25 mai 2009
Un peu d'utopie, que diable !
Bientôt les élections. La grande valse des princes qui nous gouvernent et des princes qui y aspirent va enfin pouvoir commencer. Chacun va y aller de son petit discours, de sa petite phrase, histoire de grignoter un zeste de pouvoir. Parce que, on dira ce qu'on veut, mais le pouvoir est une drogue dure qui grise et qui enivre, et ce n'est pas notre grand et bon Nini Premier qui affirmera le contraire... A eux donc les repas pantagruéliques, les voitures avec chauffeur, les appartements qui vont avec, les mandats en tout genre, les retraites dorées...
Et si on réglementait tout ça ? Car, loin de moi l'idée de cracher sur nos princes et futurs princes, parce que c'est trop facile, parce que je n'ai pas envie de rejeter le système en bloc, parce qu'on sait trop bien que le fameux "tous pourris" est le slogan préféré de ceux qui aiment les hommes forts et providentiels, qui prolifèrent tellement bien dans le terreau de tous les fascismes...
Et si, donc, on réglementait tout ça ? Juste pour voir...
Une première chose, à mes yeux, serait d'éviter, dans un vrai système démocratique, que quiconque puisse faire carrière en politique. Parce que c'est une aberration. Parce que le monde des princes est tout de même éloigné de celui du peuple, et, qu'à force, on l'oublie... Alors, déjà, ne faudrait-il pas empêcher tout politique de faire plus de dix ans de mandats (d'un coup, ou en cumulé, peu importe). Juste histoire de dire qu'au bout de dix ans (ce qui n'est pas négligeable), les princes aillent s'aérer, puissent faire autre chose (gardien de parking, garagiste, toiletteur pour chien, cueilleur de fraises...).
De plus, imaginons-nous notre dentiste ou notre docteur avoir trois ou quatre cabinets au quatre coins de la France ? Non, ce serait absurde ("bonjour madame, je voudrai un rendez-vous, en urgence, s'il vous plaît ?" "Bien sûr monsieur, je regarde... Le docteur est là demain matin entre 11h et 13h... Il a 140 rendez-vous... ça devrait aller..."). Alors pourquoi accepte-t-on que les princes qui nous gouvernent aient la possibilité de cumuler leurs mandats (avec les avantages, et les salaires qui vont avec...). Comment M. Estrosi (le merveilleux et extraordinaire maire de Nice et, accessoirement super pote de Nini Premier) arrive-t-il à faire correctement son travail de député, de maire de Nice, de conseiller général des Alpes-Maritimes et de président de la communauté d'agglomération Nice Côte d'Azur, tout ça en même temps...?
Et puis, tiens, pendant qu'on y est, et si on imaginait des princes qui nous gouvernent non rémunérés ? On les défraierait bien sûr, on pourrait leur filer un gentil appartement de fonction (parce que les pauvres, souvent, vivent dans des taudis insalubres avant leurs mandats, il faut bien l'avouer...), on les exonérerait d'impôts et même, tiens, on leur offrirait un vélo de fonction (avec une garde rapprochée, cela va sans dire...). Et voilà. Pas de salaires les gars... De toute façon, concrètement, que fait Nini premier de son salaire ? Que doit-il payer ? Vous n'allez tout de même pas me dire qu'on lui file, en cadeau, 3000 euros d'argent de poche par mois comme ça ? Si... Ah bon...
En attendant que ces petites idées soient appliquées, je m'en vais éplucher les programmes des futurs monarques... Alors, voyons, qui vais-je choisir... Allez, soyons fous... Et si je contactais Clotilde de Libertas, pour qu'elle me chante les louanges du Noble à grosse bagouse père de 75 enfants ?
18 mai 2009
Stockhom errence n°4
Toujours des photos que j'aime bien, prises ça et là, dans cette ville délicieuse...
Et n'oubliez pas, bande de gens, que vous pouvez vous abonner à ce blogue, par l'intermédiaire de la newsletter (juste là, à gauche... Non, pas cette gauche ! L'autre gauche, là... Voilà !). N'oubliez pas qu'un gentil (ou un méchant) commentaire fait toujours plaisir à votre hôte (bon, ça fait plus plaisir quand c'est gentil, mais bon, on ne va pas chipoter !)...
17 mai 2009
De l'art du consanguinage...
On nous a souvent narré, lors de nos cours d'histoire à l'école, le danger et l'horreur des rois consanguins. Je me souviens des images de ces monstres blanchâtres et baveux qui apparaissaient alors dans mon esprit enfiévré et enfantin... Jusqu'alors, je n'en avais jamais vu en vrai...
Or voilà qu'aujourd'hui pointent leur nez les élections européennes, dont tout le monde, à commencer par les médias eux-mêmes, se fout (et c'est bien dommage tout ça...). Et voilà qu'aujourd'hui, au fond de ma boite mail, je reçois de la propagande de Philippe de Villiers, qui, s'alliant au leader de Chasse, Pêche, Blaireaux et Traditions, a monté de ses petites mains bagueuses et nobles, la liste Libertas.
Armés de moult bonnes intentions, les petits troubadours et vilains du Baron ont concocté une petite merveille de visuel, afin que les gueux puissent, eux aussi, partir en croisade, par le biais d'internet, en apprenant à se servir de cet outil magique.
Je vous laisse savourer la merveille. Notez en passant le joli décor : tee-shirt de campagne jeté négligemment bien droit sur le canapé, casquette de rappeur au nom du maître, tracts en éventails au premier plan et, à gauche de Clotilde, un objet blanc indéfinissable, qui évoque, sous certains angles, une croix gammée... N'hésitez pas à déboucher deux ou trois bières avant. C'est encore plus drôle ! ça vaut son pesant de bretzel... A toi Clotilde, qui, sans nul doute, doit être la préférée du Seigneur...
12 mai 2009
Stockholm, errence n°3
11 mai 2009
De l'art de faire une suite
En 2001, Richard Kelly réalisait son premier long métrage intitulé Donnie Darko. Oeuvre obscure et difficilement résumable, elle acquit, par le bouche à oreille, et en quelques années le statut rare d'oeuvre culte auprès d'aficionados, rarement habitués à un film d'une telle densité.
L'histoire mettait en scène le tout jeune et excellent Jake Brokeback Moutain Gyllenhaal dans le rôle d'un lycéen passablement perturbé, dont l'ami imaginaire (?), un homme déguisé en lapin, lui révélait que la fin du monde allait se dérouler dans 28 jours, 6 heures, 42 minutes et 12 secondes. Nous sommes dans une petite ville de Virginie, aux États-Unis à la fin des années 80. Autour de Donnie se tissait toute une galerie de personnages, allant de la professeure de français novatrice (fabuleuse Drew Barrymore, qui a co-produit le film) au gourou d'une pseudo philosophie positiviste (génial Patrick Swayze) en passant par des parents middle-class un peu dépassés mais attachants, une psychiatre d'une grande sensibilité ou encore une professeure conservatrice, adepte du gourou susnommé et responsable d'un groupe de danse auquel appartient une des soeurs de Donnie, prénommée Samantha (on comprendra plus loin pourquoi je la cite).
Un scénario impeccable et plein de méandres, une BO des années 80 à faire fondre (INXS / Echo and the bunnymen / Tears for Fears...), une maîtrise de la caméra impressionnante, une photographie et une lumière magnifiques, le tout servi par des comédiens impressionnants et une direction d'acteurs royale.
Tandis que Richard Kelly continuait sa carrière et mettait au point son deuxième long métrage (le fort injustement décrié Southland Tales, massacré à Cannes en 2006, et qui n'a connu qu'une pauvre sortie DVD en mars 2009 dans nos contrées), voilà-t-y pas que des producteurs aux dents longues eurent la pâle idée de vouloir faire une suite à Donnie Darko, qui n'en appelait aucune... ça a donné S. Darko...
Rien qu'au visuel de l'affiche, on aurait dû se méfier. ça sentait déjà le gros pompage inutile... Le résultat est bien pire...
Nous sommes donc 7 ans plus tard. La toute jeune Samantha Darko, soeur de Donnie, donc, qui a pris 7 ans de plus (logique... L'actrice ayant un peu grandi entre les deux films...) s'est enfui de chez elle. (Bien pratique tout ça, parce qu'à part Daveigh Chase, qui jouait donc le rôle de Samantha dans le premier opus, personne n'a dû vouloir se fourvoyer dans cette séquelle...) Voilà donc notre midinette qui se retrouve coincée dans une ville obscure à la suite d'une panne de voiture. Et, comme par hasard, il va se passer tout plein de choses étranges qui ont un vague rapport avec ce qui était arrivé à Donnie, son frère...
Disons-le tout net, ce film est raté. Parce qu'à part une photographie et une lumière plutôt soignée, tout le reste est piètre, à commencer par les acteurs eux-mêmes qui ne semblent pas bien convaincus par le film (palme spéciale à l'enfant prénommé Billy qui s'entête piteusement à refaire le regard de Donnie). Il faut dire que le scénario est une relecture de Donnie Darko, par la Sélection du Reader's Digest... Ainsi, toute l'intrigue repose sur de pauvres voyages dans le temps, dont on se fout un peu royalement....
L'horreur ne s'arrête pas là. Le film pompe intégralement des plans ou des scènes entières du film de Richard Kelly en changeant juste deux ou trois trucs, histoire de dire (l'incendie de la maison du gourou est remplacé par celui d'une église / la fête des adolescents, avec ses ralentis et ses accélérés est reprise telle quelle / la fête d'halloween est remplacée par le 4 juillet / le gourou pédophile est remplacé par un prêtre pas clair / la vielle bigote est remplacée par... une jeune bigote ! / le trou fait par le réacteur d'avion est maintenant fait par une météorite / le masque de lapin est repris et customisé / Donnie le somnambule est remplacé par... Samantha la somnambule...). Et lorsqu'il veut faire plus original, le film de Chris Fisher (c'est lui le fautif...) va plagier des plans du côté des séries cultes comme Carnivale (merci l'arbre sec et tordu) ou Twin Peaks (merci la ballade de Samantha Darko, en tenue de nuit, sur des rails). Cerise sur le gâteau, on trouve même une météorite qui donne des boutons étranges et qui rappelle le tout pourri sketch de Creepshow avec Stephen King ou le Men in Black de Barry Sonnenfeld... Le tout lorgnant sur un esthétisme sataniste de pacotille qu'on croyait définitivement enterré depuis la scène finale entre Johnny Deep et Emmanuelle Seigner dans La neuvième porte de Roman Polanski (mais si... Rappelez-vous cette scène hilarante involontairement où Emmanuelle Seigner fait l'amour à Johnny Deep, avec des flammes à l'arrière-plan...).
Finalement, le seul atout de S. Darko, c'est de nous donner envie de revoir encore et encore Donnie Darko... Ce n'est pas mal diront certains... Mais, bon, c'était inutile de dépenser tant d'argent pour nous le dire... Une simple mail aurait suffi...






