Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

05 juin 2009

De l'art d'agiter du vent

Oui, les amis, j'avoue, j'ai pêché... Je m'étais juré que jamais plus, au grand jamais plus (oui, j'aime bien cette phrase...) je ne me faderai de débats politiques sur une quelconque chaîne de télévision... Mais, voilà, j'ai cédé à la tentation. Il faut dire qu'elle était forte. Vite, fouettons-nous en choeur à grand coups de méduses molasses (putain, ça piiiique, ce truc...). Maintenant que c'est fait, et tandis que je soigne mes boursouflures bleutées suite à ma pénitence, laissez-moi vous narrer par le détail le vil plaisir auquel je me suis adonné...

Hier soir, débat sur l'Europe sur France Télévision. Il faut tout de même dire que, bon, on est à J moins 2 de l'échéance électorale qui préoccupe les aspirants Princes. Aussi, on met les petits plats dans les grands, et on se fait un grand show. C'était donc "A vous de juger", animé (ou devrais-je dire inanimé, parce qu'à ce degré-là...) par la vilaine Arlette Chabot. Attention, entendons-nous bien, par "vilaine", je ne juge pas le physique de la donzelle (qui rappelle étrangement celui de Bernadette Chirac, en vaguement plus jeune), mais plutôt ses manières de maîtresse d'école qui ne maîtrise pas franchement son plateau, qui se gargarise de sondages imbéciles aux questions idiotes et qui, somme toute ne sait pas vraiment interroger ses invités.

On était donc dans une espèce de fosse, avec des gens autour, et deux tables, entre lesquelles madame Chabot, naviguait, engoncée dans un tailleur grisâtre. (Mais qui le responsable de ces décors à la con ? On l'a obligé ? On lui a fait quelque chose juste avant pour qu'il fabrique un truc aussi laid ?) Musique, générique, donc, et voilà notre animatrice assise à une table. Près d'elle, Martine Aubry (PS) face à Xavier Bertrand (UMP). Derrière elle, tout seul, à une autre table, Daniel Cohn-Bendit (écologiste) face à François Bayrou (Centriste). Bon, déjà, sympa pour les autres listes... Madame ne s'intéresse qu'aux grosses listes qui arriveront en tête... Et puis, petit à petit, par une sorte de tour de magie, d'autres leaders apparaissent soudainement. Voilà qu'à côté de Martine, on a Olivier Besancenot (NPA), et puis Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche)... Mais où étaient-ils jusque là ? Sous la table ? Derrière un miroir ? J'ai trouvé : un plateau à double fond ! Mais où est donc Gérard Majax ? Oh, et puis, à l'autre table, voilà le Noble De Villiers et la populiste Marine Le Pen... Sacré Arlette ! Tu nous les avais cachés ! Coquinette va !

Ensuite, tout devient brumeux et nébuleux. On s'interrompt, on mélange tout. Marine Le Pen, à qui on ne demandait rien (mais vraiment rien), s'énerve et récite sa leçon durement apprise (La France aux Français / Turquie = caca / Europe = arnaque / l'euro = pas bien...). Xavier Bertrand (Xaxa, pour les intimes), libéral parmi les libéraux, nous explique tout le bien que fait Nini Premier, notre MERVEILLEUX président (encore un peu de cirage monsieur le président ?). Dany le Rouge, tutoie joyeusement les uns et les autres (et surtout Bayrou, le centriste tout mou, qui brille tout particulièrement lorsqu'il ressort une vieille histoire de textes que Cohn-Bendit a écrit en ... 1975 !), et puis se prend la tête entre les mains, atterré, lorsque son voisin le grand dadais De Villiers tente, piteusement, de cacher son inculture chronique à grands coups d'ouvriers roumains ou chinois qui mangent le pain des français. Du côté de la gauche, on est plus consensuels, on se congratule sur les points de convergence (Unité, les gars, on vous dit !). Mais sur le fond, on parle de tout et de rien, on saute d'un sujet à un autre, on passe du traité de Lisbonne (qui constitue pour tous, j'en suis sûr, le livre de chevet intime) au verre de vin rosé (que la vilaine Europe vole à la France...).

Chabot est tout de même un peu débordée, surtout lorsque Mélanchon lui dit clairement d'aller au diable, parce qu'elle ne lui donne pas la parole...

Un grand moment de télévision, un délicieux plaisir coupable... Deux heures de show hilarant. On en ressort le sourire aux lèvres. A savourer à plusieurs, avec quelques bonnes bières. Et je vous assure que je suis ravi que ma redevance ait servi à créer cette émission...

Mais, à propos, ça portait sur quoi déjà ce débat ?

Posté par esteban à 17:42 - La chronique est ton amie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Tt à fait daccord, complètement HS cette émission.
Jaime bcp la politique mais qd je vois ça jme dis que c vraiment flippant... Ces types (et nanas) st censés gouverner et on se croirait ds une cours de récré... :s

En espérant qd même que ça nen a pas décourager à se bouger aux bureaux de vote aujourdhui!

Posté par Nelfe, 07 juin 2009 à 16:08

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=19992&pid=13975628

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :