Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

19 novembre 2009

De l'art d'agiter du flan

Je suis bien certain, bande de vilains lecteurs, que vous n'aviez rien remarqué. Pourtant, ça s'est déroulé vendredi dernier, sous vos yeux globuleux et myopes. Mais, vous, bien sûr (oh, je vous connais), vous êtes restés dans votre aigreur suave et molasse et vous n'avez même pas réagi.

Souvenez-vous pourtant, le phénomène a commencé dès votre lever. Un nuage rosâtre vous entourait et l'air sentait la praline. Même que ça vous a évoqué l'hiver, avec son blanc manteau, et la fête foraine que vous parcouriez, enfant, avec, à la main, une pomme d'amour, suintante de sucre caramélisé...

Ensuite, rappelez-vous, vous êtes partis bosser, et là, vous avez forcément noté les contractuelles aux seins nus, en train de danser et de jeter leurs carnet de contredanses en l'air. Sur la route, pas un énervement, pas un crétin pour cramer une priorité, pas un klaxon intempestif. Tout le monde s'arrêtait bien au feu rouge et laissait passer les piétons avec le sourire. Et puis, il y avait des cascades de miel dans les caniveaux, de la guimauve le long des murs. Dans les parcs, les fleurs ondulaient au son d'une chanson waltdisneyenne (une truc qui reste bien dans la tête, genre "Ce Rêêêêêêêêve Bleueueueueue..."

Mais vous n'avez rien vu, bande de laids... Et vous ne vous êtes même pas posés la question du pourquoi de la chose. Au lieu de ça, vous avez attendu le soir pour vous coucher, après une tite tisane.

Heureusement, je suis là pour pallier à votre sottise crasse, due à une surconsommation de télévision.

D'où venait donc toutes ces merveilles vendredi dernier ? La réponse était en première page du torchon vague papier collage de dépêches AFP journal Métro : "ET SI ON OSAIT LA GENTILLESSE !" Et en sous-titre "C'est la journée mondiale de la gentillesse". Oui, ce splendide quotidien osait un duo avec Psychologie magazine (le magazine qui est à la psychologie ce que Luc Besson est au cinéma) et repoussait les frontières du délire en affirmant "promouvoir cette valeur pas si désuète".

Et en page 2 et 3, voilà ce qu'on pouvait lire dans la joie et l'amour :

"ce monde est brutal (...), la compétition remplace l'entraide, (...) l'égoïsme a supplanté l'empathie et (...) la gentillesse est devenue suspecte voire gnangnan" (la journaleuse aurait pu ajouter "la guerre c'est mal et le racisme c'est pas bien", mais elle a dû se dégonfler au dernier moment...). Et voilà que soudain, une envolée lyrique a saisi notre scribouillarde qui affirme haut et fort : "(...) il pourrait tout à fait en être autrement. ça l'a d'ailleurs été pendant des siècles." (ce qui est vrai : qui dira la douceur des marchands d'esclaves du XVIIIème siècle ? Qui chantera la tendresse des Inquisiteurs ? Qui révélera l'aspect moelleux des nazis ?...)

Et l'extase ne s'arrête pas là, puisque Métro se paye un sondage incroyable : nous apprenons que, pour 1008 blaireaux, Mimie Mathy est plébiscitée comme étant la personnalité la plus gentille (29%). Suivent ensuite d'ailleurs moult intellectuels comme Dany Boon (27%), Nicolas Hulot (16%), David Douillet (15%) ou encore Corneille  (5%) [pas le théâtreux, hein, faut pas trop leur en demander aux décérébrés d'Opinion Way qui ont dirigés ce sondage... Non, non, le chanteur...].

Vivement les prochaines journées mondiales où on se rendra compte que la femme dans le monde se fait taper sur la gueule, que le SIDA tue, que des tas de gens crèvent de faim... Merci Métro de nous livrer tant de bonheur quotidien...

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29 octobre 2009

De l'art de faire de l'écologisme de salon...

Depuis une petite poignée d'années, le discours écologique est enfin entré sur le devant de la scène politique. Il faut dire qu'aujourd'hui, il faudrait être d'une formidable mauvaise foi pour croire encore un seul instant que la planète est un bien inépuisable dont on peut disposer comme bon nous semble, sans aucune conséquence.
Il y a donc une urgence. Et petit à petit, la population mondiale, en traînant les pieds, reconnaît qu'on ne peut plus jouer à Carpe Diem...
Depuis une petite poignée d'années, le documentaire est enfin reconnu et bénéficie de plus gros moyens financiers, de sorties et de distributions nationales.
Cette année, le documentaire écolo est à la mode, puisqu'on a eu pas moins de trois gros blockbusters qui ont débarqué dans l'hexagone, à savoir Home de Yann-Arthus Bertrand, Le syndrome du Titanic de Nicolat Hulot, et de The Cove de Louie Psihoyos.

Dans les deux premiers, on nous montre, image à l'appui, que la terre souffre et que nous courons à la catastrophe en continuant ainsi. Dans The Cove, on dénonce un superbe trafic de dauphins dans une baie japonaise. Bande-annonces :

 

 

 

 

On ne peut qu'abonder dans le sens de ces trois documentaires, et à la vision de chacun des trois, on ressort écoeuré avec un vilain sentiment d'impuissance, entremêlé d'une envie de faire la révolution et/ou de foutre le feu à deux ou trois endroits...

Et pourtant, je n'arrive pas à adhérer pleinement à ces trois oeuvres. Et ce pour deux raisons principales :
- La première, c'est justement la trop grande beauté des images. Dans Home, par exemple, on se croirait, à chaque instant, dans un catalogue Nouvelles Frontières. Bien sûr, c'est un parti pris. On veut nous montrer que la Terre est belle et fragile... ça peut marcher avec certains... mais pas avec tout le monde. C'est un peu comme si je voulais faire de la prévention routière avec seulement de superbes images de routes, de voitures de collection et de familles heureuses en train de pique-niquer sur des aires d'autoroute, le tout sur de la musique qui dramatiserait mon propos...
- La seconde, ce sont les moyens qui ont servis à financer ces trois films. Deux des trois (Home et The Cove) sont des productions Europacorp, autrement dit des productions Besson. C'est le même Besson qui arrose la planète de films ineptes au discours souvent limite (légitimation de l'auto-défense, misogynie, racisme ordinaire, discours anti-flics et anti-gouvernement, valorisation de l'individu au détriment du collectif...). Quant au Syndrome du Titanic, c'est, entre autre, TF1 qui s'y colle, la même chaîne privée qui veut libérer de la place dans notre cerveau pour y vendre du Coca Cola, comme nous le disait sincèrement, voici quelques années, un de ses dirigeants. Il y a là, il me semble, une certaine ambiguïté gênante.
Car, dans ces trois cas, les productions donnent l'impression de s'acheter une conduite...

Si ces trois documentaires alarmistes sont produits et distribués, c'est peut-être parce qu'il y a des gens sincères dans ces sociétés... C'est peut-être aussi parce que ces groupes de production et de financiers savent pertinemment qu'ils ont tout à gagner et pas grand chose à perdre dans tout ça. Ces films ont le rôle du bouffon qui peut tout dire au roi, mais qui ne change guère la conduite du monarque.

Alors, bien sûr, ces films sont mieux que rien du tout. Peut-être qu'après tout, je suis blasé ou déjà convaincu et que j'attends beaucoup plus. Possible... N'empêche que les trois films évitent soigneusement de pointer le véritable ennemi, à savoir la société de consommation et le libéralisme. Mais le peuvent-ils ? Peuvent-ils réellement cracher sur la publicité et ses conséquences délétères à tout point de vue ? Mord-t-on si facilement la main de celui qui nous nourrit ? Le point le plus ennuyeux du discours écolo, c'est qu'on ne peut pas sérieusement soutenir la société de consommation, et qu'il n'y a aucune demi-mesure... Imaginer un seul instant qu'il suffira de recycler trois déchets et de mettre des ampoules basse consommation pour sauver la planète relève de la douce illusion. Mais ça, évidemment, c'est délicat à affirmer quand on est financé par la publicité (le générique de Home, où des dizaines de marques se rassemblent afin de former le mot HOME, est sur ce point très parlant !)

L'ennemi de la planète c'est avant tout ce système économique suicidaire qui ne vise qu'à l'enrichissement personnel et à la domination à court terme, quelles que soient les conséquences humaines et écologiques. Mais, c'est sûr que, dit comme ça, c'est moins émouvant qu'un dauphin qui se vide de son sang dans des filets... Et ça a moins de chances de passer au 20 heures de TF1...

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20 août 2009

De l'art de l'insistance

Avant-hier, je parlais de l'art de nos amis publicitaires qui s'accrochent aux idées majoritaires et souvent bien conservatrices afin de vendre au plus grand nombre leur drogue dure. Il faut bien reconnaître que, du côté des puissants, les moyens mis à leur disposition sont bien supérieurs à ceux mis à la disposition de la résistance et de la contradiction.

Il faut aussi intégrer le fait que résister est souvent désespérant et épuisant, surtout lorsqu'en face, on a l'impression d'avoir un interlocuteur qui est inébranlable et qui sait qu'il triomphera à plus ou moins long terme.

Pour mieux comprendre ce phénomène, il suffit de se pencher sur le portable et la télé-réalité, deux instruments d'oppression parfaitement représentatifs de la société de consommation, qui ont fini par s'imposer, alors même qu'ils avaient suscités, il y a une dizaine d'années, une forte résistance.

Le portable est un objet qui renforce notre orgueil et notre égocentrisme. En effet, il part du principe que nous pouvons/devons être joint partout et tout le temps par n'importe qui. Un portable qui sonne beaucoup est signe d'action, de mouvement et surtout un signe que nous sommes beaucoup appréciés. Un portable qui sonne fait passer au second plan tout le reste, même si cela doit mettre notre vie en danger, si on est au volant par exemple... Objet de culte, le portable est devenu un confident qui nous relie au monde par le biais d'internet, qui nous permet de photographier, de lire, de jouer à des jeux vidéos... Pourtant, au début, combien était-on à résister, à nous moquer des accrocs au portable qui hurlaient dans la rue, à comparer le portable à un objet phallique et/ou transitionnel ?... Mais les puissants ont bien vu la manne qu'il y avait, et ils ont fait appel à des publicitaires pour transformer les inconvénients du portable en avantages. Et on a fini par tous y croire aux forfaits ILLIMITÉS qui nous rendait LIBRES, alors qu'en réalité, on s'attachait un boulet au pied et on se réjouissait d'être un esclave aux ordres d'un simple objet... Tout comme Dieu, le portable est partout, et permet de tout faire ou presque, et d'avoir, enfin, après tous ces siècles, le sentiment d'être omnipotent et omniprésent... Et paradoxalement, le portable nous a rendu trouillards comme pas deux. Dès qu'on n'arrive pas à joindre quelqu'un, c'est qu'il est forcément arrivé quelque chose. Impossible de sortir de chez nous sans prendre notre portable... Au cas où... Les parents en offrent à leurs enfants pour mieux les pister. Et nous sommes toujours ravis de l'avoir au cas où nous soyons un jour coincés, en panne, dans une forêt isolée et lointaine (alors que, franchement, ça vous est arrivé souvent, vous, ce cas de figure ?... En plus, si vous regardiez un peu plus souvent des films d'horreur, vous sauriez qu'il n'y a JAMAIS de réseau quand on en a besoin au fin fond d'une forêt, justement).

La télé-réalité contient tous les éléments du libéralisme triomphant : oppression et humiliation des candidats les plus faibles au profit des meilleurs, enrichissement des puissants à grands coups de publicité et de SMS surtaxés, sélection des candidats bien pire encore que dans les grandes écoles ou les concours de la fonction publique, flicage et surveillance permanente des candidats avec des caméras partout, illusion de croire que la télé peut se mêler de tout et résoudre tous nos problèmes, banalisation de l'intimité et de la vie privée, manipulation des images à grand coup de montage... Autant d'idées que les plus humanistes d'entre nous rejettent. Lorsqu'en juin 2000 a débarqué sur nos écrans LOFT STORY, on a assisté à une véritable levée de boucliers. Qu'en est-il aujourd'hui, neuf ans plus tard ? La télé-réalité a été banalisée et a convaincu les plus acharnés d'entre nous que c'était finalement rigolo et tendance... Le message gerbant s'est gommé au profit d'un premier degré bien empaqueté et nous conforte dans cette idée que nous sommes drôlement intelligents nous, puisqu'on ne participe pas à de telles émissions, qu'on se contente de regarder des gens idiots... Sans réaliser que ce sentiment de supériorité qu'on éprouve est le même que celui des puissants à notre égard. Volontairement, une fois de plus, nous sommes devenus des esclaves...

Résister c'est arriver à garder son esprit critique. Résister, c'est aussi savoir s'entourer et passer le témoin, afin que les combats et la vigilance d'aujourd'hui soient toujours entretenus. Résister, ce n'est pas combattre des moulins. Nous sommes beaucoup plus forts que nous le croyons... Sinon, pourquoi les puissants passeraient-ils leur temps à nous endormir, à nous faire croire que c'est comme ça, et qu'on y peut rien ? Entretenir le dialogue, diffuser des idées autres à notre échelle, interroger clairement des aspirants princes sur leurs motivations, acheter et consommer autrement, s'engager au sein d'associations, voter... Tout ça est à notre portée... Ne l'oublions pas... L'amnésie est le grand fil rouge des régimes totalitaires. Et ceux qui sont avides de pouvoir sont parfaitement au courant...

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20 juin 2009

De l'art d'ouvrir les débats...

Depuis quelques années, et particulièrement depuis que Nini Premier est devenu Roi du Monde, les Princes et aspirants Princes qui nous gouvernent ont l'art de lancer des pavés dans la mare, sous le fallacieux prétexte de débattre, alors que le fond est beaucoup moins honnête, puisqu'il s'agit plutôt de préparer les esprits à des changements prévus et planifiés. On a ainsi eu droit, il y a peu, à une merveilleuse réflexion sur l'ouverture des magasins le dimanche (en employant sans vergogne l'idée de la "liberté" des travailleurs) ou encore à une superbe interrogation sur la possibilité de reculer la retraite du côté des 67 ans...

C'est un député-maire de gauche (comme quoi, la pratique de Nini contamine tout le monde) qui, soudainement, nous a pondu une résolution "tendant à la création d'une commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national".

Soyons clairs : le voile est effectivement une chosification de la femme. ça n'est pas nouveau. Dans toutes les religions, la femme n'a jamais vraiment été considérée comme un être à part entière. Il faut dire que son cerveau, nettement inférieur au notre, la dirige naturellement vers la danse, l'éducation des enfants, le maniement de l'aspirateur et l'investissement des cuisines tandis que le notre possède des neurones spéciaux, qui nous font aimer la bière, le foot, les 4x4, les gros fusils de chasse et les chips. Dans toutes les religions, donc, à plus ou moins grande échelle, on retrouve deux figures féminines omniprésentes (comme chez Luc Besson, soit dit en passant) à savoir la femme pure et vierge, mère et protectrice, et la tentatrice insupportable, qui suinte la luxure et le stupre par tous les pores.

A partir de là, les différents dogmes ont adopté, vis-à-vis de la femme, des postures qui, à peu de choses près, reviennent au même. Le voile n'est donc que l'expression d'une domination masculine parmi tant d'autres... Mais suffit-il d'ôter un voile pour accéder à une liberté pleine et entière ? Une catholique traditionaliste, une femme amish, une hindouiste sont toutes trois, me semble-t-il, soumise à l'homme, et contrainte de se plier au mariage arrangé... Mais, certes, la marque de la domination est moins visible. Est-elle pour autant moins scandaleuse ?

Parce qu'à mon avis, le vrai débat est là. Or, une fois de plus, on déplace le problème sur une minorité. Honnêtement, combien de femmes, en France, portent le voile ? Ce nombre (qui doit, je n'en doute pas un instant, avoisiner les dizaines de millions) nécessite-t-il une loi ? Ne serait-il pas plus intéressant de se pencher sur la place des femmes dans la société en général (y compris dans la religion, mais pas seulement...).

Et une fois de plus, les princes qui nous gouvernent montrent leur volonté de vouloir légiférer tout et n'importe quoi, sous le prétexte que créer une loi est synonyme d'agissement...

Lutter contre l'obscurantisme et la bêtise demande, bien sûr, un appareil législatif adapté. Mais cela demande aussi, et surtout, des moyens pour que les individus puissent s'éduquer, se cultiver et apprendre à vivre ensemble. Les Encyclopédistes du XVIIIème ne pensaient pas autrement.

Et il est toujours navrant de constater qu'aujourd'hui le spectaculaire prime sur le long terme, les idées discriminatoires et réactionnaires se métamorphosent en débats de société, et les Princes qui nous gouvernent, sous couvert de réflexion et d'ouverture, ne font que prendre des températures pour savoir si la plèbe est prête à être encore plus encadrée et policée...

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05 juin 2009

De l'art d'agiter du vent

Oui, les amis, j'avoue, j'ai pêché... Je m'étais juré que jamais plus, au grand jamais plus (oui, j'aime bien cette phrase...) je ne me faderai de débats politiques sur une quelconque chaîne de télévision... Mais, voilà, j'ai cédé à la tentation. Il faut dire qu'elle était forte. Vite, fouettons-nous en choeur à grand coups de méduses molasses (putain, ça piiiique, ce truc...). Maintenant que c'est fait, et tandis que je soigne mes boursouflures bleutées suite à ma pénitence, laissez-moi vous narrer par le détail le vil plaisir auquel je me suis adonné...

Hier soir, débat sur l'Europe sur France Télévision. Il faut tout de même dire que, bon, on est à J moins 2 de l'échéance électorale qui préoccupe les aspirants Princes. Aussi, on met les petits plats dans les grands, et on se fait un grand show. C'était donc "A vous de juger", animé (ou devrais-je dire inanimé, parce qu'à ce degré-là...) par la vilaine Arlette Chabot. Attention, entendons-nous bien, par "vilaine", je ne juge pas le physique de la donzelle (qui rappelle étrangement celui de Bernadette Chirac, en vaguement plus jeune), mais plutôt ses manières de maîtresse d'école qui ne maîtrise pas franchement son plateau, qui se gargarise de sondages imbéciles aux questions idiotes et qui, somme toute ne sait pas vraiment interroger ses invités.

On était donc dans une espèce de fosse, avec des gens autour, et deux tables, entre lesquelles madame Chabot, naviguait, engoncée dans un tailleur grisâtre. (Mais qui le responsable de ces décors à la con ? On l'a obligé ? On lui a fait quelque chose juste avant pour qu'il fabrique un truc aussi laid ?) Musique, générique, donc, et voilà notre animatrice assise à une table. Près d'elle, Martine Aubry (PS) face à Xavier Bertrand (UMP). Derrière elle, tout seul, à une autre table, Daniel Cohn-Bendit (écologiste) face à François Bayrou (Centriste). Bon, déjà, sympa pour les autres listes... Madame ne s'intéresse qu'aux grosses listes qui arriveront en tête... Et puis, petit à petit, par une sorte de tour de magie, d'autres leaders apparaissent soudainement. Voilà qu'à côté de Martine, on a Olivier Besancenot (NPA), et puis Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche)... Mais où étaient-ils jusque là ? Sous la table ? Derrière un miroir ? J'ai trouvé : un plateau à double fond ! Mais où est donc Gérard Majax ? Oh, et puis, à l'autre table, voilà le Noble De Villiers et la populiste Marine Le Pen... Sacré Arlette ! Tu nous les avais cachés ! Coquinette va !

Ensuite, tout devient brumeux et nébuleux. On s'interrompt, on mélange tout. Marine Le Pen, à qui on ne demandait rien (mais vraiment rien), s'énerve et récite sa leçon durement apprise (La France aux Français / Turquie = caca / Europe = arnaque / l'euro = pas bien...). Xavier Bertrand (Xaxa, pour les intimes), libéral parmi les libéraux, nous explique tout le bien que fait Nini Premier, notre MERVEILLEUX président (encore un peu de cirage monsieur le président ?). Dany le Rouge, tutoie joyeusement les uns et les autres (et surtout Bayrou, le centriste tout mou, qui brille tout particulièrement lorsqu'il ressort une vieille histoire de textes que Cohn-Bendit a écrit en ... 1975 !), et puis se prend la tête entre les mains, atterré, lorsque son voisin le grand dadais De Villiers tente, piteusement, de cacher son inculture chronique à grands coups d'ouvriers roumains ou chinois qui mangent le pain des français. Du côté de la gauche, on est plus consensuels, on se congratule sur les points de convergence (Unité, les gars, on vous dit !). Mais sur le fond, on parle de tout et de rien, on saute d'un sujet à un autre, on passe du traité de Lisbonne (qui constitue pour tous, j'en suis sûr, le livre de chevet intime) au verre de vin rosé (que la vilaine Europe vole à la France...).

Chabot est tout de même un peu débordée, surtout lorsque Mélanchon lui dit clairement d'aller au diable, parce qu'elle ne lui donne pas la parole...

Un grand moment de télévision, un délicieux plaisir coupable... Deux heures de show hilarant. On en ressort le sourire aux lèvres. A savourer à plusieurs, avec quelques bonnes bières. Et je vous assure que je suis ravi que ma redevance ait servi à créer cette émission...

Mais, à propos, ça portait sur quoi déjà ce débat ?

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25 mai 2009

Un peu d'utopie, que diable !

Bientôt les élections. La grande valse des princes qui nous gouvernent et des princes qui y aspirent va enfin pouvoir commencer. Chacun va y aller de son petit discours, de sa petite phrase, histoire de grignoter un zeste de pouvoir. Parce que, on dira ce qu'on veut, mais le pouvoir est une drogue dure qui grise et qui enivre, et ce n'est pas notre grand et bon Nini Premier qui affirmera le contraire... A eux donc les repas pantagruéliques, les voitures avec chauffeur, les appartements qui vont avec, les mandats en tout genre, les retraites dorées...

Et si on réglementait tout ça ? Car, loin de moi l'idée de cracher sur nos princes et futurs princes, parce que c'est trop facile, parce que je n'ai pas envie de rejeter le système en bloc, parce qu'on sait trop bien que le fameux "tous pourris" est le slogan préféré de ceux qui aiment les hommes forts et providentiels, qui prolifèrent tellement bien dans le terreau de tous les fascismes...

Et si, donc, on réglementait tout ça ? Juste pour voir...

Une première chose, à mes yeux, serait d'éviter, dans un vrai système démocratique, que quiconque puisse faire carrière en politique. Parce que c'est une aberration. Parce que le monde des princes est tout de même éloigné de celui du peuple, et, qu'à force, on l'oublie... Alors, déjà, ne faudrait-il pas empêcher tout politique de faire plus de dix ans de mandats (d'un coup, ou en cumulé, peu importe). Juste histoire de dire qu'au bout de dix ans (ce qui n'est pas négligeable), les princes aillent s'aérer, puissent faire autre chose (gardien de parking, garagiste, toiletteur pour chien, cueilleur de fraises...).

De plus, imaginons-nous notre dentiste ou notre docteur avoir trois ou quatre cabinets au quatre coins de la France ? Non, ce serait absurde ("bonjour madame, je voudrai un rendez-vous, en urgence, s'il vous plaît ?" "Bien sûr monsieur, je regarde... Le docteur est là demain matin entre 11h et 13h... Il a 140 rendez-vous... ça devrait aller..."). Alors pourquoi accepte-t-on que les princes qui nous gouvernent aient la possibilité de cumuler leurs mandats (avec les avantages, et les salaires qui vont avec...). Comment M. Estrosi (le merveilleux et extraordinaire maire de Nice et, accessoirement super pote de Nini Premier) arrive-t-il à faire correctement son travail de député, de maire de Nice, de conseiller général des Alpes-Maritimes et de président de la communauté d'agglomération Nice Côte d'Azur, tout ça en même temps...?

Et puis, tiens, pendant qu'on y est, et si on imaginait des princes qui nous gouvernent non rémunérés ? On les défraierait bien sûr, on pourrait leur filer un gentil appartement de fonction (parce que les pauvres, souvent, vivent dans des taudis insalubres avant leurs mandats, il faut bien l'avouer...), on les exonérerait d'impôts et même, tiens, on leur offrirait un vélo de fonction (avec une garde rapprochée, cela va sans dire...). Et voilà. Pas de salaires les gars... De toute façon, concrètement, que fait Nini premier de son salaire ? Que doit-il payer ? Vous n'allez tout de même pas me dire qu'on lui file, en cadeau, 3000 euros d'argent de poche par mois comme ça ? Si... Ah bon...

En attendant que ces petites idées soient appliquées, je m'en vais éplucher les programmes des futurs monarques... Alors, voyons, qui vais-je choisir... Allez, soyons fous... Et si je contactais Clotilde de Libertas, pour qu'elle me chante les louanges du Noble à grosse bagouse père de 75 enfants ?

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25 avril 2009

De l'art de laisser une grosse empreinte...

Mon cher Nini, ultra Président de tous les français, voire du monde, de la galaxie et bientôt de l'univers tout entier

ça fait longtemps que je ne t'ai pas écrit. Mais je me suis dit que je n'allais pas t'importuner pour des broutilles... Et puis, je sais que tu as du boulot, parce que, sauver le monde, mine de rien, ça prend du temps. M'enfin, tout de même, je vois le temps qui passe, et je me dis que nous n'en avons plus tant que ça, du temps avec toi. Bon, bien sûr, je me doute bien que tu as pour projet de t'incruster à l'Elysée encore pas mal de temps, mais, bon, un impondérable est si vite arrivé. Et, je songe, avec angoisse et sueurs fraîches, qu'aux prochaines élections, tu pourrais te retrouver hors circuit. Imagine qu'un gaucho aux pieds qui sentent te carotte ton titre. Ou pire, un de tes amis de droite te poignarde dans le dos, et prend ta place...

Bref, il est temps d'agir. Car, comme tu nous le rappelles si bien, tu as été élu pour agir, et non pas pour te couper les ongles au bord du bidet de ta salle de bain, pour soigner ton brushing (toujours aussi merveilleux soit dit en passant) ou pour faire des bains de boue et d'argile verte du Guatemala.

Voilà ce qui m'amène Nini. Comme tu le sais, chaque président de la Cinquième République a laissé son empreinte dans cette terre glaireuse et malléable qu'est la France. Georges Pompidou, à qui on a un brin forcé la mimine, nous a pondu le Centre Beaubourg ; Valéry Giscard d'Estaing nous a laissé les Jardins de la Villette ("et Vulcania", ajouta le bougre de sa voix chevrotante et chuintante, tout en nous assénant un air d'accordéon) ; Mitterand, lui, s'est lâché carrément, puisqu'on a eu un pack "Arche de la Défense / Grande bibliothèque / pyramide du Louvre" (dont il faut lire, pour cette dernière, l'analyse faite par le fumeux Dan Brown, dans son boursouflé DaVinci Code, à propos de ses 666 facettes...) ; quant à Chirac, il nous a construit, il y a peu, le musée des Arts Primitifs du quai Branly...

Et oui, mon Koko, dont je suis prêt à laper pompeusement les espaces interdigitaux des pieds, tu me vois venir... Que vas-tu donc nous laisser de ton passage ? Il ne te reste plus que trois ans pour envisager un Grand Travail (je ne mets pas au pluriel cette expression, sachant que tu n'as pas que ça à faire) qui marquera à jamais les générations pour les siècles et les siècles à venir.

Afin de t'aider (tu connais ma bonté légendaire à ton égard) j'ai pensé à quelques trucs. N'hésite pas à prendre des notes...

1- Une grande statue de toi, à la Staline, comme à la grande époque. Après tout, nous manquons d'idoles, et l'idée d'une telle oeuvre devant laquelle se prosterner à de quoi tous nous combler.

2- Une nouvelle et grande cinémathèque (rayez la mention inutile) Luc Besson / Christian Clavier / Jean Reno qui pourrait nous faire (re)découvrir le génie de ces trois bienfaiteurs de l'humanité du cinéma, tout en organisant de grandes et belles rétrospectives sur, par exemple, le film troupier avec Claude Zidi (dont il faut revoir l'inénarrable Les bidasses en folie), Max Pecas (dont on ne se lasse pas du fabuleux Embraye bidasse ça fume) et de Robert Lamoureux (la septième compagnie est encore dans nos coeurs) ou, encore par exemple, sur le film érotique de la mort qui tue (on pourrait programmer le sublime Good bye Emmanuelle de François Letterrier avec son incroyable exotisme torride, le croustillant et brumeux Tendres cousines du regretté et flouté David Hamilton et le titanesque et délirant Histoire d'O, de Just Jaeckin...). Mais ce ne sont là que des suggestions...

3- Un immense auditorium (rayez la mention inutile) Carla Macias / Enrico Labrunie dans lequel on pourrait accueillir la fine fleur de la chanson française (Miss Dominique / Mireille Matthieu / Didier Barbelivien / Eric Serra...) et internationale (Jon Bon Jovi / ...) et où le sublime croiserait le fer avec le délirant. On pourrait y organiser un festival Starmania, des fêtes du jus d'orange (c'est comme une fête de la bière, mais avec du jus d'orange, vu que tu ne bois pas d'alcool ! C'est moins vomitif, mais ça a du charme...),

4- Un aéroport galactique : En fait, c'est pareil qu'un aéroport international, mais ça en jette plus et ça fait plus futuriste.

5- Un nouveau Grand théâtre (rayez la mention inutile) Sim / Jean Lefebvre / Philippe Bouvard dans lequel on ferait des rétrospectives de "Au théâtre ce soir" et des reprises de "Laisse faire Nini" (avec feu Jacky "Polident" Sardou... Un délice...).

6- Un timbre gigantesque à ton effigie de 6 mètres sur 2, à coller sur une grosse lettre. Tu pourrais aussi en profiter pour créer de grandes boites aux lettres destinées à recevoir ces lettres (certes inutiles, mais tellement amusantes !).

7- Giscard nous a créé Vulcania en Auvergne. A toi de trouver une catastrophe pour nous claquer un parc à thème : au choix Tsunamia / Tremblement de terria / Avalanchia / Cyclonia / Cassoulia / Choucroutia / Rolexia / Corsica / Banania...

Voilà mon ptit poulet. Je te laisse sur ces belles réflexions. Je continue à me creuser la cervelle. Compte aussi sur les lecteurs de ce blogue pour te donner des idées. Car ils ne manqueront pas de laisser des centaines de commentaires.

Bisous moites à ta chère et tendre. Et n'hésite pas à tondre ton fils Jean. Avec ses longs cheveux blonds filasses, on dirait un Bee Gees... ça fait mauvais genre !

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09 avril 2009

De l'art de copier discrètement en espérant que personne ne le voit...

Vous connaissez tous mon aversion contre les dessins (in)animés de Walt Disney, avec leurs bons sentiments qui puent des pieds, leurs chansons mièvres et dégoulinantes de bonnes intentions, leurs personnages à la psychologie qui tient sur un timbre poste, leur simplification à l'extrême des contes de Grimm (relisez, par exemple la fin de Blanche-Neige, où la méchante reine, qui assiste aux noces du beau prince et de Blanche-Neige, est punie ainsi : "Mais déjà on avait fait rougir des mules de fer sur des charbons ardents, on les apporta avec des tenailles et on les posa devant elle. Alors il lui fallut mettre ces souliers chauffés à blancs et danser jusqu'à ce que mort s'ensuive". Jetez aussi un oeil du côté de la fin de Cendrillon et sur le sort réservé aux deux vilaines soeurs, au moment des noces de Cendrillon : "Alors les colombes vinrent crever un oeil à chacune d'elles. Ainsi pour leur méchanceté et leur perfidie, elles furent punies de cécité pour le restant de leurs jours.") et leur anthropomorphisme insupportable et systématique dès qu'on a le moindre animal ou le moindre objet à l'écran (oh ! une tasse parlante ! Oh ! Une théière chantante ! oh ! un fouet enchanté ! Oh ! une ortie urticante !).

Si vous êtes comme moi, ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille de jeter un oeil sur ce petit montage de différents Walt Disney (Robin des bois, les aristochats, le livre de la jungle, Blanche-Neige...) très justement intitulé "Ressemblances dans les films Disney"... Comme quoi, parfois, on peut refaire la même chose sans que ça se remarque... Impressionnant...

http://www.koreus.com/video/disney-ressemblance.html

Vous connaissez aussi tous mon aversion pour les films écrits et/ou réalisés par Luc Besson. Je déteste son humour de beauf, son mépris pour le reste du cinéma sous le tout pourri prétexte que la critique n'apprécie pas son cinéma à lui, sa manière de manier les clichés les plus éculés (le japonais est fourbe et pratique les arts martiaux, les italiens mangent des pâtes et ont des grosses mamas pour mère, le gouvernement est gangrené et régi par des ordures et des magouilleurs...), son image de la femme (qui n'est qu'une bien pauvre vision biblique : la femme est divine comme Marie ou séductrice, tentatrice et dangereuse comme Marie-Madeleine...) et sa manière systématique de pomper toutes ses idées ailleurs sans le dire, bien entendu (Léon n'est qu'une relecture de Lolita de Nabokov, avec des plans entiers piqués dans le Silence des Agneaux, lorsque Léon s'évade ; Le cinquième élément n'hésite pas à mettre Bruce Willis en débardeur, comme dans Die Hard 1, à lui faire conduire le même taxi que celui extrait du film d'animation Métal Hurlant des années 80, à repomper des scènes de Stargate...).

Si vous êtes comme moi, ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille de jeter un oeil sur cette petite parodie de l'ami Mozinor, qui aligne bout à bout des films de Luc Besson, et qui nous démonte, de manière hilarante, le système d'écriture du patron d'Europa Corp... A voir et à conseiller à tous ses amis...

http://www.koreus.com/video/mozinor-europacorp.html

Sinon, rien à voir, mais n'hésitez jamais à me laisser un commentaire (ça fait plaisir, je vous assure) et n'oubliez pas que vous pouvez vous inscrire à la newsletter de ce blogue qui vous informera instantanément des nouveaux post... Magie et joie absolu en un simple geste...

Posté par esteban à 09:14 - La chronique est ton amie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2009

De l'art d'étiquetter...

Petit voyage en avion, du côté de British Airways. Un long courrier. 6 heures à s'occuper comme on peut engoncé dans un fauteuil décidément trop petit, mais qui donne l'apparence et l'illusion d'être confortable. Heureusement, les distractions, dans les longs courriers sont multiples. On peut se battre contre le voisin de devant qui s'échine à baisser son siège et à réduire considérablement votre espace vital (qui n'était déjà pas si grand, eut égard au fait que vous devez partager vos accoudoirs avec vos voisins) ; on peut avaler moult nourritures surprenantes, servies dans des barquettes tellement microscopiques qu'elles feraient passer la dînette des petites filles, pour des plats sorties tout droit de la cour de Louis XIV (sans compter qu'il faut serrer les coudes à mort pour ne pas bousculer les voisins de gauche et/ou de droite) ; on peut boire (qui n'a pas encore fait l'expérience de l'alcool en altitude n'a rien connu...) ; on peut voir des films récents sur des écrans 3 pouces, ou jouer, sur ces mêmes écrans, à des jeux aussi excitants que le solitaire, le Mah Jong ou le poker ; on peut tenter de dormir, grâce à l'échantillon d'oreiller fourni avec le siège, tout en se recouvrant de la ridicule (et fort fine) couverture gracieusement prêtée ; on peut, enfin consommer... Et c'est là où je voulais en venir.

Car le temps du Duty Free est un pur moment de folie. Notre petite carte de crédit nous offre soudain un monde de bonheur et d'enchantement, constitué de parfums de grande marque, d'ours en peluche, de carrés de soie, de montres bling-bling et de cigarettes, comme dans la vraie vie, donc, mais MOINS CHER ! Et donc, me voici, dans mon siège, achetant une cartouche de cigarettes au steward blasé. Le dit steward, donc, me tend l'objet de ma convoitise, tout en me montrant une photo qui orne ma cartouche, et me dit, en anglais, que c'est ça, en gros, qui va m'arriver. Mes yeux tombent sur la photo... Horreur... Un homme, en gros plan, arbore une grosse et bien cradasse tumeur à la gorge. C'est monstrueux, et tout rouge aussi... Un truc dont le Guiness des records aurait bien voulu dans la section "maladie répugnante et écoeurante". Après avoir giflé violemment le steward pour sa remarque déplacé, je range ma cartouche dans mon sac, me promettant de me débarrasser, au plus vite, de cette photo immonde...

En France, aujourd'hui, contrairement à nos amis étatsuniens et anglais, nous n'avons pas encore mis des photos anti-tabac sur nos paquets de clopes. Mais, je ne m'en fais pas, nous allons y arriver...

Je ne suis pas persuadé de l'impact de ces photos. Le gore peut, bien sûr, calmer quelques uns d'entre nous, mais je suis convaincu que notre cerveau connaît des tonnes de système de déni bien élaborés. Enfin, bon, pourquoi pas... Après tout... Mais, je pose alors la question. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas coller, sur les bouteilles d'alcool, de jolies et ravissantes photos de cirrhose du foie ? Et puis, tiens, pendant qu'on y est, et si on collait sur les carrosseries des voitures des clichés d'accidentés de la route, et de bien gros messages de prévention, genre "LA VITESSE TUE", ou encore "LA BAGNOLE DONNE LE CANCER ET POURRIT L'ENVIRONNEMENT". On pourrait même coller, sur les fast-food, de bien belles photos d'obèses, avec des messages comme "VOILA CE QUI VOUS ATTEND..." J'avais également pensé à coller sur les réacteurs nucléaires des portraits de cancéreux de Tchernobyl, et à des messages simples comme "LE NUCLÉAIRE PEUT GRANDEMENT NUIRE A LA SANTÉ" écrit en noir et en gros.

Cessons l'hypocrisie une fois pour toute. Soit on fait de véritables actions de prévention de la santé, sans tenir compte des lobbies, soit on n'en fait pas. Il y en a assez des demi-mesures. D'accord pour taper sur la clope, mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Et là, je vous garantie qu'il n'y a aucune mauvaise foi dans ce post...

Posté par esteban à 14:25 - La chronique est ton amie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2009

De l'art de l'hypocrisie

Cher Univers Sale, cher EMI, et les autres...

J'ai appris avec horreur et damnation que 20 % des français déclaraient télécharger illégalement des oeuvres à vous et à d'autres... Mon dieu, dans quel monde vivons-nous ? Moi qui croyait naïvement qu'on avait créé des graveurs, des clés USB de dizaines de gigas, des disques durs internes et externes à mémoires pharaoniques, juste pour entreposer et stocker des films de vacances à la Bourboule ou à Saint-Sanson-la-Poterie (une charmante bourgade du côté de la Normandie, avec un bar-tabac ravissant...).

Quand je pense que c'est à cause de ces vils pirates qui sentent des pieds (et qui votent sans aucun doute à gauche... Beurk !) que toute l'industrie du film et du disque s'effondre. Oui, soyons clairs, vous les grosses majors, vous aviez uniquement des buts philanthropiques, une haute idée de la culture et des démarches belles et généreuses envers les consommateurs. Jamais il ne vous serait venu à l'esprit, avant l'êre d'internet, de mettre à bas des éditeurs indépendants, ou de mépriser les consommateurs en leur vendant des DVD au pressage moisi, claffis de bonus affligeants où se heurtent en vrac des making-off auto-promotionnels, des bandes annonces dont on n'a que foutre, des scènes coupées qu'on a bien fait de couper et des galeries de photos inutiles.

D'autant que vous avez toujours promu la qualité en même temps que les prix bas et accessibles pour tous... Comment comprendre alors que ces pirates se comportent comme des gros ingrats. Car c'est bien d'ingratitude qu'il s'agit, quand on note tous les efforts que vous faîtes.

Et puis, disons-le tout net, jamais il ne vous serait venus à l'idée de virer comme des malpropres votre personnel. Vous étiez même prêts (je le sais, parce que je vous sais bon, profondément bon) à endiguer le chômage, à embaucher à tour de bras, à augmenter les salaires... Mais voilà que de répugnants pirates baveux à la libido en bandoulière vous ont obligés à réduire vos effectifs. Salauds de pirates.

Heureusement, mes amis, les Princes qui nous gouvernent sont de votre côté, et vous pouvez comptez sur eux pour nous pondre moult lois et remettre un peu d'ordre dans tout ça... On va les jeter dans des bains d'acides les pirates, on va leur couper les doigts (bien malin qui peut télécharger s'il n'a plus que des moignons pour pianoter sur internet !)...

N'oubliez jamais que je vous aime, mes grosses Majors d'amour, et que toujours, je serai à vos côtés, à pleurer le destin de Madonna qui n'a engrangé que 250 millions de dollars l'année dernière.

Posté par esteban à 13:25 - La chronique est ton amie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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