11 avril 2008
La traversée du temps, de Mamoru Hosoda
Makoto, ce 13 juillet-là, s'est levée en retard. Et rien ne va aller dans sa journée, puisqu'elle va cumuler déveine sur déveine, jusqu'à ce fameux accident qui va lui coûter la vie... Et pourtant, quelque chose se passe. Quelque chose qui fait qu'elle ne meurt pas. Quelque chose qui fait qu'elle peut, à loisir, remonter le temps et le changer. Et, bien sûr, à travers cette expérience, elle va grandir, et se découvrir des sentiments vis-à-vis d'un garçon qu'elle avait toujours considéré comme un ami jusque là...
Si les mangas des années 70 et 80, qui arrivaient sur notre continent, rivalisaient en laideur et en pauvreté d'animation (qui chantera les beautés cachées d'Albator, les délires visuels de Candy, les scénarios incroyablement élaborés de Goldorak, de Jeanne et Serge ou de Olive et Tom ?), force est de constater que la donne a changé depuis le jour où un distributeur, au début des années 90, a décidé de mettre sur les écrans français Akira de Katsuhiro Otomo. Immense claque, ce film d'animation révolutionnait le genre et déclenchait un engouement pour des productions ambitieuses et adultes.
La traversée du temps aborde de manière douce et poétique un thème classique de science-fiction : le voyage temporel. Si on retrouve clairement des aspects de la comédie de Harold Ramis, Un jour sans fin (excellente comédie sur ce thème... Qui chantera les joies du jour de la marmotte, que le héros du film, joué par Bill Murray, revit sans cesse ?), on est aussi dans une très belle réflexion sur le passage de l'adolescence à l'état d'adulte, comme dans un roman d'apprentissage qui se respecte. 
Et cette traversée du temps n'est pas sans rappeler cette formidable bande dessinée de Jiro Taniguchi, Quartier lointain, où un adulte se retrouve projeté dans le temps et revient, avec son esprit d'adulte, dans son corps d'adolescent. Il a alors une chance de comprendre pourquoi son père, un jour d'été, a purement et simplement quitté son foyer et d'empêcher tout ça. Mais notre héros est-il vraiment là pour changer son passé ?
Deux oeuvres touchantes, donc, qui raisonnent bien l'une avec l'autre, qui abordent les sentiments de manière belle et pudique, et qui nous présentent un Japon ordinaire et quotidien, avec des personnages qui touchent à l'universel.
Deux oeuvres à découvrir d'urgence.
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