Petite démonstration publicitaire croisée, qui démontrera, une fois de plus, que 40 ans de combats pour les libertés de la femme peuvent être balayés d'un revers de la main par des gros blaireaux incultes...

PHOT0012Voici ce qui ornait joyeusement nos abri-bus il y a quelques mois à Nice. Les vendeurs de rêves pour pauvres ont imaginé cette somptueuse campagne. On y voit des hommes, virils à souhait, habillés d'une tenue de ville décontractée, s'adonner aux joies du poker... Enfin, aux joies, c'est vite dit, lorsqu'on voit leur mine confite de vieille poire à l'eau de vie chez une grand-mère sourde un dimanche de pluie.

Que me dit-on dans cette merveille artistique qui nous emmène dans des tourments d'extase ? D'abord que le poker est sous aucun doute une affaire sérieuse et une affaire d'homme. Pas question que des gonzesses mal intentionnées viennent fourrer leur nez là-dedans... D'ailleurs, on a crée, à l'attention de l'homme viril adepte de poker, non pas un lieu, mais un espace, carrément ! C'est titanesque ! C'est cyclopéen ! C'est grandiose ! (magie des mots... Un "espace poker", ça signifie une sale table pour trois pauvres gars, toute engoncée au milieu de bruyants bandits manchots, avec, en plus, tous nos amis pauvres qui nous matent...). En tout cas, appréciez la qualité de la concentration de nos amis masculins. ça sent la testostérone. Les neurones au bout des doigts, l'homme, encore une fois est le maître de la gestion et de l'argent...

PHOT0032Dans les mêmes semaines, toujours à Nice, d'autres publicitaires aux dents longues et aux crânes suintants d'avoir réfléchi aux manières délicates de dépouiller le chaland, nous ont infligé, en 4 par 3, cette délicieuse campagne. Histoire de nous faire croire à leur immense culture, les crétins décérébrés se sont appuyés sur de vagues connaissances latines avec la légende de Remus et de Romulus, puisque le produit est italien. Que voit-on ? Une femme, à quatre pattes, qui tient une tasse à café, avec, dessous, deux bambins replets. L'un regarde la tasse  l'autre les seins de la donzelle. Le message est, là encore, très clair : la femme est une louve (c'est une variante de la grosse chienne), qui est là pour élever les enfants, pour nous préparer notre café et pour se faire prendre à quatre pattes (d'où son maquillage d'allumeuse et son regard de braise). Notons aussi l'aspect toujours inquiétant de la femme (c'est une louve) que l'ami Besson aime tant entretenir, soit-dit en passant.

Les années passent, et pourtant, ce sont toujours les mêmes ficelles qui sont utilisées. Il y a vingt ans, de telles publicités auraient encore suscitées de belles levées de boucliers. Mais les combattants d'hier se sont fatigués, et n'ont pas pensé à passer vraiment le témoin. Moralité, plus personne ne semble très surpris de ce genre de message. On est blasés ou indifférents... Et, pendant ce temps, la société libéraliste s'affirme encore et toujours un peu plus, avec ses messages réactionnaires et ses idées pénibles...