attrape_coeurJ'avoue mon inculture crasse... Il aura fallu que Salinger meure pour que je découvre ce roman...
Et histoire de faire d'une pierre deux coups, j'ai compris le sens profond de la chanson d'Indochine dont je me permets de citer quelques paroles profondes (je ne résiste pas à ce gentil plaisir).

Tiens des fleurs pour Salinger
Locataire d'un monastère
Des fleurs pour Salinger
Oh ! Oh ! Oh !
Je ferais semblant d'être sourd-muet
Et j'épouserais cette fille
Sourde et muette
On vivra près d'un ruisseau, près des bois
Mais pas dans les bois...


Y'a pas à dire, mais on savait écrire des paroles dans les années 90, c'est pas comme maintenant !

Trêve de plaisanterie. Le roman nous raconte, à la première personne, l'errance d'un jeune étudiant, renvoyé de son lycée. Le jeune homme déambule un peu au hasard dans le New-York des années 50, au gré de ses humeurs, de ses cigarettes et de ses verres d'alcool.

Holden aurait certainement pu être le frère de Bone (Sous le règne de Bone de Russell Banks) ou de Bandini (Demande à la poussière, de John Fante). Ces trois figures d'adolescents ou de jeune adultes ont quelques chose d'attachant dans leur révolte, dans leur égarement et dans le regard qu'ils portent sur le monde des adultes.

Sans aller jusqu'au statut de roman culte (c'est pénible, aujourd'hui, cette manie d'employer ce mot à tout propos !), ce livre fait sien la citation de Boris Vian : "L'humour, c'est la politesse du désespoir". Et c'est déjà pas si mal...