26 septembre 2007
Poésie urbaine
Au milieu d'une cité, tout à côté de mon boulot, voilà que je découvre une liane à chaussures. Tout ça sur un fond de ciel chargé. Les orages arrivent, les feuilles tombent et les baskets migrent. L'été est bel et bien terminé. Bienvenu à l'automne.
24 septembre 2007
De l'art de se souvenir
Dernièrement, Hollywood, un peu à court d'idées dans le cinéma d'horreur et d'aventure, il est vrai, a commencé à exploiter le filon "Remake". Le principe est simple : vous prenez un film, vous l'expurgez plus ou moins de tout contenu politique, s'il en avait un, et vous le ressortez avec de nouveaux acteurs, en grandes pompes. Bien sûr, vous vous assurez toujours au préalable, qu'il y a quelqu'un du film original, inclus dans votre projet : la fille du réal' du premier film, l'acteur original tout vieux qui fait une apparition éclair...
C'est ainsi qu'on a eu, en vrac, le pitoyable Amytiville, qui a bien du mal à faire oublier le kitchissime matériel d'origine (mon dieu que cette chose a moisi en trente ans), l'inutile Poséïdon, le merdique Fog, le pas mal Massacre à la tronçonneuse (moins poisseux que l'original tout de même), le surprenant La colline a des yeux (qui chantera les charmes discos du machin de base de Wes Craven ?), le bien sympathique King Kong, le plutôt réussi L'armée des morts (même si Zombie, de Roméro, est inégalable, à bien des égards)...
Dernièrement, la Droite en France s'est décomplexée. Aujourd'hui, on assume pleinement d'être de droite, et on aime l'affirmer. Notre nouveau président nous le fait savoir quasi-quotidiennement par voie de presse.
(Petit footing joyeux du côté de Central Park, avec une caution de gauche, à la gauche de Notre Altesse Sérénissime)
Et on assiste, depuis peu, à un magnifique remake. Dans les années 90, Bruno Megret, n°2 du Front National, notre bonne extrême droite française, proposait 50 mesures pour rendre la France aux Français. Parmi celle-ci, on pouvait lire ça :
- Créer un observatoire de l'immigration - Créer un ministère de la population - Supprimer toute acquisition automatique de la nationalité - Arrêter les "mariages blancs" - Déglementer l'ouverture des écoles coraniques et des centres islamiques - Entraver la construction des mosquées cathédrales - mettre fin au regroupement familial - Freiner l'immigration sanitaire -Réformer la législation des réfugiés politiques - Renforcer le contrôle aux frontières - Réprimer le travail clandestin - Expulser les clandestins - Affréter des bateaux et des charters pour le retour - Rechercher les clandestins.
Quinze ans plus tard, on y est. ça ne s'est pas fait d'un seul coup, mais ces idées glauques ont été récupérées par la Droite et banalisées, comme si c'étaient des idées comme des autres. Aux dernières élections, l'extrême droite s'est essoufflée. C'est logique. Ses thématiques ont été réembalées par nos amis ultra-libéralistes. Une pincée de marketing, et hop, ça marche...
Et moi, ça me met en colère...
23 septembre 2007
De l'art de gérer une entreprise
Lorsqu'on possède deux notions de philosophie, on sait que la raison est l'ennemi juré de la passion. Sous l'emprise de la passion, on est prêt à tout pour se mettre en danger. Qu'importe d'ailleurs, puisque l'ivresse nous enivre. Et même si le réveil est brutal, l'envie n'en est que plus grande. Si la passion est foudroyante et immédiate, la raison, au contraire, se construit, pèse, soupèse, croise les regards et évalue. La passion est rapide, immédiate. La Raison demande du temps, beaucoup de temps.
Grandir, devenir adulte, c'est accepter que la raison puisse, la majeure partie du temps, prendre le pas sur la passion, en vertu de quoi l'homme reste un être civilisé qui peut cohabiter avec autrui. Si trop de raison peut nuire à un individu (il nous faut aussi accéder à une part de rêve), trop de passion conduit toujours à la catastrophe. La démocratie est la fille de la raison. Contrairement à la dictature et au despotisme, la véritable démocratie repose sur le doute et la remise en question de son propre fonctionnement. Le dictateur en herbe ne se remet jamais en question. Il sait ce qui est bon pour lui (et donc pour le peuple) et veut tout, tout de suite.
Nos amis publicitaires ont d'ailleurs largement compris ce principe et ont donc inventé des systèmes qui font appel à notre côté passionnel, en nous proposant des objets en série limitée, des sorties de livres ou de disque à minuit pile, des semaines promotionnelles, des soldes incroyables, avec toujours, en filigrane l'idée qu'il n'y en n'aura pas pour tout le monde, et qu'on n'a pas le temps de réfléchir, et donc qu'il faut se précipiter toute affaire cessante.
Partant de ce principe de base, notre Altesse Sérénissime Le Bon et Grand Roi du Monde Sark Vador, va d'effets d'annonce en effets de manche, et promet, à la vitesse d'une mitrailleuse, une pléthore de mesures et d'idées, sans qu'on sache toujours très bien ce qu'il y a derrière. Et le temps qu'on décortique une seule de ses mesures, il occupe le terrain en en proposant dix autres. Du rythme, du rythme, du rythme... Sinon, les gens s'ennuient.
Fascinés par le personnage, les médias, au lieu de le contrer, et d'agir en vertu de la démocratie, suivent le personnage, et relayent sans discernement tous ses déplacements, toutes ses déclarations. Sarkoléon Bonaparte est omiprésent, omnipotent. Vous aviez Bush, amis étasuniens ? Nous avons Sarkozy ! Pour eux, chantres de l'ultra-libéralisme, un pays se gère comme une entreprise, à grands coups de coupes dans le budget, et de licenciements. Ce qui compte, c'est le résultat, et le résultat, ce sont les chiffres. Et qu'importe, si, derrière ces chiffres, se trouvent des vies, des êtres sensibles, des familles, des histoires. Ne dit-on pas qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs ? Alors, de quoi vous plaignez-vous ?
Avec l'avènement et la consécration de la télé-réalité, le Truman Show de Peter Weir est une réalité. La France est devenu un avatar de Big brother, avec des caméras partout, des expulsions des candidats non désirables, et un producteur tout puissant qui entend tout gérer.
La démocratie française va mal, les amis. Après avoir élu la Droite en 2002, avec un score digne d'une république bananière, nous voilà maintenant en train d'expérimenter le despotisme light (light, parce que les pertes de liberté se font subreptissement, en passant, sans qu'on s'en rende tout à fait compte), avec des médias soumis, et une opposition politique laminée, qui ne trouve rien de plus intelligent que de se tirer dans les pattes...
Pensez à nous, amis francophones... Nous sommes une vingtaine de millions à être pris en otage par un mégalomaniaque. Aidez-nous...
22 septembre 2007
De l'art de réformer intelligemment
Mon cher Prince de notre pays, Roi du Monde, guerrier de l'espace intersidéral, et garant de l'intelligence durant les trois prochains millénaires minimum, Mon Nini, Mon Colas, Mon Kyky, Président de tous les Français, y compris de Georgette Puy, habitante de Saint Sanson la Poterie, en Normandie.
Tu connais mon aversion profonde pour les profs, ramassis de gauchistes qu'il faudrait, dare-dare, mettre au goulag. Je pourrais presque reprendre à mon compte cette citation d'Alphonse Allais "Les gens sont tous des sales types qui me dégoûtent", en remplaçant "gens" par "profs". Je sais que nous sommes d'accords sur ce point. Mais, comme moi, tu sais aussi que ces lecteurs du magazine Télérama, et amateurs du chanteur Vincent Delerm, ont encore quelques syndicats relativement vivaces, qui les protègent plus ou moins, et qui, à la moindre occasion, n'hésitent pas à déclencher des manifestations, et, c'est tout de même irritant (même que je leur passerais bien dessus avec mon gros 4X4, équipé d'un somptueux pare-buffle, et d'une rampe de phares très puissants au dessus de la cabine, très utile en ville pour me garer lorsqu'il fait nuit).
Il faut donc se la jouer finaud avec eux. C'est pourquoi j'ai pensé, pour toi, Ô ma divine Croûte, Ô mon bon Chef de l'Etat, Ô ma Lumière Divine, à une réforme de toute beauté. La voici.
Un collégien, en moyenne, a une trentaine d'heures de cours par semaine, à raison de huit heures les lundis, mardis, jeudis et vendredis, et de quatre heures, le mercredi matin (tu me suis, Ô ma Merveille des Merveilles ? Sinon, tu prends des notes). Au collège, toujours, l'emploi du temps à la semaine, se répartit, en gros, ainsi : 5 heures de français, 4 heures de mathématiques, 3 heures d'histoire-géographie, de sport, de langue, 2 heures de physique-chimie, de biologie, de technologie, 1 heure d'art plastique et de musique. A cela, on ajoute quelques options, et on arrive donc à notre trentaine d'heures. Bien. Ces heures sont réparties sur 36 semaines, ce qui fait donc que les collégiens sont, en tout, 1080 heures par an à l'école. Bien, bien...
1080 heures, cela fait 45 jours... Et si on envisageait des cycles scolaires de 45 jours non stop ? Imagine la puissance de cette idée. Tous les ans, pendant un mois et demi, on enfermerait les écoliers et les profs dans leur établissement. Il y aurait cours jour et nuit, avec bien entendu, des réserves de nourriture adéquates. Voici les différents avantages de cette réforme :
1- Les jeunes, enfermés pendant un mois et demi, ne traîneraient plus dans les rues. On repérerait tout de suite ceux qui sèchent. On aurait une forte baisse de la délinquance.
2- Le lobby de l'industrie pharmaceutique te bénirait, puisque les ventes de vitamine C, d'amphétamines et autres dopants exploseraient. Le commerce du café connaîtrait le même sort.
3- Les années scolaires étant plus courtes, deux solutions s'offriraient alors : soit on fait travailler, le reste du temps (c'est-à-dire les 320 jours restants de l'année), les élèves dans des entreprises, avec un statut précaire, genre stagiaire non rémunéré et pressé comme un gros fruit juteux, en jouant sur le fait qu'il est essentiel que les écoliers soient plus en contact avec le monde du travail (note l'aspect pédagogique de la réflexion !) ; soit on enchaîne les cycles scolaires : après les fameux 45 jours de travail non stop, on laisse quelques jours de repos, et on recommence. Ainsi, en serrant bien, les sept ans de secondaire (collège - lycée) se feraient en moins d'un an ! Un incroyable gain de temps ! Un enfant qui entrerait à l'âge de onze ans au collège, serait bachelier à douze ans ! 90 jours plus tard, le voilà avec un vague BTS Action Vente et Joie d'écraser son prochain ! Formidable vivier pour le monde du travail : des employés bien jeunes, bien dociles et manipulables à loisir ! Du pain béni pour le libéralisme !
4- Du côté des enseignants, le système ne serait pas sans avantage. Car on pourrait les remettre au travail ! Si les années ne faisaient que 45 jours, on ne les paierait que pour ça (économies dans le budjet, c'est bon ça, Coco, non ?). Pour le reste, ils se démerderaient (bien fait !). Et si on choisit l'option des années non stop, le système sera tellement usant pour eux, qu'ils ne tiendront jamais jusqu'à l'âge de la retraite, lutteront rarement (ils préféreront aller dormir, les fainéants !) et démissionneront souvent. On aura éradiqué tout esprit de révolte !
Voilà, Ma Divine Fistule. J'espère, Mon Sarkounounet, que mon idée te plaira. Je reste et resterais à jamais ton plus fidèle disciple. Je rampe à tes pieds et me roule dans des braises pour te témoigner ma dévotion.
Ton fidèle,
Estebàn
17 septembre 2007
De l'art de commencer petit
Discussion avec un collègue au détour d'un couloir. Bientôt le tramway à Nice. Il pourra donc venir au boulot en empruntant ce moyen de locomotion puisque le bidule ne passe pas loin de chez lui et l'amène directement au boulot. Oui, mais là, un sourire gêné s'affiche sur son visage, et puis une constatation... A quoi bon ? Attaquons-nous plutôt à la pollution industrielle me dit-il. Quant à lui, il continuera probablement à prendre son véhicule.
Et pourtant...
Tous les matins, pour aller au boulot, je prends mon vélo. 4 kilomètres, avec une légère pente à l'aller (mais au retour, ça va super vite !). Je n'ai aucune leçon à donner à personne (ou alors, à la rigueur, une ou deux, à des gens de droite, mais pas plus, et encore, légères, les leçons). Je me suis mis, à mon niveau, dans mes possibilités, en accord avec mes idées. A mon échelle, cela représente 4 trajets/semaine, soit 16 par mois et donc, en incluant des vacances, 160 par an. Tous les matins, je croise, en moyenne, sur ma route une quinzaine de vélos. Des gens qui, comme moi, vont bosser à 7h30. Cela fait donc 75 trajets à vélos par semaine (en comptant le jour où je ne fais pas mon déplacement), 300 par mois, 3600 par an. 3600 trajets en bagnole évités, à 7h30 du matin, sur un seul trajet... Pas mal pour un début...
On a tous, un jour ou l'autre voulu changer le monde de manière indélébile, profonde et durable. Et on a tous fait le constat amère que, pour ça, il fallait devenir dictateur ou martyr, la plupart du temps, ce qui, comme destin, n'est pas forcément enviable. Vous me direz, encore, dictateur, ça passe, parce qu'on a quelques années fastes devant nous, où on peut être cruel à souhait en s'amusant (qui chantera les joies qui émanent d'un peuple opprimé et régulièrement fouetté ? Qui louera les délires enivrants que procurent les palais de 112 pièces pour soi tout seul ?) avant qu'on nous chasse du pouvoir, qu'on nous tonde la tête, et qu'on nous fasse écouter en boucle l'intégrale de Yves Duteuil pour nous punir de notre méchanceté passée; alors que martyr, non seulement on ne mange pas à sa faim (il faut savoir que les martyrs, souvent, sont croyants ET végétariens, ce qui explique qu'ils se nourrissent d'herbes et de graines, parfois accompagné de riz gluant et de sésame, le dimanche), non seulement on possède, pour tout vêtement une vague toge ridicule et élimée, mais, en plus on meurt super jeune, dans d'atroces souffrances, merci bien, ça ira comme ça...
Ce qu'il nous reste donc, c'est la diffusion de nos idées à notre échelle, au sein de nos tribus. C'est moins spectaculaire, moins glorieux, mais plus réaliste. Et donc, plus efficace. Et le prochain qui dit que je suis un utopiste, je le jette dans un puits !
13 septembre 2007
De l'art de réécrire l'histoire
Dans 1984, la terrifiante et fabuleuse utopie négative de George Orwell, le héros travaille pour le ministère de l'information. Il est chargé, chaque jour, de modifier des points de détails de l'Histoire, et de détruire toute preuve de l'existence de la version précédente. Quotidiennement, il reçoit, comme tous les employés du ministère, des consignes, qu'il doit appliquer à la lettre, ce qu'il fait, sans trop se poser de questions. Ainsi, son Gouvernement, avec à sa tête le fameux Big Brother, possède toujours une vision de l'Histoire qui va dans son sens, et peut donc contrôler les individus, puisqu'il contrôle leur passé.
On a commémoré, il y a deux jours, les attentats du 11 septembre 2001. Cette fois, les médias mondiaux ne nous ont pas asséné les mêmes images en boucles, mais, le jour même tout au moins, on a eu droit à cette information. En revanche, nulle part dans les médias français que j'ai aperçu, on n'a parlé du 11 septembre 1973. Pourtant, ce jour-là, un certain général Pinochet squattait le pouvoir au Chili, à la suite d'un sanglant coup d'état. Le bilan de son règne de 17 ans n'est pas très glorieux : plus de 3 000 morts et disparus, principalement dans les 5 premières années du régime, et plus de 27 000 torturés...
Loin de moi l'idée de comparer l'horreur, et de faire un Guiness book du nombre de morts. N'empêche que je ne peux pas ne pas y penser... Pourquoi est-ce que les attentats du 11 septembre ont pris le pas sur Pinochet ? Pourquoi est-ce que certains morts comptent plus que d'autres ? Pourquoi est-ce que, même mort, un être humain possède un poids différent selon son origine ?
Parce que, même si je pleure les morts du World Trade Center, cela ne m'empêche pas de penser au peuple Chilien. Mon esprit est assez vaste pour contenir plusieurs informations. Une souffrance est une souffrance, d'où qu'elle vienne. La commémoration est un devoir de mémoire, essentiel pour bâtir un monde plus juste. Ne nous cantonnons pas à la commémoration médiatique, qui ne s'intéressent aux événements que s'ils sont télévisuels et assortis d'images spectaculaires...
05 septembre 2007
Un p'tit lien
j'aurais dû le faire depuis longtemps, mais j'ai laissé trainé... Honte sur moi. Mais, bon, voici un chouette lien qui intéressera tous les écrivains en herbe. On y trouve des textes et des livres inédits et gratuits en ligne, des conseils pour ses manuscrits qu'on compte envoyer à des maisons d'éditions, et divers témoignages d'internautes qui donnent leurs bons et leurs mauvais plans (cherchez bien, on y trouve même mon témoignage).
C'est grâce à Hayat OUTAHAR qu'on a ça, et ça s'appelle www.ecriveurs.net
04 septembre 2007
Berlin, encore et toujours...
Mosaïque de vitraux. Alliance d'une église au trois quart détruite pendant la dernière Guerre, et d'une construction moderne.


