cerveau (même vous, ô lecteur ignoble de mon modeste blogue). Et pourtant... Roger... C'était... Le coeur... Voilà, oui... Le coeur... Et la grandeur d'âme, aussi. Et tandis que vous l'oubliâtes, au profit de je ne sais quelle émission de télé-réalité, Roger trimait. Il nous revient aujourd'hui dans un immense remake d'un film de George Roméro.

Imaginez... Un soleil se couche sur l'océan. C'est le crépuscule (logique, non ?). Et là, face à vous, tandis qu'une voix prononce "Si la vie n'a pas de prix... La mort en a un... Autant qu'il soit le plus juste", Roger apparaît... Et ça donne ça :

Gicquel

On me signale à l'instant qu'il s'agit d'une campagne de publicité... Bin merde alors... Moi qui croyait que Roger avait été maquillé en mort-vivant... Bin, j'ai été bien bluffé... On ne m'y reprendra plus, tiens... Mais, bon, en tout cas, je trouve cette statue de cire hyper ressemblante...

Posté par esteban à 18:46 - La laideur est ton amie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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