Visitation_The_downloadSi si, je vous connais et je sais que, comme moi, malgré un fervent amour pour la pellicule, vous avez vos ptits côtés pervers, et vous aimez bien vous mater, en secret, une belle daube, histoire de vous détendre... Et bien j'ai trouvé votre bonheur, les amis... ça s'appelle "The visitation" et c'est Robby Henson qui s'y colle (rassurez-vous, je ne connaissais pas le gars non plus).

Mais de quoi ça parle ? me demandez-vous, la bave aux lèvres. Alors voilà. Nous sommes dans une délicieuse petite ville étasunienne où l'activité culturelle se réduit à la messe du dimanche et au vidéo-club qui vient de recevoir Transformers 2. Et voilà que, soudain, il pleut du miracle. Une statue du Christ pleure à chaudes larmes, un type n'a plus de rhumatisme, une fille n'a plus de cicatrice à la main... Du pur délire.
Là dessus, traînent dans la rue trois gars en manteau noir, et surtout un d'ailleurs, blondinet à cheveux longs et tout mal rasé qui, d'une voix inspirée déclare à qui veut l'entendre qu'IL arrive, et le gars disparaît tout de suite après...
Bon, vous et moi (et surtout moi, d'ailleurs) on voit bien que ça sent le souffre. Mais pas les habitants de cette bourgade idiote qui voient la venue d'un nouveau messie (mais non... Mais si !). Et voilà qu'apparaît un gars qui fait du miracle au kilomètre et qui fait marcher les paraplégiques et retrouver la vue aux myopes... Mais ne serait-il pas au service de Satan ? Quel suspense mes amis...

Disons-le tout de suite, tout est pourri dans ce film, à commencer par le jeu insipide des acteurs, absolument pas concernés par le truc (et comme on les comprend...). On retiendra, dans les grandes scènes à émotions , l'enterrement de Max, le chien du héros (Le héros l'enterre au pied d'un grand chêne... C'est d'un grandiose...), qui ressuscite juste après (et qui c'est qui est content ? mais c'est le héros !  Sacré farce que lui a fait son chien ! Et comme c'est magnifique... Mais ne serait-ce pas un miracle, ça ?). Passons sur la musique même pas intéressante, sur la photographie immonde (mais qui peut être responsable de ça ?), sur le cadrage absurde (retenons par exemple ce précieux plan en contre-plongée du héros qui ouvre son réfrigérateur puis le referme... Impressionnant...), sur le doublage français moisi (palme pour la bigote illuminée de service qui psalmodie des bondieuseries...) et sur le scénario qui rivalise d'originalité (avec un grand plus pour le pitch final, où le faux prophète raconte, et que c'est beau, comment il a souffert avec son père qui l'a crucifié un jour pour lui apprendre la vie, et comment, depuis ce jour, il s'est converti à Satan...).

The visitation est une sorte de Digest des films et séries des trente dernières années : on reconnaît bien l'Exorciste, Carnivale (la série géniale de HBO), X-files, Children of the Corn ... Tout est déjà vu (mais ici, c'est super cheap, c'est ça le truc...). Ainsi, on retrouve par exemple l'éternelle (mais bien pourrie ici) poursuite dans le champ de maïs (bon, sauf que là, le gars est tout seul et que ça dure à peine trente secondes)... Mais tout ça est sans compter sur le pharaonique budget effets spéciaux : d'ailleurs le premier effet spécial (qui arrive à 1h15 du film... qui dure 1h39, générique compris...) est un exorcisme qui déboîte sa mère. Un jeune homme est pris de spasmes, il tombe, un prêtre demande au démon de quitter ce corps, ce que ce dernier fait d'ailleurs sans chichi immédiatement, sous forme de mouches numériques toutes ratées (Celles d'Amytiville des années 70 sont un chef-d'oeuvre à côté, c'est dire...). Et comme il faut toujours exploiter (voire user jusqu'à la corde, dans le cas présent) une bonne idée, les mouches numériques seront ré-exploitées deux fois ensuite...

Bref un film à conseiller à tous vos ennemis, et à offrir à vos collègues les plus laids... Justement, tiens, c'est bientôt Nouëlle ! En voilà une idée cadeau qui en jette... On ne pourra pas dire que je ne vous aide pas tiens...