20 juin 2009
De l'art d'ouvrir les débats...
Depuis quelques années, et particulièrement depuis que Nini Premier est devenu Roi du Monde, les Princes et aspirants Princes qui nous gouvernent ont l'art de lancer des pavés dans la mare, sous le fallacieux prétexte de débattre, alors que le fond est beaucoup moins honnête, puisqu'il s'agit plutôt de préparer les esprits à des changements prévus et planifiés. On a ainsi eu droit, il y a peu, à une merveilleuse réflexion sur l'ouverture des magasins le dimanche (en employant sans vergogne l'idée de la "liberté" des travailleurs) ou encore à une superbe interrogation sur la possibilité de reculer la retraite du côté des 67 ans...
C'est un député-maire de gauche (comme quoi, la pratique de Nini contamine tout le monde) qui, soudainement, nous a pondu une résolution "tendant à la création d'une commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national".
Soyons clairs : le voile est effectivement une chosification de la femme. ça n'est pas nouveau. Dans toutes les religions, la femme n'a jamais vraiment été considérée comme un être à part entière. Il faut dire que son cerveau, nettement inférieur au notre, la dirige naturellement vers la danse, l'éducation des enfants, le maniement de l'aspirateur et l'investissement des cuisines tandis que le notre possède des neurones spéciaux, qui nous font aimer la bière, le foot, les 4x4, les gros fusils de chasse et les chips. Dans toutes les religions, donc, à plus ou moins grande échelle, on retrouve deux figures féminines omniprésentes (comme chez Luc Besson, soit dit en passant) à savoir la femme pure et vierge, mère et protectrice, et la tentatrice insupportable, qui suinte la luxure et le stupre par tous les pores.
A partir de là, les différents dogmes ont adopté, vis-à-vis de la femme, des postures qui, à peu de choses près, reviennent au même. Le voile n'est donc que l'expression d'une domination masculine parmi tant d'autres... Mais suffit-il d'ôter un voile pour accéder à une liberté pleine et entière ? Une catholique traditionaliste, une femme amish, une hindouiste sont toutes trois, me semble-t-il, soumise à l'homme, et contrainte de se plier au mariage arrangé... Mais, certes, la marque de la domination est moins visible. Est-elle pour autant moins scandaleuse ?
Parce qu'à mon avis, le vrai débat est là. Or, une fois de plus, on déplace le problème sur une minorité. Honnêtement, combien de femmes, en France, portent le voile ? Ce nombre (qui doit, je n'en doute pas un instant, avoisiner les dizaines de millions) nécessite-t-il une loi ? Ne serait-il pas plus intéressant de se pencher sur la place des femmes dans la société en général (y compris dans la religion, mais pas seulement...).
Et une fois de plus, les princes qui nous gouvernent montrent leur volonté de vouloir légiférer tout et n'importe quoi, sous le prétexte que créer une loi est synonyme d'agissement...
Lutter contre l'obscurantisme et la bêtise demande, bien sûr, un appareil législatif adapté. Mais cela demande aussi, et surtout, des moyens pour que les individus puissent s'éduquer, se cultiver et apprendre à vivre ensemble. Les Encyclopédistes du XVIIIème ne pensaient pas autrement.
Et il est toujours navrant de constater qu'aujourd'hui le spectaculaire prime sur le long terme, les idées discriminatoires et réactionnaires se métamorphosent en débats de société, et les Princes qui nous gouvernent, sous couvert de réflexion et d'ouverture, ne font que prendre des températures pour savoir si la plèbe est prête à être encore plus encadrée et policée...
18 juin 2009
De l'art de rivaliser avec l'inspecteur Derrick...
L'horreur... Pourtant j'affectionne les bonnes grosses daubes... Mais là...
Allez ! Secouons-nous... Un ptit historique, un ptit résumé et une ptite critique...
Crée en 1971 par Francis Veber, au théâtre, et repris par Edouard Molinaro en 1973 (avec le Grand Jacques et Lino Ventura), l'histoire se résume en deux mots (c'est amplement suffisant...). Un tueur à gage, avec une mission, se retrouve dans une chambre d'hôtel, à côté de François Pignon, qui va tranquillement lui pourrir la vie, et, accessoirement, la mission qu'il doit exécuter...
Disons-le clairement : ce film est pire que tout. A côté, Disco est un summum de délire... Rien n'est bon, tout est laid, à commencer par cette chambre d'hôtel qui pue le studio, avec un poster collé à la fenêtre. Mais s'il n'y avait que ça... Tous les acteurs sont calamiteux, à commencer par Richard Berry lui-même (qui n'a jamais été, sauf dans Le petit prince a dit... de Christine Pascal, un acteur grandiose), plein de tics pénibles. Mais que dire de Timsit (qui a bien vieilli au passage... Qui est le maquilleur ? Il en voulait au comique, ou quoi ?), à part qu'il nous refait (en mille fois moins bien) le personnage qu'il incarnait dans La crise, de Coline Séraud ? Que penser de Virginie Le Doyen ? (cette actrice a-t-elle joué dans un bon film ? Pourrait-on me le citer ? A chaque fois que je la vois, c'est tout piètre...) Et Pascal Elbé... Dans ce rôle moisi d'un psychiâtre pas crédible pour un sou... Et Michel Aumont... Mon Dieu... Michel Aumont...
Au delà de ça, et c'est peut-être ça le pire, c'est que le film n'est pas drôle, particulièrement lorsqu'il veut, à tout prix, l'être. Passons donc sur les scènes où le garçon d'étage (qu'on épluche telle une banane trop mûre, le visage de ce gueux, pour le punir de son jeu) croit que Berry et Timsit font l'amour (gag répété deux fois par la suite, en changeant un des deux acteurs à chaque fois), ou celle où Michel Aumont, l'homme à abattre, protégé par le GIPN, vomit sur ses gardes du corps, parce qu'il est malade en voiture...
Finalement, tout est laid et poussif. La lumière est atroce (et pourtant, on est principalement dans un studio !), la caméra paresseuse, le rythme à crever d'ennui (que c'est mou ! Mon Dieu ! Que c'est mou !) les décors hideux... La vérité, c'est que Veber et son équipe voulaient s'offrir des vacances à Nice et qu'ils ont pris le prétexte d'un tournage de film pour se les payer... (quel est l'intérêt que ça se passe sur la Côte, sinon ?).
Un film qui sent donc le sapin, à offrir à ses pires ennemis, ou, éventuellement à une vieille grand-mère qu'on n'a pas vu depuis longtemps et à qui on ne tient pas trop, pour sa fête.
17 juin 2009
ça y est... C'est presque l'été...
14 juin 2009
J'irai dormir à Hollywood, de Antoine de Maximy
Il y a quelques mois, Antoine de Maximy était à mes yeux, un illustre inconnu. Et puis voilà qu'en catimini, au détour d'une poignée de salles en France, sortait son film J'irai dormir à Hollywood, basé sur le même principe que ses émissions donc.
Ses émissions, je ne les ai jamais vues, mais le principe est tout simple. Antoine de Maximy se ballade seul dans un coin du monde, et au fil de ses déambulations, armé de deux caméras, il aborde des gens, échange avec eux, et leur demande s'ils peuvent partager un dîner et/ou le loger.
Tout ce projet m'était déjà extrêmement sympathique avant même d'avoir entraperçu une seule image de ce film. Un vrai projet artistique, où on se met en scène, où l'oeuvre se construit au fur et à mesure du voyage. Je n'ai pas été déçu.
Dans ce film, Antoine traverse les Etats-Unis d'Est en Ouest. Son but est d'aller dormir chez une star de cinéma du côté de Los Angeles. Entre temps, notre homme passe par Miami, La Nouvelle-Orléans, Huston...
Il souffle dans ce film une véritable liberté. Ici, le projet artistique, et la caméra, rapprochent les individus, et nous partageons, en compagnie du réalisateur ce qu'il vit. L'ensemble est toujours plein de pudeur, d'humour (il faut voir la séquence de l'achat du corbillard ou de la réparation, avec un collant (!), d'une courroie de transmission...) et d'émotion. Jusqu'à nous emmener au bord d'une plage avec un sympathique sans-abri, après être passé (on ne sait trop comment) par la propriété de Georges Clooney !
Ce documentaire, qui aurait pu être boursouflé et prétentieux, est une douce errance dans un quotidien étatsunien simple et réaliste, fait de gens comme vous et moi. Et lorsque la séquence finale arrive, on a vraiment l'impression qu'Antoine, le réalisateur, est un de nos amis, parti à l'autre bout du monde et revenu il y a peu, et que devant une bonne bière fraîche, il vient partager avec nous quelques uns de ses souvenirs.
11 juin 2009
Skins, de Jamie Brittain et Bryan Elsley
Bon, j'avoue, j'ai un peu honte, mais c'est le propre des petits plaisirs coupables, non ? Bref, à la suite de l'échange avec Nelfe (voir les commentaires de mon dernier post), je me suis rendu compte que je n'ai jamais encore chroniqué cette excellentissime série qu'est "Skins"... J'aurais dû... Plutôt que de me fourvoyer avec de vils et veules vampires (notez ici la belle allitération en "V")...
Une fois de plus, il faut donc aller faire un détour chez nos amis Grands Bretons pour découvrir ce petit bijou d'intelligence.
L'histoire est simple : des adolescents, à la frontière de l'âge adulte, vivent leurs histoires d'amour et d'amitié, jamais très simples, face à des adultes plutôt dépassés qui sont loins de leurs univers respectifs.
Chaque épisode est centré sur un des personnages autour duquel gravitent les autres. Chaque épisode offre un point de vue différent, un éclairage, sur une histoire plus ou moins collective.
Scénarios bétonnés avec des personnages hyper attachants, photographie impressionnante, réalisation nerveuse, bande originale à pleurer de bonheur, acteurs vraiment bons, et surtout, un humour omniprésent et à mille lieues du politiquement correct, qui permet de ne jamais tomber dans le mélo dégoulinant de bonnes intentions, ou le pathos lacrymogène. Parce que "Skins" en anglais signifie "peau", et qu'on n'hésite pas à se toucher, s'embrasser ou se caresser. Mais ce mot signifie aussi, en argot, "feuille à rouler", et c'est vrai qu'ici, on touche à la drogue de manière décomplexée, sans pour autant tomber dans la caricature (on est fort loin des jeunes crétinoïdes, le joint au bec, qui se font dézinguer par des serial killers en furie dans les slasher movies...).
Trois saisons à ce jour. Petit bémol sur la troisième saison : les deux premières s'intéressaient à un groupe précis, et leur(s) histoire(s) se déroulai(en)t sur une vingtaine d'épisodes. La troisième saison s'intéresse à un nouveau groupe, qui a quelques points communs avec l'ancien (une des héroïnes de la troisième saison est la soeur d'un des héros des deux premières). Mais cette saison peine un peu à trouver ses marques, à se renouveler et si la réalisation et la photo sont toujours très soignées, l'ensemble reste un zeste décevant. Mais bon, on jugera l'ensemble sur la quatrième saison qui bouclera les histoires du second groupe...
Sinon, et particulièrement à l'attention de Nelfe (qui a un chouette blogue, plus fidèlement entretenu que le mien, soit dit en passant !), il va falloir que je chronique quelques séries HBO que j'adore : outre Carnivale, dont j'avais déjà parlé il me semble, il faudra absolument, d'ici peu, que je vous parle de Rome et d'In Treatment...
09 juin 2009
Le vampire est ton ami...
Le vampire a toujours été une source de fascination. Malgré son aspect monstrueux, il reste un être fascinant, surpuissant et séducteur qui nous attire irrésistiblement. Depuis Anne Rice et son excellent Entretien avec un vampire (pas trop mal adapté par Neil Jordan, pour peu qu'on supporte les mimiques du pénible Tom Cruise, qui arrivait encore, à l'époque, à séparer son engagement scientologue, de sa vie professionnelle), le vampire s'est de plus en plus humanisé, et est devenu, au fil des années, à travers les oeuvres filmiques et livresques, un être presque sympathique, qui n'hésite pas à s'allier avec des humains, et qui n'a plus peur des croix ou de l'ail. C'est ainsi qu'est apparu Twilight, de Stephenie Meyer, où le beau vampire perd ses derniers oripeaux (il n'a plus besoin de dormir la nuit, n'a plus peur du soleil...) et charme, de manière chaste (s'agirait pas de mettre du sexe là dedans... Le sexe, c'est sale, mes amis...) une adolescente entrant dans l'âge adulte. Dans la droite ligne de cette oeuvre gentillette, deux séries me sont tombées sous les yeux.
Blood Ties, tout d'abord, qui raconte les enquêtes surnaturelles d'une ex-flic, aidée par un ancien collègue, et par Henri, séduisant vampire de 480 ans.
Série pop-corn par excellence, on a là un condensé de toutes les séries fantastiques de ces vingts dernières années : une pincée de Buffy (outre la blondeur de l'héroïne, on notera que la donzelle sait se battre), une once d'Angel,(pour le vampire au grand coeur, amoureux de l'héroïne) et surtout, surtout un (gros) soupçon d'X-Files : outre le duo Mulder-Scully (l'ex-collègue est plutôt cartésien, tandis que la miss prend fait et cause clairement pour le surnaturel), on retrouve le même principe de "1 monstre = 1 épisode". Ainsi, on a les démons, les lycanthropes, les vampires, les fantômes, les incubes... On a même un épisode (épisode 14, saison 1) sur le principe du Jour sans fin de Harold Ramis et de l'épisode d'X-Files intitulé Lundi (épisode 14 saison 6... Excellent épisode au demeurant, qui émerge de la moribonde série de Chris Carter à ce moment-là).
Réalisation clipesque, images léchée, photo soignée mais pas exceptionnelle, cette série pas désagréable se suit sans effort. Pas effrayante pour un sou, sauf peut-être pour les enfants de moins de huit ans, on lui reprochera tout de même un certain côté cheap au niveau des effets spéciaux et des intrigues qui manquent cruellement de sensualité, à défaut de sexualité (ce qui est un comble pour une série avec un vampire !).
Tournons-nous alors du côté de nos amis Grands Bretons avec une série nettement plus ambitieuse, même si elle ne restera pas non plus dans les annales des séries.
Being human (c'est son nom) raconte l'histoire d'un vampire, d'un loup-garou et d'un fantôme qui prennent un appartement ensemble, et tentent, tant bien que mal, de vivre comme des humains, parmi des humains.
Si, là encore, la réalisation et les scénarios n'ont rien de révolutionnaires, on pourra prendre plaisir avec les effets spéciaux qui nous réservent, entre autre, de belles transformations en loup-garous, qui ne sont pas sans rappeler celle du Loup-garou de Londres, ce piteux film de John Landis, dont on peut retenir (même si c'est un peu kitchouille) les 2 minutes 27 qui ont fait frémir toute une génération (c'était l'époque où on faisait encore tout à la main les amis...). Pour les amnésiques ou les aficionados, faites un tour sur http://www.youtube.comwww.youtube.com/watch?v=6qULtI6a9gw histoire de vous remettre ça en mémoire.
Et puis, cette série soulève quelques belles thématiques, comme le fait d'être (ou de se sentir) différent, au sein d'une société normalisée, et de devoir vivre tout de même. On notera aussi une sensualité beaucoup plus omniprésente, puisque chaque personnage (le vampire, le loup-garou ou le fantôme) ne peuvent avoir de relations affectives réelles (amicale ou amoureuse), en souffre, et tentent quand même de vivre des choses. Enfin, les scénarios contiennent des idées très originales, comme cette séquence où le vampire regarde un snuff-movie (un film avec violence non simulée) tourné par un autre vampire...
On regrettera juste que deux acteurs sur les trois, présents dans le pilote, aient été changés dès l'épisode n°1 (étrange, non ? Pourtant ils étaient biens...).
Voilà donc de quoi se mettre sous la dent cet été, pendant les grosses chaleurs, en attendant une vraie et bonne série fantastique qui déménage, à la Carnivale ou à la Twin Peaks... Mais, bon, là, on a encore de la marge...
05 juin 2009
De l'art d'agiter du vent
Oui, les amis, j'avoue, j'ai pêché... Je m'étais juré que jamais plus, au grand jamais plus (oui, j'aime bien cette phrase...) je ne me faderai de débats politiques sur une quelconque chaîne de télévision... Mais, voilà, j'ai cédé à la tentation. Il faut dire qu'elle était forte. Vite, fouettons-nous en choeur à grand coups de méduses molasses (putain, ça piiiique, ce truc...). Maintenant que c'est fait, et tandis que je soigne mes boursouflures bleutées suite à ma pénitence, laissez-moi vous narrer par le détail le vil plaisir auquel je me suis adonné...
Hier soir, débat sur l'Europe sur France Télévision. Il faut tout de même dire que, bon, on est à J moins 2 de l'échéance électorale qui préoccupe les aspirants Princes. Aussi, on met les petits plats dans les grands, et on se fait un grand show. C'était donc "A vous de juger", animé (ou devrais-je dire inanimé, parce qu'à ce degré-là...) par la vilaine Arlette Chabot. Attention, entendons-nous bien, par "vilaine", je ne juge pas le physique de la donzelle (qui rappelle étrangement celui de Bernadette Chirac, en vaguement plus jeune), mais plutôt ses manières de maîtresse d'école qui ne maîtrise pas franchement son plateau, qui se gargarise de sondages imbéciles aux questions idiotes et qui, somme toute ne sait pas vraiment interroger ses invités.
On était donc dans une espèce de fosse, avec des gens autour, et deux tables, entre lesquelles madame Chabot, naviguait, engoncée dans un tailleur grisâtre. (Mais qui le responsable de ces décors à la con ? On l'a obligé ? On lui a fait quelque chose juste avant pour qu'il fabrique un truc aussi laid ?) Musique, générique, donc, et voilà notre animatrice assise à une table. Près d'elle, Martine Aubry (PS) face à Xavier Bertrand (UMP). Derrière elle, tout seul, à une autre table, Daniel Cohn-Bendit (écologiste) face à François Bayrou (Centriste). Bon, déjà, sympa pour les autres listes... Madame ne s'intéresse qu'aux grosses listes qui arriveront en tête... Et puis, petit à petit, par une sorte de tour de magie, d'autres leaders apparaissent soudainement. Voilà qu'à côté de Martine, on a Olivier Besancenot (NPA), et puis Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche)... Mais où étaient-ils jusque là ? Sous la table ? Derrière un miroir ? J'ai trouvé : un plateau à double fond ! Mais où est donc Gérard Majax ? Oh, et puis, à l'autre table, voilà le Noble De Villiers et la populiste Marine Le Pen... Sacré Arlette ! Tu nous les avais cachés ! Coquinette va !
Ensuite, tout devient brumeux et nébuleux. On s'interrompt, on mélange tout. Marine Le Pen, à qui on ne demandait rien (mais vraiment rien), s'énerve et récite sa leçon durement apprise (La France aux Français / Turquie = caca / Europe = arnaque / l'euro = pas bien...). Xavier Bertrand (Xaxa, pour les intimes), libéral parmi les libéraux, nous explique tout le bien que fait Nini Premier, notre MERVEILLEUX président (encore un peu de cirage monsieur le président ?). Dany le Rouge, tutoie joyeusement les uns et les autres (et surtout Bayrou, le centriste tout mou, qui brille tout particulièrement lorsqu'il ressort une vieille histoire de textes que Cohn-Bendit a écrit en ... 1975 !), et puis se prend la tête entre les mains, atterré, lorsque son voisin le grand dadais De Villiers tente, piteusement, de cacher son inculture chronique à grands coups d'ouvriers roumains ou chinois qui mangent le pain des français. Du côté de la gauche, on est plus consensuels, on se congratule sur les points de convergence (Unité, les gars, on vous dit !). Mais sur le fond, on parle de tout et de rien, on saute d'un sujet à un autre, on passe du traité de Lisbonne (qui constitue pour tous, j'en suis sûr, le livre de chevet intime) au verre de vin rosé (que la vilaine Europe vole à la France...).
Chabot est tout de même un peu débordée, surtout lorsque Mélanchon lui dit clairement d'aller au diable, parce qu'elle ne lui donne pas la parole...
Un grand moment de télévision, un délicieux plaisir coupable... Deux heures de show hilarant. On en ressort le sourire aux lèvres. A savourer à plusieurs, avec quelques bonnes bières. Et je vous assure que je suis ravi que ma redevance ait servi à créer cette émission...
Mais, à propos, ça portait sur quoi déjà ce débat ?
04 juin 2009
Les larmes de l'assassin, de Anne-Laure Bondoux
Chili. Il n'y a pas si longtemps. Une maison pratiquement au bout du monde, ou tout au moins au bout de ce pays. Au delà, c'est la mer. Nous sommes dans un pays de pierres, de vents qui balayent tout, de paysages arides. C'est une terre plutôt sèche, où vit un homme, une femme et leur enfant, prénommé Paolo. De temps en temps, un géologue, ou un astronome, en quête de nuit noire passe... puis repart. Mais voilà que débarque Angel Allegria, un assassin. L'assassin a besoin d'un refuge. Il est recherché, il est aux abois, alors il tue les parents de Paolo... Mais voilà qu'en face de Paolo, Angel hésite, et repose son couteau. Entre l'homme et l'enfant se tisse alors quelque chose d'exceptionnel... Et voilà que, peu de temps après, débarque Luis, un fils de bonne famille, lettré...
Bêtement paru au sein de la littérature jeunesse (comme s'il existait une littérature vieillesse, une littérature décrépitude ou une littérature sépulcrale...), ce livre est une pure merveille. Il fait partie de ces oeuvres qui, à mon goût, font grandir. Parce qu'on sort de ce livre légèrement différent, parce qu'il parle de rapports humains et qu'on est loin d'un manichéisme quelconque.
L'écriture de l'auteure est de toute beauté. Elle sait rester simple. Les phrases s'enchaînent, coulent, et, de mots en mots, on s'attache aux personnages. A Paolo, bien sûr, ce petit garçon sauvage et analphabète. Mais aussi à Luis, ce jeune homme désemparé et (quasi) orphelin. Et surtout à Angel, cette brute qui s'humanise au contact de l'enfant.
Et c'est peut-être une des leçons de ce superbe livre. On ne peut apprendre et s'enrichir qu'au contact de l'autre, même si on doit, pour cela, s'ouvrir, dévoiler ses sentiments et parfois, se mettre en danger...


