Mes humeurs à moi

"Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le Pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit." Daniel Mermet

27 avril 2009

Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon (2006)

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Depuis quelques années, on a accepté, avec une certaine résignation, que le cinéma français se soit réfugié dans la comédie de masse. C'est rentable, ça ne demande pas une réalisation élevée (qui chantera le plaisir du champ-contrechamp ?...), la caméra peut être tenue par un vague stagiaire malvoyant, manchot et épileptique, le scénario s'écrit rapidement, on se fout des dialogues, pourvu qu'il y ait des phrases cultes dont on pourra arroser le public avant même la sortie du film ("toi aussi, retrouve sur ton portable les répliques cultes à la con..."), et les acteurs peuvent envahir à loisir les plateaux télé pour nous raconter combien l'ambiance était extraordinaire sur le plateau, et que vraiment, à la lecture du scénario, ils ont senti le potentiel du film, qui, au delà de la simple comédie, est avant tout (au choix) une dénonciation du racisme / un appel à la tolérance / une invitation à l'ouverture sur l'autre / une dissociation de l'être et du néant / un flime qui arrache sa race / un superbe moyen pour s'enrichir en flattant les masses...

Et puis, un jour, par hasard, on tombe sur un vrai film qui a un truc à dire, un film qui raconte la vie comment elle va, qui parle de choses qui nous touchent tous, à savoir le quotidien d'une famille de 5 personnes face au temps qui passe...

ça s'appelle donc "le premier jour du reste de ta vie" (référence à une chanson d'Etienne Daho de 1998) et ça a été écrit et réalisé par Rémi Bezançon, et c'est vraiment bien. Une histoire en cinq parties qui se déroule sur une quinzaine d'années et qui laisse la part belle, à chaque fois, à un des cinq personnages de la famille (Marie-Jeanne, la mère, qui se voit vieillir et qui voit avec difficulté grandir ses enfants / Robert Duval , le père, en conflit avec son père, qui ne l'a jamais vraiment considéré comme il aurait voulu l'être / leurs trois enfants, Albert, Raphaël et Fleur, qui tentent de grandir comme ils peuvent, de trouver leur chemin, leurs projets...); un scénario malin et touchant, qui sait jouer avec l'ellipse quand il le faut, qui alterne joyeusement scènes hilarantes, scènes bouleversantes et scènes de la vie quotidienne ; de vraies idées de mise en scène (il faut voir, par exemple, comment les scènes de flash-back sont réalisées... Elles valent, à elles seules, un vrai coup d'oeil) ; et puis, et puis... Des acteurs excellents (Zabou Breitman et Jacques Gamblain sont tout simplement extraordinaires dans le rôle de ces parents qui regardent et qui constatent le temps qui passe), une bande originale vraiment bien choisie (Divine Comedy, Bowie, les Doors, Lou Reed, Janis Joplin...), une photographie et une lumière vraiment impeccable...

Un film à déguster sans modération avant, ou après (au choix) l'extraordinaire film québécois C.R.A.Z.Y de Jean-Marc Vallée, sorti, d'ailleurs, la même année.

Sinon, si vous préférez les comédies merdiques, n'hésitez pas à vous louer Disco de Fabien Onteniente.  Photo immonde, personnages à la con, dialogues pourris, acteurs laissés en roue libre (hormis le fric, qu'est-ce qui a pu motiver Isabelle Nanty ou Emmanuelle Béart à se fourvoyer là dedans ? N'ont-elles pas honte ? Ne devrait-on pas les fouetter avec des spaghettis al dente, tandis que passerait, en boucle "le petit bonhomme en mousse" de Patrick Sébastien ?), scénario honteux et arrosage médiatique conséquent...  Une vraie leçon de médiocrité...

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26 avril 2009

Stockholm, errence n°2

Les réalités se déforment toujours au contact d'autres mondes...

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25 avril 2009

De l'art de laisser une grosse empreinte...

Mon cher Nini, ultra Président de tous les français, voire du monde, de la galaxie et bientôt de l'univers tout entier

ça fait longtemps que je ne t'ai pas écrit. Mais je me suis dit que je n'allais pas t'importuner pour des broutilles... Et puis, je sais que tu as du boulot, parce que, sauver le monde, mine de rien, ça prend du temps. M'enfin, tout de même, je vois le temps qui passe, et je me dis que nous n'en avons plus tant que ça, du temps avec toi. Bon, bien sûr, je me doute bien que tu as pour projet de t'incruster à l'Elysée encore pas mal de temps, mais, bon, un impondérable est si vite arrivé. Et, je songe, avec angoisse et sueurs fraîches, qu'aux prochaines élections, tu pourrais te retrouver hors circuit. Imagine qu'un gaucho aux pieds qui sentent te carotte ton titre. Ou pire, un de tes amis de droite te poignarde dans le dos, et prend ta place...

Bref, il est temps d'agir. Car, comme tu nous le rappelles si bien, tu as été élu pour agir, et non pas pour te couper les ongles au bord du bidet de ta salle de bain, pour soigner ton brushing (toujours aussi merveilleux soit dit en passant) ou pour faire des bains de boue et d'argile verte du Guatemala.

Voilà ce qui m'amène Nini. Comme tu le sais, chaque président de la Cinquième République a laissé son empreinte dans cette terre glaireuse et malléable qu'est la France. Georges Pompidou, à qui on a un brin forcé la mimine, nous a pondu le Centre Beaubourg ; Valéry Giscard d'Estaing nous a laissé les Jardins de la Villette ("et Vulcania", ajouta le bougre de sa voix chevrotante et chuintante, tout en nous assénant un air d'accordéon) ; Mitterand, lui, s'est lâché carrément, puisqu'on a eu un pack "Arche de la Défense / Grande bibliothèque / pyramide du Louvre" (dont il faut lire, pour cette dernière, l'analyse faite par le fumeux Dan Brown, dans son boursouflé DaVinci Code, à propos de ses 666 facettes...) ; quant à Chirac, il nous a construit, il y a peu, le musée des Arts Primitifs du quai Branly...

Et oui, mon Koko, dont je suis prêt à laper pompeusement les espaces interdigitaux des pieds, tu me vois venir... Que vas-tu donc nous laisser de ton passage ? Il ne te reste plus que trois ans pour envisager un Grand Travail (je ne mets pas au pluriel cette expression, sachant que tu n'as pas que ça à faire) qui marquera à jamais les générations pour les siècles et les siècles à venir.

Afin de t'aider (tu connais ma bonté légendaire à ton égard) j'ai pensé à quelques trucs. N'hésite pas à prendre des notes...

1- Une grande statue de toi, à la Staline, comme à la grande époque. Après tout, nous manquons d'idoles, et l'idée d'une telle oeuvre devant laquelle se prosterner à de quoi tous nous combler.

2- Une nouvelle et grande cinémathèque (rayez la mention inutile) Luc Besson / Christian Clavier / Jean Reno qui pourrait nous faire (re)découvrir le génie de ces trois bienfaiteurs de l'humanité du cinéma, tout en organisant de grandes et belles rétrospectives sur, par exemple, le film troupier avec Claude Zidi (dont il faut revoir l'inénarrable Les bidasses en folie), Max Pecas (dont on ne se lasse pas du fabuleux Embraye bidasse ça fume) et de Robert Lamoureux (la septième compagnie est encore dans nos coeurs) ou, encore par exemple, sur le film érotique de la mort qui tue (on pourrait programmer le sublime Good bye Emmanuelle de François Letterrier avec son incroyable exotisme torride, le croustillant et brumeux Tendres cousines du regretté et flouté David Hamilton et le titanesque et délirant Histoire d'O, de Just Jaeckin...). Mais ce ne sont là que des suggestions...

3- Un immense auditorium (rayez la mention inutile) Carla Macias / Enrico Labrunie dans lequel on pourrait accueillir la fine fleur de la chanson française (Miss Dominique / Mireille Matthieu / Didier Barbelivien / Eric Serra...) et internationale (Jon Bon Jovi / ...) et où le sublime croiserait le fer avec le délirant. On pourrait y organiser un festival Starmania, des fêtes du jus d'orange (c'est comme une fête de la bière, mais avec du jus d'orange, vu que tu ne bois pas d'alcool ! C'est moins vomitif, mais ça a du charme...),

4- Un aéroport galactique : En fait, c'est pareil qu'un aéroport international, mais ça en jette plus et ça fait plus futuriste.

5- Un nouveau Grand théâtre (rayez la mention inutile) Sim / Jean Lefebvre / Philippe Bouvard dans lequel on ferait des rétrospectives de "Au théâtre ce soir" et des reprises de "Laisse faire Nini" (avec feu Jacky "Polident" Sardou... Un délice...).

6- Un timbre gigantesque à ton effigie de 6 mètres sur 2, à coller sur une grosse lettre. Tu pourrais aussi en profiter pour créer de grandes boites aux lettres destinées à recevoir ces lettres (certes inutiles, mais tellement amusantes !).

7- Giscard nous a créé Vulcania en Auvergne. A toi de trouver une catastrophe pour nous claquer un parc à thème : au choix Tsunamia / Tremblement de terria / Avalanchia / Cyclonia / Cassoulia / Choucroutia / Rolexia / Corsica / Banania...

Voilà mon ptit poulet. Je te laisse sur ces belles réflexions. Je continue à me creuser la cervelle. Compte aussi sur les lecteurs de ce blogue pour te donner des idées. Car ils ne manqueront pas de laisser des centaines de commentaires.

Bisous moites à ta chère et tendre. Et n'hésite pas à tondre ton fils Jean. Avec ses longs cheveux blonds filasses, on dirait un Bee Gees... ça fait mauvais genre !

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24 avril 2009

Stockholm, errence n°1

Attentes d'aéroports...

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09 avril 2009

De l'art de copier discrètement en espérant que personne ne le voit...

Vous connaissez tous mon aversion contre les dessins (in)animés de Walt Disney, avec leurs bons sentiments qui puent des pieds, leurs chansons mièvres et dégoulinantes de bonnes intentions, leurs personnages à la psychologie qui tient sur un timbre poste, leur simplification à l'extrême des contes de Grimm (relisez, par exemple la fin de Blanche-Neige, où la méchante reine, qui assiste aux noces du beau prince et de Blanche-Neige, est punie ainsi : "Mais déjà on avait fait rougir des mules de fer sur des charbons ardents, on les apporta avec des tenailles et on les posa devant elle. Alors il lui fallut mettre ces souliers chauffés à blancs et danser jusqu'à ce que mort s'ensuive". Jetez aussi un oeil du côté de la fin de Cendrillon et sur le sort réservé aux deux vilaines soeurs, au moment des noces de Cendrillon : "Alors les colombes vinrent crever un oeil à chacune d'elles. Ainsi pour leur méchanceté et leur perfidie, elles furent punies de cécité pour le restant de leurs jours.") et leur anthropomorphisme insupportable et systématique dès qu'on a le moindre animal ou le moindre objet à l'écran (oh ! une tasse parlante ! Oh ! Une théière chantante ! oh ! un fouet enchanté ! Oh ! une ortie urticante !).

Si vous êtes comme moi, ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille de jeter un oeil sur ce petit montage de différents Walt Disney (Robin des bois, les aristochats, le livre de la jungle, Blanche-Neige...) très justement intitulé "Ressemblances dans les films Disney"... Comme quoi, parfois, on peut refaire la même chose sans que ça se remarque... Impressionnant...

http://www.koreus.com/video/disney-ressemblance.html

Vous connaissez aussi tous mon aversion pour les films écrits et/ou réalisés par Luc Besson. Je déteste son humour de beauf, son mépris pour le reste du cinéma sous le tout pourri prétexte que la critique n'apprécie pas son cinéma à lui, sa manière de manier les clichés les plus éculés (le japonais est fourbe et pratique les arts martiaux, les italiens mangent des pâtes et ont des grosses mamas pour mère, le gouvernement est gangrené et régi par des ordures et des magouilleurs...), son image de la femme (qui n'est qu'une bien pauvre vision biblique : la femme est divine comme Marie ou séductrice, tentatrice et dangereuse comme Marie-Madeleine...) et sa manière systématique de pomper toutes ses idées ailleurs sans le dire, bien entendu (Léon n'est qu'une relecture de Lolita de Nabokov, avec des plans entiers piqués dans le Silence des Agneaux, lorsque Léon s'évade ; Le cinquième élément n'hésite pas à mettre Bruce Willis en débardeur, comme dans Die Hard 1, à lui faire conduire le même taxi que celui extrait du film d'animation Métal Hurlant des années 80, à repomper des scènes de Stargate...).

Si vous êtes comme moi, ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille de jeter un oeil sur cette petite parodie de l'ami Mozinor, qui aligne bout à bout des films de Luc Besson, et qui nous démonte, de manière hilarante, le système d'écriture du patron d'Europa Corp... A voir et à conseiller à tous ses amis...

http://www.koreus.com/video/mozinor-europacorp.html

Sinon, rien à voir, mais n'hésitez jamais à me laisser un commentaire (ça fait plaisir, je vous assure) et n'oubliez pas que vous pouvez vous inscrire à la newsletter de ce blogue qui vous informera instantanément des nouveaux post... Magie et joie absolu en un simple geste...

Posté par esteban à 09:14 - La chronique est ton amie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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