berghain

L'homme leur avait conseillé l'adresse, il leur avait dit que c'était énorme, pour peu qu'on aime la techno. Il avait même entouré sur le magazine la soirée, au stylo bille. C'est comme ça qu'ils avaient décidé d'y aller. Ils étaient repassés par l'auberge de jeunesse. Se reposer, prendre une douche. Et puis, ça avait été l'heure. Ils s'étaient engouffrés dans le métro, qui tournait toute la nuit, parce qu'on était samedi.

Pour arriver à l'endroit en question, ils avaient dû traverser des rues à peine éclairées par une lune tout juste naissante. Ils avaient marché sur de la terre battue, évité des trous, contourné un entrepôt. Et puis ils étaient arrivés...

D'une immense usine qui fournissait de l'électricité, du temps de l'Allemagne de l'Est, le lieu s'était fondu en un temple dévoué à la musique électro.

La première demi-heure fut celle de l'exploration : tout était nouveau, et partout, leur regard s'arrêtait. Un Dj pour la musique, un autre pour les éclairages ; cinq bars ; dix mètres de plafond ; des escaliers, encore des escaliers, des coins, des recoins, des lumières, des lasers, des projecteurs et surtout, une foule de danseurs perdus dans cette alliance d'ancien et de moderne.

Et puis, très vite, le rythme rassembla nos deux héros. Ils se laissèrent happer par cette nuit, par ces envies. Quelques baisers furent échangés, parce que ces deux-là s'aimaient, ça se voyait. Mais en définitive, ils se noyèrent dans la masse onctueuse des êtres et des décibels.

Ils repartirent au petit matin, laissant la place à ceux qui attendaient, dehors, de pouvoir entrer. Le métro les ramena. Et ils se lovèrent l'un contre l'autre, les oreilles encore bourdonnantes, en attendant de pouvoir s'endormir, dans le secret de leur chambre.