ça y est ! J'ai cédé ! Je sais ! Je vais vous décevoir, je le sens, mais que voulez-vous... Je suis faible ! J'ai résisté ! J'ai essayé d'être intègre toutes ces années ! Mais vous savez ce que c'est... Bref... J'ai décidé de m'enrichir. Oui, et ce grâce à vous ! Je me suis inspiré, pour ça, de mails qui innondait mes boites aux lettres. Lisez plutôt ce qui suit !

Chers amis,

Si je m'adresse à vous, c'est parce que je sais que vous êtes des gens d'une grande bonté, d'une grande chrétienté, d'une grande piété.

Il s'avère que je suis l'époux d'un grand général (si, si, c'est possible, je vous assure !) des Îles Caïmans. Il avait amassé de l'argent grâce à d'honnêtes extortions lors de séances de tortures pratiqués sur des innocents (mais bon, on ne va pas chipoter non plus, hein ?). Cette somme est actuellement bloquée sur un compte luxembourgeois, et s'élève à 1548751534 milliards de dollars.

Il y a peu, mon époux bien aimé est mort dans un accident de voiture (sa voiture a pris feu soudainement alors qu'il allumait son auto-radio et qu'il n'avait pas encore mis le contact... Je me demande s'il s'agit vraiment d'un accident... Mais qu'importe...). Depuis, j'ai peur. Jusqu'alors, je ne prétai guère attention aux deux cents lettres de menace qui innondait ma boite aux lettres électronique chaque jour, aux tags géants sur les murs extérieurs de notre somptueuse résidence cossue ("gros batard, on aura ta peau"), aux têtes de cheval coupées que je retrouvais dans notre lit conjugal, aux poupées voudous à notre effigie lardées d'épingles placées régulièrement dans la maison sous les meubles. Mais, maintenant, c'est différent, puisque Séraphin est mort (oui, mon défunt mari s'appelait Séraphin... Je ne vois pas ce qu'il y a de risible...).

J'ai donc décidé de partir, mais je ne peux pas, car je suis tout pauvre. "Mais, triple buse, vous écriez-vous, que fais-tu de tes milliards de dollars ?". Et bien je ne peux pas y toucher, parce que c'est comme ça.

Heureusement, je connaîs votre grande générosité et votre grande bonté. Voilà comment m'aider. Pour débloquer le compte de mon défunt mari (paix à son âme grandiose), il faudrait que vous me fournissiez le numéro de votre carte bancaire, sa date d'expiration et le code au dos (les trois derniers chiffres). Ne vous inquiétez pas, c'est juste une formalité. Pour vous remercier de votre geste, je vous expédierai en retour (promis, juré, craché, si je mens, je me combustionne spontanément) la moitié de la somme contenue sur le compte en banque de mon général de mari, ainsi qu'une jolie photo dédicacée de moi, en tenue de cosmonaute.

Paix sur la terre, gloire à vous, et vive le petit salé aux lentilles,

Bien à vous

Estebàn