29 octobre 2008
De l'art de faire du vent
Sondage crétin pour le magazine français tout pourri VSD (Vieux Sale et Débile je suppose ?) : si la France votait aux élections étasuniennes, Obama obtiendrait 81 % de suffrage. TREMBLE John Mac Cain ! Les français ont un grand, que dis-je, un colossal, un terrible, un titanesque, un cyclopéen pouvoir aux élections de ton pays !
Voilà un sondage bien inutile (pléonasme). D'autant que lorsque le peuple français vote pour du vrai, il élit Sarkozy... C'est dire...
27 octobre 2008
De l'art d'occuper son week-end...
La collection a toujours été un passe-temps fascinant. Faisons fi des timbres et autres capsules de bières pour nous rabattre sur des collections disons plus encombrantes, telles que les boites de panettone (ce merveilleux gâteau italien un rien bourratif) ou les meubles rococos.
Un vrai collectionneur est d'abord, et avant tout, un passionné, intarissable sur son sujet de prédilection, et qui vous parle de son hobbies les yeux pétillants. Et tant pis si ce passe-temps ne vous intéresse pas plus que ça. Vous lui avez posé une bête question et le voilà vous déballant son tableau de chasse intégral, un peu comme ces couples qui vous montre les 3542 photos de leur dernier voyage au Mexique (avec des gros plans sur le lit et la chambre d'hôtel pour vous montrer combien c'était chouette).
Bien sûr, si on peut être collectionneur d'objets, on peut aussi l'être d'exploits, comme ces merveilleux Iron-Men (et Women, ne les oublions pas), qui prennent un malin plaisir à collectionner les souffrances en tout genre, tels des Christs modernes, et qui n'hésitent pas à courir un marathon après avoir fendu les flots sur quatre kilomètres, et avoir chevauché leur bicyclette pendant une centaine d'autres.
Dans toute collection, on trouve, souvent, un aspect kitch, une saveur laide et inimaginative. Et c'est un peu ce qu'on pouvait retrouver dans ce rassemblement dédié au tunning du côté de Collomars, près de Nice, hier et avant-hier.
Oui, je sais, je me moque, et ce n'est pas très chrétien tout ça, mais que voulez-vous... Quand on se retrouve face à la caricature, on se sent obligé de tout regarder au deuxième degré.
Petite visite, donc, au musée du mauvais goût, le temps d'un post...
Commençons par cette merveille venue tout droit des Bouche-du Rhône, avec ses grosses baffles prête à cracher une purée de 2014 watt, genre "Ultra-tunning 4, la compil' officielle de ceux qui sont des hommes, des vrais, et qui écoute, tout fort, de la musique virile". Notez le bon goût de l'ensemble avec ce casque anti-feu et ces délicieuses petites miniatures de camions de pompiers. Le tout dans un décor bleuté qui doit clignoter à coup sûr dès que les symphonies mélodiques retentissent et que le véhicule vrombit tranquillement le long des routes.
Plaisir des yeux, ravissement de l'oreille, le machin vrombit joyeusement sur les chemin et fait fi de la crise pétrolière et de la couche d'ozone.
Mais voilà une autre merveille, mesdames, messieurs. Notez le goût artistique prononcé de l'heureux propriétaire de ce véhicule, avec ce mirifique scorpion tout de métal, ces baffles toujours plus vibrantes, et surtout, surtout, son tube de nitro, qui vous permettra d'aller encore plus vite (ça me rappelle, au passage, l'histoire récente de cet étatsuniens crétin, qui a fixé un réacteur d'avion à sa voiture. Faut-il préciser que la dite voiture a plus ou moins décollé avant de s'écraser sur une paroi rocheuse ? Faut-il en plus préciser que l'imbécile heureux a terminé sa vie ce jour-là ?).
Toujours dans le bon goût et la discrétion, notez, mesdames, messieurs, les délicates et raffinées couleurs qui ornent ces véhicules-ci. L'avantage, me direz-vous, c'est que si vous vous baladez en forêt, vous ne risquez pas d'avoir un chasseur idiot qui vous tire dessus.
Originalité des formes donc, et fraîcheur des coloris, ce sont les maîtres mots de ces véhicules du futur, tout droit sortis d'un cerveau malade prêt à faire mourir de dépression un caméléon adulte...
Mais voici maintenant, devant vos yeux ébahis, le clou du spectacle. Tout est raffiné et léger. Voyez l'élégance de ces tigres blancs en peluche et à chapeau texan, les portes du véhicule de gauche qui ne sont pas sans rappeler les voitures volantes qu'on imaginait dans les années 80, la douce fourrure peluchante et moquettée rouge, qui ornerait tout à fait les murs d'une maison close, le pare-buffle du 4x4 de droite, toujours fort utile dans nos contrées niçoises, où il n'est pas rare de se faire charger par des rhinocéros en furie, ou des éléphants nains en rut. Mais, surtout, mesdames, messieurs, relevons cette ultime maestria, qui a consisté à poser, avec amour, une poupée gonflable sur la carrosserie. Humour, quand tu nous tiens...
Qui a dit que la culture n'était pas à la portée de tous ? En tout cas, un rassemblement d'adeptes de tunning, ça vaut son pesant de cacahuètes... ça fait presqu'autant envie qu'une réunion de l'UMP, avec Nini premier, notre président si bon, si grand, qui vient faire un discours...
22 octobre 2008
De l'art du manichéisme
Chaque jour nous apporte son lot d'information qui évacuent celles de la veille et qui ne nous effraient même plus. Un attentat en Israël... Une épidémie de SIDA en Afrique... Une exécution sommaire en Chine... De toute façon, c'est cyclique, ça revient toujours, et nous, les sujets des Princes qui nous gouvernent (et à qui on tend le cou pour qu'ils nous y posent de jolis colliers d'animaux domestiques), on n'y peut pas grand chose... Alors on consomme ces morts déshumanisés réduits à des chiffres et à des statistiques, sans jamais penser un seul instant que, derrière ces chiffres, se cachent des vies, des vies qui ont aimé, qui ont ri, qui ont parlé, qui ont frissonné, qui ont admiré, qui ont écouté de la musique... Bref, des vies comme nous, quoi... C'est ça la magie de l'information...
Avant-hier à Kaboul, une britannique de trente-quatre ans, travaillant pour une ONG, s'est faite assassiner. Son crime ? Elle était chrétienne, et les talibans, ces merveilleux intégristes, n'appréciaient pas. Faisait-elle du prosélytisme ? Même pas. Elle aidait des infirmes... Elle est donc morte parce que des gens ont estimé qu'elle était moins digne qu'eux, parce qu'elle ne prononçait pas le nom de Dieu comme eux, et que ses prières étaient différentes des leurs... C'est ça la magie de l'intégrisme.
Le monde est un objet complexe, qui fait peur à plus d'une personne, parce qu'il est difficile, voire impossible à appréhender dans sa globalité. Alors, pour régler ce problème, certaines personnes ont adopté la morale énoncée par Clint Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand... "Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent..." Il est certain qu'avec une morale pareille, tout se simplifie. Pour peu qu'on rajoute une touche de mysticisme, vous arrivez à résoudre tous les problèmes : il existe deux races d'individus, les élus et les "autres", en sachant, bien entendu, que les "autres" constituent un réservoir d'élus en attente, ou de mécréants en puissance (et qui, dans ce cas, se doivent d'être éliminés). Et si certaines philosophie mystique ont tenté de complexifier la chose (avec le Yin et le Yang, on arrive à quatre possibilités ! Du délire absolu !), on reste tout de même avec une idée sectaire basique.
Bientôt les élections étasuniennes. Le monde retient son souffle. Un noir va peut-être faire son entrée à la Maison Blanche. A l'époque de la saison 1 de 24 heures, un président noir relevait du fantasme délirant, de la science-fiction et de la bonne conscience diluée par Fox. Aujourd'hui, ça va peut-être être une réalité. Tant mieux. On va jouer avec les symboles. Tant mieux. ça nous consolera vaguement, nous les français, d'avoir Nini Premier à la tête de la France. Tant mieux. Mais, à chaque élection étasunienne, je ne peux pas m'empêcher de penser à deux choses. 1- D'où vient cette fascination pour les élections étasunienne (presque deux ans qu'on nous bassine avec ces élections), alors même qu'on se contrefout des élections ailleurs dans le monde (et que nos amis étasuniens se contrefoutent des élections françaises) ? 2- D'où vient ce malaise qui m'envahit, en constatant qu'aux États-Unis, il n'existe, apparemment, que deux courants de pensée (conservateurs et démocrates), assez proches l'un de l'autre somme toute, qui englobent toutes les possibilités, toutes les subtilités, toutes les tendances ?
Néanmoins, loin de s'interroger sur cet étrange pays binaire, où tout se résout sur une mystérieuse base informatique constituée de zéros et de uns, on s'enthousiasme au contraire sur cette bataille électorale où tout semble joué d'avance. Car, finalement, hormis la couleur de peau des candidats, où sont les vrais différences ? L'un des deux s'est-il engagé contre la guerre en Irak, sur les accords de Kyoto, sur le poids de la religion de plus en plus galopant dans ce pays ? Il ne me semble pas.
Je suis content de ne pas être étatsunien, parce que je serai bien embêté d'aller voter dans un pays où tout semble se décider sur des images qui vont par deux et non sur des idées de fond. En France, au contraire... Ah bin, non, finalement... C'est un mauvais exemple... Je me tais, et je vais donc suivre, fébrilement, j'en suis sûr, cette nouvelle élection entre Barack Mc Cain et John Obama. Et, promis, si l'un des deux gagne, j'ouvrirai une bouteille de Coca à sa santé...
17 octobre 2008
De l'art de faire trembler le bon peuple...
Amis lecteur, nous avons eu chaud. Nous sommes passés à côté du pire, et le mot pire est bien loin de la réalité. Je devrai plutôt me tourner vers un vocabulaire que HP Lovecraft n'aurait pas renié. Oui, amis lecteur, une catastrophe cyclopéenne, et quasi non-humaine, a failli nous envoyer vers des dimensions non euclidiennes, où la lune est gibbeuse et la peau des êtres qui les peuplent est squameuse... Une horreur sans nom a failli s'abattre sur notre fragile pays, une horreur qui m'a donné moult sueurs froides et qui m'a fait vivre les angoisses du personnage qui prend une douche dans Psychose. Comment, amis lecteur, que me sussures-tu ? Tu penses, naïf que tu es, que je parle de la crise financière de ces dernières semaines... Mais, que nenni ! Saches, amis lecteur, que tu compares un typhon à une douce brise.
Regarde, lis et laisse ton sang te glacer le long de tes veines à la lecture de ce simple article :
(...)La menace de grève sur le football professionnel français a été levée à la suite d'un accord entre les syndicats des joueurs (UNFP) et des entraîneurs (Unecatef) et les présidents de clubs, trouvé jeudi soir: les matches de Ligue 1 et 2 du week-end du 24 au 27 octobre auront bien lieu. "La menace est écartée, nous allons arrêter le mot d'ordre de grève", a lâché Philippe Piat, coprésident de l'UNFP, au sortir d'une réunion de deux bonnes heures dans un hôtel parisien près du Trocadero.(...) (http://laposte.eurosport.frlaposte.eurosport.fr/football/ligue-1/2008-2009/sport_sto1729432.shtml)
Mon dieu, une grève du football... Je n'ose imaginer ce que j'aurais été obligé de faire si les matchs n'avaient pas été diffusés... Aller au cinéma, au théâtre, dans un concert, ou, pire, lire un livre... Ma vie n'aurait plus eu de sens. J'aurais laissé mes ongles de pieds pousser à outrance pour protester, je suis sûr... Une vie sans football, sans cette grande alliance du fric et du libéralisme absolu, où on mouline joyeusement des cerveaux et des individus, où la foule est avide de sacrifice et glorifie la bêtise humaine...
Mais soudain, alors que je me réjouis, j'apprends que des vilains supporters ont sifflé la Marseillaise au début du match France-Tunisie...
Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire mercredi, au lendemain des sifflets qui ont accueilli la Marseillaise au début du match amical France-Tunisie. La Brigade de répression de la délinquance contre la personne est saisie pour «outrages à l'hymne national», un délit passible de 6 mois de prison et 7.500 euros d'amende lorsqu'il est commis en réunion. (...) Le premier ministre François Fillon [a] estimé sur RTL que «de manière générale, on devrait interrompre les matchs», en évoquant la «responsabilité des organisateurs». (http://www.lefigaro.fr/sport/2008/10/15/02001-20081015ARTFIG00286-la-marseillaise-sifflee-avant-france-tunisie-.php)
Mon Dieu, mais quelle horreur ! Vous vous rendez compte ! Interrompre de grands et bons matchs de football, alors que ce sport grandit les âmes et les rapproche du Tout Puissant ! Je t'en supplie François, ne dis rien à Nini Premier, il serait capable de faire voter une loi qui mettrait en application tes affreuses idées. Je frémis d'avance devant ces sombres perspectives...
Pour me remettre de tout ça, je vais aller boire des Suze à n'en plus finir en regardant le journal télévisé de TF1. Je suis sûr que ça va me faire du bien...
14 octobre 2008
De l'art de gérer une crise
"Regardez l'Union Soviétique, un pays fondé sur l'idée que ceux qui travaillent pour vivre devraient être respectés, protégés. ça n'a pas marché. Cette expérience sociale sert à présent d'histoire édifiante pour quiconque pense que ceux qui travaillent pour gagner leur vie ont des droits. C'est presque une justification pour ne pas respecter vos ouvriers, pour leur pisser dessus de toutes les manières possibles, pour promouvoir l'idéal capitaliste éprouvé" (Tribulations d'un précaire, Iain Levison)
Souvenez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps. Le Tibet était tendance. Tout à coup, avec la présence des J.O. à Pékin, les médias s'étaient emparés de ce sujet. Pas un JT, pas un journal qui ne nous parlaient de la flamme olympique et de ses difficultés. On allait voir ce qu'on allait voir ! Le Tibet allait se libérer, grâce à moult pressions que moult états allaient exercer sur ces vilains dictateurs de chinois... On a vu... Que reste-t-il de cette actualité ? Rien. Tout comme il ne reste rien de l'ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans en août 2005 ou du Tsunami de décembre 2004 en Asie du Sud-Est... Pourtant, dans ces coins du monde, la situation est loin d'être résolue, mais que voulez-vous, on ne peut pas rester indéfiniment sur les mêmes sujets. Du rythme, du rythme, sinon les gens s'ennuient...
Le sujet du moment, c'est donc la Crise mondiale. En gros, on a une illustration en direct de ce à quoi abouti le libéralisme décomplexé. Malgré cela, les princes qui nous gouvernent, ayant trop à retirer de ce système, continuent, contre vents et marées, à le soutenir, quitte à lui refiler ce qu'il a toujours rejeté, à savoir de l'argent, non pas privé mais collectif et public.
Et pour faire passer la pilule, notre ami Nicolas de Grand, le Bon, l'Unique nous fait croire qu'il y a bien quelques méchants spéculateurs, bien sûr, mais qu'il est possible, à coup de deux ou trois mesurettes, d'imaginer un capitalisme bon et humain.
Soyons clair : le capitalisme n'a d'autre but que d'enrichir une poignée d'individus, et ce à n'importe quel prix. Et s'il existe une concurrence, ce n'est que pour mieux masquer le fait que l'ultime but de ce système est de créer, dans chaque domaine de nos vies, un monopole, ou un quasi monopole. Il n'y a qu'à voir en France le nombre de centrales d'achats pour les hypermarchés, le nombre de conglomérats de presse, ou encore, d'un point de vue mondial, le marché de l'informatique. Dans ce système, il n'y a ni bien ni mal, seulement une fatalité un rien cynique : le monde est comme ça et pas autrement. Il est inutile de vouloir un début de changement. De toute façon, c'est comme ça... Allez, sujet suivant... Vous n'auriez pas une bonne petite catastrophe naturelle à m'offrir, avec quelques images bien spectaculaires à la clef ?
Donc, ça y est, depuis ce matin, les bourses mondiales ont retrouvé le sourire et la confiance... Joie... Merveille. Mais je les comprends, parce qu'il y a de quoi sourire d'avoir réussi à obtenir des fonds publics. Tout comme Hitler a dû sacrément sourire en 1933 quand il a vu que les institutions politiques qu'il abhorrait lui avaient permis d'accéder au pouvoir. Le Grand Nini et les Princes Mondiaux nous ont sauvé en sauvegardant un système qui nous exploite. Remercions-les, embrassons joyeusement les espaces interdigitaux de leurs orteils boudinés... Parce qu'on les aime fort, nos chaînes et nos boulets... Que voulez-vous, on s'attache, l'âge aidant...
13 octobre 2008
Quelques bonnes nouvelles en vrac...
Samedi dernier, au milieu des multiples journaux radiophoniques qui nous rabachent encore une fois la crise mondiale (promis, je vous en parlerai sous peu...), deux petites nouvelles à la fois délicieuses et délectables ont échouées dans mes ptites oreilles :
La première concerne Sarah Palin, la (bien vilaine) conservatrice virile de l'Alaska...
"Mauvaise nouvelle pour Sarah Palin. La gouverneur de l'Alaska et colistière de John McCain, a commis un abus de pouvoir dans le cadre de ses fonctions en tant que gouverneure de l'Alaska, selon les conclusions d'une enquête parlementaire rendues publiques vendredi 10 octobre.
Dans un rapport de 263 pages remis par le Conseil législatif de l'Alaska après six heures d'auditions à huis clos, l'enquêteur Steve Branchflower a indiqué que Mme Palin était coupable de violations des règles éthiques de l'Etat. "La gouverneure Sarah Palin a abusé de son pouvoir en violant le Statut 39.52.110 (a) de l'Acte éthique concernant la branche exécutive de l'Alaska", a écrit M. Branchflower dans son rapport. Mme Palin faisait l'objet d'une enquête parlementaire officielle dite du "Troopergate", lancée au niveau de son Etat avant qu'elle ne soit désignée comme candidate à la vice-présidence aux côtés de John McCain.
M. Branchflower a estimé qu'elle avait commis un abus de pouvoir en faisant pression sur des agents de l'Etat pour licencier un agent de police ("state trooper"). Le chef de la sécurité publique de l'Alaska, Walt Monegan, avait été licencié le 11 juillet. Il affirme avoir été renvoyé pour avoir refusé de limoger un agent de police, Michael Wooten. Or, ce dernier se trouvait être l'ex-beau frère de Mme Palin et était engagé dans un divorce houleux avec la soeur de la gouverneure.
Dans son rapport, M. Branchflower a indiqué que Mme Palin avait "en connaissance de cause laissé se poursuivre une situation où une pression inacceptable avait été exercée à l'encontre de plusieurs subordonnés dans un but personnel : licencier l'agent de police Michael Wooten". Selon lui, elle aurait laissé son mari Todd utiliser le bureau du gouverneur de l'Alaska et ses ressources pour faire pression sur ces subordonnés. "Elle avait l'autorité et le pouvoir pour exiger que M. Palin cesse de contacter des subordonnés, mais elle n'a pas agi", conclut le rapport.
Dans une déclaration sous serment de 25 pages, rendue publique jeudi, Todd Palin avait réfuté tout lien entre le renvoi de Walt Monegan et l'affaire du divorce de sa belle-soeur avec l'agent Mike Wooten. Il reconnaissait cependant avoir contacté plusieurs hauts responsables de l'administration dirigée par sa femme au sujet de Mike Wooten, mais expliquait que son épouse lui avait demandé de "laisser tomber".
Dans un communiqué, l'équipe de campagne de McCain a réaffirmé vendredi soir que Sarah Palin avait agi "dans les limites adéquates et légales de son autorité (de gouverneur) en réaffectant Walt Monegan". "A défaut de preuve étayant l'accusation initiale de Monegan, le conseil législatif (de l'Alaska) a gravement présumé de ses forces et déformé la réalité pour trouver une faute sans base légale ni factuelle", poursuit le communiqué.
12 octobre 2008
John from Cincinnati
Une fois de plus, la chaîne étasunienne HBO nous sert une série pas comme les autres avec John From Cincinnati. HBO, je le rappelle, c'est cette chaîne câblée à qui l'on doit des séries télé aussi incroyables et excellentes que Carnivale, Rome, ou Six feet under, pour ne citer que celles que j'ai vues (on me souffle à l'oreille qu'on lui doit aussi Deadwood, ou Les sopranos mais, comme je ne les ai pas vues, je n'en parlerai point... En fait, je ne les ai citées que pour apparaître plus sur Google !).
Cette série qualifiée d'OVNI, qui ne connaîtra que 10 épisodes en tout, se situe du côté de la Californie, dans une communauté de surfeurs, à Imperial Beach, pas loin de la frontière Mexicaine, dans la famille Yost. Chez les Yost, on est surfeur de père en fils. Sauf que le grand-père a arrêté sa carrière à cause d'un genou brisé, et que son fils est toxicomane. Seul le petit-fils, Shaun, 13 ans, entretient cette tradition familiale. Autour d'eux gravitent toute une kyrielle de personnages qui va du vendeur de drogue philosophe au flic à la retraite en passant par la vidéaste paumée ou la mère de Shaun, une actrice porno... Et au milieu de cette galerie iconoclaste surgit John, venu d'on ne sait où (il dit venir de Cincinnati), qui a tout du simple d'esprit, mais qui soude cette communauté. Et dès son arrivée, la famille Yost va connaître une véritable révolution, puisque le grand-père va léviter, le fils va cesser de se droguer, sans aucune sensation de manque et Shaun, le petit fils, va se remettre d'un accident pourtant mortel...
Difficile de résumer cette série, d'autant que l'essentiel ne réside pas dans l'histoire (qui ne propose d'ailleurs qu'une fin partielle au bout de dix épisodes, et que la série a été arrêtée). Il faut plutôt se laisser porter par la beauté des plans et de la photographie, par les situations incroyables et surréalistes (qui évoquent clairement un univers à la David Lynch) et les dialogues incroyables et parfois abscons.
Après avoir vu les dix épisodes, j'avoue que je suis allé errer sur la toile pour voir un peu ce qui en était dit. Malheureusement, tous les sites consultés ne m'ont guère donné d'explications. Alors, histoire de récolter quelques visites supplémentaires sur ce modeste blogue (j'avoue mon côté vénal et intéressé !), je me suis dit que je pouvais donner mes quelques débuts d'explications. Attention, ami lecteur, à partir de maintenant, je vais me permettre de spoiler la série et de donner quelques unes de mes clefs. Allez donc d'abord voir la série (à moins que ce soit déjà fait...) avant de lire la partie en italiques.
1- D'où vient John ? Il faut avouer que ses initiales (J from C) ne sont pas sans rappeler Jésus-Christ. Faut-il voir un annonciateur de quelques chose ? En tout cas les références religieuses abondent. pour n'en citer que quelques unes : on a une trinité (le grand-père, le père et le fils) ; on dit que Shaun surfe "comme un ange" (Jésus ne marchait-il pas sur l'eau ?); on a, dans le dixième épisode, au début, des plans complets de nuages et de vue aérienne ; Shaun ressuscite (et ça a déjà été le cas d'une perruche juste avant), son grand-père lévite ; John parle souvent des "mots de son père" et annonce "la fin du monde" comme l'archange Gabriel ; John, toujours, lors des premiers épisodes, propose à Kyle de voir Dieu, et l'expose à une sorte de transe ; enfin, signalons l'immortalité de John, qui prend deux fois des coups de couteau mortels et qui survit sans séquelles. Mais JFC évoque aussi JFK. Faut-il voir l'ombre d'un complot ? d'autant que John parle d'un fin proche, de terroristes, d'enturbannés et d'intégristes ; sans compter qu'il évoque une fin du côté de 11/9/14...
2- Tous les personnages trouvent leur rédemption (encore une référence biblique...) d'une manière ou d'une autre. La mère de Shaun, l'actrice pornographique, s'arrête pour reprendre son rôle de mère ; le jeune homme homosexuel, propriétaire du motel, affronte ses démons... Seuls les "assassins" de John, qui n'ont pas voulu le suivre, seront (probablement) punis par le groupe des vétérans du Viet Nam.
3- John n'hésite pas à sortir au propre comme au figuré les cadavres des placards : celui du violeur du directeur de l'hôtel (l'aurait-il assassiné ?) ou l'épouvantable secret de Sissi, la grand-mère qui, alors qu'elle était sous acide, aurait enseigné, la masturbation à Butchie, son fils (le père de Shaun) lorsqu'il était adolescent.
4- Le symbole qu'adopte la firme de surf, à la fin du dixième épisode, symbole qui avait été initié par John, est composé de zéros et de uns. C'est le langage binaire universel des ordinateurs. John y fait souvent allusion en insistant bien quand il parle de la caméra de Cass. Ces symboles sont aussi là dans le bar, après la rédemption du propriétaire et dans le catalogue de la femme unijambiste.
5- La fin du monde annoncée par John ne serait-elle pas le fameux Big One, qui rayera de la carte toute la Californie ?
6- Restent les (gros) points d'interrogation... Quel est ce lieu circulaire où se rend systématiquement John (et où il amène Kyle à un moment donné) ? Quel est le rôle exact du chimiste (qui n'apparaît qu'au dixième épisode) qui sent que ce fameux lieu est important ?
Voilà... Fin du spoiler... Si vous avez des remarques ou des explications, je suis preneur... Et, en attendant, précipitez-vous sur cette série unique et intrigante.
10 octobre 2008
Détour Berlinois
Expédition à Berlin. Une ville pleine de tours et de détours, d'une incroyable richesse culturelle, avec une véritable scène alternative, et un fourmillement d'idées, à presque tous les coins de rues.
Arrivée à l'Antjeoeklesund, un bar-concert incroyable.
Ancien bâtiment industriel qui a brûlé, ce lieu n'est pas sans rappeler l'expérience de Peter Brook...
Arrivée dans un concert. Pas un bruit. Seulement une trentaine de gens, concentrés, attentifs, impressionnés par le concert de Duffhuës, un type incroyablement doué, seul au piano ou à la guitare.
Un détour par le bar. Ambiance feutrée et intelligente.
Je me sens à l'aise dans cet endroit, tellement représentatif de la vie bouillonnante Berlinoise...
Merci David pour les photos...
01 octobre 2008
De l'art de bien enfoncer un clou...
En 1988, Martin Scorcese avait réalisé "La dernière tentation du Christ". Le film, pas très bien réussi, soit dit en passant, racontait comment le Christ, à ses derniers instants, était tenté par une vie d'homme, toute simple, en compagnie de Marie-Madeleine. Les extrémistes de tout poil, à l'époque, se sont déchaînés contre le film, allant même, en France, jusqu'à incendier des salles de cinéma qui avait osé programmer ce film, qu'ils n'avaient même pas pris le temps de voir, le condamnant, comme d'autres, deux mille ans avant, avaient condamné sans vouloir comprendre, le Messie qu'ils vénèrent tant...
L'ami Mel Gibson, l'âge aidant, a affirmé de plus en plus sa merveilleuse chrétienté, et a laissé de côté ses Armes fatales et autres Mad Max, pour nous livrer sa propre vision des dernières heures de Jésus. Et ça s'appelle... La passion du Christ...
L'histoire nous narre donc les derniers jours de Jésus.
Premier plan. Une lune est pleine dans le ciel. Un homme, emmitouflé dans un joli manteau bleuté, tremble et pleure, tout en priant. C'est Jésus. Il sait qu'il a été trahi, et qu'il va souffrir. Alors, il prend quelques forces. Deux trois scènes plus tard, voilà que notre Jésus a comme compagnon un être chauve et étrange, qui lui casse le moral. On comprend vite qu'il s'agit du diable, qui le tente. Mais Jésus sera plus fort, et accepte d'endosser tous les péchés du monde. Il fait bien, vu qu'ensuite, il va souffrir comme pas deux...
Que dire de ce film ? Il faut reconnaître à Mel Gibson une très belle photographie et des décors magnifiques. Hors cela, point de salut. D'abord, parce que le film est une longue, très longue, démonstration redondante de la grandeur qui se dégage de l'homme lorsqu'il souffre. Au cas où on n'ai pas bien saisi le propos, Mel Gibson multiplie les ralentis à loisir (à l'époque, on savait drôlement bien tomber au ralenti, c'est pas comme maintenant...). Les scènes de tortures n'en finissent plus. Et vas-y que je te le frappe le Messie, et vas-y que je te le fouette (avec de délicieuses petites baguettes flexibles, avec des martinets cloutés...), et vas-y que je te le fais tomber sous le poids de la croix (qui symbolise les fameux péchés du monde, au cas où vous n'auriez pas bien saisi la chose...). Démonstration et insistance aussi dans toutes les scènes où Jésus voit passer Satan qui le regarde, narquois (et qui n'hésite pas à passer avec un bébé grotesque et déformé dans les bras, tandis que Jésus se fait flageller par nos amis Romains).
Pour emballer la chose, l'ami Gibson nous colle une musique qui plagie largement celle que Peter Gabriel avait faite pour "La dernière tentation..." de Scorcese (bon, ça doit être l'époque romaine qui veut ça, parce qu'on retrouve aussi ce type de musique dans l'excellente série de HBO Rome).
Et pour couronner le tout, Gibson a eu l'idée saugrenue de tourner son film en Latin et en Araméen pour faire plus historique ["Mel Gibson a dès le début voulu tourner son film entièrement en araméen (la langue du Christ) et en latin. (...) à cette époque, la langue de communication entre les communautés de la partie orientale de l'empire romain était (outre les langues locales) le grec ancien; seuls les militaires utilisaient le latin, langue dans laquelle les ordres étaient donnés" sources Wikipédia] Qu'est-ce que cela apporte au film ? Mystère. En quoi le fait de faire parler Jésus araméen le rend-t-il plus attachant, plus intéressant ? Et, très vite, passé la simple curiosité, le procédé relève vite de l'artifice...
On préférera donc largement à cette apologie de la souffrance de Gibson l'excellent livre d'Eric-Emmanuel Schmitt L'évangile selon Pilate où l'on a un Christ très humain qui doute et où Ponce Pilate est un véritable détective, qui enquête sur la disparition du corps du Christ.









