03 avril 2008
La grosse comédie est ton amie de toujours
Comme le film d'arts martiaux est à l'Asie, comme le film d'action est aux États-Unis, comme le Bollywood est à l'Inde, la grosse comédie beauf pouet-pouet est à la France. En une semaine débarquent sur nos écrans deux merveilles qui, à coup sûr, feront la joie des cons petits et des grands. Amis du comique qui tache, et qui sent l'huile de friture, vous allez vous régaler. N'espérez pas échapper à l'intox, la machine est huilée : squattage dans les quotidiens, interviews pénibles et creuses, animateurs qui servent la soupe, making-off commerciaux navrants, reportages inutiles dans les journaux télévisés, micro trottoirs des premiers spectateurs des premières séances qui nous disent que, bin oui, ils étaient morts de rire, pseudo soirée Jet-Set pour lancer les films et surtout, surtout, l'argument qui tue : l'ambiance sur le plateau de tournage était décontractée et tout le monde s'est amusé comme des fous. Même qu'il y a eu de sacrés séances de fous rires...
Du lourd on vous dit...
On reprend l'équipe de "Camping", (même réalisateur, même acteur principal), on reprend le thème (notre ami le beauf' a tout de même un coeur) et on remet le couvert. Rien qu'à voir l'affiche, ça fait envie... Tous les clichés du disco sont alignés : pantalon moulant, posture à la Travolta, grosses lunettes qui tuent, couleurs flashis à rendre malade et dépressif un caméléon adulte, références aux WMCA...
On notera aussi les noms qui partagent l'affiche. Béart et Depardieu... Bon, Depardieu, encore, on comprend. Depuis sa période américaine (qui se souvient du merveilleux "Greencard" de Peter Weir ?), Depardieu n'a plus fait grand chose d'intéressant d'un point de vue artistique... La période avec Blier est bien lointaine... Béart, en revanche... ça n'a pas l'air d'être facile de vieillir...
Mais surtout, ce qui frappe dans cette affiche, c'est cet immense sentiment de vide et de mille fois déjà-vu du scénario...
En face, dans une semaine, on nous sert du frais... L'affiche, là encore, est révélatrice. On retrouve l'atmosphère des Bronzés 3 (un chef-d'oeuvre tiens, celui-là), matinée de feu le réalisateur Max Pecas (à qui on doit des grands monuments du cinéma tels que "On se calme et on boit frais à St Tropez" ou "Embraye bidasse, ça fume"), et d'un zeste des "Sous-doués en vacances". On pensait être, pour toujours, débarrassé de ce cinéma à la papa, mais non... Et même pas de honte dans tout ça... Philippe Harel (à qui on doit quelques films tout de même pas mal, comme son adaptation de "L'extension du domaine de la lutte" de Houelbeck, avec un excellent José Garcia) nous sert une suite à un film sympathique sans plus de 1997, qui n'en demandait pas tant... Mais que voulez-vous, les impôts à payer, les taxes foncières...
Comment le scénariste a-t-il pu écrire, sans honte aucune, une histoire pareille ? Et, comment a-t-on pu produire ce film ? Le dialoguiste est-il drogué et séquestré ? L'a-t-on obligé ?
Ah, et puis revoir Benoit Poolevorde cabotiner à souhait... Ils sont loin ses bons films à lui aussi... Benoit, revisionne d'urgence tes premiers films ("C'est arrivé près de chez vous", "Les convoyeurs attendent"...) et cesse de squatter nos écrans...
Quant à moi, je file, dès ce soir, au 8ème festival du court-métrage de Nice. Juste histoire de m'aérer un peu et de voir autre chose...
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