C_est_pas_moi__je_le_jure__afficheLéon n'est pas un enfant sage. Léon a des comportements suicidaires. Léon ment pour se sortir de toutes sortes de situations. Léon n'hésite pas à saccager la maison des voisins qui sont partis en vacances. Une vraie graine de délinquant nous dirait notre bon Nini Premier, roi des français... Et pourtant, Léon est juste un enfant en perte de repères, dans ce monde d'adulte où le mensonge prend trop souvent le pas. Et lorsque sa mère quitte le foyer pour partir en Grèce, parce qu'elle étouffe dans sa vie, les tendances déviantes de Léon s'accentuent. Pourtant, Léon voudrait juste être un enfant normal.

Les films québécois sont encore trop rares dans nos contrées pour qu'on se permettent de passer à côté de ceux qui, difficilement, franchissent nos frontières. Cinquième film de Philippe Falardeau (que j'avais découvert en 2006 avec son excellent Congorama), "C'est pas moi, je le jure !" est une splendide chronique de l'enfance. Il faut dire aussi qu'on est loin du numéro de singe savant que nous assènent trop de réalisateurs lorsqu'ils filment des enfants. Et il faut reconnaître que le jeune Antoine L'Ecuyer donne corps à son personnage de façon magistrale.

Il faut aussi reconnaître au réalisateur une splendide manière de filmer avec des plans de toute beauté et au directeur de la photographie un travail très réussi.

Ce film est enfin une bien belle oeuvre extrêmement émouvante, parce qu'elle sait rester simple. La musique, loin d'être omniprésente, arrive juste au bon moment, pour souligner, quand il le faut, les émotions (et on retrouve d'ailleurs un bien joli morceau du génial groupe islandais Sigùr Ros).

Et lorsqu'il se termine, le film reste en nous et nous suit, comme un ami. Et ça fait du bien...