les_larmes_de_l_assassinChili. Il n'y a pas si longtemps. Une maison pratiquement au bout du monde, ou tout au moins au bout de ce pays. Au delà, c'est la mer. Nous sommes dans un pays de pierres, de vents qui balayent tout, de paysages arides. C'est une terre plutôt sèche, où vit un homme, une femme et leur enfant, prénommé Paolo. De temps en temps, un géologue, ou un astronome, en quête de nuit noire passe... puis repart. Mais voilà que débarque Angel Allegria, un assassin. L'assassin a besoin d'un refuge. Il est recherché, il est aux abois, alors il tue les parents de Paolo... Mais voilà qu'en face de Paolo, Angel hésite, et repose son couteau. Entre l'homme et l'enfant se tisse alors quelque chose d'exceptionnel... Et voilà que, peu de temps après, débarque Luis, un fils de bonne famille, lettré...

Bêtement paru au sein de la littérature jeunesse (comme s'il existait une littérature vieillesse, une littérature décrépitude ou une littérature sépulcrale...), ce livre est une pure merveille. Il fait partie de ces oeuvres qui, à mon goût, font grandir. Parce qu'on sort de ce livre légèrement différent, parce qu'il parle de rapports humains et qu'on est loin d'un manichéisme quelconque.

L'écriture de l'auteure est de toute beauté. Elle sait rester simple. Les phrases s'enchaînent, coulent, et, de mots en mots, on s'attache aux personnages. A Paolo, bien sûr, ce petit garçon sauvage et analphabète. Mais aussi à Luis, ce jeune homme désemparé et (quasi) orphelin. Et surtout à Angel, cette brute qui s'humanise au contact de l'enfant.

Et c'est peut-être une des leçons de ce superbe livre. On ne peut apprendre et s'enrichir qu'au contact de l'autre, même si on doit, pour cela, s'ouvrir, dévoiler ses sentiments et parfois, se mettre en danger...