30 mars 2009
De l'art de couper court à toute discussion...
Apparu il y a une trentaine d'années, le slasher est un sous-genre du cinéma d'horreur. "To slash" signifiant trancher, couper, le slasher désigne un type de film où un tueur psychopathe va s'efforcer de tuer, un à un, toute une bande de jeunes adultes, à grand renfort d'armes blanches ou apparentées : machette, couteau, perceuse, pioche, hache, coupe-ongles (euh, non, pardon, je dois réviser mes fiches !)...
Le premier vrai slasher est certainement Black christmas de Bob Clark tourné en 1974. Mais ce dernier film n'a pas été retenu au profit de Halloween (1978) de John Carpenter (qui a eu droit à tout un tas de suite et à un remake pas trop honteux de Rob Zombie, contrairement au précédent qui n'a eu droit qu'à un remake en 2006, probablement pâlichon...) vite suivi de Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham (qui a tout de même bénéficié de 9 suites, d'un cross-over avec l'ami Freddy Krugger, le charmant tueur aux griffes d'acier, et d'un remake tout récent...).
C'est vraiment Vendredi 13 (pourtant fort médiocre dès le premier opus, mais très fun au septième degré) qui jette les bases du slasher : une bande de jeunes idiots, souvent très portés sur la fête, les joints et le sexe, vont faire du camping là où il ne faut pas (et ce malgré les avertissements d'un vieux fou), ou visitent des maisons maudites (les petits inconscients !) et se font trucider un à un. Aucune notion de réalisme n'entre en jeu : les corps disparaissent comme par enchantement et le tueur est invulnérable. Il résiste aux chutes de 50 mètres, aux balles, au feu et même à la vision de la Star Academy... A tout on vous dit... Et lorsqu'on arrive enfin à le tuer (en insistant franchement, on y parvient...), ce dernier n'hésite jamais à ressusciter (Vendredi 13 n°6 : Jason le mort-vivant ; Souviens-toi l'été dernier n°3 ; Les griffes de la nuit...).
Le genre s'est ensuite décliné en n'importe quoi (la voie était bien ouverte avec Vendredi 13) et le pire a côtoyé le tout pourri, en pastichant, la plupart du temps, ce qui avait déjà été fait.
C'est Wes Craven, aidé du scénariste Kevin Williamson, qui a remis au goût du jour le genre avec les trois Scream (dont on ne retiendra que le premier, qui reste intéressant, avec, entre autre, sa première scène hommage à Terreur sur la ligne de Fred Waltson, de 1979, et dont il faut brûler le merdique remake de 2006). La déferlante a alors eu lieu, et Hollywood s'est engouffré dans la brèche. Résultat : 3 Urban Legend, 3 Souviens-toi l'été dernier, une pluie de remake des machins kitsch des années 80... Et tout comme dans cette période, le genre s'est dégonflé tel un soufflé...
Heureusement, quelques réalisateurs ont su renouveler le genre, quelque peu engoncé, et limité, pour en tirer des oeuvres très intéressantes. On peut penser, bien sûr, à Wolfcreek de Greg McLean que j'avais eu l'occasion de chroniquer voici deux ans.
Pour les amateurs, voici deux perles dénichées spécialement pour vous, qui mettent vraiment la barre un peu plus haut que d'habitude (ce n'était pas difficile, mais tout de même...).
On commence par ce Cold Prey (Frit Vilt), venu de Norvège, par le réalisateur Roar Uthaug. On oubliera vite l'affiche ultra convenue et déjà mille fois vue, digne du teenage movie bas de gamme, pour s'attacher au film. L'histoire n'a rien d'original (une bande de jeunes, partie faire du ski hors piste, se retrouve dans un hôtel désaffecté, après que l'un d'entre eux s'est cassé une jambe. Évidemment, l'hôtel contient un serial killer, sinon, ça ne serait pas drôle !), mais, les personnages, en revanche, sont relativement attachants, avec leurs angoisses et leurs frustrations. L'épaisseur psychologique des personnages se double d'une très belle réalisation, avec une photo très belle, qui rend cet hôtel digne de l'hôtel Overlook de Shinning de Kubrick, avec ses longs couloirs et ses silences.
Bien sûr, on n'échappe pas à quelques trucs pénibles dûs au genre (le méchant qui passe à bloc tel un coup de vent devant l'écran, tandis que le personnage a le dos tourné... Ouh ! Tu as sursauté spectateur, je t'ai vu ! / un meurtre pratiquement sous les yeux d'un autre personnage sans que ce dernier ne voit quoi que ce soit...) mais l'ensemble reste de très bonne facture.
Mystère de la distribution, voilà un autre film complètement inédit sur nos écrans, et qui pourtant aurait mérité de beaux et grands écrans dans notre hexagone. Car s'il ne fallait n'en garder qu'un, ce serait celui-là. "Tous les garçons aiment Mandy Lane" est une pure merveille, pour peu que vous aimiez le genre. En deux mots, l'histoire raconte le week-end de Mandy Lane, superbe jeune fille que tout le monde désire, et qui se retrouve invitée dans un ranch. Mais, bien entendu, le week-end tourne au cauchemar... Voilà LE slasher le plus intelligent qui soit, avec des personnages qui, pour la première fois, nous montrent vraiment tout le malaise que peuvent traverser les adolescents. Outre l'exceptionnelle épaisseur psychologique (avec une mention pour Amber Heard, alias Mandy Lane), le film (qui fait, entre autre, référence à Carrie, de Brian de Palma) bénéficie d'une photographie exceptionnelle, d'une lumière à tomber et d'une superbe réalisation.
Voilà les amis, c'est tout pour aujourd'hui, vous savez ce qui vous reste à faire... Bon, sinon, le remake USA de Bienvenue chez les Ch'ti ne devrait pas tarder... Vous avez hâte ? Moi aussi... J'en frémis d'avance... A moins qu'on ait l'exceptionnelle et grandiose chance que Dany Boon tourne le 2 avant... Croisons fort les doigts...
23 mars 2009
En suspension...
Du côté de Montréal toujours. Un lampadaire qui semble flotter au milieu d'une avenue.
21 mars 2009
Une incursion à Montréal
Petite ballade du côté du Mont Royal...
20 mars 2009
De l'art d'étiquetter...
Petit voyage en avion, du côté de British Airways. Un long courrier. 6 heures à s'occuper comme on peut engoncé dans un fauteuil décidément trop petit, mais qui donne l'apparence et l'illusion d'être confortable. Heureusement, les distractions, dans les longs courriers sont multiples. On peut se battre contre le voisin de devant qui s'échine à baisser son siège et à réduire considérablement votre espace vital (qui n'était déjà pas si grand, eut égard au fait que vous devez partager vos accoudoirs avec vos voisins) ; on peut avaler moult nourritures surprenantes, servies dans des barquettes tellement microscopiques qu'elles feraient passer la dînette des petites filles, pour des plats sorties tout droit de la cour de Louis XIV (sans compter qu'il faut serrer les coudes à mort pour ne pas bousculer les voisins de gauche et/ou de droite) ; on peut boire (qui n'a pas encore fait l'expérience de l'alcool en altitude n'a rien connu...) ; on peut voir des films récents sur des écrans 3 pouces, ou jouer, sur ces mêmes écrans, à des jeux aussi excitants que le solitaire, le Mah Jong ou le poker ; on peut tenter de dormir, grâce à l'échantillon d'oreiller fourni avec le siège, tout en se recouvrant de la ridicule (et fort fine) couverture gracieusement prêtée ; on peut, enfin consommer... Et c'est là où je voulais en venir.
Car le temps du Duty Free est un pur moment de folie. Notre petite carte de crédit nous offre soudain un monde de bonheur et d'enchantement, constitué de parfums de grande marque, d'ours en peluche, de carrés de soie, de montres bling-bling et de cigarettes, comme dans la vraie vie, donc, mais MOINS CHER ! Et donc, me voici, dans mon siège, achetant une cartouche de cigarettes au steward blasé. Le dit steward, donc, me tend l'objet de ma convoitise, tout en me montrant une photo qui orne ma cartouche, et me dit, en anglais, que c'est ça, en gros, qui va m'arriver. Mes yeux tombent sur la photo... Horreur... Un homme, en gros plan, arbore une grosse et bien cradasse tumeur à la gorge. C'est monstrueux, et tout rouge aussi... Un truc dont le Guiness des records aurait bien voulu dans la section "maladie répugnante et écoeurante". Après avoir giflé violemment le steward pour sa remarque déplacé, je range ma cartouche dans mon sac, me promettant de me débarrasser, au plus vite, de cette photo immonde...
En France, aujourd'hui, contrairement à nos amis étatsuniens et anglais, nous n'avons pas encore mis des photos anti-tabac sur nos paquets de clopes. Mais, je ne m'en fais pas, nous allons y arriver...
Je ne suis pas persuadé de l'impact de ces photos. Le gore peut, bien sûr, calmer quelques uns d'entre nous, mais je suis convaincu que notre cerveau connaît des tonnes de système de déni bien élaborés. Enfin, bon, pourquoi pas... Après tout... Mais, je pose alors la question. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas coller, sur les bouteilles d'alcool, de jolies et ravissantes photos de cirrhose du foie ? Et puis, tiens, pendant qu'on y est, et si on collait sur les carrosseries des voitures des clichés d'accidentés de la route, et de bien gros messages de prévention, genre "LA VITESSE TUE", ou encore "LA BAGNOLE DONNE LE CANCER ET POURRIT L'ENVIRONNEMENT". On pourrait même coller, sur les fast-food, de bien belles photos d'obèses, avec des messages comme "VOILA CE QUI VOUS ATTEND..." J'avais également pensé à coller sur les réacteurs nucléaires des portraits de cancéreux de Tchernobyl, et à des messages simples comme "LE NUCLÉAIRE PEUT GRANDEMENT NUIRE A LA SANTÉ" écrit en noir et en gros.
Cessons l'hypocrisie une fois pour toute. Soit on fait de véritables actions de prévention de la santé, sans tenir compte des lobbies, soit on n'en fait pas. Il y en a assez des demi-mesures. D'accord pour taper sur la clope, mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Et là, je vous garantie qu'il n'y a aucune mauvaise foi dans ce post...
11 mars 2009
Un ptit zeste de vulgarité, juste en passant...
Nice est une ville merveilleuse. Si vous organisez une manifestation et que vous disposez d'un bon budget publicité, vous pouvez bénéficier d'une somptueuse couverture médiatique avec de très jolies affiches d'un goût sûr et délicat. Jugez plutôt, avec cette campagne pour la Foire de Nice, genre de foire fourre tout où on peut acheter et visiter un peu tout et n'importe quoi...
Voilà. C'est simple, c'est frais et c'est drôle. Le public de TF1 adore déjà. Et faisons fi des pisse-froids qui vont encore y voir une chosification des corps, ou encore un cynisme publicitaire qui, une fois de plus, affirme, en cadrant les poitrines et en coupant les têtes, qu'il n'est absolument pas intéressé par notre cerveau, notre réflexion ou encore notre culture...
Bon, il faut absolument que j'aille faire réchauffer mon chaudron à goudron... Et pendant que ça bout doucement (il ne faudrait pas que ça attache au fond...), je vais aller me capturer des pigeons pour renflouer mon stock de plumes... Dès que c'est prêt, j'irai sonner en bas de chez le créatif responsable de ce machin...
10 mars 2009
De l'art de l'hypocrisie
Cher Univers Sale, cher EMI, et les autres...
J'ai appris avec horreur et damnation que 20 % des français déclaraient télécharger illégalement des oeuvres à vous et à d'autres... Mon dieu, dans quel monde vivons-nous ? Moi qui croyait naïvement qu'on avait créé des graveurs, des clés USB de dizaines de gigas, des disques durs internes et externes à mémoires pharaoniques, juste pour entreposer et stocker des films de vacances à la Bourboule ou à Saint-Sanson-la-Poterie (une charmante bourgade du côté de la Normandie, avec un bar-tabac ravissant...).
Quand je pense que c'est à cause de ces vils pirates qui sentent des pieds (et qui votent sans aucun doute à gauche... Beurk !) que toute l'industrie du film et du disque s'effondre. Oui, soyons clairs, vous les grosses majors, vous aviez uniquement des buts philanthropiques, une haute idée de la culture et des démarches belles et généreuses envers les consommateurs. Jamais il ne vous serait venu à l'esprit, avant l'êre d'internet, de mettre à bas des éditeurs indépendants, ou de mépriser les consommateurs en leur vendant des DVD au pressage moisi, claffis de bonus affligeants où se heurtent en vrac des making-off auto-promotionnels, des bandes annonces dont on n'a que foutre, des scènes coupées qu'on a bien fait de couper et des galeries de photos inutiles.
D'autant que vous avez toujours promu la qualité en même temps que les prix bas et accessibles pour tous... Comment comprendre alors que ces pirates se comportent comme des gros ingrats. Car c'est bien d'ingratitude qu'il s'agit, quand on note tous les efforts que vous faîtes.
Et puis, disons-le tout net, jamais il ne vous serait venus à l'idée de virer comme des malpropres votre personnel. Vous étiez même prêts (je le sais, parce que je vous sais bon, profondément bon) à endiguer le chômage, à embaucher à tour de bras, à augmenter les salaires... Mais voilà que de répugnants pirates baveux à la libido en bandoulière vous ont obligés à réduire vos effectifs. Salauds de pirates.
Heureusement, mes amis, les Princes qui nous gouvernent sont de votre côté, et vous pouvez comptez sur eux pour nous pondre moult lois et remettre un peu d'ordre dans tout ça... On va les jeter dans des bains d'acides les pirates, on va leur couper les doigts (bien malin qui peut télécharger s'il n'a plus que des moignons pour pianoter sur internet !)...
N'oubliez jamais que je vous aime, mes grosses Majors d'amour, et que toujours, je serai à vos côtés, à pleurer le destin de Madonna qui n'a engrangé que 250 millions de dollars l'année dernière.



